Pour le réalisateur Jean-Luc Godard, « le cinéma, c’est la vie vingt-quatre fois par seconde ». Pour Marcela Iacub, chercheuse au CNRS et spécialiste des questions sexuelles et légales, ce serait plutôt le contraire : un art de séparer puis, monter le réel en un agencement, tour à tour pudibond ou obscène. D’Hitchcock et Bergman à Breillat, l’essayiste (De la pornographie en Amérique, son dernier ouvrage édité chez Fayard) ausculte ainsi l’histoire mouvante et émouvante du Septième art qui a remisé la pornographie dans son enfer cinématographique, avant un retour en grâce paradoxal. Que peuvent le corps et son érotisme, dès que les pixels s’en mêlent ? Une histoire privée du cinéma.