Masturbopause ?

Le 13/04/2026

Les multiples symptômes de la périménopause et de la ménopause qui peuvent affecter - ou non - les femmes, sont de plus en plus décrits par les médias, mais les solutions proposées portent surtout sur des traitements hormonaux et sont rarement à portée de doigts.

Le numéro d’avril de Ménopause, un journal scientifique américain dédié au sujet, vient enfin valider une solution pleine de bon sens : la masturbation.Qui dit masturbation, dit surtout orgasmes (plus faciles à obtenir seules ?) dont les vertus sont multiples, en particulier pour réduire le stress, les sautes d’humeur et les problèmes de sommeil.
Le Kinsey Institute, spécialiste des questions sexuelles, a conduit une étude en ligne sur 1.178 Américaines entre 40 et 65 ans, en partenariat avec le fabricant de sex-toys Womanizer.
Sans surprise, 46% des femmes en périménopause indiquaient une amélioration d’un ou plusieurs symptômes (lubrification, sommeil, humeur...).
Le docteur Cynthia Graham, psychologue et scientifique au Kinsey Institute, qui a collaboré à l’étude a annoncé ce qui est une évidence pour celles qui se masturbent tout au long de la vie : la masturbation joue un rôle important dans la gestion de ces symptômes. Les femmes en périménopause et ménopause qui ont participé à l’étude ont en effet trouvé que la masturbation leur paraissait plus efficace que les régimes diététiques particuliers ou les thérapies à base d’hormones. Elles ont également indiqué que si elles leur gynécologue les avait informé plus tôt, elles se seraient masturbées plus souvent : 57% pour les femmes en périménopause et 40% pour les ménopausées. Les médecins de l’étude estiment qu’il faut aussi comprendre dans cet écart que les femmes ménopausées appartiennent à une génération moins à l’aise avec la masturbation. L’étude indique que « Une plus grande expérience de la masturbation est susceptible d’accroître l’ouverture d’esprit quant à son utilisation comme stratégie de soulagement des symptômes  », ont-ils écrit. « Il convient également de noter que certaines recherches antérieures ont montré que la masturbation augmente pendant la périménopause et diminue après la ménopause, ce qui pourrait également contribuer à expliquer ces différences. »

La difficulté tient au rôle du médecin (qui évite souvent d’interroger sur les pratiques de ses patientes pour éviter d’offenser, à ce qu’elles attendent : bien souvent une approche strictement médicale de leur appareil génital. S’immiscer dans les pratiques intimes des femmes, en particulier si le médecin est un homme, est souvent mal perçu. Il faudrait pouvoir rappeler, encore et encore, les rôles multiples et bienfaiteurs de l’ocytocine, ou hormone de l’amour, à portée de doigts et de sex-toys...

© Illustration : Nu, Pablo Picasso.