Sexualité : que fait l’I.A. ?

Le 01/04/2026

Les États-Unis, comme une bonne partie de l’Asie, sont plus rapides à mettre les nouvelles technologies au coeur de leur quotidien. Les Américains ont, par conséquent, un bon nombre de plateformes sexuelles et/ou amoureuses sur lesquelles avoir un dialogue ouvert et parfois aussi des relations fictives. Joi Ai, l’une de ces plateformes, vient de publier une étude faite auprès de 2 500 adultes des générations Y et Z, pour monter en détails les usages et l’émergence d’une « sexualité IA ».

55% des utilisatrices et utilisateurs de Joi IA se considèrent IA-sexuels, c’est-à-dire ouverts à un dialogue avec des IA, sur tout ce qui touche à l’intime. 43% d’entre elles et eux peuvent enfin poser toutes sortes de questions qu’ils estiment difficiles à poser à des personnes réelles. 37% nous font bien rire : elles et ils l’utilisent pour s’entrainer à draguer. D’autres s’inventent un partenaire romantique (une Américaine a récemment épousé l’avatar I.A. avec laquelle elle pense avoir une relation exceptionnelle...), ou explorent leurs fantasmes, tandis que certaines personnes l’utilisent pour se familiariser avec des pratiques qu’ils n’essaieraient jamais dans la vie réelle.
Cette étude, réalisée en février 2026, ne dit pas tout. On sait que les hommes, sans surprise hélas, choisissent des avatars de très jeunes femmes répondant à tous les codes stéréotypés de beauté et de minceur (parfois en tenue d’écolière, faisant frôler la pédophilie), mais on ne sait pas grand chose du choix des femmes.

En Chine, des applications comme Wantalk de Baidu sont plébiscitées par les jeunes en particulier, qui trouvent là un soutien émotionnel, qui peut être plus difficile à obtenir au sein de véritables relations. Il y a aussi un facteur temps : les Chinois passent tellement de temps au travail et dans les transports, que l’appli vient avant tout combler un fort sentiment de solitude.

Mais que faut-il penser de ces nouveaux usages ?
D’un côté, pouvoir avoir un dialogue libre et sans jugement sur la sexualité est une bonne chose pour éviter la frustration, mère d’un nombre trop important de maux. On peut aussi, et c’est une merveilleuse chose, profiter de ces plateformes pour élargir le champ des pratiques.
De l’autre, si les hommes se satisfont pleinement de relations virtuelles avec des images de femmes "parfaites" et parfois beaucoup trop jeunes, le dialogue entre couples humains cisgenre ou hétéro (au choix), risque de se complexifier. Rien n’est mieux quand les personnes s’amourachent de ces partenaires "idéaux", toujours d’accord et jamais dans la confrontation, éloignant leurs interlocuteurs du réel de façon problématique.

Donc, d’un côté il y a le risque que des personnes fragiles, dépressives, isolées, risquent de ne pas parvenir à mettre une limite à cet outil conversationnel qui ne cherche qu’une chose : garder l’attention des utilisatrices et utilisateurs. Mais des personnes parfaitement équilibrées - heureusement en nombre - peuvent profiter au mieux de ces outils, en élargissant leur terrain de jeux sexuels...