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	<title>Le magazine SecondSexe - La culture du plaisir f&#233;minin</title>
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	<description>Second Sexe vous propose un magazine &#233;rotique, artistique et culturel d&#233;di&#233; au plaisir f&#233;minin sous toutes ses formes. Vous y trouverez les conseils sexo du Docteur O, les actualit&#233;s les plus br&#251;lantes, des papiers complets sur tous les sujets sexe, des nouvelles orgasmiques &#224; d&#233;guster ou &#224; &#233;crire soi-m&#234;me.</description>
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		<title>La politique du d&#233;sir f&#233;minin</title>
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		<dc:date>2019-04-04T14:11:30Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Bramly</dc:creator>



		<description>Le d&#233;sir et le plaisir des femmes - autres que marchandis&#233;s - sont absents des sph&#232;res politiques, m&#233;diatiques et par cons&#233;quent trouvent difficilement leur place dans la sph&#232;re priv&#233;e. Or ils sont essentiels &#224; l'empowerment des femmes. Toutes les &#233;tudes montrent que le plaisir sexuel est primordial dans l'estime de soi et la satisfaction qu'il apporte a un impact profond sur le bien-&#234;tre physique et moral. La chose est naturelle, vitale et essentielle &#224; la sant&#233; et l'&#233;quilibre des humains, (...)

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&lt;a href="https://www.secondsexe.com/magazine/-Du-fantasme-au-plaisir-.html" rel="directory"&gt;5. Du fantasme au plaisir&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L150xH79/arton3247-60a5b.jpg&quot; width='150' height='79' style='height:79px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le d&#233;sir et le plaisir des femmes - autres que marchandis&#233;s - sont absents des sph&#232;res politiques, m&#233;diatiques et par cons&#233;quent trouvent difficilement leur place dans la sph&#232;re priv&#233;e. Or ils sont essentiels &#224; l'empowerment des femmes. &lt;br/&gt;
Toutes les &#233;tudes montrent que le plaisir sexuel est primordial dans l'estime de soi et la satisfaction qu'il apporte a un impact profond sur le bien-&#234;tre physique et moral. La chose est naturelle, vitale et essentielle &#224; la sant&#233; et l'&#233;quilibre des humains, indistictement du genre. &lt;br/&gt;
Quel que puisse &#234;tre le degr&#233; de pudibonderie de nos soci&#233;t&#233;s actuelles, on laisse toujours une place naturelle &#224; la sexualit&#233; masculine : on peut plaisanter de la masturbation masculine &#224; la t&#233;l&#233;vision, au cin&#233;ma. La masturbation f&#233;minine d&#233;range encore, les femmes comme les hommes. Lorsqu'elle est abord&#233;e, c'est en g&#233;n&#233;ral &#224; travers les sextoys, simulacres qui perp&#233;tuent l'id&#233;e de la p&#233;n&#233;tration comme point central de la sexualit&#233;. De cette fa&#231;on, les multiples zones &#233;rog&#232;nes du corps de la femme sont contraintes et nulle part peuvent-elles trouver comment se connaitre, &lt;strong&gt;comment s'aimer&lt;/strong&gt; dans tous les sens du terme. Ce ne sont pas les m&#233;dias f&#233;minins qui facilitent la chose, surfant d'injonctions en injonctions. &lt;br/&gt;
Au coll&#232;ge, on limite l'enseignement &#224; la fonction reproductive, aux risques de maladie, et les organes g&#233;nitaux de la femme sont d&#233;crits de mani&#232;re souvent incompl&#232;te : le clitoris vient &#224; peine de r&#233;-int&#233;grer les manuels scolaires. En 4e, seules 49% des adolescentes ont connaissance de cet organe, 14% seulement savent qu'il a une fonction &#233;rog&#232;ne et 10% pensent ne pas en avoir ! Comme les adultes, elles ne savent pas dessiner leur vulve, comme les adultes elle sont peu &#224; connaitre et utiliser le mot. Les gyn&#233;cologues qui, pour la plupart, se soucient essentiellement de la partie reproductive des organes g&#233;nitaux n'en pipent mot (combien de gyn&#233;cologues questionnent leurs patientes sur leur plaisir et leurs orgasmes ?). La science consacre peu d'argent &#224; la recherche sur la sexualit&#233; f&#233;minine et conteste des sujets controvers&#233;s comme l'existence de l'&#233;jaculation f&#233;minine. &lt;br/&gt;
R&#233;sultat ? Nombreuses sont les femmes qui connaissent mieux l'appareil g&#233;nital de l'homme et savent mieux comment le satisfaire que se satisfaire. &lt;br/&gt;
C'est encore et toujours une forme d'asservissement. Maintenir les femmes dans l'ignorance de leur propre corps, fragmenter et diss&#233;quer certains organes sexuels en fonction des marronniers que dictent les comptes Instagram f&#233;ministes comme le faisaient avant eux les m&#233;dias classiques*, leur refuser l'acc&#232;s &#224; leur toute puissance sexuelle qui est avant tout c&#233;r&#233;brale, c'est une fa&#231;on comme une autre de les infantiliser, de les maintenir sous contr&#244;le. &lt;br/&gt;
Or, l'&#233;galit&#233; entre les genres passe en grande partie par la sexualit&#233;. &lt;br/&gt;
Dans le &quot; &lt;i&gt;dictionnaire intime des femmes&lt;/i&gt; &quot;, Laure Adler &#233;crit :&quot;&lt;i&gt;Quand, dans l'inconscient collectif, les hommes n'auront plus le monopole du d&#233;sir, alors on pourra parler d'&#233;galit&#233; de droits. Mais cela passe par la sexualit&#233;. Et donc, d'abord par l'image int&#233;rieure du corps des femmes&lt;/i&gt;&quot;. Sans cela, des institutions culturelles au porno, en passant par le cin&#233;ma ou la publicit&#233;, tout va continuer &#224; maintenir des st&#233;r&#233;otypes de genres, &#224; pr&#244;ner le d&#233;sir masculin comme une n&#233;cessit&#233;, au centre de l'attention, et comme au cin&#233;ma, les femmes resteront assujetties au r&#244;le de s&#233;ductrices et tenues &#224; l'&#233;cart d'une r&#233;alit&#233; pourtant si simple : elles d&#233;sirent. &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Imposer des changements dans les sph&#232;res politiques et m&#233;diatiques ne passe pas tant par des cris de r&#233;volte que par la construction de nouvelles images. Pour s'affranchir de cette suj&#233;tion, c'est aux femmes d'exposer leurs d&#233;sirs partout dans la sph&#232;re publique, pour que petit &#224; petit se distille l'id&#233;e que nous nous d&#233;sirons l'un et l'autre &#224; part &#233;gales.
Et nul doute que les hommes y trouveront autant de nombreux b&#233;n&#233;fices que les femmes ... &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;* &lt;i&gt;Il y a des avantages incontestables &#224; ce que ces comptes, sur les r&#233;seaux sociaux, mettent en avant des aspects peu discut&#233;s de la sexualit&#233; f&#233;minine. Avec comme revers la fragmentation du corps et l'absence de notion du fonctionnement global des individus, &#224; savoir une interd&#233;pendance entre le corps et l'esprit. C'est le cerveau qui est le premier organe sexuel, dans une parfaite &#233;quit&#233; avec les hommes.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le fantasme du viol&#8230; n'est pas celui que vous croyez</title>
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		<dc:creator>Sophie Bramly</dc:creator>



		<description>Folles, perverses, amorales, masochistes, &#233;pouvant&#233;es par elles-m&#234;mes&#8230; certaines femmes s'inqui&#232;tent de subir une d&#233;viance perverse qui les paralyse. Parce que, entre d&#233;finitions contradictoires et &#233;tau de m&#233;pris, que faire si Eros emprisonne leur intimit&#233; dans le d&#233;sir &#233;nigmatique du &#171; fantasme du viol &#187; ? Et si, avant qu'elles ne s'emmurent dans un silence honteux, on r&#233;visait ensemble les fondamentaux de ce fantasme trop ultime pour &#234;tre si malhonn&#234;te ? Un fantasme pathologique L'expression &#171; fantasme du (...)

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&lt;a href="https://www.secondsexe.com/magazine/-Du-fantasme-au-plaisir-.html" rel="directory"&gt;5. Du fantasme au plaisir&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L150xH99/arton2633-54d27.jpg&quot; width='150' height='99' style='height:99px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Folles, perverses, amorales, masochistes, &#233;pouvant&#233;es par elles-m&#234;mes&#8230; certaines femmes s'inqui&#232;tent de subir une d&#233;viance perverse qui les paralyse. Parce que, entre d&#233;finitions contradictoires et &#233;tau de m&#233;pris, que faire si Eros emprisonne leur intimit&#233; dans le d&#233;sir &#233;nigmatique du &#171; fantasme du viol &#187; ? Et si, avant qu'elles ne s'emmurent dans un silence honteux, on r&#233;visait ensemble les fondamentaux de ce fantasme trop ultime pour &#234;tre si malhonn&#234;te ? &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un fantasme pathologique&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
L'expression &#171; fantasme du viol &#187; choque, d&#233;range autant celles qui le ressentent que l'entourage qui ne peut se r&#233;soudre &#224; y penser comme un &#233;l&#233;ment excitant. Mais ce fantasme, tel que le d&#233;crivent les sexologues, cache une facette m&#233;connue des arcanes de la sexualit&#233; f&#233;minine. Jacques Waynberg, docteur &#233;m&#233;rite et cofondateur de la Soci&#233;t&#233; fran&#231;aise de Sexologie Clinique* explique : &#171; d'abord il faut puiser ailleurs qu'en fran&#231;ais une meilleure d&#233;finition du mot fantasme. L'insuffisance de nuances de notre langue en a fait un fourre-tout et d&#233;form&#233; son principe. Cela va d'un sc&#233;nario &#233;rotique imaginaire &#224; des affabulations mena&#231;antes (1). En y accolant un crime aussi insupportable qu'un viol - qui provoque une souffrance extr&#234;me en brisant l'int&#233;grit&#233; du corps de la victime - l'expression de fantasme du viol se r&#233;v&#232;le l&#224; totalement corrompue. En tant que criminologue, je vous affirme qu'aucune femme agress&#233;e ne peut ressentir celui-ci. D'autres souffrent de cette forme de monomanie sexuelle tr&#232;s grave dont seule la concr&#233;tisation peut apporter une satisfaction de leurs pulsions. Malades d'elles-m&#234;mes, elles s'exposent au risque brutal de provoquer leur viol en se livrant &#224; des inconnus. Voil&#224; en quelques mots le v&#233;ritable sens du fantasme du viol. Ce n'est donc absolument pas celui dont vous me parlez ici. &#187; &lt;br/&gt;
Si tant est qu'apr&#232;s une telle explication on se souvienne de quoi on voulait bien parler en cet instant pr&#233;cis !&lt;br/&gt;
On comprend l'angoisse de certaines femmes&#8230; parce qu'en une fraction de seconde, un trouble sexuel les emm&#232;ne vers les arcanes de d&#233;sirs enfouis. Et qu'on y a grossi&#232;rement associ&#233; un terme inacceptable. Faute de mieux ? Pas s&#251;r. Car de viol, il n'est l&#224; aucunement question. &#171; Ce que vous &#233;voquez l&#224; consiste en un sc&#233;nario &#233;rotique proche du jeu entre des adultes attir&#233;s par une forme de transgression. &#187; ajoute Jacques Waynberg. Ah oui voil&#224; ! Ca nous revient : c'est bien de &#231;a dont on voulait parler ! D'un jeu. (Ceci &#233;tant, pour bien distinguer la pathologie r&#233;elle du fantasme &#8216;lambda', il appara&#238;trait donc judicieux de lui octroyer un nouveau nom. Plus l&#233;ger, moins brutal : h&#233;las, aucun ne semble encore convenir. Ou personne n'a song&#233; &#224; le faire.) &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prends, ceci est mon corps&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
Ce fantasme mal-nomm&#233;, Sophie Cadalen, psychanalyste et sexologue, le d&#233;finit comme un appel : &#171; d&#233;sire-moi comme je te veux toi, d&#233;passe les (nos) convenances et emm&#232;ne-moi au-del&#224; de mes limites &#187;. Comme l'envie d'un jeu sexuel piment&#233; par &#171; la transgression, le d&#233;passement des convenances et des limites (sic) &#187;. Le d&#233;crypter en profondeur ne s'av&#232;re pas ais&#233; : on remarque rapidement que trois &#233;l&#233;ments du fantasme sans-nom- sont indissociables : le d&#233;sir sexuel qui tient lieu de &#171; moyen d'expression &#187; gr&#226;ce auquel nous souhaitons bousculer &#171; les conventions sociales &#187; pesantes, ces derni&#232;res ayant g&#233;n&#233;r&#233; la majeure partie de ces &#171; limites personnelles &#187; qui nous entravent. Un fantasme &#224; triple facettes qu'on ne peut pas isoler les unes des autres ! Tout au moins si on veut lui laisser toute sa substance (et sa saveur). &lt;br/&gt;
Dans son article &#171; Philosopher la sexualit&#233; ? &#187; (in le Magazine litt&#233;raire &#171; Les enfers du sexe &#187; 2007), Michela Marzano soulignait que &#171; d&#233;sirer quelqu'un signifie d&#233;pendre de lui et de la r&#233;ponse qu'il va donner &#224; notre d&#233;sir &#187;. La trame du fantasme consiste justement &#224; pr&#233;supposer que le d&#233;sir est partag&#233; et ardent. Une question, une r&#233;ponse, pas de d&#233;pendance. La &#171; fantasmeuse &#187; valorise ainsi son narcissisme par l'exag&#233;ration de sa s&#233;duction qui - fatalement - poussera l'homme &#224; la poss&#233;der co&#251;te que co&#251;te : elle &#171; d&#233;sire &#234;tre violemment d&#233;sir&#233;e &#187;. A quel moment et pourquoi les &#171; convenances &#187; et les &#171; limites personnelles &#187; interviennent-elles ? Commen&#231;ons par les codes soci&#233;taux.&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais qu'en dira-t-on de moi si je&#8230; ?&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
&#171; Il s'av&#232;re toujours tr&#232;s d&#233;licat pour chacune d'entre nous de laisser voir son d&#233;sir, de se mouiller en quelque sorte &#187; reprend Sophie Cadalen. H&#233;siter &#224; exprimer clairement son attirance pour un homme, par le langage et les attitudes, ne veut pas dire se comporter comme une gourde. (On peut se conduire en pr&#233;datrice aupr&#232;s de 10 hommes et bloquer devant le onzi&#232;me.) La lente &#233;volution de la sexualit&#233; f&#233;minine a permis de renoncer &#224; inculquer la pudicit&#233; aux jeunes filles. N'a-t-on pas patiemment appris au &#171; second sexe &#187; &#224; baisser les yeux, se taire, se tenir et devenir une femme convenable ? Suffisamment convenable pour ne pas s'exposer. Non ces consid&#233;rations ne remontent pas au pal&#233;olithique : Nancy Friday, journaliste et &#233;crivaine produisit par exemple une onde de choc par son roman (&#171; My secret garden &#187;) en 1973 parce qu'elle y r&#233;v&#233;lait que les femmes aussi avaient des fantasmes ! Mais tout est affaire d'&#233;poque et de m&#339;urs. Aujourd'hui que la sexualit&#233; de groupe a pignon sur web on admet que : &#171; Chaque conduite individuelle n'en est pas moins largement d&#233;termin&#233;e par la culture o&#249; elle s'&#233;panouit. Car nos pulsions ne se r&#233;alisent qu'en empruntant des formes caract&#233;ristiques d'une culture pr&#233;cise &#187; (in &#171; Le sexe et l'Occident &#187; de Jean-Louis Flandrin). Mais alors que reste-t-il de transgressif dans une soci&#233;t&#233; largement permissive ? A moins de le r&#233;aliser dans les pires conditions qu'il soit (pathologiquement) la th&#233;&#226;tralisation d'une r&#234;verie ne bouleverse pas &#224; ce jour les codes officiels. On peut encore le qualifier de fantasme tabou ? L&#224; encore une erreur : des enqu&#234;tes &#8211; plus ou moins s&#233;rieuses &#8211; n'h&#233;sitent pas &#224; le r&#233;pertorier officiellement dans les principaux fantasmes f&#233;minins. Mais inconvenant, totalement. &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je le vis, je rougis, je p&#226;lis &#224; sa vue &lt;/strong&gt; &lt;br/&gt; Quel que soit le nom qu'on lui donne, ce fantasme traduit chez celles d'entre nous qui le ressentons un souhait &#233;vident : se d&#233;barrasser des oripeaux de nos interdits. L'essence du fantasme, qu'importe sa substance, est un rejet des attitudes conventionnelles entre soi et&#8230; soi ! &#171; La femme esp&#232;re ici perdre le contr&#244;le d'elle-m&#234;me gr&#226;ce &#224; une forme d'imm&#233;diatet&#233;. Attention cela ne rel&#232;ve pas de l'impossibilit&#233; d'assumer ses attirances, mais de l'appr&#233;hension de devoir les r&#233;v&#233;ler &#187; commente Sophie Cadalen. Et d'ailleurs qui est cet homme (ou femme) &#224; qui l'on permet de jouer les intrus et de quelle fa&#231;on (!) dans notre sensualit&#233; la plus secr&#232;te ? Un &#234;tre de passage, un proche, un s&#233;ducteur, un puissant ... Nul besoin de l'avoir sous les yeux ou de le savoir &#224; l'autre bout du continent, bien le conna&#238;tre ou l'avoir simplement crois&#233; pour l'int&#233;grer &#224; notre sc&#233;nario. Ce qui compte c'est que tout se passe, concr&#232;tement ou r&#234;veusement, avec une fougue dont on ressent sans doute la n&#233;cessit&#233;, puisqu'elle nous obs&#232;de. &#171; La femme esp&#232;re ici perdre le contr&#244;le d'elle-m&#234;me gr&#226;ce &#224; une forme d'imm&#233;diatet&#233;. &#187;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Interdits, anarchie et autres envies &lt;/strong&gt;&lt;br/&gt; Pourquoi les r&#234;ves se servent-ils du sexe pour d&#233;passer des limites personnelles ? Pourquoi s'interdit-on de sc&#233;nariser le sexe sous une forme brute, d&#233;nu&#233;e de sentiments, de pr&#233;liminaires ? Dans sa &#171; Petite philosophie de la passion amoureuse &#187; Andr&#233; Guigot &#233;crit : &#171; Chacun cultive ses d&#233;sirs dans son petit jardin intime. Les offrir, c'est prendre un risque, et c'est pr&#233;cis&#233;ment tout le plaisir de la corde raide. La transgression a beau &#234;tre imaginaire, le d&#233;sir inavouable : l'interdit n'apporte rien au d&#233;sir s'il ne nous transforme en funambule &#187;.&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Notre pens&#233;e, sur ce terrain, se r&#233;v&#232;le bien plus &#233;triqu&#233;e qu'on ne le pense : alors qui sait si cette le&#231;on d'&#233;quilibriste sur sa corde raide n'aide pas &#224; trouver la bonne distance &#224; laquelle il faut s'en tenir ? Ou bien, qui sait s'il ne faut pas au contraire se r&#233;jouir de cet &#233;clatement de nos entraves par le biais du fantasme ? Ainsi nous respectons les limites de la biens&#233;ance que nous nous fixons, et nous laissons cet autre, que nous avons invent&#233; comme un id&#233;al, nous offrir une jouissance transgressive et sublime, d&#233;barrass&#233;e du poids de la culpabilit&#233;. &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Intervenants&lt;/i&gt;&lt;br/&gt;
Jacques Waynberg est docteur en m&#233;decine, licenci&#233; &#232;s Sciences, licenci&#233; &#232;s Lettres, m&#233;decin l&#233;giste et criminologue, dipl&#244;m&#233; de la Fondation Masters et Johnson et de l'Institut Kinsey aux Etats-Unis. Il tient aussi le r&#244;le d'expert-consultant aupr&#232;s de l'OMS et a c-ofond&#233; la Soci&#233;t&#233; fran&#231;aise de sexologie clinique : &lt;a href=&quot;http://www.sfscsexo.com/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.sfscsexo.com&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
Actualit&#233; : &#171; Jouir c'est aimer &#187; paru en d&#233;cembre 2010 aux &#233;ditions Milan. &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sophie Cadalen est psychanalyste sp&#233;cialis&#233;e dans le couple, &#233;crivaine.
Actualit&#233; : auteure et com&#233;dienne dans &#171; Tu m'aimes comment &#187; et &#171; La cuisine d'Elvis &#187; deux savoureuses et variations sur le th&#232;me de la sexualit&#233;.	&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;f&#233;rences web&lt;/i&gt;&lt;br/&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.sfscsexo.com/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.sfscsexo.com&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
http://www/sexologie-fr.com (lexique) &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;f&#233;rences livres&lt;/i&gt;	&lt;br/&gt; &quot;Le sexe et l'Occident&quot; de Jean Louis Flandrin aux &#233;ditions du Seuil 1981. &lt;br/&gt; &quot;Petite philosophie de la passion amoureuse&quot; de Andr&#233; Guigot aux Editions Milan 2004.&lt;br/&gt;
&quot;Histoire de la pudeur&quot; de jean Claude Bologne aux &#233;ditions Pluriel,1986.
Addendum : &quot;Saintes ou pouliches &quot;d'Isabelle Bricart et &quot;Les quatre femmes de Dieu&quot; de Guy Bechtel &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;f&#233;rences magazines&lt;/i&gt;&lt;br/&gt;
&#171; La sexualit&#233; dans tous ses &#233;tats &#187; - Hors-s&#233;rie du magazine Sciences Humaines (article de Nicolas Journet /page 64 &#224; 65) parution 2009	.&lt;br/&gt;
&#171; Philosopher la sexualit&#233; ? &#187; article de Michela Marzano paru dans le Magazine Litt&#233;raire &#171; Les enfers du sexe &#187;, 2007.&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;A lire pour le plaisir : &lt;/i&gt;&lt;br/&gt; &lt;a href=&quot;http://www.same-story.com/sexualite/recits-erotiques/bourgeoise-prude-90783b&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.same-story.com/sexualite...&lt;/a&gt; (r&#233;cit anonyme)&lt;br/&gt; &quot;R&#234;ves de femmes - faut-il oser les fantasmes&quot; (&#233;puis&#233;) de Sophie Cadalen aux Editions Leduc 2005&lt;br/&gt; &quot;La nuit Caroline&quot; (&#233;puis&#233;) de Caroline Grimm aux Editions Blanche 2006&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les fantasmes</title>
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		<dc:date>2010-01-15T10:34:42Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nathalie Olivier</dc:creator>



		<description>Les renouveler, les transgresser, les &#233;touffer, les divulguer, les enterrer, les assumer, les fuir, les chercher. Ah les fantasmes ! que d'attitudes possibles &#224; leurs &#233;gards. Une seule v&#233;rit&#233; : le fantasme est une terre de libert&#233;. L'&#233;l&#233;ment essentiel &#224; notre sexualit&#233;, c'est notre cerveau. Il est notre plus gros organe sexuel. On peut m&#234;me parvenir &#224; l'orgasme en r&#234;vant, il est l'unique d&#233;clencheur, l'unique ma&#238;tre de nos &#233;motions. Le l&#226;cher prise ne peut venir que de lui. Car ce que notre cerveau stocke (...)

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&lt;a href="https://www.secondsexe.com/magazine/-Du-fantasme-au-plaisir-.html" rel="directory"&gt;5. Du fantasme au plaisir&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L150xH113/arton1297-8e440.jpg&quot; width='150' height='113' style='height:113px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les renouveler, les transgresser, les &#233;touffer, les divulguer, les enterrer, les assumer, les fuir, les chercher. Ah les fantasmes ! que d'attitudes possibles &#224; leurs &#233;gards. Une seule v&#233;rit&#233; : le fantasme est une terre de libert&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;l&#233;ment essentiel &#224; notre sexualit&#233;, c'est notre cerveau. Il est notre plus gros organe sexuel. &lt;strong&gt;On peut m&#234;me parvenir &#224; l'orgasme en r&#234;vant&lt;/strong&gt;, il est l'unique d&#233;clencheur, l'unique ma&#238;tre de nos &#233;motions. Le l&#226;cher prise ne peut venir que de lui. Car ce que notre cerveau stocke dans notre inconscient et qui peut surgir de fa&#231;on impromptue au travers des r&#234;ves ou des fantasmes, peut autant amener &#224; la jouissance que la bouleverser ou la bloquer.&lt;br/&gt;
Si le r&#234;ve ne se contr&#244;le pas, le fantasme, lui, se construit et se fa&#231;onne &#233;veill&#233;. Etant quelquefois saugrenu par rapport &#224; ce que nous autorisons, il peut &#234;tre difficile d'accepter ses fantasmes et de s'y laisser aller, ils t&#233;moignent d'une part de nous-m&#234;mes tr&#232;s enfouie, et parfois parfaitement inconnue de notre conscient &#233;veill&#233;. &lt;strong&gt;Cela peut &#234;tre tr&#232;s d&#233;routant de se surprendre &#224; s'imaginer nue, se livrant &#224; toute une caserne de pompiers&lt;/strong&gt;, ou fantasmant sur le fils de la voisine. Les fantasmes d&#233;barquent sans pr&#233;venir &#224; l'adolescence et accompagnent la d&#233;couverte du corps et la masturbation, puis ils &#233;voluent et s'&#233;panouissent tout au long de notre vie sexuelle. Ils sont le meilleur reflet de nos d&#233;sirs inconscients.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le moteur du d&#233;sir&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les fantasmes sont l'un des principaux moyens de maintenir l'activit&#233; sexuelle au beau fixe. Pas n&#233;cessairement en les r&#233;alisant (car alors ils perdent leur statut de fantasmes), mais simplement pour s'ouvrir au renouvellement du d&#233;sir. &lt;br/&gt;
Les d&#233;finitions du mot &#171; Fantasme &#187; que nous trouvons parlent toutes de production : &#171; Production psychique imaginaire correspondant &#224; l'expression d'un d&#233;sir &#187;, &#171; Production de l'imaginaire par laquelle le Moi cherche &#224; &#233;chapper &#224; l'emprise de la r&#233;alit&#233; &#187;. Pour parler clairement, le fantasme consiste &#224; prendre nos d&#233;sirs pour la r&#233;alit&#233;&#8230;Imaginer une sc&#232;ne dont le sc&#233;nario est &#233;labor&#233;, et s'immerger dans cette pens&#233;e comme dans une r&#233;alit&#233;, ce qui d&#233;clenche une stimulation sexuelle, provoquant d&#233;sir et plaisir.&lt;br/&gt;
Le fantasme fait partie de notre vie sexuelle. Dans la masturbation, c'est un &#233;l&#233;ment moteur. Dans le rapport &#224; l'autre, le fantasme n'est pas toujours pr&#233;sent, mais &lt;strong&gt;nombreux sont ceux et celles qui en ont besoin pour arriver &#224; la jouissance&lt;/strong&gt;, ce qui est ind&#233;pendant de la relation &#224; l'autre. Le plus souvent, les partenaires ne s'avouent pas avoir recours &#224; des fantasmes pour parvenir &#224; l'orgasme. Mais il arrive aussi qu'ils aient du plaisir &#224; se raconter ce qu'ils imaginent et &#224; partager leurs fantasmes. Certains aiment &#224; imaginer des sc&#232;nes tr&#232;s pr&#233;cises pour arriver jusqu'&#224; la jouissance, parfois toujours la m&#234;me, parfois tr&#232;s diff&#233;rentes les unes des autres. &lt;br/&gt;
Agathe, 29 ans, esth&#233;ticienne &#224; Paris, nous confie qu'elle ne comprend pas du tout son fantasme r&#233;current. &#171; Lorsque nous faisons l'amour avec mon mari, j'ai besoin de l'entendre me raconter des sc&#233;narios, des histoires dans lesquelles il a des relations sexuelles avec d'autres femmes. Mais je suis pourtant tr&#232;s jalouse ! Je ne comprends pas pourquoi le fait de l'imaginer avec d'autres femmes m'excite autant lors de nos rapports sexuels, alors que dans la r&#233;alit&#233;, cela me d&#233;go&#251;terait. En y r&#233;fl&#233;chissant, je me suis dit que c'&#233;tait sans doute que j'avais un c&#244;t&#233; &#171; voyeur &#187;, et que peut-&#234;tre le fait de lui donner l'autorisation de me raconter des histoires imagin&#233;es avec d'autres femmes, lui enl&#232;verait l'envie de le faire pour de vrai. Mon mari &#233;prouve lui aussi du plaisir &#224; r&#233;pondre &#224; mon fantasme, parfois cela m'inqui&#232;te, je me dis, il doit vraiment en avoir envie pour &#234;tre aussi pr&#233;cis, mais la plupart du temps, &#231;a me rend dingue, tout simplement &#187;.&lt;br/&gt; Lorsque l'on aime, la jalousie peut &#234;tre un vrai moteur d'excitation. Autant la jalousie peut &#234;tre destructrice dans la vie r&#233;elle, autant peut-elle &#234;tre un v&#233;ritable moteur &#224; l'&#233;tat de fantasme.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Notre seul v&#233;ritable espace de libert&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tout le monde fantasme. Pourtant, tout le monde n'a pas l'impression de fantasmer.&lt;/strong&gt; Car les fantasmes, m&#234;me s'ils provoquent l'excitation sexuelle, ne sont pas forc&#233;ment d'ordre sexuel. Certaines femmes fantasment pendant les rapports &#224; propos de l'amour qu'elles portent &#224; leur partenaire, ou de l'amour qu'il est sens&#233; leur porter. Cela les met en &#233;moi mais elles n'auront pas l'impression de fantasmer&#8230; &lt;br/&gt;
Les fantasmes sont de tous ordres. Du plus simple (coucher avec son patron), au plus sophistiqu&#233; (&#234;tre une sublime amazone chassant les tr&#232;s jeunes hommes et les tuant apr&#232;s en avoir extirp&#233; la s&#232;ve). Et si l'on y est r&#233;ceptif, ils permettent, comme la masturbation mais d'une fa&#231;on diff&#233;rente, d'affiner notre propre qu&#234;te du plaisir. Ils nous permettent de savoir quelle sexualit&#233; nous correspond le mieux (soumise, violente, volage&#8230;), et par cons&#233;quent, quel partenaire nous correspond le mieux. &lt;br/&gt;
Les fantasmes sont notre seul espace de libert&#233;, inviolable, infranchissable. Les variables du fantasme sont infinies, mais il y a des tendances. Selon un sondage (source Francoscopie 2003, G&#233;rard Mermet, Larousse). Les fantasmes r&#233;currents chez les hommes sont faire l'amour dans la nature (53%), &#234;tre initi&#233; au sexe pas une femme sans tabous (37%), Faire l'amour avec deux femmes (36%), faire l'amour avec une inconnue sans se parler ni se revoir (29%), ou avoir un harem pr&#234;t &#224; assouvir tous ses d&#233;sirs (27%). Chez les femmes : regarder un couple faire l'amour (32%), regarder deux femmes faire l'amour (14%), faire l'amour &#224; plusieurs (11%), avoir une relation avec une autre femme (10%). Si ces fantasmes sont relativement sages, d'autres peuvent troubler car ils sont choquants, interdits, transgressifs. Mais y a t-il souci &#224; fantasmer dans la transgression ?&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Transgressions, interdits, le seul endroit o&#249; tout est possible&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Certaines personnes d&#233;veloppent une culpabilit&#233; lorsque leurs fantasmes sexuels sont d&#233;viants, pervers, inqui&#233;tants. Mais, nous dit la sexologue Mireille Dubois-Chevalier &#171; se poser la question de savoir si l'on est fou parce que nos fantasmes sont transgressifs, revient &#224; se demander si l'on est fou parce que l'on r&#234;ve d'&#234;tre riche. Tant que l'on ne se prend pas pour Cr&#233;sus dans la r&#233;alit&#233;, tout va bien. C'est exactement la m&#234;me chose pour les fantasmes. Tant que l'on sait que ce ne sont que des fantasmes, tout va bien. Si l'on s'inqui&#232;te, s'il y a une souffrance ou une obsession par rapport aux fantasmes, les choses sont diff&#233;rentes. La normalit&#233;, c'est de ne pas souffrir. Si l'on a mal, c'est exactement comme pour l'organisme, c'est un sympt&#244;me d'alerte. Et il est pr&#233;f&#233;rable d'essayer de comprendre et de consulter &#187;.&lt;br/&gt;
La litt&#233;rature libertine en est un bon exemple. Nombre de livres mettent en sc&#232;ne des personnages pervers et l'issue ne fait pas forc&#233;ment triompher la morale. Le Marquis de Sade, Pierre Lou&#255;s ou Gabriel Matzneff ne sont ni incestueux, ni violeurs, ni criminels, ni p&#233;dophiles. Mais leurs &#339;uvres d&#233;crivent des personnages confront&#233;s &#224; ces d&#233;sirs inavouables. Nos fantasmes sont comparables &#224; ces romans sulfureux. &lt;strong&gt;Nous pouvons fantasmer le pire.&lt;/strong&gt; Le fantasme, comme les fictions de tous ordres (cin&#233;ma, th&#233;&#226;tre, litt&#233;rature), jouent un r&#244;le que les Grecs nommaient Catharsis (purification) : En imaginant crimes, passions criminelles ou perversions sexuelles, en transgressant, c'est &#224; dire en refusant de respecter un interdit, on affirme et accepte les r&#232;gles &#233;tablies m&#234;me si cela para&#238;t &#234;tre tout &#224; fait paradoxal. Pourtant lorsqu'un interdit dispara&#238;t, la transgression aussi.&lt;br/&gt;
Si l'ordre social d&#233;limite dans un cadre ce qu'il est possible ou non de faire, il faut se rappeler que les curseurs de cette morale varient constamment avec les &#233;poques. A titre d'exemple, il est interdit aujourd'hui d'avoir une relation sexuelle avec une personne de moins de 15 ans (&#226;ge de la majorit&#233; sexuelle en France), quand il &#233;tait autrefois courant de marier les enfants vers l'&#226;ge de 12 ans.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
R&#233;aliser ses fantasmes ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il est parfois difficile de faire la diff&#233;rence entre le fantasme, et la simple expression d'un d&#233;sir qu'on aimerait assouvir. Si l'on fantasme sur la fess&#233;e par exemple, que l'on ait envie d'&#234;tre fess&#233;e ou de fesser notre partenaire, il s'agit plut&#244;t de l'expression d'un d&#233;sir facile &#224; assouvir. Il suffit de pouvoir l'exprimer. Imaginer en revanche que l'on fait l'amour avec une personne non consentante, un membre de sa famille, un mineur, etc, est une autre histoire.&lt;br/&gt;
Certains fantasmes sont possibles &#224; assouvir (&#171; actualiser &#187; ses fantasmes disent les sp&#233;cialistes), mais &lt;strong&gt;il faut simplement garder en vue l'id&#233;e qu'un fantasme assouvi en g&#233;n&#233;rera un autre&lt;/strong&gt;, qui a priori devrait &#234;tre plus complexe que le pr&#233;c&#233;dent, car encore une fois, le fantasme est une n&#233;cessit&#233; vitale. &lt;br/&gt;
Se retrouver &#224; l'h&#244;tel pour faire l'amour clandestinement ne fera de mal &#224; personne. Utiliser des jouets, cr&#233;er des situations inattendues, s'attacher, regarder ensemble des images ou des films &#233;rotiques ne posera aucun probl&#232;me tant que ces fantasmes sont accept&#233;s par le partenaire. En revanche, lorsque l'autre est forc&#233; dans une aventure qui ne lui correspond pas, cela pr&#233;sente des risques de traumatismes. &lt;br/&gt;
C'est ce qu'a v&#233;cu Sylvie, 46 ans, pharmacienne. &#171; Cela faisait un moment que mon mari me parlait d'exp&#233;rience &#233;changiste. Il voulait m'emmener dans une boite sp&#233;cialis&#233;e. Je n'&#233;tais pas tr&#232;s chaude, mais l'id&#233;e de voir les autres m'excitait quand m&#234;me. Un soir, mon mari a invit&#233; l'un de ses coll&#232;gues &#224; d&#238;ner avec sa femme. J'ai compris tr&#232;s vite que ce coll&#232;gue fr&#233;quentait souvent ces endroits (...) avec mon consentement, nous avions d&#233;cid&#233; d'y aller le soir m&#234;me. Dans la voiture, je me collais comme une chatte &#224; mon mari, comme pour dire, il est &#224; moi. Une fois sur place, dans une atmosph&#232;re sombre et th&#233;&#226;trale, je d&#233;couvre un univers &#233;trange, o&#249; des couples se caressent sur des canap&#233;s tandis que d'autres s'enfoncent dans des couloirs. Je voyais monter l'excitation de mon mari. Je n'&#233;tais pas insensible &#224; ce spectacle, mais une peur panique m'avait envahie. Tout d'un coup, je m'aper&#231;us que mon mari avait disparu.(...) Puis je le vis. Un coup au c&#339;ur, une d&#233;flagration, je ne sais pas comment dire, le vide, le gouffre&#8230;Il avait la t&#234;te entre les cuisses d'une fille et &#233;tait en train de la l&#233;cher goul&#251;ment&#8230; Cette intimit&#233; avec une autre, ce d&#233;sir effr&#233;n&#233;, m'a donn&#233; la naus&#233;e. Je me suis enfuie, le laissant &#224; ses jeux d&#233;go&#251;tants et pervers. &#187;. Le fantasme exige, pour &#234;tre r&#233;alis&#233;, une acceptation parfaite et totale des deux partenaires. De tr&#232;s nombreuses femmes acceptent de se pr&#234;ter aux d&#233;sirs de leur partenaire sans les partager, pour faire plaisir, ou par peur de les perdre. Ces solutions ne sont pas p&#233;rennes et risquent de laisser des blessures.&lt;br/&gt;
A l'inverse, &#171; entre adultes consentants &#187; il y a un vaste champ du possible et de l'exp&#233;rimentation, qui peut ouvrir sur de nouveaux plaisirs et surtout renouveler le plaisir. &lt;br/&gt;
Certains sont pass&#233;s ma&#238;tres dans la r&#233;alisation de leurs fantasmes, s'&#233;panouissent dans des sexualit&#233;s diff&#233;rentes, parfois si sp&#233;ciales qu'elles ne concernent que peu d'adeptes.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les sexualit&#233;s diff&#233;rentes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les rapports de couple deviennent r&#233;p&#233;titifs ou ennuyeux, certain(e)s espacent les relations avec le partenaire jusqu'&#224; ce qu'elles s'&#233;tiolent compl&#232;tement, d'autres vont voir ailleurs. D'autres enfin renouvellent le plaisir par le jeu ou se tournent vers des plaisirs qui alimentent la presse et notre curiosit&#233;, mais qui en r&#233;alit&#233; ne concernent que 2% ou 3% de la population fran&#231;aise.&lt;strong&gt; On appelle ces pratiques sexuelles diff&#233;rentes, des paraphilies.&lt;/strong&gt; Elles comprennent aussi bien la p&#233;dophilie que l'&#233;changisme ou l'acomoclitisme (attirance sexuelle pour les pubis ras&#233;s), on comprendra qu'elles ne peuvent s'&#233;voquer qu'une par une, n'&#233;tant pas du tout sur le m&#234;me registre du point de vue de la loi. &lt;br/&gt;
Dans son livre &#171; Le sexe bizarre &#187; (&#233;ditions du Cherche Midi), Agn&#232;s Giard, a enqu&#234;t&#233; sur toutes les pratiques sexuelles &#233;tranges. &#171; A force de les d&#233;couvrir, j'en suis venue &#224; penser que la libido humaine pouvait s'emparer des &#233;l&#233;ments les plus innocents de la vie quotidienne pour en faire les instruments d'une &#233;rotique f&#233;&#233;rie, &#233;crit-elle (&#8230;) Rien n'est sacr&#233;. Et les super h&#233;ros de bandes dessin&#233;es, comme les ic&#244;nes religieuses sont les premi&#232;res victimes de cette propension universelle, presque blasph&#233;matoire &#224; d&#233;tourner les choses de leur destination premi&#232;re et &#224; les convertir en objets de d&#233;sirs (&#8230;) Ces tribus ne rassemblent parfois que quelques dizaines d'individus. (&#8230;) Je croyais en l'existence d'une contre culture regroupant p&#234;le-m&#234;le tous les exclus du syst&#232;me dominant et j'ai finalement rencontr&#233; autant de machos conformistes parmi eux, ou de tranquilles femmes au foyer, que d'individus r&#233;ellement en rupture avec les normes morales de la soci&#233;t&#233; (&#8230;) Ma&#238;tres de leur univers, ils construisent autour de ce qui, pour nous, para&#238;t parfaitement ennuyeux ou inepte, une aventure dont ils sont les h&#233;ros &#187;. La diversit&#233; des propositions est tr&#232;s vastes mais quelques exemples m&#233;ritent d'&#234;tre &#233;voqu&#233;s : les &#171; p&#233;dals pumpers &#187;, les amoureux des femmes au volant, qui ne trouvent leur plaisir qu'en regardant les pieds d'une femme sur un acc&#233;l&#233;rateur de voiture ( plus particuli&#232;rement des souliers &#224; talons blanc sur les p&#233;dales d'une corvette 1959&#8230;), ou les &#171; rubbers lovers &#187; qui communient dans l'amour du latex. Lors de bals tr&#232;s sp&#233;ciaux, ils arborent des tenues de h&#233;ros de Comics, ou de type sado masochiste, ou les corps, enti&#232;rement recouverts de latex, n&#233;cessitent un masque &#224; gaz pour respirer. (...) Certains aiment se faire mettre sous vide &#224; l'aide d'une machine sp&#233;ciale inspir&#233;e des syst&#232;mes d'emballages industriels, ne respirant plus que par un tuyau, d'autres sont ivres de d&#233;sir en voyant leur femme en plein m&#233;nage, s'immobiliser soudainement le balai &#224; la main en entendant la phrase magique &#171; un, deux, trois soleil ! &#187;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les jeux de r&#244;le&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si les pratiques pr&#233;c&#233;dentes concernent un petit nombre de personnes, les jeux de r&#244;les sont eux un moyen plus facile de rompre la monotonie des rapports. &lt;strong&gt;Ce qui est important dans le jeu n'est pas tant le jeu en soi, que la m&#233;canique c&#233;r&#233;brale de sa pr&#233;paration et l'excitation qui le pr&#233;c&#232;de&lt;/strong&gt;. Entrer dans la peau d'une autre le temps d'un jeu c'est aussi se permettre de dire et de faire des choses que nous n'oserions pas dire ou faire dans d'autres circonstances. Dans la peau d'une autre, nous pouvons sans g&#234;ne demander une fess&#233;e, une p&#233;n&#233;tration anale, ou n'importe quelle chose hors de notre quotidien, d'une fa&#231;on qui ne pr&#234;te pas &#224; cons&#233;quence. &lt;br/&gt;
Julie a 48 ans. Elle habite dans le Var, est infirmi&#232;re. Depuis des ann&#233;es, son fantasme reste dans le domaine m&#233;dical : elle s'amuse avec son mari &#224; jouer &#224; la patiente s&#233;duisant son m&#233;decin. &#171; On adore tous les deux jouer &#224; ce petit jeu. On pr&#233;pare tout minutieusement, dans les moindres d&#233;tails. Il est toujours m&#233;decin, et je suis toujours patiente, mais nous changeons de domaine presqu'&#224; chaque fois. Mon mari est tour &#224; tour dentiste, gyn&#233;cologue, g&#233;n&#233;raliste, masseur, psy, proctologue, radiologue, ou chirurgien. On a am&#233;nag&#233; une pi&#232;ce &#224; la cave. On a m&#234;me achet&#233; un fauteuil de dentiste dans une brocante, un brancard. Je m'habille dans des styles tr&#232;s diff&#233;rents, de nue sous mon manteau, &#224; jean- tennis ou dessous affriolants, j'essaye toujours de le surprendre. On pr&#233;pare tout par mail et &#224; partir du moment o&#249; c'est fix&#233;, je ne pense plus &#224; grand-chose d'autre. M&#234;me quand on fait l'amour avant la date fix&#233;e, on s'en parle pendant les rapports. Lorsque le jour arrive, le sc&#233;nario ne varie pas beaucoup. Je frappe &#224; la porte, il vient m'ouvrir, il m'examine, et c'est parti ! Nous changeons de personnalit&#233; &#224; chaque fois. Je peux &#234;tre tour &#224; tour soumise, faussement timide, ou salope, et lui aussi. Ca peut durer des heures. Mais nous r&#234;vons tous les deux de r&#233;aliser notre fantasme dans un vrai cabinet m&#233;dical, un vrai si&#232;ge de dentiste ou un vrai cabinet de gyn&#233;co (mon sc&#233;nario pr&#233;f&#233;r&#233;&#8230;). Quand je me pr&#233;pare, je me caresse en pensant &#224; notre prochain rendez-vous, et je sais que lui aussi.&quot;&lt;br/&gt;
Si la complicit&#233; sexuelle &#224; une fonction d&#233;terminante dans le rapport &#224; l'autre, les fantasmes (partag&#233;s ou non) et la r&#233;alisation de jeux sont deux matrices qui permettent de r&#233;g&#233;n&#233;rer d&#233;sirs et plaisirs pour soi comme pour son partenaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[gris]B&#233;atrice Baumi&#233;, Aur&#233;lie Galois, Sophie Bramly[/gris] &lt;br/&gt;
Extrait du livre &quot;L'orgasme on s'en fout, &#233;loge du plaisir f&#233;minin&quot;, Editions Fetjen &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;photo &#169; Thierry Morvan - Fotolia.com&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Jouer les putains</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julie Montaudon</dc:creator>



		<description>Se glisser dans la peau d'une prostitu&#233;e, se faire payer pour coucher avec d'illustres inconnus est un classique du fantasme &#233;rotique. Pour la majorit&#233; d'entre nous, il n'est pas question de passage &#224; l'acte, mais bel et bien d'une envie de &#171; jouer les putains &#187;. Fille de joie, courtisane, catin&#8230; Savante experte en hommes et en &#233;mois sexuels. Rev&#234;tir le r&#244;le d'une professionnelle ? Pourquoi ? Une fa&#231;on d'annihiler la tendresse maternelle, de s'adonner au sexe sans implication morale, ou encore de devenir (...)

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&lt;a href="https://www.secondsexe.com/magazine/-Du-fantasme-au-plaisir-.html" rel="directory"&gt;5. Du fantasme au plaisir&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L101xH150/arton563-b8de0.jpg&quot; width='101' height='150' style='height:150px;width:101px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Se glisser dans la peau d'une prostitu&#233;e, se faire payer pour coucher avec d'illustres inconnus est un classique du fantasme &#233;rotique. Pour la majorit&#233; d'entre nous, il n'est pas question de passage &#224; l'acte, mais bel et bien d'une envie de &#171; jouer les putains &#187;. Fille de joie, courtisane, catin&#8230; Savante experte en hommes et en &#233;mois sexuels. Rev&#234;tir le r&#244;le d'une professionnelle ? Pourquoi ? Une fa&#231;on d'annihiler la tendresse maternelle, de s'adonner au sexe sans implication morale, ou encore de devenir esclave du d&#233;sir de l'autre&#8230; &#192; voir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Prostitu&#233;e : le plus vieux m&#233;tier du monde&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans Histoire de la prostitution : du moyen &#226;ge au XXe si&#232;cle&lt;/i&gt;, Brigitte Rochelandet affirme que &#171; la prostitution, une pratique sexuelle particuli&#232;re caract&#233;ris&#233;e par l'absence de sentiment d'amour dans la possession sexuelle d'un corps, est attest&#233;e depuis si longtemps que certains la qualifient de plus vieux m&#233;tier du monde &#187;. Plusieurs visions de la prostitu&#233;e se confondent souvent dans les esprits contemporains : la jeune fille perdue, drogu&#233;e, sans argent qui joue de ses charmes pour satisfaire son addiction dans une spirale auto-destructrice, la jeune fille (&#233;trang&#232;re) exploit&#233;e comme du b&#233;tail par des maquereaux qui s'en mettent plein les poches, la vieille pute typique de Pigalle, fatigu&#233;e, pas tr&#232;s belle et qui continue d'exercer parce qu'elle ne sait rien faire d'autre. On est loin des paillettes, mais certainement plus proche de la r&#233;alit&#233; que le clich&#233; qui sert de base au fantasme de la putain et qui serait plut&#244;t celui-l&#224; : une image d'&#201;pinal de la prostitu&#233;e, bonne fille pleine de vie, pas farouche et exp&#233;riment&#233;e, d&#233;tentrice d'une sagesse ancestrale de la vie tir&#233;e du &#171; fond des hommes &#187;, que ces messieurs aiment &#224; &#171; consulter &#187; quand ils sont tristes ou blas&#233;s de leur partenaire. D&#233;tentrice &#233;galement d'un savoir technique sexuel, d'une exp&#233;rience de la jouissance masculine encore souvent sulfureuse et qui serait, par essence, interdite aux autres femmes. Un fantasme qui la plupart du temps n'a rien &#224; voir avec un v&#233;ritable passage &#224; l'acte.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;De la madone &#224; la catin&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans le fantasme de la putain, on retrouve la d&#233;n&#233;gation classique de la responsabilit&#233; du d&#233;sir sexuel. La femme peut alors se permettre d'acc&#233;der au plaisir sans culpabilit&#233;, n'&#233;tant plus elle&#8211;m&#234;me. C'est l'autre qui devient responsable de ce plaisir, c'est lui qui le prend litt&#233;ralement en charge. Endosser le r&#244;le d'une putain serait aussi une fa&#231;on comme une autre de nous autoriser &#224; &#234;tre des femmes, et non plus seulement les filles de nos m&#232;res. Ce fantasme de prostitution peut d'ailleurs surgir au moment de l'adolescence, comme s'il y avait l&#224; une r&#233;solution possible et socialement prescrite &#224; la question &#233;mergeante du d&#233;sir. Cela souligne l'origine profond&#233;ment sociale d'un tel fantasme. Ni m&#232;re, ni &#233;pouse, ni ma&#238;tresse, ni amie... La prostitu&#233;e est l'objet sexuel le plus vieux du monde et s'offre &#224; quiconque a les moyens de la payer. Fille de joie ou de mauvaise vie, catin ou cocotte, &#171; l'homme se d&#233;livre sur elle de sa turpitude et il la renie &#187;, disait Simone de Beauvoir. Aujourd'hui, les femmes sont sens&#233;es assumer leur libido et la revendiquer sans complexe, mais les choses sont moins simples qu'elles ni paraissent. Pour Caroline, 32 ans, ce n'est pas si facile d'assumer ses envies et de s&#233;parer le sexe de l'amour : &#171; Le sexe avec mon partenaire a toujours &#233;t&#233; &#171; cordial &#187;. Nous &#233;prouvons du plaisir, mais l'amour et le respect que nous avons l'un pour l'autre nous emp&#234;che de nous l&#226;cher totalement. J'ai parfois ce fantasme, celui d'&#234;tre une putain. Cette femme qu'on utilise pour le sexe, sans amour ni consid&#233;ration. Celle &#224; qui on ne fait pas l'amour, mais qu'on baise sans retenue, parce qu'on la paie pour &#231;a &#187;. Ce fantasme est comme un reliquat d'une double image jud&#233;o-chr&#233;tienne, fondatrice de la femme. On est encore dans la dualit&#233; classique de &#171; la maman et la putain &#187;, qui remonte au moyen-&#226;ge : les m&#233;decins ont d&#233;couverts &#224; cette &#233;poque que les femmes n'avaient pas besoin de jouir pour procr&#233;er, d'o&#249; une scission entre l'&#233;pouse, qui prend tout d'une sainte, et la sorci&#232;re qui deviendra par la suite la putain.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le fantasme du parfait inconnu&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le fantasme de prostitution englobe l'un des fantasmes les plus fr&#233;quents des femmes : celui de faire l'amour avec un parfait inconnu. L'inconnu du fantasme est en g&#233;n&#233;ral un amant id&#233;al qui oblige les femmes &#224; laisser tomber leurs barri&#232;res pour pouvoir enfin &#233;prouver du plaisir. Une aventure sans lendemain, sans jugements ni sentiments, ferait r&#234;ver beaucoup de femmes qui n'ont pas toujours l'occasion, la d&#233;contraction et la libert&#233; de la concr&#233;tiser. Qui n'a jamais effleur&#233; l'id&#233;e de s'adonner au sexe furtif (le plombier sexy qui vient r&#233;parer une fuite), dans un lieu insolite (le steward au teint h&#226;l&#233;), lors d'une rencontre &#233;ph&#233;m&#232;re... Pour l'andrologue et gyn&#233;cologue Sylvain Mimoun, l'acceptation du fantasme est une caresse de l'esprit. Magnifique expression, qui sous-tend en creux, le sujet du plaisir. Fantasmer c'est s'occuper de son plaisir, prendre soin de son &#171; moi &#233;rotique &#187;. L'envie de faire l'amour avec un inconnu est l'acceptation du rapport sexuel sans aucune relation en amont, sans phase de s&#233;duction, sans phase d'excitation. Int&#233;rioriser, s'approprier et finalement devenir l'arch&#233;type de ce fantasme tr&#232;s masculin : la femme toujours chaude, toujours pr&#234;te qu'on peut &#171; monter &#187; sans pr&#233;paration, sans c&#233;r&#233;monie et quitter de m&#234;me. Aur&#233;lie, 27 ans raconte : &#171; J'ai tendance &#224; multiplier les partenaires. Il m'arrive d'avoir envie de tester certains d'entre eux, au moment de la drague. Ca me d&#233;mange de leur dire froidement : &#171; Je te plais ? Allons chez moi. Mais j'esp&#232;re que tu as de quoi payer. &#187; Ca m'excite d'imaginer qu'un homme m'aborde en pensant que je suis une c&#233;libataire ordinaire, et qu'il d&#233;couvre que je suis une vraie petite catin qu'on peut s'offrir avec quelques billets &#187;. Si beaucoup de jeunes femmes semblent aujourd'hui s'approprier le droit de satisfaire cette pulsion du &#171; sexe sans amour &#187; &#224; l'image des hommes qui fonctionnent ainsi depuis la nuit des temps, beaucoup de femmes n'ont pas encore int&#233;gr&#233; cette nouvelle libert&#233; sexuelle (pour des raisons qui tiennent souvent &#224; l'&#233;ducation, &#224; la peur du regard des autres ou &#224; la m&#233;connaissance de leur propre corps), d'o&#249; leur besoin perp&#233;tuellement renouvell&#233; de se fantasmer en &#171; putain d'un jour &#187;. Ce n'est pas parce qu'une soci&#233;t&#233; est dans l'exhibition sexuelle permanente que les esprits et les corps sont plus libres, au contraire : cela peut m&#234;me les inhiber.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La pulsion plus forte que l'&#233;ducation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La femme qui se glisse dans la peau d'une prostitu&#233;e devient &#233;galement esclave du d&#233;sir de l'autre par le biais de l'argent. Lorsqu'une femme fantasme qu'elle est une prostitu&#233;e, elle peut s'adonner au sexe pour le sexe, sans aucune implication morale ou &#233;thique. D'apr&#232;s Sylvain Mimoun, la pulsion devient alors plus forte que l'&#233;ducation. Dans le cadre de ce type de fantasme, nous pouvons nous autoriser &#224; n'&#234;tre pas ou plus ce qu'on attend de nous, au choix donc : une bonne fille, une femme tendre et attentive, une bonne m&#232;re, une bonne tout&#8230; Nous prenons le risque d'&#234;tre enti&#232;rement sexuelle. Accepter ce fantasme c'est admettre les ressorts complexes de notre imaginaire &#233;rotique. Il nous permet ainsi d'&#234;tre le metteur en sc&#232;ne et de laisser parler un d&#233;sir &#233;vident de domination et de soumission que sous-tend le fantasme de la putain. On &#233;rotise souvent ce qui est tabou. En r&#233;sum&#233;, plus c'est interdit, plus c'est excitant et donc meilleur. Car transgresser l'interdit permet de cultiver un sentiment de culpabilit&#233; parfois n&#233;cessaire au plaisir. Et pour pousser le raisonnement jusqu'au bout : qu'est-ce qui serait difficilement avouable pour des femmes d'aujourd'hui, pour des femmes officiellement lib&#233;r&#233;es ? D'aimer &#234;tre soumises aux d&#233;sirs du m&#226;le ? Citons Jean Paulhan dans sa pr&#233;face &#224; l'Histoire d'O de Pauline R&#233;age : &#171; Enfin une femme qui avoue ! Qui avoue quoi ? Ce dont les femmes se sont de tout temps d&#233;fendues (mais jamais plus qu'aujourd'hui). Ce que les hommes de tout temps leur reprochaient : qu'elles ne cessent pas d'ob&#233;ir &#224; leur sang ; que tout est sexe en elles, et jusqu'&#224; l'esprit. Qu'il faudrait sans cesse les nourrir, sans cesse les laver et les farder, sans cesse les battre. Qu'elles ont simplement besoin d'un bon ma&#238;tre, et qui se d&#233;fie de sa bont&#233;... &#187; On n'est pas forc&#233; de cautionner ces propos volontairement provocateurs et malicieux, on peut juste go&#251;ter leur d&#233;licieux parfum de scandale, aujourd'hui encore. Aujourd'hui surtout ?&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;C'est combien ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'argent, ic&#244;ne moderne, justifie qu'on lui sacrifie tout ou presque et en particulier la seule chose qui th&#233;oriquement nous appartienne en propre : notre int&#233;grit&#233; physique. Le mythe moderne de l'escort-girl en est un des symboles. Elle est la version luxe de la prostitu&#233;e. Elle est l'image de la putain acceptable car belle, intelligente et impossible &#224; distinguer des autres femmes, elle ne monnaye pas son corps mais &#171; sa compagnie &#187; qu'elle fait payer tr&#232;s cher. Elle s'accorderait &#233;galement la libert&#233; de choisir ses clients&#8230; Une in&#233;puisable usine &#224; fantasme qui surfe sur les mamelles de notre &#233;poque : beaut&#233;, jeunesse, richesse, sexe, et luxe&#8230; Pour Sarah, 29 ans, &#234;tre escort girl est un vrai fantasme : &#171; Je vis depuis six ans avec mon partenaire. Je suis fid&#232;le, mais je r&#234;ve souvent de me retrouver dans la peau d'une escort-girl. Un homme riche me s&#233;lectionne dans le book d'une agence, me fait venir au bout du monde dans un cadre idyllique. Il me fait boire du champagne et sort de gros billets de banque chaque fois qu'il veut une nouvelle g&#226;terie&#8230; &#187; Le client deviendrait ainsi le nouveau prince charmant d'un soir. Et l'escort la nouvelle Cendrillon&#8230; On peut se poser la question d'un fantasme qui serait plus mat&#233;riel que purement sexuel. Mais la th&#233;matique de l'argent ne peut pas non plus &#234;tre dissoci&#233;e du fantasme de la putain. L'id&#233;e qu'un homme soit pr&#234;t &#224; payer pour go&#251;ter &#224; nos faveurs devient une v&#233;ritable revalorisation de soi-m&#234;me, un aphrodisiaque. Une fa&#231;on de se rassurer sur notre f&#233;minit&#233; : on nous d&#233;sire et on nous paye pour satisfaire ce d&#233;sir.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le jeu de la putain, sc&#233;nario &#233;rotique&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le docteur Corman, pr&#233;sident des m&#233;decins sexologues de France, estime que le r&#244;le d'un fantasme est de rester dans l'imaginaire et de ne pas &#234;tre r&#233;alis&#233;. Mais souvent, le sc&#233;nario &#233;rotique d&#233;coulant du fantasme enrichit la sexualit&#233; du couple. Devenir &#171; la putain de son homme &#187; peut s'av&#233;rer &#234;tre un affranchissement des r&#232;gles ext&#233;rieures, une transgression &#224; deux, une red&#233;couverte du jeu et de l'&#233;rotisme, ainsi qu'une exp&#233;rience de sexe bestial et monnayable. Flore, 30 ans raconte : &#171; J'adore que mon mec m'appelle sa &#171; putain &#187;. Depuis quelques temps, on se met en sc&#232;ne dans une relation prostitu&#233;e-client : lingerie os&#233;e, chambre d'h&#244;tel, &#233;change d'argent. J'aime me mettre dans la peau d'une autre, &#234;tre l'objet de son d&#233;sir quand je suis habill&#233;e en pute, l'entendre me dire des mots crus, mais aussi et surtout ce sentiment de puissance quand il me paie&#8230; &#187;. Finalement, c'est toujours une affaire de pouvoir. Si vendre son corps reste d&#233;gradant dans l'imaginaire populaire, c'est ici au contraire une notion valorisante car en acceptant de payer pour jouir d'un corps, le d&#233;sir de l'homme serait comme d&#233;cupl&#233; et la femme plus honor&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Un fantasme de libert&#233; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans une soci&#233;t&#233; en apparence tr&#232;s ouverte, o&#249; les femmes affichent d'assumer leur libert&#233; sexuelle, le fantasme de la putain a finalement toujours bonne presse. Pour certaines d'entre nous, de ne pas &#234;tre aussi lib&#233;r&#233;es que nous pr&#233;tendons &#234;tre, nous continuons d'emprunter la peau d'une autre pour nous affranchir un peu et d&#233;couvrir le plaisir de se lib&#233;rer sexuellement. Mais il reste que les fantasmes sont un moteur pour reg&#233;n&#233;rer le d&#233;sir et le renouveau sexuel, et qu'ils s'affranchissent des diktats de la soci&#233;t&#233; pour s'&#233;panouir de jouir avec l'autre. De se jouer aussi des injonctions, et des entraves de toutes sortes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[gris]Axelle FRANCINE[/gris]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;[gris]Sources[/gris]&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[gris]&lt;i&gt;Histoire de la prostitution : du moyen &#226;ge au XXe si&#232;cle&lt;/i&gt; de Brigitte Rochelandet&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Sexologie : Perspectives actuelles&lt;/i&gt; de Andr&#233; Bergeron et Jean-Pierre Trempe&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Fantasmes, ce dont r&#234;vent les femmes&lt;/i&gt; de Marie de La Forest, Dany Duran, Andr&#233; Corman&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;De la prostitution dans les grandes villes au dix-neuvi&#232;me si&#232;cle et de l'extinction des maladies v&#233;n&#233;riennes&lt;/i&gt; de Julien Fran&#231;ois Jeannel&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Le Nouveau d&#233;sordre amoureux&lt;/i&gt; de Pascal Bruckner&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Initiation &#224; la psychopathologie&lt;/i&gt; de Michel Pouquet&lt;br /&gt;
Enqu&#234;te &#171; Ce que les femmes pr&#233;f&#232;rent &#187;, men&#233;e par Ipsos et Sylvain Mimoun, octobre 2008&lt;br /&gt;
[gris]
&lt;strong&gt;Film&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Encul&#233;es&lt;/i&gt; de Laetitia Masson&lt;br /&gt;[/gris]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[gris]Remerciements &#224; Caroline, Aur&#233;lie, Sarah et Flore pour leurs t&#233;moignages.
[/gris][/gris]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'uniforme du fantasme</title>
		<link>https://www.secondsexe.com/magazine/L-uniforme-du-fantasme.html</link>
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		<dc:creator>Julie Montaudon</dc:creator>



		<description>Les gays ne sont pas les seuls &#224; fantasmer sur les motards ou les marins, fa&#231;on YMCA. Si l'on pose la question aux hommes h&#233;t&#233;ro, ils citent en majorit&#233; l'infirmi&#232;re. Quant aux femmes, elles pl&#233;biscitent le pompier, qui avec sa lance &#224; incendie et sa grande &#233;chelle rimerait avec 7e ciel. Ainsi l'uniforme fait mouche, chez les hommes comme chez les femmes. Passage en revue de cette garde robe excitante, appartenant &#224; des corps de m&#233;tier pourtant bien s&#233;rieux... L'uniforme pour qui ? &#171; Qui rev&#234;t un (...)

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&lt;a href="https://www.secondsexe.com/magazine/-Du-fantasme-au-plaisir-.html" rel="directory"&gt;5. Du fantasme au plaisir&lt;/a&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les gays ne sont pas les seuls &#224; fantasmer sur les motards ou les marins, fa&#231;on YMCA. Si l'on pose la question aux hommes h&#233;t&#233;ro, ils citent en majorit&#233; l'infirmi&#232;re. Quant aux femmes, elles pl&#233;biscitent le pompier, qui avec sa lance &#224; incendie et sa grande &#233;chelle rimerait avec 7e ciel. Ainsi l'uniforme fait mouche, chez les hommes comme chez les femmes. Passage en revue de cette garde robe excitante, appartenant &#224; des corps de m&#233;tier pourtant bien s&#233;rieux...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'uniforme pour qui ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Qui rev&#234;t un uniforme ? &#233;crit Michel Serres (&lt;i&gt;Statues, Le second livre des fondations&lt;/i&gt;). Le pr&#234;tre porte soutane (&#8230;), le rabin barbe et chapeau, et voil&#224; pour le sacr&#233; ; l'amiral se pare d'&#233;toiles et de galons qu'il &#233;tale comme le soldat ses gu&#234;tres (&#8230;) ; le m&#233;decin a &#244;t&#233; le bonnet carr&#233; mais enfile la blouse blanche aseptique&#8230; &#187; L'uniforme en fran&#231;ais appara&#238;t en 1726, sous la forme habit-uniforme : &#171; Costume dont la forme, le tissu, la couleur, sont d&#233;finis par un r&#232;glement pour tous les membres d'une m&#234;me unit&#233; militaire avec des diff&#233;rences selon les hi&#233;rarchies et les fonctions. &#187; Ce v&#234;tement marque l'appartenance d'un individu &#224; un ma&#238;tre ou &#224; un groupe, comme l'indique l'&#233;tymologie de la livr&#233;e (qui dit bien qu'on se livre &#224;). Par extension, il est devenu l'habit d&#233;termin&#233;, obligatoire pour un groupe professionnel. On porte l'uniforme &#224; la fois pour s'identifier et se d&#233;marquer dans la masse mais au sein du groupe auquel il se r&#233;f&#232;re, il neutralise les singularit&#233;s. Certains uniformes sont h&#233;las impos&#233;s pour marginaliser, exclure ou cacher. On pense &#224; l'uniforme du prisonnier, &#224; la burka qui est &#224; elle toute seule une ge&#244;le de tissu, ou au v&#234;tement sombre et unisexe impos&#233; par Mao &#224; son milliard de sujets.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Un peu d'histoire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'uniforme appara&#238;t dans l'Antiquit&#233;, habillant les arm&#233;es grecques, &#233;gyptiennes, perses, etc. Toutes les religions l'ont ensuite adopt&#233;, pour que ses membres puissent se reconna&#238;tre dans la foule, &#224; l'instar des moines tib&#233;tains qui ont d'abord choisi leur robe flamboyante pour se distinguer des bouddhistes chinois, en gris, et des religieux indiens, v&#234;tus de blanc. Et c'est par souci de discipline quasi-militaire que Napol&#233;on imposa l'uniforme aux lyc&#233;ens, mais aussi avec une volont&#233; de masquer les diff&#233;rences sociales. &#171; Aujourd'hui, tandis que, dans les arm&#233;es, le bel uniforme &#224; boutons et galons dor&#233;s s'efface derri&#232;re la tenue de combat, le r&#233;emploi des uniformes et de leurs ornements par les modes d'adolescents souvent antimilitaristes t&#233;moignent d'une sorte de fascination pour le signe vestimentaire d'appartenance - et certes pas pour l'uniformit&#233;. &#187; (Alain Rey, &lt;i&gt;Dictionnaire culturel en langue fran&#231;aise&lt;/i&gt;, Le Robert. )
Ainsi, la simplification fonctionnelle de certains &lt;a href=&quot;http://www.secondsexe.com/magazine/328-Le-vetement-pas-si-innocent.html&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;v&#234;tements&lt;/a&gt; de la vie &#171; civile &#187; a cr&#233;&#233; de nouveaux uniformes : le col bleu de l'ouvrier, oppos&#233; &#224; celui, blanc, du bureaucrate ; et sans doute faut-il voir des uniformes dans certaines panoplies enfil&#233;es &#224; l'identique par des groupes entiers comme les jeunes membres agr&#233;&#233;s gothic, tektonic ou ghetto youth.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#201;ros anonyme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'uniforme repr&#233;sente souvent l'autorit&#233;, on le verra, mais toujours et d'abord l'anonymat, parfait pr&#233;texte au fantasme. La femme ou l'homme qui se cache sous l'uniforme n'est &#171; personne &#187;. Avec lui ou elle, pas d'engagement, z&#233;ro culpabilit&#233;. On ne fantasme pas librement sur le coll&#232;gue ou le beau-fr&#232;re, mais sur UN pompier, UNE infirmi&#232;re... Parce que c'est un fantasme admis et admissible, facile &#224; s'approprier sans trop r&#233;veiller ses n&#233;vroses. Il en va de m&#234;me avec la prostitu&#233;e, qui n'est pas tant un individu qu'un prestataire de services, dont elle affiche par sa tenue le libell&#233;. Les porteurs d'uniformes, d'office singularis&#233;s, imposent enfin une sorte de distance avec le reste de la soci&#233;t&#233; ; or l'inaccessible &#233;tant le propre du fantasme&#8230;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les uniformes de dominants&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les variantes possibles : policier, militaire en tout genre, pilote, juge, contractuelle. Incarnant une autorit&#233;, ces costumes &#224; la coupe tr&#232;s structur&#233;e et aux coloris souvent sombres intiment la soumission, renvoient &#224; la force, la rigidit&#233;, parfois &#224; la cruaut&#233;, entre la morale du &#171; droit dans ses bottes &#187; et l'abus de pouvoir &#224; port&#233;e de matraque. Ainsi, Chantal : &#171; Dans mon fantasme, je roule beaucoup trop vite, gris&#233;e par la vitesse. Je me fais arr&#234;ter par un flic hyper viril. Il a l'air tr&#232;s s&#233;v&#232;re et me rappelle vertement le code de la route tout en louchant sur mes seins. Je suis super excit&#233;e et je lui propose une g&#226;terie en &#233;change de la contravention qui me pend au nez. Bien s&#251;r, il est d'accord... &#187;
Agn&#232;s Giard (dans son blog &lt;i&gt;Les 400 culs&lt;/i&gt;) s'est pench&#233;e sur l'image de la femme-flic, &#171; qui repr&#233;sente la loi. Lui faire l'amour, c'est baiser l'autorit&#233; : une sacr&#233;e revanche pour les hommes en mal d'interdit. Sans compter qu'avec la flic, ils ont affaire &#224; forte partie : elle poss&#232;de un revolver, ce qui la rend plut&#244;t dangereuse. C'est une femme &#224; phallus, masculinis&#233;e (&#8230;) Munie de menottes, cette troublante dominante &#233;voque des mises en sc&#232;ne carc&#233;rales. Elle r&#233;veille chez l'homme une excitation sexuelle appel&#233;e viragophilie : l'amour des Virago, c'est &#224; dire des femmes qui ont le courage d'un homme. &#187; Christophe Bier nous rappelle l'existence des films dits &#171; svastika pornos &#187;, comme &lt;i&gt;Gretchen sans uniforme&lt;/i&gt; de Dietrich Erwin ou &lt;i&gt;Salon Kitty&lt;/i&gt; de Tinto Brass, qui m&#233;langent uniformes SS et &#233;rotisme. La figure mythique &#233;tant Ilsa, que l'on retrouve chez Jess Franco, cin&#233;aste espagnol, adorant les films de prisons de femmes avec uniformes, WIP (&lt;i&gt;Women In Prison&lt;/i&gt;), propices aux sc&#232;nes de lesbianisme, combats de femmes, sado-masochisme, etc.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les atours de la soumission.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Standards de l'&#233;rotisme, les uniformes de soubrette, de secr&#233;taire et d'&#233;coli&#232;re, &#224; base de jupettes strictes et de chemisiers &#233;vocateurs n'ont pas fini de susciter le d&#233;sir. Sous ces v&#234;tements sages et sobres, on imagine des cr&#233;atures en position d'inf&#233;riorit&#233;, dociles et farouches &#224; la fois. La coll&#233;gienne est un cas &#224; part, incarnation du fantasme de la sainte nitouche, de la (fausse) ing&#233;nue. &#171; Avec le d&#233;veloppement de la culture jeune, la cr&#233;ation de nouveaux besoins, faux ou r&#233;els, peu importe, puisque la soci&#233;t&#233; du spectacle et de la marchandise lui construit un pi&#233;destal, on voit se multiplier les images de Lolita dans la mode, dans la chanson, au cin&#233;ma &#187;, explique Patrice Lamare, auteur du livre &lt;i&gt;Les Lolitas&lt;/i&gt;. Au Japon, o&#249; les geisha arborent le plus &#233;l&#233;gant des uniformes et o&#249; le ph&#233;nom&#232;ne du &#171; cosplay &#187; (pratique de se d&#233;guiser avec les costumes de h&#233;ros de fiction) est tr&#232;s r&#233;pandu, la panoplie de l'&#233;coli&#232;re est un classique ind&#233;tr&#244;nable. On peut se poser la question de la p&#233;dophilie, tout en rappelant que cet uniforme est souvent port&#233; par des femmes ayant largement d&#233;pass&#233; l'&#226;ge du baccalaur&#233;at.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La transgression des codes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#233;tudiante est affriolante, le professeur n'est pas moins s&#233;duisant, malgr&#233; son d&#233;bardeur en laine moutarde, son pantalon de velours, et ses lunettes &#233;paisses (pardon pour cette g&#233;n&#233;ralit&#233;, mais admettez que certains cultivent le style poussi&#233;reux !) Comme avec la femme-flic, l'uniforme peut &#234;tre l'occasion d'un jeu transgressif. Ainsi Damien avoue fantasmer sur la m&#232;re d'un ami, une grande bourgeoise avec collier de perles, serre-t&#234;te et jupe pliss&#233;e : &#171; Ce c&#244;t&#233; prude et s&#233;v&#232;re m'excite beaucoup plus qu'un d&#233;collet&#233; aguicheur. J'ai envie de la bousculer, de la faire sortir de son rang. De l'humilier et de la combler en m&#234;me temps, en fait de la r&#233;v&#233;ler &#224; sa nature de b&#234;te sexuelle ! &#187;
Paroxysme de la profanation : la nonne et le cur&#233;. Agn&#232;s Giard explique : &#171; Contrainte &#224; la chastet&#233;, la religieuse est le symbole d'un tabou. En termes techniques, on appelle &#231;a l'hi&#233;rophilie. C'est l'attirance pour les choses sacr&#233;es et, plus pr&#233;cis&#233;ment, pour le sacril&#232;ge. &#187;
Parce qu'on les contraint au &lt;a href=&quot;http://www.secondsexe.com/magazine/329-Precher-dans-le-desir.html&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;p&#233;ch&#233;&lt;/a&gt;, et parce que leur tenue ne d&#233;voile presque rien de leur corps, religieux et religieuses, toutes confessions confondues, sont paradoxalement des figures tr&#232;s pr&#233;sentes dans l'imaginaire &#233;rotique, depuis le Marquis de Sade jusqu'&#224; Madonna, qui dans son clip &lt;i&gt;Like a prayer&lt;/i&gt; est &#171; touch&#233;e &#187; par la gr&#226;ce d'un pr&#234;tre noir.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les uniformes s&#233;curisant&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est ici que nous retrouvons notre pompier et notre infirmi&#232;re, auxquels nous pouvons adjoindre le m&#233;decin, l'h&#244;tesse de l'air et la nounou.
Protecteurs, rassurants, ces uniformes jouent sur la fibre maternelle (et son pendant masculin), dot&#233;s d'une autorit&#233; bienveillante. Ils sont ceux qui nous sauvent, nous soignent, nous chouchoutent. Ils nous prennent en charge et l&#224; encore nous enl&#232;vent la responsabilit&#233; (et donc la culpabilit&#233;) de notre plaisir. Le pompier, champion toute cat&#233;gorie du fantasme de l'uniforme au f&#233;minin, incarne la version moderne et sexuelle du prince charmant. Le h&#233;ros par&#233; de toutes les vertus qui sauve la veuve et l'orphelin. Il est pr&#234;t &#224; prendre tous les risques pour notre &#171; bien-&#234;tre &#187; physique. Il est automatiquement jeune et fort, cette musculature parfaite faisant, pour le coup, partie de l'uniforme ! &#171; Le m&#233;decin est la voix du p&#232;re. Il ordonne, tranche, d&#233;cide et parfois rassure &#187;, explique le sophro-analyste Alain H&#233;ril (&lt;i&gt;Dictionnaire des fantasmes&lt;/i&gt;). Dans les intervalles de son passage, r&#232;gne la loi de l'infirmi&#232;re, la m&#232;re &#233;rotis&#233;e. &#171; Elle panse, cajole, rabroue. Parfois, elle touche aussi. Elle nous donne le bain, nous aide &#224; nous rhabiller. &#187;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Passage &#224; l'acte ou jeu de couple&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Justement, d&#232;s le plus jeune &#226;ge, on s'initie &#224; la sexualit&#233; en jouant au docteur. Pour Rusla Vial, psychanalyste, il y a chez beaucoup de personnes une n&#233;cessit&#233; d'&#233;lire un objet de pr&#233;dilection pour que l'&#233;motion sensuelle apparaisse : la chaussure, le sous-v&#234;tement, l'uniforme. Ce qui fait fantasmer, ce n'est pas vraiment la personne, mais le fait qu'elle puisse porter ou rev&#234;tir l'objet en question qui lui donne une aura ou une autorit&#233; particuli&#232;re. Une forme courante de &lt;a href=&quot;http://www.secondsexe.com/magazine/Foot-Fetish-du-desir-jusqu-a-la.html&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;f&#233;tichisme&lt;/a&gt; que l'on peut choisir de recr&#233;er dans son couple, via le d&#233;guisement. Le rapport sexuel devient alors jeu de r&#244;les. Il est d'ailleurs plus facile pour certain(e)s de demander &#224; son partenaire de l'attacher par exemple, lorsque celui-ci est d&#233;guis&#233; en policier(e) et arbore une belle paire de menottes. Mais on peut aussi choisir de vivre pleinement ce fantasme. Pour information, le bal des pompiers a lieu le 13 juillet !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[gris]Aur&#233;lie Galois[/gris]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Les films X seront-ils un jour &#224; l'&#233;coute des d&#233;sirs f&#233;minins ?</title>
		<link>https://www.secondsexe.com/magazine/Les-films-X-seront-ils-un-jour-a-l.html</link>
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		<dc:date>2009-04-22T15:40:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ulysse</dc:creator>



		<description>La pornographie boucherie : un constat. Si dans le cochon tout est bon, force est de constater que sur les &#233;talages du commerce ne sont pr&#233;sent&#233;es que certaines parties de la b&#234;te, en quantit&#233; industrielle, souvent les m&#234;mes, grossi&#232;rement accommod&#233;es, autant d'orgasmes vite emball&#233;s, vite consomm&#233;s. En effet, le temps de visionnage d'un porno aujourd'hui serait &#224; peu pr&#232;s &#233;gal au maximum &#224; celui &#224; la cuisson d'une pizza au four (12 min*), et au minimum &#8212;avec la Junk-video sur Internet et depuis que (...)

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&lt;a href="https://www.secondsexe.com/magazine/-Du-fantasme-au-plaisir-.html" rel="directory"&gt;5. Du fantasme au plaisir&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L150xH110/arton414-0d873.jpg&quot; width='150' height='110' style='height:110px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La pornographie boucherie : un constat. Si dans le cochon tout est bon, force est de constater que sur les &#233;talages du commerce ne sont pr&#233;sent&#233;es que certaines parties de la b&#234;te, en quantit&#233; industrielle, souvent les m&#234;mes, grossi&#232;rement accommod&#233;es, autant d'orgasmes vite emball&#233;s, vite consomm&#233;s. En effet, le temps de visionnage d'un porno aujourd'hui serait &#224; peu pr&#232;s &#233;gal au maximum &#224; celui &#224; la cuisson d'une pizza au four (12 min*), et au minimum &#8212;avec la Junk-video sur Internet et depuis que YOUTUBE a des &#233;quivalents pornographiques tel que REDTUBE&#8212; &#233;gal au temps de formation du pop-corn dans le micro-ondes (1 min 30). Certains n'h&#233;sitent pas &#224; parler de la pornographie comme boucherie mondiale, employ&#233;e &#224; acheter-vendre des corps, &#224; les d&#233;membrer pour livrer leurs morceaux (visages, culs, sexes, seins&#8230;) au consommateur, un morceau pour une sc&#232;ne (fellation, sodomie, double p&#233;n&#233;tration, &#233;jaculation faciale&#8230;). Ce qui diff&#233;rencierait ces &#171; pi&#232;ces de viandes &#187; entre elles seraient des qualit&#233;s (jeunes, matures), des origines (asian, indian, russian), des races (black, blancs, beur et beurette), des modes de dressage (amateur, pros). Enfin, il semble y avoir des recettes &#224; succ&#232;s pour m&#233;langer ces corps, pour lesquelles chacun ses go&#251;ts (straight, gay, plans &#224; trois, orgies), ainsi qu'un choix standard d'assaisonnement (soft, hardcore, extreme)&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Pour le plaisir&#8230; De qui ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Vu comme cela le porno para&#238;t horrible. Bien plus que le fait d'op&#233;rer par typologies de pr&#233;f&#233;rences pornographiques (pourquoi pas), c'est la nature et le discours des images majoritaires en circulation qui est souvent pire que moche. Il suffit de visionner sur Internet de jeunes femmes se faire huiler puis taper les flancs avant de se faire embrocher pendant que d'autres g&#233;missent de douleur en attendant la fin pour en avoir des hauts le coeur. Qui a joui et/ou fait jouir sait diff&#233;rencier, m&#234;me &#224; l'&#233;cran, une crispation de douleur d'un rugissement de plaisir. Des litres de lubrifiants, un peu d'anesth&#233;siant dans les fesses, le tour est jou&#233; : souriez les filles, vous &#234;tes film&#233;es ! De plaisir dans cette sexploitation, &#171; d&#233;molition &#187;, &#171; bagne sexuel &#187; (d&#233;nonc&#233;e par Fr&#233;d&#233;ric Joignot dans son livre Gang Bang), tr&#232;s peu pour la femme. Car qui est l'exploit&#233;(e) de la farce ? Et &#224; qui, avec ce genre de r&#233;alisation, sert t'on le plaisir sous vide d'&#233;motions ? Aux messieurs uniquement ? De fait, le plaisir f&#233;minin (et plus largement, de celui ou celle qui donne du plaisir au protagoniste masculin en question) semble annexe dans ce genre de productions, voire bonus. Les maigres filets de sc&#233;narios, les titres d&#233;complex&#233;s, ne trompent pas sur la fa&#231;on dont sont repr&#233;sent&#233;s ces serviteurs du m&#226;le en puissance. Il y a peu de jouisseuses (&#224; l'exception, peut-&#234;tre, des incroyables femmes fontaines qui semblent avoir un certain respect), juste des &#171; cocksuckers &#187;, &#171; des salopes qui aiment &#231;a &#187;, ce qui est diff&#233;rent en terme de polarit&#233; (i.e. positive ou n&#233;gative). Car c'est cela, l'&#233;trange discours qui se fait jour de &#171; film de boules &#187; en &#171; film de boules &#187;, celui de la nature profond&#233;ment vicieuse, perverse, damn&#233;e de la femme, dans laquelle l'&#233;quivalence entre toutes, girl next door ou porn star, finit par se faire : toutes des putes au fond, qui n'auraient que ce qu'elles m&#233;ritent et non pas vraiment ce qu'elles d&#233;sirent. Cela, elles n'ont d'ailleurs pas le temps de l'exprimer. &#192; moins de&#8230; ?&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Vous avez dit porno &#171; de femmes &#187; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Au regard de ce constat, et en prenant l'id&#233;e d'une d&#233;finition d'une autre (s'il vous pla&#238;t) pornographie en n&#233;gatif de cette boucherie, nous pourrions commencer par dire que ce que l'on commence &#224; peine &#224; appeler la pornographie &#171; de femmes &#187;, &#171; pour femmes &#187;, pourrait &#234;tre tout, mais pas cela. Quand on voit la triste monotonie dominante, il est &#233;vident que beaucoup de choses sont possibles. Sp&#233;cifiquement, puisqu'il y a n&#233;anmoins des genres et des go&#251;ts, il est g&#233;n&#233;ralement admis que le porno &#171; de femmes &#187; ou &#171; pour femmes &#187; est un cin&#233;ma &#224; vocation excitante mais pas seulement, qui met en sc&#232;ne le plaisir f&#233;minin sous toutes ses formes physiques et fantasmatiques dans le respect de la femme et de sa/son/ses partenaires, et qui r&#233;int&#232;gre dans la mati&#232;re visuelle ce qui lui a &#233;t&#233; trop souvent omis&#8230; de cin&#233;ma, justement : qualit&#233;s esth&#233;tiques, sc&#233;nario, acteurs et direction d'acteurs g&#233;n&#233;reuses et enthousiastes &#8212; il existe &#233;videmment des productions f&#233;minines aussi pauvres que certaines productions masculines et inversement, &#233;tant bien entendu que ce n'est pas le genre/sexe associ&#233; &#224; la r&#233;alisation d'un film qui est le gage de sa qualit&#233;, mais plut&#244;t son engagement et son intelligence, n&#233;cessit&#233; que l'on retrouve de fait, chez des r&#233;alisatrices ET des r&#233;alisateurs soucieux de d&#233;crire une image riche et belle de la sexualit&#233;, particuli&#232;rement f&#233;minine, par ailleurs malmen&#233;e dans l'industrie. Ainsi, Linda Williams, Professeur &#224; Berkeley, dit &#224; propos d'Erika Lust, r&#233;alisatrice Am&#233;ricaine vivant en Espagne, prim&#233;e pour Five Hot Stories for Her, qu'elle sait &#171; respecter les codes du hardcore, tout en &#233;tablissant une tension r&#233;elle autour des actes sexuels, et construire des sc&#232;nes de sexe autour des d&#233;sirs, points de vue et sens du jeu des femmes. Elle donne une vari&#233;t&#233; et de l'int&#233;r&#234;t au sexe hardcore bien trop souvent m&#233;canique &#187;. Ceci &#233;tant dit, la r&#233;ponse &#224; la question &#171; que peut &#234;tre la pornographie de femmes ? &#187; est ouverte et/ou proc&#232;de, en tant que telle, d'une ouverture. Ces id&#233;es (sc&#233;narios, qualit&#233;s esth&#233;tiques, plaisir de la femme) mises en avant sont un exemple de premi&#232;res &#171; guidelines &#187; possibles parmi d'autres, pour une autre pornographie. En effet il ne s'agit peut-&#234;tre pas tant de d&#233;limiter le porno &#171; de femme &#187; selon des crit&#232;res pr&#233;cis qui feraient du genre un enclos &#233;rotico artistique o&#249; les femmes seraient (une fois de plus) bien gard&#233;es (&#224; l'&#233;cart de d&#233;bordements sexuels et autres monstruosit&#233;s pulsionnelles qu'on ne leur reconna&#238;trait pas), que de faire exister dans le porno la belle substance autrement malmen&#233;e par la marchandisation, la domination masculine persistante, l'exploitation g&#233;n&#233;ralis&#233;e, les l&#233;gislations moralisatrices retorses. Et cela proc&#232;de d'une ambition g&#233;n&#233;rale, n&#233;e dans le creuset des luttes pour les &#233;mancipations de tout poil amorc&#233;es au vingti&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Fellations f&#233;ministes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Le porno &#171; de femmes &#187; s'&#233;labore en filiation directe avec le f&#233;minisme dit &#171; pro sexe &#187;, particuli&#232;rement am&#233;ricain, des ann&#233;es 70, 80, port&#233; entre autres par figures embl&#233;matiques et toujours actives telles que Annie Sprinkle, sex-performeuse d&#233;lur&#233;e qui n'h&#233;site pas &#224; filmer la masturbation (quand elle ne se masturbe pas en public) dans une perspective d'&#233;ducation et d'&#233;mancipation de la jouissance f&#233;minine. Dans un contexte de lib&#233;ration sexuelle (la donne socio-politique change petit &#224; petit, concr&#232;tement, pour les femmes) accompagn&#233;e par un d&#233;ploiement marchand qui ne rate pas le coche, le mouvement se g&#233;n&#233;ralise (avec le d&#233;veloppement des structures marchandes cibl&#233;es pour les femmes, boutiques et Internet, le film trouve sa place et son public malgr&#233; les difficult&#233;s du porno &#224; circuler dans le circuit cin&#233;matographique classique). Le cin&#233;ma porno f&#233;minin doit &#233;galement beaucoup aux artistes et militantes lesbiennes, et plus largement &#224; la mouvance &#171; queer &#187; incluant tous les sexualit&#233;s hors-normes, engag&#233;s &#224; mettre en sc&#232;ne la beaut&#233; des rapports, des corps libres aim&#233;s et aimants dans des films destin&#233;s au plaisir. Parmi les r&#233;alisations au cachet esth&#233;tique particulier fort abouti, se trouvent notamment les films de la New-Yorkaise Maria Beatty. Si la sexualit&#233; SM et f&#233;tichiste mise en sc&#232;ne par Maria Beatty ne rel&#232;ve certes pas du monde fantasmatique ni de la vie intime de chacune (contrairement &#224; la r&#233;alisatrice, qui est &#171; soumise &#187; dans la vie), la qualit&#233; de ses films &#224; la photographie l&#233;ch&#233;e procure des frissons au del&#224; de sa sph&#232;re originaire. De quoi se r&#233;jouir donc, que de telles productions existent, et avoir envie de les d&#233;couvrir, puisque la sexualit&#233; ne peut que s'&#233;panouir de ces ouvertures &#224; d'autres univers. Le film porno de femmes &#171; h&#233;t&#233;rosexuelles &#187; trouve aussi sa voie et ses figures, notamment quand des actrices du X passent derri&#232;re la cam&#233;ra (Ovidie en France). Aujourd'hui elles sont nombreuses, actrices, r&#233;alisatrices, artistes, f&#233;ministes, femmes, &#224; mettre en sc&#232;ne le plaisir comme elles l'entendent et &#224; rencontrer un certain succ&#232;s. On assiste n&#233;anmoins &#224; un d&#233;bat entre les f&#233;ministes &#171; radicales &#187; oppos&#233;es &#224; la possibilit&#233; de retrouver dans des films de femmes des &#171; clich&#233;s masculins &#187;. Ainsi du d&#233;bat autour de la fellation : une fellation, selon certaines, ne pourrait pas &#234;tre &#171; f&#233;ministe &#187;, car elle est encore soumission. Une femme ne pourrait donc pas avoir de plaisir &#224; sucer ?! Balivernes et censure d' &#171; &#201;glise Fondamentaliste F&#233;ministe Porno &#187;, r&#233;pond Erika Lust qui en profite pour r&#233;affirmer son engagement de tous les possibles : &#171; Pour moi le porno f&#233;ministe devrait mettre en sc&#232;ne tous les fantasmes et d&#233;sirs des femmes &#8212;tous ! &#187;. Fellations et &#233;jaculations faciales en font partie, remarque-t-elle. Elle cl&#244;t le d&#233;bat en se pr&#233;sentant comme un &#171; &#234;tre vivant &#187; cherchant l'&#233;galit&#233; avec les autres, pas &#171; juste &#187; une &#171; f&#233;ministe &#187; born&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Que font les hommes ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &#192; propos d'&#233;galit&#233; : et les hommes dans l'histoire ? Nul doutes que la dominante vulgaire et machiste du porno de masse est associ&#233;e d'une fa&#231;on ou d'une autre au fait que le masculin l'emporte tristement sur le f&#233;minin et pas seulement en orthographe. Mais penser que l'homme n'est homme que de la pornographie bouch&#232;re serait se m&#233;prendre. Il est bien s&#251;r des hommes qui entretiennent un rapport &#171; heureux &#187; avec le cin&#233;ma porno et les femmes, qui en attendent autre chose que la consommation m&#233;canique d'images douteuses, voire &#339;uvrent dans ce sens. T&#233;moin le r&#233;alisateur Lars Von Trier, qui a mont&#233; une entreprise de production cin&#233;matographique Zentropa, dont une partie des fonds ont &#233;t&#233; orient&#233;s vers des films pornographiques b&#226;tis autour d'un ensemble de r&#232;gles (comme le Dogme l'&#233;tait) &#233;tablies par des femmes et rassembl&#233;es sous le nom de &#171; Puzzy Power Manifesto &#187; (avec des crit&#232;res tels que un sc&#233;nario cr&#233;dible, une mont&#233;e progressive du d&#233;sir, pas de violence sauf pour assouvir un fantasme f&#233;minin). Cela a d&#233;bouch&#233; sur une structure de production, Innocent Pictures, dirig&#233;e par Nicolas Barbano, productrice de films &#233;crits et/ou r&#233;alis&#233;s par des hommes et femmes de toutes sexualit&#233;s, alliant exigence de qualit&#233; cin&#233;matographique et codes hardcore, parmi lesquels All about Anna ou Pink Prison. Au del&#224; d'une ambition purement &#171; f&#233;ministe &#187;, la charte esth&#233;tique et &#233;thique d'Innocent Pictures vise &#224; s&#233;duire et respecter les sensibilit&#233;s de toutes les audiences. Et puis, Fr&#233;d&#233;ric Joignot, se dressant dans son essai contre le &#171; bagne sexuel &#187; qu'est pour la femme le cin&#233;ma pornographique de masse, est bien un homme.. Interrog&#233; &#224; propos de son essai Pornostars, fragments d'une m&#233;taphysique du X, Laurent de Sutter d&#233;crit quant &#224; lui encore un autre rapport au porno que le consum&#233;risme froid, parle de &#171; r&#234;verie abstraite &#187;, d'univers subjectif travers&#233; de starlettes magiques, ador&#233;es et remerci&#233;es&#8230; Comme quoi, il y a plus d'une fa&#231;on d'envisager les choses, et qu'elles n'excluent pas toutes d'y &#234;tre en bonne compagnie.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;De la pornographie en devenir perp&#233;tuel&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Certes, les femmes, sont des chefs de file, porteuses de changements, mais elles le sont parmi d'autres, hommes compris. Le porno, un peu du fait de son statut impos&#233; d'enfant ill&#233;gitime du cin&#233;ma (alors qu'en r&#233;alit&#233;, on pourrait argumenter que c'est l'image pornographique, sa tentation, qui est et f&#251;t la m&#232;re de ce m&#233;dia, de m&#234;me qu'en photographie et autres arts visuels) est le lieu de toutes les b&#226;tardises, financi&#232;res, artistiques, identitaires. Dans cet esprit d'ouverture, le renouvellement cr&#233;atif ne saurait s'arr&#234;ter. La belle &#233;poque du porno n'est pas pass&#233;e comme semblent dire certains nostalgiques du sexe slow-motion sur fond psych&#233;d&#233;lique seventies (se souvenant de films comme Deep Throat ou Derri&#232;re la porte verte) il nous semble au contraire qu'elle ne cesse d'arriver, de rencontrer de nouveaux moyens, de nouveaux supports, de s'incarner dans de nouveaux corps. Ainsi Katrien Jacobs, chercheuse en m&#233;dias num&#233;riques et sexualit&#233; croit au beau futur du porno, notamment via le fort potentiel d'Internet en terme d'imagination, d'&#233;ducation, d'ouverture et de rassemblement : &#171; Le public se rassemble aujourd'hui autour du porno mais, &#224; la diff&#233;rence du public des vieux cin&#233;s porno d'autrefois, il est maintenant mixte, avec des h&#233;t&#233;ros et des gays, des hommes et des femmes, des artistes et des activistes ou simplement des curieux du sexe &#187;. La pornographie serait, &#224; l'image de toutes ces identit&#233;s, de tous ces corps qui se cherchent une place parmi les autres et des expressions en accord avec leurs d&#233;sirs, une dynamique plut&#244;t qu'une fin en soi. Nous pourrions m&#234;me avancer que son devenir est un devenir qui reste minoritaire, non pas dans le sens o&#249; cette pornographie resterait n&#233;cessairement absente ou sous repr&#233;sent&#233;e, mais dans le sens o&#249; sont objectif ne serait jamais d'imposer une majorit&#233; au plaisir, de remplacer une majorit&#233; par une autre. Nous pourrions parler d'une pornographie accessible, possible, pr&#233;sente, qui ne participerait pas &#224; &#233;craser la multiplicit&#233; des jouissances possibles et existantes sous la lourdeur vide d'une dominante sexuelle en particulier. Pas de &#171; bonnes &#187; ou de &#171; mauvaises &#187; r&#233;ponses &#224; imposer en sexe, tant que les corps &#233;voluent dans le respect mutuel. Dans ce mouvement, toutes les cr&#233;ations d'o&#249; qu'elles viennent, les propositions qui &#233;mergent sont bienvenues. Bien qu'il faille encore un peu d'efforts et de perspicacit&#233; pour les rencontrer elles sont l&#224;, elles arrivent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[argent]Maxine Lerret[/argent]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[argent]Sources :[/argent]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[argent]Article de Richard Corliss dans le Time, That Old feeling : When Porno was chic[/argent]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[argent]Interview avec Katrien Jacobs sur le site &#201;crans de Lib&#233;ration, &lt;a href=&quot;http://www.ecrans.fr/spip.php?article107&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.ecrans.fr/spip.php?article107&lt;/a&gt;[/argent]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[argent]Interview avec Laurent de Sutter sur Fluctuat.net :
&lt;a href=&quot;http://sexe.fluctuat.net/5914-Pornostars-3-questions-a-&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://sexe.fluctuat.net/5914-Porno...&lt;/a&gt;[/argent]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[argent]
&lt;a href=&quot;http://erikalust.blogspot.com/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://erikalust.blogspot.com/&lt;/a&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.innocentpictures.com/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.innocentpictures.com&lt;/a&gt;
[/argent]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'&#233;rotisme au fil des pages</title>
		<link>https://www.secondsexe.com/magazine/L-erotisme-au-fil-des-pages.html</link>
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		<dc:date>2009-04-22T15:23:24Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ulysse</dc:creator>



		<description>&#171; La Gr&#232;ce classique ignore les fronti&#232;res entre litt&#233;rature &quot;normale&quot; et litt&#233;rature &#233;rotique. Omnipr&#233;sent, l'&#233;rotisme li&#233; au culte de Dionysos, dieu de l'ivresse, de la joie et des bacchantes, se d&#233;veloppe de fa&#231;on spontan&#233;e et &#233;vidente dans les textes. &#187; Dans La litt&#233;rature &#233;rotique ou l'&#233;criture du plaisir, Franck Evrard &#233;voque une p&#233;riode r&#233;volue o&#249; la litt&#233;rature &#233;rotique avait pleinement droit de cit&#233;. Cet &#226;ge d'or a par la suite laiss&#233; place au regard s&#233;v&#232;re port&#233; par les autorit&#233;s sur une forme d'&#233;criture (...)

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&lt;a href="https://www.secondsexe.com/magazine/-Du-fantasme-au-plaisir-.html" rel="directory"&gt;5. Du fantasme au plaisir&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L150xH150/arton419-ea966.jpg&quot; width='150' height='150' style='height:150px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; La Gr&#232;ce classique ignore les fronti&#232;res entre litt&#233;rature &quot;normale&quot; et litt&#233;rature &#233;rotique. Omnipr&#233;sent, l'&#233;rotisme li&#233; au culte de Dionysos, dieu de l'ivresse, de la joie et des bacchantes, se d&#233;veloppe de fa&#231;on spontan&#233;e et &#233;vidente dans les textes. &#187; Dans La litt&#233;rature &#233;rotique ou l'&#233;criture du plaisir, Franck Evrard &#233;voque une p&#233;riode r&#233;volue o&#249; la litt&#233;rature &#233;rotique avait pleinement droit de cit&#233;. Cet &#226;ge d'or a par la suite laiss&#233; place au regard s&#233;v&#232;re port&#233; par les autorit&#233;s sur une forme d'&#233;criture jug&#233;e &#171; subversive &#187;. Mais qu'en est-il aujourd'hui ? La censure n'est plus &#224; l'ordre du jour, mais seulement deux maisons d'&#233;ditions, les Editions Blanche et La Musardine, sont sp&#233;cialis&#233;es en litt&#233;rature &#233;rotique.
Quels obstacles a-t-il fallu franchir pour pouvoir publier librement les textes les plus br&#251;lants ? A l'heure o&#249; la Biblioth&#232;que Nationale de France d&#233;voile enfin sa Biblioth&#232;que de l'Enfer*, comment a &#233;volu&#233; l'&#233;dition &#233;rotique &#224; travers les &#226;ges ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Pr&#233;mices d'une litt&#233;rature sulfureuse&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la p&#233;riode faste de l'Antiquit&#233;, c'est au Moyen-&#194;ge qu'apparaissent les pr&#233;mices de la litt&#233;rature &#233;rotique. &#192; partir du XIIe si&#232;cle, l'amour courtois chant&#233; par les troubadours se pimente et allie po&#233;sie et sexualit&#233;. La passion de Tristan pour Iseult, qui se trouve &#234;tre l'&#233;pouse de son oncle, fait alors scandale. A la fin du XVe si&#232;cle, l'invention de l'imprimerie favorise la diffusion des textes. C'est l'av&#232;nement de la censure, qui prosp&#232;re rapidement sur le terreau fertile de la morale chr&#233;tienne. Les &#233;crits jug&#233;s trop licencieux tombent facilement sous le coup de la classification impr&#233;cise d'&#171; outrage &#224; la religion et &#224; la morale &#187; et sont interdits. Cette litt&#233;rature est jug&#233;e dangereuse, moins &#224; cause de la libert&#233; de m&#339;urs qu'elle d&#233;crit qu'en raison de sa libert&#233; de penser. Il ne reste qu'une solution aux auteurs : s'abstenir de demander le fameux privil&#232;ge d'impression et faire imprimer clandestinement leurs ouvrages. Ainsi du Pantagruel de Rabelais, censur&#233; pour obsc&#233;nit&#233; en 1533, et publi&#233; sous un nom d'emprunt, l'anagramme Alcofribas Nasier.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Renaissance sous surveillance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce climat de r&#233;pression s'affirme au XVIe si&#232;cle, ce qui n'emp&#234;che pas la litt&#233;rature de profiter de la Renaissance pour se faire plus sensuelle. Le c&#233;l&#232;bre sonnet de Louise Lab&#233; (&#171; Baise m'encor, rebaise moy et baise &#187;), t&#233;moigne ainsi d'un &#233;rotisme latent, le verbe &#171; baiser &#187; ayant d&#233;j&#224; acquis sa double signification actuelle. Au XVIIe, le libertinage d'id&#233;es entra&#238;ne une certaine remise en question des pr&#233;ceptes moraux et donne par l&#224; m&#234;me naissance &#224; un libertinage de m&#339;urs. Cette tendance prend tout son essor au si&#232;cle des Lumi&#232;res, marqu&#233; notamment par Les liaisons dangereuses de Laclos. Le si&#232;cle finissant est domin&#233; par la figure du marquis de Sade, dont les &#233;crits explorent toutes les formes de sexualit&#233;, y compris les plus extr&#234;mes et c'est &#224; la fin de ce si&#232;cle que le mot &#171; pornographie &#187; prend le sens de &#171; contraire aux bonne smoeurs &#187;. La plupart des ouvrages circulent &#171; sous le manteau &#187; au sein de v&#233;ritables circuits de diffusion parall&#232;les. Certains salons libertins se font ainsi une sp&#233;cialit&#233; du commerce de livres &#233;rotiques, pr&#233;sent&#233;s par des colporteurs d&#233;di&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Vigueur de la censure&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Napol&#233;on met fin &#224; cette &#232;re de tol&#233;rance relative en r&#233;tablissant la censure, qui sera &#233;rig&#233;e au rang de politique syst&#233;matique sous la Restauration, avec la loi du 17 mai 1819. Les &#233;diteurs de La Religieuse de Diderot, des Liaisons dangereuses de Laclos, de Madame Bovary de Flaubert et des Fleurs du mal de Baudelaire, consid&#233;r&#233;s aujourd'hui comme des classiques, sont s&#233;v&#232;rement condamn&#233;s pour d&#233;lit d'outrage &#224; la moralit&#233; publique. Cette vigueur de la censure touche &#233;galement les pays voisins, comme en t&#233;moignent les proc&#232;s historiques intent&#233;s &#224; l'encontre des romans Fanny Hill de John Cleland et L'amant de Lady Chatterley de D.H. Lawrence, qui seront interdits et devront attendre 1960 pour &#234;tre publi&#233;s l&#233;galement. Cependant, le fait m&#234;me de vouer aux g&#233;monies une cat&#233;gorie bien d&#233;finie d'ouvrages jug&#233;s sulfureux n'a-t-il pas fait le lit de la litt&#233;rature &#233;rotique ? Quand bien m&#234;me la censure n'aurait pas contribu&#233; &#224; la naissance d'un genre, elle n'a en aucun cas frein&#233; le d&#233;veloppement de la litt&#233;rature &#233;rotique, qui s'est r&#233;pandue sous le manteau tout en peuplant peu &#224; peu les &#171; biblioth&#232;ques de l'Enfer &#187; de ses propres censeurs.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Sous le manteau&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les auteurs les plus t&#233;m&#233;raires, qui n'avaient pas renonc&#233; &#224; publier en France, en sont r&#233;duits &#224; divers stratag&#232;mes pour &#233;chapper aux mains prudes des censeurs. Anonymat, noms d'emprunt, fausses mentions, impressions des textes en Hollande&#8230; Nombre de textes (&#233;rotiques, critiques ou philosophiques) venaient de Hollande car de nombreux huguenots avaient trouv&#233; refuge l&#224;-bas. Il n'est pas rare que des ouvrages soient publi&#233;s en &#233;dition tr&#232;s limit&#233;e, ou fassent l'objet de plusieurs versions. Une astuce fr&#233;quente consiste &#224; antidater un manuscrit, de mani&#232;re &#224; dissuader les censeurs d'entreprendre des mesures de r&#233;pression. Ainsi les quatre volumes de La Nouvelle Justine du marquis de Sade, publi&#233;s &#224; Paris en 1799, portent-ils mention d'une impression en 1797 en Hollande. Cette tentative de d&#233;jouer la censure s'est cependant r&#233;v&#233;l&#233;e peu concluante au vu du sort de l'ouvrage, saisi un an apr&#232;s sa parution, et de son auteur, emprisonn&#233; le 6 mars 1801. Pour &#233;viter de conna&#238;tre le m&#234;me destin, certains &#233;diteurs rivalisent d'ing&#233;niosit&#233;, allant jusqu'&#224; mobiliser toute la subtilit&#233; des arts du livre. Ainsi de l' &#171; impression &#224; la chinoise &#187;, qui d&#233;signe un exemplaire dont le v&#233;ritable contenu est dissimul&#233; entre les pages d'un texte ou de gravures plus que pr&#233;sentables. Toutes ces techniques ont permis &#224; la litt&#233;rature &#233;rotique de passer au travers des fourches caudines de la censure. Restait &#224; d&#233;velopper une politique de conservation des ouvrages ainsi publi&#233;s. A cet &#233;gard, il est paradoxal de constater que ce sont bien souvent les censeurs eux-m&#234;mes qui ont permis aux livres les plus sulfureux de traverser les si&#232;cles.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les &#171; biblioth&#232;ques de l'Enfer &#187;, tentation du censeur ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De par la minutie et la pr&#233;cision dont ils ont su faire preuve, les plus illustres agents de la censure sont devenus de v&#233;ritables conservateurs de biblioth&#232;ques. Quelle meilleure pi&#232;ce &#224; conviction en effet qu'un ou plusieurs exemplaires de l'ouvrage licencieux ? Suivant l'illustre exemple de Pie IV, qui fit &#233;tablir au Vatican une Liste des livres d&#233;fendus, la Biblioth&#232;que Nationale entretient depuis les ann&#233;es 1830 un &#171; Enfer &#187;. Les textes et images r&#233;put&#233;s contraires aux bonnes m&#339;urs sont rassembl&#233;s dans une cachette du d&#233;partement des imprim&#233;s, dont seuls les conservateurs ont la cl&#233;. Les lecteurs doivent alors montrer patte blanche, et &#234;tre en possession d'une autorisation sp&#233;ciale, pour pouvoir consulter les pr&#233;cieux manuscrits. La BNF parle aujourd'hui d'un &#171; lieu abstrait, mental &#187;, une simple cote qui le d&#233;signe &#224; la consultation &#171; r&#233;serv&#233;e &#187;. Sade, Apollinaire, Lou&#255;s, Bataille et autres grandes figures de l'&#233;rotisme peuplent cet Enfer largement dissimul&#233; aux regards indiscrets du grand public.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le tournant des ann&#233;es 60&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est au XXe si&#232;cle que la litt&#233;rature &#233;rotique m&#232;ne un combat dont elle sortira enfin victorieuse.
Cette &#233;poque correspond selon Franck Spengler, directeur des &#233;ditions Blanches, &#224; une soif de sortir du gaullisme qui restait marqu&#233; par une puissante censure.
R&#233;gine Desforges cr&#233;e, avec son catalogue &#171; La conqu&#234;te du sexe &#187; une des premi&#232;res maisons d'&#233;dition sp&#233;cialis&#233;e, L'Or du temps, &#224; la fin des ann&#233;es 1960. Elle se heurtera pendant 10 ans &#224; la censure et &#224; des ennuis juridiques.
L'&#233;diteur Eric Losfeld conna&#238;t un succ&#232;s ph&#233;nom&#233;nal avec Emmanuelle d'Emmanuelle Arsan, (adapt&#233;e ensuite au cin&#233;ma sous les traits de Sylvia Krystel) qu'il publie tout d'abord anonymement et clandestinement en 1959 car le pouvoir l'a en ligne de mire. Le livre attendra presque 10 ans pour &#234;tre publi&#233; officiellement.
Jean-Jacques Pauvert fut &#233;galement la victime de cette censure renforc&#233;e par la loi de 1949 &#171; sur les publications destin&#233;es &#224; la jeunesse &#187; avec la publication d'Histoire d'O, de Pauline R&#233;age. La Commission consultative qualifie en 1955 l'ouvrage de &#171; livre violemment et consciemment immoral &#187;. Ce choix &#233;ditorial &#233;tait d'autant plus courageux que l'&#233;diteur avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; convoqu&#233; &#224; la brigade des m&#339;urs pour la publication dans les ann&#233;es 50 des &#338;uvres Compl&#232;tes de Sade. Il totalisera une vingtaine de proc&#232;s entre 1947 et 1971.
1968 et son souffle de libert&#233; assouplissent les carcans l&#233;gaux exerc&#233;s sur la litt&#233;rature &#233;rotique. Depuis 1992, la loi Jolibois ne punit la fabrication et la diffusion de messages &#224; caract&#232;re pornographique, que lorsqu'ils sont &#171; susceptibles d'&#234;tre vus ou per&#231;us par un mineur &#187; (art. 227-24 du code p&#233;nal). Des temps plus cl&#233;ments qui ouvraient la voie au d&#233;veloppement de l'&#233;dition &#233;rotique et rel&#233;guait la r&#233;pression a un autre temps.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;dition &#233;rotique aujourd'hui&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si certaines maisons d'&#233;dition g&#233;n&#233;ralistes mettent ponctuellement &#224; l'honneur des &#339;uvres libertines, peu d'&#233;diteurs ont fait le choix de se sp&#233;cialiser dans la litt&#233;rature &#233;rotique. Seules les &#233;ditions Blanche et La Musardine, toutes deux cr&#233;&#233;es au d&#233;but des ann&#233;es 1990, permettent aux auteurs &#233;rotiques contemporains d'avoir voix au chapitre. La premi&#232;re, cr&#233;&#233;e en 1993 par Franck Spengler, commence par publier Fran&#231;oise Rey, Paul Verguin, Jacques Serguine, Florence Dugas. En 1996, la parution de l'Orage, de R&#233;gine Desforges, est un &#233;norme succ&#232;s. Quant &#224; la Musardine, cr&#233;&#233;e en 1994 avec la librairie du m&#234;me nom, elle s'inscrit dans la continuit&#233; des &#233;ditions M&#233;diamille, ancienne filiale d'Hachette qui publiait essentiellement des romans de gare. Son nouveau directeur, Claude Bard, lui donne un tour plus litt&#233;raire, et choisit de publier des ouvrages &#233;rotiques classiques (ceux-l&#224; m&#234;me qui ont &#233;t&#233; interdits en leur temps) et contemporains, comme ceux de l'&#233;crivain maison, Esparbec. La Musardine se diversifie en publiant &#233;galement des livres d'art, notamment sur le cin&#233;ma &#233;rotique et de petits guides pratiques, destin&#233;s aux jeunes couples.
Une politique &#233;ditoriale qui porte ses fruits, comme en t&#233;moigne le dynamisme de la collection &#171; lectures amoureuses &#187;, dirig&#233;e par Jean-Jacques Pauvert, et qui recense cette ann&#233;e 140 r&#233;f&#233;rences.
&#171; La litt&#233;rature &#233;rotique a &#233;t&#233; relanc&#233;e gr&#226;ce aux femmes qui portent au corps un int&#233;r&#234;t marqu&#233; et savent en parler mieux que personne &#187;, pr&#233;cise Franck Spengler. &#171; C'est Le Boucher d'Alina R&#233;y&#232;s et La femme de Papier de Fran&#231;oise Rey qui donnent le coup d'envoi de cette litt&#233;rature &#233;rotique f&#233;minine. &#187;
Les femmes &#233;crivent le sexe, mais elles le lisent aussi de plus en plus. Genre autrefois r&#233;serv&#233; &#224; 85% aux hommes, les publications r&#233;centes trouvent un public de plus en plus jeune et f&#233;minin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Au fil des si&#232;cles, la litt&#233;rature &#233;rotique a d&#251; trouver mille et uns stratag&#232;mes pour acc&#233;der &#224; ses lecteurs. Ca faisait partie du charme et les lecteurs consid&#233;raient chaque trouvaille comme une p&#233;pite.
&#192; l'heure d'Internet et des nouvelles technologies, l'acc&#232;s aux &#339;uvres et aux messages pornographiques n'a jamais &#233;t&#233; aussi ais&#233;. Les contenus se sont banalis&#233;s, la cible s'est &#233;largie (hommes, femmes, jeunes, moins jeunes). Plus qu'une recherche de fond, c'est aujourd'hui une recherche de forme.
Le pouvoir &#233;vocateur des mots a apparemment toujours sa place et le livre &#171; qu'on ne lit que d'une main &#187; n'est pas tomb&#233; aux oubliettes. Il a toujours ce parfum sulfureux qui en fait tout son attrait&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[gris]Priscilla Matteotti&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[gris]* Exposition L'Enfer de la Biblioth&#232;que, Eros au secret
A la Biblioth&#232;que nationale de France &#224; Paris du 4 d&#233;cembre au 2 mars 2008[/gris]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[gris]Sources privil&#233;gi&#233;es pour cet article :[/gris]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[gris]La litt&#233;rature &#233;rotique ou l'&#233;criture du plaisir, Franck Evrard, &#233;ditions Les essentiels Milan, 2003
Erotica, Charlotte Hill et William Wallace, Evergreen, 2006
Le livre de la litt&#233;rature &#233;rotique, Emmanuel Pierrat, &#233;ditions du Ch&#234;ne, 2007[/gris]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Du Sexe et des Mots</title>
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		<description>La liaison qu'entretiennent le sexe et les mots est en perp&#233;tuelle &#233;volution. Les mots &#233;crits, les mots dits, les mots entendus. Le pouvoir des mots est immense. Ce n'est pas un hasard si les seuls outils qu'utilise la psychanalyse pour soigner, sont justement les mots... Et le pouvoir &#233;vocateur des mots a un impact imm&#233;diat sur nos cerveaux, premiers relais de notre sexualit&#233;. La litt&#233;rature &#233;rotique, &#224; qui Second Sexe fait la part belle, en atteste. Pourquoi cette alchimie entre les mots et le sexe ? (...)

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&lt;a href="https://www.secondsexe.com/magazine/-Du-fantasme-au-plaisir-.html" rel="directory"&gt;5. Du fantasme au plaisir&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L150xH103/arton425-50b84.jpg&quot; width='150' height='103' style='height:103px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La liaison qu'entretiennent le sexe et les mots est en perp&#233;tuelle &#233;volution. Les mots &#233;crits, les mots dits, les mots entendus.
Le pouvoir des mots est immense. Ce n'est pas un hasard si les seuls outils qu'utilise la psychanalyse pour soigner, sont justement les mots...
Et le pouvoir &#233;vocateur des mots a un impact imm&#233;diat sur nos cerveaux, premiers relais de notre sexualit&#233;. La litt&#233;rature &#233;rotique, &#224; qui Second Sexe fait la part belle, en atteste.
Pourquoi cette alchimie entre les mots et le sexe ? Comment peut-on l'expliquer ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le langage, un acte corporel&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le langage est un acte corporel, produit par des corps, entre des corps, avec des cons&#233;quences sur eux. Dans le Pouvoir des Mots, Judith Butler &#233;tudie les pr&#233;judices que peuvent causer les mots aux personnes (notamment en rapport &#224; leur sexualit&#233;). En effet, les mots provoquent parfois de v&#233;ritables sympt&#244;mes physiques. Pour les d&#233;crire, nous employons le champ lexical du corps. Nous sommes &#171; bless&#233;(e)s &#187; par des maltraitances verbales, mais aussi &#171; touch&#233;(e)s &#187; par des remarques bienveillantes ou &#171; excit&#233;(e)s &#187; par une parole sensuelle : &#171; Certains mots ou certaines fa&#231;ons de s'adresser &#224; autrui peuvent menacer son bien-&#234;tre physique, mais son corps peut, au sens fort, &#234;tre alternativement fortifi&#233; ou menac&#233; par les diff&#233;rentes mani&#232;re dont on s'adresse &#224; lui &#187;. Nous savons &#233;galement qu'un conflit de l'esprit peut s'imprimer sur le corps &#224; travers des pathologies plus ou moins invalidantes, t&#233;moignant de la relation &#233;troite faite de mots et de maux entre soma et psyche. La psychanalyse montre qu'entre le latent (domaine de l'inconscient, du refoul&#233;) et le manifeste (domaine de la r&#233;alit&#233;, du Moi, du cod&#233;) il y a toujours un r&#233;cit, quelque chose que nous nous racontons &#224; nous et &#224; la soci&#233;t&#233;, sorte de travestissement de l'inconscient par les mots pour ne pas tout &#224; fait divulguer la v&#233;rit&#233; de nos pulsions. La psychanalyse remonte le courant des fabulations psychiques (notamment par l'association libre &#224; partir d'une image ou d'un mot) jusqu'&#224; la source o&#249; foisonnent pulsions, fantasmes, angoisses, pour d&#233;jouer les tours de l'inconscient. En mati&#232;re de th&#233;rapie, la psychosomatique privil&#233;gie quant &#224; elle la relaxation profonde du corps pour assouplir le mental. Dans le Corps lib&#233;r&#233;, Suzanne K&#233;p&#232;s revient ainsi sur ses ann&#233;es de pratique aupr&#232;s de patients souffrant de sympt&#244;mes sexuels. Vaginisme, impuissance&#8230; Elle raconte comment &#224; mesure que l'on &#171; se d&#233;tend &#187;, l'&#233;quilibre mental revient, et, surprise, on redevient capable de &#171; se dire &#187;&#8230; et de jouir.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Appeler une chatte&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quel couple n'a pas employ&#233; &#224; un moment toutes sortes de mots personnels pour parler de sexe ? Selon Willy Pasini, auteur du Couple amoureux, &#171; avoir beaucoup de vocabulaire est une mani&#232;re cr&#233;ative d'&#234;tre ensemble &#187; . Le psychiatre et sexologue incite &#224; veiller &#224; ce qu'un &#171; vocabulaire affectueux ne cache pas cependant une peur du sexe &#187;. Nommer son sexe &#171; z&#233;zette &#187; devant son amant, pourquoi pas, &#224; condition que cela ne soit pas une fa&#231;on de la jouer petit. Pour jouir des plaisirs du sexe, il vaut parfois mieux prendre le titre de l'essai de Florence Montreynaud au mot et Appeler une chatte&#8230; Comme nous l'entendons et pas autrement ! Rien n'oblige &#224; l'emploi d'un mot, du moment que nous avons connaissance du lexique et le choix de l'utiliser. Or le vocabulaire de la sexualit&#233; est tabou pour de nombreuses femmes quand il ne leur fait pas d&#233;faut. La faute au puritanisme de l'&#233;ducation, &#224; la pudeur des m&#232;res, &#224; la science froide des docteurs&#8230; Rosemonde Pujol, auteur du Manuel de clitologie (voir notre interview sur ce site) remarquait qu'on trouve dans les manuels de biologie &#171; les trompes de Fallope (&#8230;) l'ut&#233;rus et le vagin mais de clitoris, point ! &#187; . Or ce bout de chair est entre nos jambes. Sans mot pour le nommer, nous en serions &#171; excis&#233;es &#187; ! La premi&#232;re mission serait donc de se munir des mots afin de n'&#234;tre &#172;&#8212;au moins au niveau du langage&#8212; priv&#233;es d'aucun sens. &#192; nous ensuite de placer les mots dans la grammaire de notre d&#233;sir. Quoi de &#171; bite &#187;, &#171; verge &#187;, &#171; queue &#187;, allons-nous pr&#233;f&#233;rer, &#224; quelle occasion ? Quel vocable sera pour nous le plus &#233;rotis&#233; ? Si &#171; coureuse &#187; nous laisse de marbre tandis que &#171; cochonne &#187; nous met le feu, nous finirons pas le savoir. &#192; force d'essayer les cl&#233;s de son trousseau, on finit par trouver celle qui nous fait entrer en &#233;moi. Or elles ne manquent pas ! Pour nous chauffer la langue et d&#233;lier notre sexe, nous pouvons chanter sur l'air de Colette Renard dans Les Nuits d'une demoiselle comme il est bon de se faire &#171; sucer la friandise, caresser le gardon, empeser la chemise, picorer le bonbon, frotter la p&#233;ninsule, b&#233;liner le joyau, remplir le vestibule, ramoner l'abricot&#8230; &#187;. Les ardeurs linguistiques nocturnes ont du bon&#8230;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Langue vivante &#233;rotique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Plus de 1300 mots pour d&#233;signer l'acte sexuel en fran&#231;ais, environ 600 pour le sexe de l'homme et autant pour celui de la femme ! Le vocabulaire du sexe se caract&#233;rise par une exceptionnelle &#171; f&#233;condit&#233; verbale &#187;, observait Pierre Guiraud, auteur du Dictionnaire &#233;rotique. Combin&#233;s, ces termes forment un ensemble de pr&#232;s de 3000 mots et expressions pour une notion. Et nous serions loin du compte, car n'importe quel vocable neutre peut se trouver un jour &#233;rotis&#233; : Tu veux tremper ton cigare dans mon cognac ? De l&#224;, les synonymes prolif&#232;rent. Le lexique &#233;rotique se renouvelle constamment, tout en conservant une stabilit&#233; notionnelle. Les termes employ&#233;s pour d&#233;signer le sexe masculin peuvent se classer en cat&#233;gorie d'instruments, d'armes, d'ustensiles etc&#8230; Celui de la femme, de fleurs, de fruits, de lieux... Si bien qu'il s'&#233;tablit au fil du temps une &#171; nature des images fondamentales &#187;. Comme tout registre de langue, le vocabulaire de la sexualit&#233; porte en lui l'organisation de nos soci&#233;t&#233;s, ses couches individuelles, sociales historiques. Il traduit des conceptions de l'amour et des pratiques selon les &#233;poques, il ne &#171; ment pas &#187; sur un certain &#233;tat des rapports au corps des uns et des autres. Machisme et autres discriminations s'y lisent clairement ! Quant aux termes utilis&#233;s pour d&#233;finir les jouissances possibles avec les mots, il y en a un nombre impressionnant pour un nombre non moins impressionnant de pratiques. Nous apprenons avec le Dictionnaire des fantasmes, perversions et autres pratiques de l'amour que &#171; le fait d'exciter son partenaire ou ses partenaires, de s'exciter soi m&#234;me par l'usage de mots grossiers durant les relations sexuelles &#187; se nomme Coprolalie, que la Narratophilie, d&#233;signe &#171; le go&#251;t de raconter ou d'entendre des histoires concernant la sexualit&#233; &#187;, et qu'il existe des T&#233;l&#233;phonicophiles, adeptes de la conversation t&#233;l&#233;phonique sexuelle consentie. Il se pratique ainsi &#171; de v&#233;ritables dialogues inconvenants au cours desquels l'excitation des partenaires atteint les plus haut sommets &#187;. Les fantasmes &#233;tant si nombreux qu'ils sont impossibles &#224; tous r&#233;aliser, la coprolalie permet &#171; d'augmenter son champ d'exp&#233;rimentations &#233;rotiques &#187;. L'Acoustophilie consiste &#224; s'&#233;couter entre partenaires consentants, tandis que l'&#201;couteurisme est l'&#233;quivalent auditif du voyeurisme, vol de mots &#171; nus &#187; &#224; la d&#233;rob&#233;e&#8230; L'engouement pour la parole sexuelle b&#233;n&#233;ficie des nouveaux r&#233;seaux de communication (sms, mails, chat, skype,&#8230;). Sur le t&#233;l&#233;phone rose, il y a des lignes pour toutes les sexualit&#233;s. Le plaisir des mots &#224; l'oral n'est pas r&#233;serv&#233; qu'aux machos.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Monsieur mate, Madame verbalise&#8230; Excitation diff&#233;rentielle des sexes ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les hommes seraient-ils par nature &#171; visuels &#187; tandis que les femmes seraient par nature &#171; verbales &#187;, comme on entend dire parfois ? Pourquoi ne trouve t'on pas d'&#233;quivalent &#224; Playboy pour les femmes ? Les femmes ach&#232;tent-elles plus volontiers un livre &#233;rotique qu'un DVD porno par nature, par go&#251;t, fa&#231;onn&#233; en partie par la culture et leur &#233;ducation, ou encore par d&#233;pit, compte tenu de la triste uniformit&#233; des &#233;talages de films ? Dans quelle mesure seraient-elles insensibles &#224; la vue mais allum&#233;es par les mots ? Pour aborder cette question, nous nous concentrerons ici sur des r&#233;flexions sociologiques plut&#244;t que biologiques. Et donc &#8212;entre nous&#8212; les femmes trouvent-elles la vue d'un p&#233;nis excitante ?? Oui ! affirme Dian Hanson, sex editor chez Taschen (lire interview sur ce site). Mais il est vrai que par leur &#233;ducation elles sont amen&#233;es &#224; &#234;tre &#171; plus conservatrices et puritaines &#187; que les hommes face aux images. Et &#224; s'en remettre aux mots ? Pendant l'amour physique, certaines femmes d&#233;cuplent leur plaisir lorsqu'elle l'accompagne de mots. Dominatrice elle-m&#234;me, Kora affirme que dans ce milieu particulier, il est fr&#233;quent de rencontrer des femmes qui prennent plaisir &#224; se faire maltraiter verbalement par des hommes, traiter de &#171; pute &#187;, de &#171; salope &#187;. &#199;a les &#171; d&#233;sinhiberait &#187;. Faut-il pour autant conclure &#224; une caract&#233;ristique f&#233;minine ? Pas forc&#233;ment. La r&#233;ciproque vaut pour les hommes, dont certains aiment qu'une femme leur ressasse qu'ils &#171; se font mater par de jolies filles &#187; et qu'ils vont &#171; se prendre une bonne fess&#233;e &#187;. En revanche, poursuit Kora &#171; il est certain que les femmes grandissent dans un monde qui les rabaissent, cela ne peut pas &#234;tre anodin en terme de sexualit&#233; ensuite &#187;, et partant, d'une jouissance particuli&#232;re du langage en relation avec la position de leur sexe en soci&#233;t&#233;. Mais elles ne sont pas les seules, et au final il y en aurait pour tous les go&#251;ts. Hommes, femmes, certains aiment qu'on leur parle ou non, qu'on les maltraite ou non, qu'on leur &#233;crive ou pas, billets doux, emails enflamm&#233;s, SMS coquins, tout d&#233;pend de ce que chacun a v&#233;cu et a dans la t&#234;te.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;De la litt&#233;rature &#171; pour les filles &#187; &#224; la litt&#233;rature (&#233;rotique) f&#233;minine&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudes de psychologie sociale (notamment &#224; travers les travaux de Nicole Mosconi, auteur de Genre et Avenir) ont montr&#233; que tout au long de leur croissance, filles et gar&#231;ons font un apprentissage diff&#233;rentiel de leur r&#244;les sexu&#233;s en soci&#233;t&#233;. Ils sont encourag&#233;s par leurs &#171; &#233;ducateurs &#187; (parents, pairs, professeurs, m&#233;dias&#8230;) lorsqu'ils se comportent en conformit&#233; avec ce qui est attendu de leur sexe biologique, d&#233;courag&#233;s lorsqu'ils vont &#224; l'encontre. Or, la litt&#233;rature &#171; c'est pour les filles &#187;, les maths &#171; c'est pour les gar&#231;ons &#187;. Une certaine sp&#233;cialisation des femmes pour le verbe commencerait t&#244;t et ne serait pas que de cause &#171; biologique &#187;. Encourag&#233;es dans leur ma&#238;trise de la langue, &#233;crite et orale, plut&#244;t que d'autres domaines, le sexe f&#233;minin d&#233;velopperait peut-&#234;tre plus de sensibilit&#233; et d'aptitudes au verbal, &#224; l'&#233;coute qu'au visuel par rapport au sexe masculin. Et c'est &#224; partir des mots qu'elles feraient leurs images mentales. Les mots seraient-ils le domaine des femmes, les destinant &#224; certaines cat&#233;gories pr&#233;cises de professions, comme &#224; certaines cat&#233;gories de plaisir ? La litt&#233;rature f&#233;minine, &#233;rotique en particulier, a connu un grand essor ces derni&#232;res ann&#233;es. Depuis la Femme de papier de Fran&#231;oise Rey ou Le Boucher d'Alina Reyes, il se compte chaque ann&#233;e de nombreux titres f&#233;minins. Les femmes y excellent-elles ? En sont-elles si friandes ? S'il y a bien une mont&#233;e en puissance de la voix des femmes, y aurait-t-il, via la langue, une r&#233;cup&#233;ration du pouvoir d'agir dont elles auraient &#233;t&#233; priv&#233;es auparavant ? D'ailleurs, le pouvoir des mots est-il en lui m&#234;me un peu du pouvoir en place ? Faut-il &#171; l'ouvrir &#187; pour &#234;tre reconnue dans une soci&#233;t&#233; macho ? C'est le propos/point de vue choisit par Joy Sorman, dans son roman Boys, Boys, Boys, dans lequel la narratrice se fait fort de tenir les conversations de comptoir jusqu'au bout de la nuit avec les gar&#231;ons, se hissant par les mots vers une &#233;galit&#233; avec eux. Tant qu'il ne s'agit pas encore de vouloir dominer par tous les moyens&#8230;&#199;a se discute&#8230;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; quand des images excitantes pour les femmes ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si les femmes semblent privil&#233;gier les mots au d&#233;triment des images en mati&#232;re de sexe, cela vient peut-&#234;tre en partie d'une socialisation diff&#233;rente de celles des hommes, d'une &#233;ducation plus r&#233;pressive, ainsi que, peut-&#234;tre, du cons&#233;quent d&#233;ficit associ&#233; d'images excitantes pour elles. Une privation sensorielle, en somme ? En effet, sachant la respectabilit&#233; domestique dans laquelle ont &#233;t&#233; tenues pendants des g&#233;n&#233;rations les &#171; poules &#187;, les &#171; carnes &#187;, les &#171; gonzesses &#187;, les &#171; frangines &#187;, les &#171; limandes &#187;, les &#171; p&#233;tasses &#187;, les &#171; poup&#233;es &#187;, les &#171; pisseuses &#187;, les &#171; toupies &#187;, bref, les &#171; femmes &#187;, pouvons-nous nous &#233;tonner qu'il n'y ait pas plus de magazines aujourd'hui dont l'unique objectif serait de permettre aux femmes d'&#233;jaculer de la cyprine au dessus d'un musculeux photographi&#233; ? Ne f&#251;t-il pas plus acceptable d'imaginer les femmes cal&#233;es sur un rocking'chair en train de lire des po&#232;mes apr&#232;s le souper ? Florence Montreynaud remarque que non seulement les expressions pour parler aux jeunes filles de leur sexe le contournent le plus possible (comme &#171; en bas &#187;), ne la &#171; d&#233;florant &#187; ainsi pas, mais en plus cette virginit&#233; du sexe &#233;tendue aux oreilles, est aussi une virginit&#233; de la vue. Toutes entr&#233;es sensuelles verrouill&#233;es pour les jeunes filles ! Il faut pr&#233;server leur innocence, emp&#234;cher qu'elles aient la curiosit&#233; &#171; mal plac&#233;e &#187;. Une fille ne peut pas &#171; regarder sous les jupes &#187; des gar&#231;ons ni facilement &#171; s'instruire &#187; avec &#171; des photos cochonnes &#187;. Devons-nous pour autant conclure que nous ne sommes pas visuelles un poil ? Pourtant, les homosexuels ne sont pas les seuls &#224; s'offrir le calendrier de charme (et de plus en plus d&#233;nud&#233;) des Dieux du Stade. L'imagerie vers laquelle s'oriente les femmes serait-elle encore un peu cloisonn&#233;e ? Illustrateurs, photographes, cin&#233;astes, faiseurs d'images, pourraient s'employer &#224; nous &#233;largir le champ de vision. Fini d'&#234;tre celles qui en parlent le plus avec des mots, mais qui en mangent le moins avec les yeux. Des images et des mots, pour tout le monde !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[argent]Maxine Lerret&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(1) Interview dans Glamour, L'&#238;le aux enfants xxx
(2) Rosemonde la scandaleuse, dans le Nouvel Observateur, semaine du 28 Juin 2007 - &lt;a href=&quot;http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2225/articles/a348719-rosemonde_la_scanda&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/pa...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sources privil&#233;gi&#233;es pour cet article :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dictionnaire &#233;rotique, Pierre Guiraud, &#233;ditions Payot, &#233;dition 2006
Dictionnaire des fantasmes, perversions et autres pratiques de l'amour, Brenda B. Love, &#233;ditions Blanche, 2006
Appeler une chatte&#8230; Florence Montreynaud, &#233;ditions Calmann-Levy, 2004
Le pouvoir des mots, Judith Butler, &#233;ditions Amsterdam, 2004
Boys, boys, boys, de Joy Sorman, Gallimard, 2005&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Interview de Dian Hanson, par Agn&#232;s Giard (voir sur le site)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Rosemonde la scandaleuse, Nouvel Observateur, semaine du 28 Juin 2007&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les nuits d'une demoiselle, Colette Renard, 1963&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Internet :
Site de Kora, &lt;a href=&quot;http://www.intransigeante.org/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.intransigeante.org&lt;/a&gt;[/argent]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>La ponygirl ou comment m&#233;nager sa monture...</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Bramly</dc:creator>


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		<dc:subject>F&#233;tichisme </dc:subject>

		<description>Si vous nourrissez un go&#251;t f&#233;tichiste pour le cuir, que vous collectionnez les cravaches, aimez les ballades au grand air et les jeux de r&#244;les sportifs, et si domination et soumission sont les mots clef de votre sexualit&#233;, alors chaussez vos bottes cavali&#232;res et coiffez votre queue de cheval, vous avez peut-&#234;tre l'&#233;toffe d'une ponygirl&#8230; Equus eroticus Se transformer en ponygirl, c'est pratiquer l'equus eroticus, jeu sexuel &#224; mi-chemin entre le bondage, le SM et la pantomime &#233;questre. Les ponygirls ne (...)

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&lt;a href="https://www.secondsexe.com/magazine/-Du-fantasme-au-plaisir-.html" rel="directory"&gt;5. Du fantasme au plaisir&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.secondsexe.com/magazine/+-Fantasme,33-+.html" rel="tag"&gt;Fantasme&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L150xH150/arton379-59ac7.jpg&quot; width='150' height='150' style='height:150px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si vous nourrissez un go&#251;t f&#233;tichiste pour le cuir, que vous collectionnez les cravaches, aimez les ballades au grand air et les jeux de r&#244;les sportifs, et si domination et soumission sont les mots clef de votre sexualit&#233;, alors chaussez vos bottes cavali&#232;res et coiffez votre queue de cheval, vous avez peut-&#234;tre l'&#233;toffe d'une ponygirl&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Equus eroticus
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Se transformer en ponygirl, c'est pratiquer l'equus eroticus, jeu sexuel &#224; mi-chemin entre le bondage, le SM et la pantomime &#233;questre. Les ponygirls ne montent pas &#224; cheval, elles se transforment au contraire litt&#233;ralement en montures, pour leur plaisir et celui de leur ma&#238;tre dresseur. A l'abri des regards, en pleine nature, des couples nomm&#233;s attelages humains, se livrent ainsi &#224; des s&#233;ances de dressage et de promenade, ponctu&#233;es par des r&#233;compenses et des punitions administr&#233;es avec une plus ou moins forte connotation sexuelle. Cette pratique &#224; premi&#232;re vue d&#233;routante est pourtant la r&#233;alisation (au sens dramaturgique) d'un fantasme de domination assez classique, qui a la particularit&#233; d'&#234;tre excessivement sophistiqu&#233;e et codifi&#233;e, faisant ainsi le bonheur des f&#233;tichistes et des amateurs de SM. &#171; &lt;strong&gt;Avec le go&#251;t croissant pour le f&#233;tichisme et le BDSM depuis 15 ans, les ponygirls, dites &#171; femmes cavales &#187; en fran&#231;ais, sont de nouveau &#224; la mode&lt;/strong&gt; &#187; confirme Christophe Bier historien de la pornographie, qui nous apprend qu'Aristote se d&#233;lectait d&#233;j&#224; &#224; la vue de jeunes esclaves &#233;peronn&#233;es tels des pur-sang. Depuis, bien d'autres amateurs ont p&#233;rennis&#233; cette singuli&#232;re occupation dominicale, dont l'&#233;rotisme puise dans cette Nature qui est &#224; la fois le d&#233;cor de ces jeux de r&#244;le et le si&#232;ge de la sauvagerie farouche de ces animaux qu'il s'agit de dompter&#8230; C'est dans cet environnement, cette terre qui r&#233;pand ses odeurs sal&#233;es d'humus, d'&#233;curie et d'effort, qu'entrent en action ces femmes irr&#233;elles, ces cr&#233;atures dont le corps &#233;cumant se confond avec la silhouette musculeuse de l'animal. Red Buttock, &#171; la ponygirl en corset &#187; telle qu'elle se pr&#233;sente, nous confie qu'elle devient &#171; &lt;i&gt; vraiment une autre. Je ne suis plus une femme, je suis un animal. Ce n'est pas du d&#233;guisement, mais une totale transformation, physique et mentale&lt;/i&gt;. &#187;
Le dessinateur Antoine Marquis &#233;prouve la m&#234;me fascination mais n'a jamais rencontr&#233; une de ces ponygirls qui sont les h&#233;ro&#239;nes privil&#233;gi&#233;es de son art. &#171; &lt;i&gt;C'est un sujet tr&#232;s &quot;pictog&#233;nique&quot;, qui implique des valeurs ambivalentes : c'est en effet un sujet est &#224; la fois doux et cruel ; charmant et monstrueux ; d&#233;licat et violent ; raffin&#233; et archa&#239;que ; pas s&#233;rieux et triste. Et puis le d&#233;cor, le haras, est &#224; la fois rassurant, sympathique et inqui&#233;tant.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Amours chevalines&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les origines de cette paraphilie sont diverses. G&#233;ographiquement, elles se fixeraient dans les terres anglo-saxonnes, tant propices &#224; l'hippisme qu'aux &#171; &lt;i&gt;sexualit&#233;s diff&#233;rentes&lt;/i&gt; &#187; comme les nomme Agn&#232;s Giard. Historiquement, la ponygirl est h&#233;riti&#232;re d'un imaginaire mythologique qui remonte &#224; notre attachement atavique avec l'animal cheval, dont t&#233;moignent nos premiers jeux sur le mode &#171; hue ! dada &#187;.
Le go&#251;t des attelages humains va chercher aussi loin que cette ancestrale et f&#233;conde fantasmagorie au centre de laquelle le cheval incarne &#171; la plus noble conqu&#234;te de l'homme &#187;. Ainsi &#224; l'instar du centaure, du sagittaire et de l'amazone, Ath&#233;na, d&#233;esse de la guerre dans la mythologie grecque, est parfois associ&#233;e &#224; un cheval. Un de ses noms est d'ailleurs &quot;Hippia&quot;, ou &quot;femme-cheval&quot;, car elle enseigna aux mortels comment domestiquer le cheval.
Cependant l'equus eroticus (qui n'a rien &#224; vois avec la zoophilie on l'aura compris&#8230;) va au-del&#224; du pur anthropomorphisme. Cette paraphilie joue &#224; la fois sur l'esth&#233;tique hippique, mimant le corps, se r&#233;appropriant la gestuelle et l'&#233;quipement du destrier, et sur la relation de soumission-domination qui unit le cheval et son dresseur, son jockey ou son cocher.
Pr&#233;cisons que les attelages humains peuvent &#234;tre conduits autant par des femmes que par des hommes. Mais le ponyboy est moins repr&#233;sent&#233;, question d'esth&#233;tique peut-&#234;tre, comme le d&#233;plore Christophe Bier : &#171; &lt;i&gt;L'homme domin&#233; est l'enfant pauvre de la litt&#233;rature SM&lt;/i&gt;. &#187; En tout cas, il faut plonger dans les ann&#233;es 1930, l'&#226;ge d'or de cette biblioth&#232;que f&#233;tichiste, pour obtenir les r&#232;gles d'un art qui en effet, fait honneur aux femmes cavales.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Litt&#233;rature turfiste&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dolor&#232;s Amazone, Ecurie humaine, Servitude, La Reine cravache, Dressage&#8230; autant de titres n&#233;s sous la plume d'&#233;crivains et illustrateurs britanniques comme Eneg (Gene Bilbrew) ou John Willie, ou fran&#231;ais usant de pseudonymes anglophones, tels Jim Galding, Alan Mc Clyde ou J. Van Styk.
Aujourd'hui la plus c&#233;l&#232;bre des ponygirls est sans doute Gwendoline. D'abord h&#233;ro&#239;ne de la bande dessin&#233;e de John Willie, p&#232;re spirituel du bondage dans les ann&#233;es 50, la jolie blonde surgit sur les &#233;crans de cin&#233;ma en 1984, gr&#226;ce &#224; une adaptation de Just Jaeckin, r&#233;alisateur d'Emmanuelle. C'est en faisant des recherches pour son film qu'il d&#233;couvre des planches de dessin repr&#233;sentant une course de chars humains que Jaeckin a l'id&#233;e de mettre en sc&#232;ne des pony girls dans le royaume souterrain de Yik-Yak, une cit&#233; f&#233;minine interdite dirig&#233;e par une reine (B. Lafont). &#171; &lt;i&gt;Ce char tir&#233; par trois filles nues menait subitement vers le fantastique. C'est ce climat qui m'a fait accepter de tourner Gwendoline&lt;/i&gt; &#187; raconte Jaeckin. La sc&#232;ne de la course men&#233;e par des amazones emplum&#233;es donne une bonne id&#233;e du mat&#233;riel et des costumes indispensables aux attelages humains.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Herm&#232;s rayon f&#233;tichisme&lt;/h3&gt;
&lt;dl class='spip_document_83 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;width:300px;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;https://www.secondsexe.com/magazine/IMG/jpg/articleParagrapheVisuel1255.jpg&quot; title='JPEG - 34.4 ko' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;&lt;img src='https://www.secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L300xH300/articleParagrapheVisuel1255-acf05-2773b.jpg' width='300' height='300' alt='JPEG - 34.4 ko' style='height:300px;width:300px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&#202;tre ou avoir une ponygirl n&#233;cessite de fait certains investissements. Maitresse Monozuki le dit clairement : &#171; &lt;i&gt;On c&#244;toie l'aristocratie du SM et m&#234;me l'aristocratie tout court. Il faut un ch&#226;teau, mais un manoir peut aussi faire l'affaire, des &#233;curies, des terres.&lt;/i&gt; &#187;
Et puis il y a l'harnachement, &#171; &lt;i&gt;le moment que je pr&#233;f&#232;re, avoue Red Buttock, le d&#233;clenchement du fantasme, le d&#233;but de l'&#233;vasion.&lt;/i&gt; &#187;
L'&#233;quipement de base comprend, des pieds &#224; la t&#234;te :
Des botte &#233;quip&#233;es de sabots.
Une selle ou un corset agr&#233;ment&#233; de sangles qui auront soin d'encercler seins, fesses et pubis de mani&#232;re aussi suggestive que contraignante. Mais la selle ne sert pas toujours, car on ne monte (et le langage a ses vertus&#8230;) que rarement une ponygirl.
Une queue de cheval, forc&#233;ment. On choisira soit un mod&#232;le de plug anal termin&#233; par une longue crini&#232;re, soit une postiche que l'on fixe au corset.
Enfin, le harnais de t&#234;te auquel se fixe le mords, qui vient se loger entre les dents, permettant de guider la ponygirl et interdisant physiquement la parole. Un seul mot prononc&#233; constitue une faute grave. L'autre int&#233;r&#234;t du mors est de faire abondamment saliver, humiliation particuli&#232;rement appr&#233;ci&#233;e des soumises et des ma&#238;tres.
Enfin, la ponygirl est pr&#234;te.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Concours complet&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ne peuvent se r&#233;clamer de la vraie famille des femmes cavales les ponygirls en appartement. C'est &#224; l'air libre, frissonnant et suant &#224; ciel ouvert, que l'on atteint le sommet de cet art, o&#249; la domination se m&#234;le &#224; l'exhibition.
Hormis le harnais, le corps de la ponygirl est toujours nu, offert &#224; la vue et &#224; la main qui r&#233;compense ou punit. Assis dans le sulky, le ma&#238;tre quant &#224; lui est un voyeur actif, fier de son &#233;quid&#233; et du joug qu'il exerce. Son autorit&#233; est indiscutable, alors parfois le fouet claque et mord la chair de l'indocile. Red Buttock avoue parfois &#171; &lt;i&gt;faire la rebelle expr&#232;s, pour &#234;tre punie mais aussi pour inverser le pouvoir.&lt;/i&gt; &#187; Stan nous fait remarquer que &#171; &lt;i&gt;les gestes ne doivent pas avoir de connotation sexuelle ou, en tous les cas, cela ne doit pas se voir, se ressentir. Les gestes doivent &#234;tre agr&#233;ables, mais fermes. Si je passe ma main sur la croupe de la ponygirl, c'est pour la flatter. Si je la passe sur son pubis, c'est pour v&#233;rifier qu'il est lisse ou qu'une courroie n'est pas de travers ou peut la g&#234;ner. D'ailleurs en Angleterre dans les clubs, on laisse en g&#233;n&#233;ral ce genre d'op&#233;ration &#224; la discr&#233;tion de quelques grooms et palefreniers, souvent passionn&#233;s, qui traitent ma ponygirl comme ils auraient trait&#233; une jument au paddock avant de la monter.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Qui m&#233;nage sa monture&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; La relation entre la jument et son ma&#238;tre est bas&#233;e sur la confiance, souligne Julie, ponygirl en priv&#233;. Entrav&#233;e et r&#233;duite au silence, la femme cavale doit se sentir en s&#233;curit&#233; pour ob&#233;ir sereinement.&lt;/i&gt; &#187;
Ob&#233;ir c'est &#224; dire ramper &#224; quatre pattes, les reins cambr&#233;s, la taille creus&#233;e et la croupe offerte &#224; l'&#339;il et &#224; la main du ma&#238;tre ; tendre tous ses muscles dans un formidable &#233;lan, et mettre en branle cette voiture, transpirer, souffler et baver&#8230; d'effort et mais encore d'excitation. Pour ces femmes qui, des heures durant, sont en position de soumission, seins, fesses et sexe en parade, orifices prisonniers et disponibles, la moindre pression sur les r&#234;nes circulant &#224; travers le r&#233;seau de cuir du savant harnachement, transforme chaque mouvement en aiguillon de d&#233;sir.
Pourtant, pr&#233;cise Stan, &#171; &lt;i&gt;les relations sexuelles ne sont jamais totalement exclues, mais elles ne constituent, en aucun cas, un pr&#233;alable ou une condition pour une rencontre. (&#8230;) A partir du moment o&#249; le jeu commence, les femmes sont des ponygirls. Entre hommes, nous parlons d'elles en d&#233;crivant leur anatomie avec des mots tels que croupe, gueule, mamelles, panse, etc. Je ne vois aucun inconv&#233;nient &#224; ce que Red Buttock soit d&#233;shabill&#233;e par un &#233;tranger. Il peut lui flatter la croupe, le haut des cuisses, palper ses mamelles&#8230;&lt;/i&gt; &#187;, mais cela s'arr&#234;tera l&#224;. Red Buttock pr&#233;cise que l'&#233;changisme ne les int&#233;resse pas, mais plut&#244;t la rencontre d'autres &#171; puristes &#187; passionn&#233;s par cette pratique qui demeure somme toute occasionnelle. &#171; &lt;i&gt;On a une sexualit&#233; de gens normaux le reste du temps !&lt;/i&gt; &#187;
Ainsi le sexe au sein de l'equus eroticus est l'aboutissement du jeu, l'acm&#233; du drame. Car il s&#8216;agit avant tout d'une sexualit&#233; mise en sc&#232;ne, d'une forme d'exhibitionnisme tr&#232;s stylis&#233;e. Les ponygirls semblent pr&#233;cis&#233;ment &#233;prouver une fiert&#233; li&#233;e &#224; leur corps, mais aussi &#224; leur performance physique, qui en font une cat&#233;gorie de soumises &#224; part. Elles se sentent de fait moins esclaves qu'animales, entretenant un rapport myst&#233;rieusement complice avec leur partenaire.
&#171; &lt;i&gt;Je trouve cela tr&#232;s esth&#233;tique, tr&#232;s gracieux&lt;/i&gt; &#187; ajoute Red Buttock qui r&#234;ve de canyons et de traineaux dans la toundra enneig&#233;e pour parfaire le tableau. Elle aimerait faire partager sa passion au plus grand nombre, et trouver d'autres ponygirls pour composer un attelage multiple.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour un casting de choix ou des d&#233;buts simplifi&#233;s, on serait assez avis&#233; d'aller en Angleterre ou aux Etats-Unis. Ces cordiales terres d'accueil pour ponygirls semblent en effet davantage fertiles aux jardins secrets fantaisistes que la France, o&#249; le sentiment du ridicule prend souvent le pas sur la curiosit&#233;&#8230;
Cependant si certains adeptes de l'attelage humain se prennent tr&#232;s au s&#233;rieux, rien n'emp&#234;che quiconque d'exp&#233;rimenter cette pratique avec le recul du second degr&#233;, dans le but ludique de varier les plaisirs de soumission ou de domination. A d&#233;faut de brider nos fantasmes, prenons la bride ! Mais Red Buttock nous pr&#233;vient : attention avec la ponygirl, &#171; &lt;i&gt;l'essayer c'est l'adopter.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Aur&#233;lie Galois&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Note :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Site de Red Buttock : &lt;a href=&quot;http://red.buttock.free.fr/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://red.buttock.free.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.confidentielles.com/theme-2-couple_et_sexualite.htm&quot;&gt;&lt;img src=&quot;https://www.secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L125xH43/reco-configi89a8-b816d.gif&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;fantasme et plaisir&quot; width='125' height='43' style='height:43px;width:125px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A lire : L'Homme qui hennissait, de Leon Despair (Edition Contrainte chez Media Mille).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La masturbation, une invitation au voyage...</title>
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		<dc:creator>Sophie Bramly</dc:creator>



		<description>De tous les synonymes de &#171; masturbation &#187; pas un n'en traduit la substance &#233;rotique : du tr&#232;s explicite &#171; mauvaise habitude &#187; au non moins accusateur &#171; onanisme &#187;, en passant par le r&#233;frig&#233;rant &#171; auto-&#233;rotisme &#187;, parler de cette sexualit&#233; &#233;quivaut &#224; la stigmatiser ou la condamner. Pourquoi ? De la condamnation &#224; la damnation Questionner le vocabulaire de la masturbation n'est pas anodin. Son vocabulaire traduit globalement la r&#233;probation, oscillant entre la pathologie et la vulgarit&#233;&#8230; Le terme d'onanisme (...)

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&lt;a href="https://www.secondsexe.com/magazine/-Du-fantasme-au-plaisir-.html" rel="directory"&gt;5. Du fantasme au plaisir&lt;/a&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De tous les synonymes de &#171; masturbation &#187; pas un n'en traduit la substance &#233;rotique : du tr&#232;s explicite &#171; mauvaise habitude &#187; au non moins accusateur &#171; onanisme &#187;, en passant par le r&#233;frig&#233;rant &#171; auto-&#233;rotisme &#187;, parler de cette sexualit&#233; &#233;quivaut &#224; la stigmatiser ou la condamner. Pourquoi ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la condamnation &#224; la damnation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Questionner le vocabulaire de la masturbation n'est pas anodin. Son vocabulaire traduit globalement la r&#233;probation, oscillant entre la pathologie et la vulgarit&#233;&#8230; Le terme d'onanisme tel que l'a adopt&#233; John Martens en 1710, a pour sa part servi &#224; diaboliser la masturbation, l'&#233;glise, les m&#233;decins et les philosophes devant en leur temps, trouver une r&#233;f&#233;rence biblique&#8230; Cela ne suffit pourtant pas aux censeurs qui pensent alors, et avec raison, que certains se pr&#233;occupent plus de &#171; sauver leur peau &#187; que leur &#226;me. Les docteurs et surtout le suisse Samuel Tissot se chargent d'envenimer la situation en racontant des histoires (aux sens propre et figur&#233; d'ailleurs). Les contes moraux et les th&#232;ses m&#233;dicales se multiplient relatant des maladies abominables et des morts cruelles cons&#233;cutives &#224; &#171; cette funeste passion &#187;&#8230; L'homme se voit menac&#233; de st&#233;rilit&#233; et d'ass&#232;chement de son &#233;nergie. La femme deviendrait sujette aux &#171; &lt;i&gt;fureurs ut&#233;rines qui leur &#244;tent la pudeur, la raison&lt;/i&gt; &#187; (Le B&#232;gue de la Presle, m&#233;decin de Jean-Jacques Rousseau). D&#232;s lors, parents, tuteurs et directeurs de conscience des demoiselles s'engagent dans la lutte : &#233;radication des lectures romanesques, d'objets tenus pour subjectifs (au XIXe si&#232;cle, on en vint &#224; recouvrir les pieds des chaises et des pianos). Besognes diverses (&#171; moudre du caf&#233; toute la journ&#233;e, promenades&#8230;), exercices, vin, camphre, quinquina, surveillance permanente&#8230; ou ligotage des chevilles et des poignets parach&#232;vent l'&#233;ducation des jeunes filles. Le si&#232;cle de Victoria a &#233;galement vu des aberrations comme l'excision et la caut&#233;risation du clitoris. &#171; &lt;i&gt;Il faut recourir &#224; cette op&#233;ration lorsque les autres m&#233;thodes curatives auront &#233;chou&#233;&lt;/i&gt; &#187; note le docteur Pouillet sp&#233;cialiste de l'onanisme f&#233;minin au XIXe si&#232;cle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eternel f&#233;minin vs &#233;ternelle femelle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est peu dire que ce m&#233;lange explosif de censure et de menaces finit par &#233;craser les filles d'Eve du poids de la honte et de la culpabilit&#233;. Car bien s&#251;r comme dans toute prohibition, les attouchements existent toujours, avec la rougeur au front et le silence comme confidents.
Les XIX et XXe si&#232;cles s'av&#232;rent particuli&#232;rement jusqu'au-boutistes. Et sur certains points, leur victoire est aussi franche qu'am&#232;re : accabl&#233;es de d&#233;nis et de reproches, les femmes rel&#232;guent (volontairement ou non) leur sexe au rayon des zones inexplor&#233;es et myst&#233;rieuses. Ignorant parfois tout &#224; fait &#224; quoi et comment &#171; cela &#187; peut bien servir, la notion de sensualit&#233; leur devient &#233;trang&#232;re. Et le plaisir solitaire d&#233;serte certaines chambres pr&#233;nuptiales. Pour celles qui se caressent et en tirent jouissance, il convient de rester discr&#232;tes. Le mari, les voisins, les m&#233;decins doivent l'ignorer sous peine d'enfermement ou d'&#234;tre tenues pour d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;es. Les rapports criminels de l'&#233;poque &#233;voquent parfois les &#171; infamantes perversions &#187; des prisonni&#232;res.
Ainsi priv&#233;es de leur intimit&#233;, elles c&#232;dent publiquement &#224; la tentation du pr&#233;jug&#233;, rejetant &#224; leur tour la masturbation comme le vice des femmes faciles, celles que l'on n'&#233;pouse ni ne respecte&#8230; la femme continente et la femelle concupiscente, la maman d&#233;vou&#233;e et la putain rou&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La connaissance, premier pas vers la reconnaissance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but du XXe si&#232;cle, la psychanalyse r&#233;cup&#232;re la sexualit&#233; et la conceptualise. Les premiers psychanalystes font un premier pas vers la r&#233;habilitation en admettant la pratique de la masturbation. Freud affirme qu'il en est &#171; &lt;i&gt;venu &#224; penser que la masturbation est la seule grande habitude, le besoin primitif&lt;/i&gt; &#187;. Bien entendu, une pluie de bl&#226;mes se d&#233;verse sur lui. Mais &#224; cette &#233;poque, la question f&#233;minine constitue la part obscure, centrale mais mal comprise, de ses th&#233;ories ; et la masturbation ne sort pas franchement du Continent Noir. Le m&#233;decin viennois en effet ne la condamne pas mais d&#233;finit parall&#232;lement l'orgasme clitoridien comme immature et infantile, valorisant par l&#224; la jouissance vaginale. Probl&#232;me : 70% des femmes jouissent gr&#226;ce au clitoris. Une contradiction dont Freud ne trouve pas la r&#233;solution.
Partant de l'anath&#232;me radical, cette nouvelle doctrine fait de l'auto-&#233;rotisme un vrai th&#232;me de r&#233;flexion et en r&#233;forme l'approche. Les m&#233;decins revoient leurs copies trop &#171; victoriennes &#187; et font des d&#233;couvertes int&#233;ressantes : la masturbation ne cause pas de s&#233;quelles physiques ; elle peut &#234;tre un sympt&#244;me de n&#233;vroses et psychoses (&#233;rotomanie, nymphomanie, hyst&#233;rie&#8230;) mais n'en g&#233;n&#232;re aucune. L'&#233;nergie vitale ne p&#226;tit pas de ces petites agaceries joyeuses. La maladie et la mort ne sont plus de redoutables dommages collat&#233;raux. Avec le recul de la religion et l'apport du f&#233;minisme, la question du plaisir au f&#233;minin se pose diff&#233;remment. Le message se diffuse, prend le contrepied des censeurs de toutes ob&#233;diences : encore faut-il que les concern&#233;es l'entendent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Beaut&#233;s int&#233;rieures &#8211; Regards sur les femmes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Actuellement la masturbation joue la petite reine des m&#233;dias et la star du commerce rose tout en conservant un parfum de soufre. Ce curieux m&#233;lange trouve sa source dans les sentiments contradictoires qu'elle &#233;veille.
Ga&#235;l L. a &#233;crit et photographi&#233; des femmes qui t&#233;moignent sur le sujet. Son livre Voyages Int&#233;rieurs &#8211; Regards sur la masturbation f&#233;minine (&#201;ditions Ragage) est un ovni dans la litt&#233;rature consacr&#233;e &#224; ce th&#232;me. Avec un regard bienveillant et d&#233;nu&#233; de jugement, une approche visuelle intense et sans vulgarit&#233;, l'auteur a approch&#233; des femmes dans leur plus grande intimit&#233;. &#171; &lt;i&gt;Voyages Int&#233;rieurs n'a surtout pas pour but de classifier, de sortir des statistiques, des moyennes, ou quoi que ce soit de normatif, bien au contraire. C'est simplement une volont&#233; d'&#233;couter, d'observer, de recueillir des t&#233;moignages diff&#233;rents et uniques chacun &#224; leur fa&#231;on qui m'a pouss&#233; dans ce projet.&lt;/i&gt; &#187; Et de la somme des confidences, il ressort globalement que les participantes &#171; &lt;i&gt;consid&#232;rent plut&#244;t la masturbation comme une part enti&#232;re de leur vie. Pas uniquement comme le substitut de relations &#224; deux (ou plus), comme certains le pensent, mais un petit plaisir suppl&#233;mentaire, au r&#233;veil avant d'entrer dans la journ&#233;e, sous la douche, pour s'endormir, ou tout simplement un moment de retour &#224; soi. L'une d'elles (E. 42 ans) la compare &#224; son &#8220;institut de beaut&#233;&#8221; &#224; elle. Mais (&#8230;) cela soul&#232;ve certaines questions profondes sur l'id&#233;e de &#8220;se r&#233;concilier avec sa f&#233;minit&#233;&#8221;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une injuste et mauvaise r&#233;putation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Se masturber reste dans la conscience collective, assez path&#233;tique, terme un peu dur mais r&#233;el ! &#171; Frustr&#233;e &#187;, &#171; obs&#233;d&#233;e &#187; &#171; d&#233;laiss&#233;e &#187; : les adjectifs associ&#233;s &#224; la masturbation retiennent de parler librement de ce jardin secret. Les femmes d'ailleurs ne se confient gu&#232;re qu'&#224; leurs amies tr&#232;s proches&#8230; A. 39 ans explique : &#171; &lt;i&gt;Beaucoup sont pr&#234;tes &#224; nier qu'elles se caressent (&#8230;), et par cette r&#233;action, renvoient celles qui l'admettent et le disent au rang de d&#233;traqu&#233;es ou d'obs&#233;d&#233;es du sexe ou je ne sais quoi encore. Difficile ensuite de parler de la simplicit&#233; du geste quand d'autres y voient des d&#233;viances.&lt;/i&gt; &#187; Le tabou demeure, quoique la soci&#233;t&#233; accepte ou valorise enfin l'auto&#233;rotisme. Cependant les instances religieuses ne d&#233;sarment pas dans leurs impr&#233;cations. Beno&#238;t XVI l'inclut dans les interdits de l'&#201;glise dans l'encyclique Deus Caritas Est au m&#234;me rang que l'euthanasie et la p&#233;dophilie ! Les Musulmans aussi r&#233;prouvent la masturbation dont ils ignorent les cons&#233;quences positives : &#8220;&lt;i&gt;L., est issue d'une culture musulmane tr&#232;s traditionaliste raconte Ga&#235;l L. La masturbation lui a permis de se r&#233;approprier son corps qui lui semblait appartenir &#224; d'autres (sa famille, son mari...). C'est dire si cet acte peut &#234;tre charg&#233;, parfois, d'une symbolique lourde !&lt;/i&gt;&#8221;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un patrimoine culturel difficile &#224; partager&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Indiscr&#232;te, personnelle, inavou&#233;e, la masturbation entre souvent dans la vie par effraction : dans Voyages Int&#233;rieurs, A.-E, 35 ans raconte : &#171; &lt;i&gt;Cela remonte &#224; mes 10 ou 11 ans. Je m'&#233;tais rendue compte que pendant que je faisais mes devoirs, le soir, j'aimais toucher mon sexe &#224; travers ma culotte (&#8230;) je frottais doucement et c'&#233;tait agr&#233;able&lt;/i&gt; &#187;. Cet exemple illustre bien un des obstacles aux attouchements : l'absence d'h&#233;ritage, de transmission interg&#233;n&#233;rationnelle, fait &#233;tonnant pour un geste mill&#233;naire ! Les m&#232;res (et grand-m&#232;res) &#233;voquent assez librement les r&#232;gles et la maternit&#233;. La sexualit&#233; aussi, et les plus lib&#233;rales d'entre elles iront jusqu'&#224; quelques d&#233;tails un peu crus&#8230; Pas trop, c'est nocif de trop s'incruster dans la sexualit&#233; de ses rejetons et r&#233;ciproquement. Mais la masturbation a g&#233;n&#233;ralement droit un vague &#171; c'est naturel &#187; &#233;vasif ou un affol&#233; &#171; ne fais pas &#231;a, c'est sale &#187; &#224; moins qu'on ne se r&#233;fugie derri&#232;re un apprentissage didactique digne de Dolto : &#171; &lt;i&gt;ce n'est pas sale, pense aux fleurs&#8230;&lt;/i&gt; &#187;. Avant de passer vite &#224; l'apprentissage d'une autre recette familiale et l&#233;gendaire, le fameux poulet brais&#233; &#224; la rincette de fenouil sur lit de gibelottes. Transmettre un enseignement sous-entend d'en d&#233;tenir la connaissance. &#192; moins d'avoir une m&#232;re activiste du f&#233;minisme prosexe, les fillettes ne re&#231;oivent pas ce genre de le&#231;on.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeux de mains, jeux de demain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De l'enfance et ses frottements sur le doudou &#224; la maturit&#233;, la masturbation varie. L'&#226;ge, le v&#233;cu, les fantasmes et croyances des femmes les poussent vers diverses caresses. Selon le Rapport Hite, 82% d'entre elles avouent se masturber, 95 % parviennent &#224; l'orgasme et 73% par une simple manuelisation. D'autres se servent de coussins, jet de douche, ou de jouets &#233;rotiques. L'Antiquit&#233; cr&#233;a les godemichets pour les femmes esseul&#233;es et c'est le tr&#232;s puritain XIXe si&#232;cle qui inventa le vibromasseur (th&#233;rapeutique, &#224; l'&#233;poque). Si le XXe si&#232;cle les ont renvoy&#233;s dans les enfers de la d&#233;pravation, notre XXIe si&#232;cle en est plut&#244;t friand. Vibro personnalis&#233; et hautement technologique (adaptable sur iPod), gode en silicone rose ou m&#233;tal glacial, boules de geisha en plastique color&#233; et paillet&#233;, le catalogue s'enrichit au fur et mesure de l'imagination&#8230; L'imagination est un mot important puisque leur meilleur usage s'accompagne de fantasmes : &#171; &lt;i&gt;un homme aux intentions ambigu&#235;s, dominant et prince charmant qui me serre la gorge&#8230;&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;je m'imagine faire l'amour avec une demoiselle&#8230;&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;moi au milieu de plusieurs hommes&#8230;&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;des situations acrobatiques ou rocambolesques, ou encore interdites et pr&#233;cipit&#233;es&#8230;&lt;/i&gt; &#187; (1). Partant de l&#224;, il serait int&#233;ressant de confronter le d&#233;sint&#233;r&#234;t ce certaines femmes pour la masturbation &#224; l'imaginaire &#233;rotique et sensoriel de chacune ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;mergence de n&#233;o-moralisateurs ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le plaisir solitaire peut se r&#233;v&#233;ler encore plus excitant quand on le pratique &#224;&#8230; deux ! &#201;videmment, une certaine complicit&#233; adoucit la timidit&#233; qui prend &#224; s'exhiber ou regarder l'autre le faire. Il s'agit d'un jeu &#224; ne pas mettre dans toutes les mains, car les r&#233;actions peuvent surprendre. Certains hommes, par exemple, sont atteints dans leur orgueil. Confondant excitation et insatisfaction, ils y voient une sorte de mesure vexatoire contre leurs &#171; prouesses &#187;. Des femmes, elles, trouveraient pervers d'&#233;taler ainsi ce qui reste, pour elles, une r&#233;cr&#233;ation clandestine. D'un autre c&#244;t&#233;, des Arnolphe modernes commentent le sujet avec quelques jugements &#224; l'emporte-pi&#232;ce tels que &#171; &lt;i&gt;les meilleures amantes sont celles qui se masturbent car elles connaissent leurs corps&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Un certain discours ambiant tente de rassurer les femmes en leur expliquant que &#8220;se masturber permet ensuite de mieux se conna&#238;tre et de mieux guider son partenaire&#8221; ! Sans doute, mais c'est un peu r&#233;ducteur, comme si la masturbation ne serait que le brouillon d'une relation &#224; l'autre !&lt;/i&gt; &#187; explique Ga&#235;l L. Le risque des extr&#234;mes&#8230; De l'interdit au devoir, &#171; l'obligation sensuelle &#187; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Seule ou &#224; deux, ou trois, ou en r&#234;ve, ou ce que je veux&#8230; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La connaissance de son corps ne passe pas par un seul point d&#233;fini qui logerait entre les cuisses. S'il s'agit de d&#233;couvrir les discr&#232;tes moulures d'une femme, un miroir en r&#233;v&#233;lera les reliefs tandis que d'affectueuses caresses d'un(e) tiers peut parfaitement en exacerber la sensibilit&#233;. Plus d'amants qu'on ne le pense aiment inclure la masturbation dans leurs &#233;bats de couple, pour des d&#233;couvertes sensuelles et mutuelles d&#233;licieuses. C'est un don, un tendre commerce, un baiser, une zone de volupt&#233;, une certaine impudeur. Et parfois, si l'amant n'est pas &#171; vraiment l&#224; &#187; il n'est pas tr&#232;s loin, comme l'&#233;crit Ana&#239;s Nin dans V&#233;nus Erotica&#8230; &#171; &lt;i&gt;Puis Mathilde voulut savoir &#224; quoi elle ressemblait quand Martinez lui demandait de se retourner. Elle s'allongea sur le c&#244;t&#233; gauche et pr&#233;senta ses fesses au miroir. Elle pouvait ainsi voir son sexe par-derri&#232;re. Elle remua, comme elle le faisait pour Martinez. Elle vit sa propre main appara&#238;tre au-dessus de la petite colline que formaient ses fesses qu'elle commen&#231;a &#224; caresser. Son autre main glissait entre ses jambes et elle la voyait par derri&#232;re dans le miroir. De cette main, elle se caressait le sexe d'avant en arri&#232;re. Son majeur p&#233;n&#233;tra en elle et elle le fit aller et venir. Elle eut soudain envie d'&#234;tre prise des deux c&#244;t&#233;s &#224; la fois et fit glisser son autre majeur entre ses fesses. En remuant d'avant en arri&#232;re, elle sentait tour &#224; tour les deux doigts, comme cela lui arrivait parfois lorsque Martinez et un ami la caressaient en m&#234;me temps. L'approche de l'orgasme l'excita (&#8230;)&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;C'est que pour moi &#8211; que pour ma gueule (3)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En tout cas, la masturbation n'est d&#233;finitivement pas une pratique sale et vulgaire. Elle jette un trouble dans l'intimit&#233; f&#233;minine : qui sont celles qui se touchent ? Des &#233;go&#239;stes qui savent d&#233;clencher seules leur orgasmes, des ultra &#171; f&#233;ministo-sexistes &#187; qui revendiquent un plaisir sans hommes, des frustr&#233;es qui singent le co&#239;t ? Non. Le plaisir n'est pas tout simplement &#171; &#233;tranger &#187; aux femmes, il ne s'agit ni d'une r&#233;compense pour bonnes mani&#232;res ni d'une erreur de casting. Comme les hommes, les femmes ont ce jeu &#224; port&#233;e de main, sans autre cons&#233;quence que de jouir. Libre &#224; chacune d'elles de s'y abandonner, d'en profiter sereinement et sans contrainte. C'est aussi simple que de croquer un fruit pas si d&#233;fendu que &#231;a. Les femmes r&#233;pondent en quelque sorte &#224; des si&#232;cles d'interdit et &#171; &lt;i&gt;je m'aime donc je jouis&lt;/i&gt; &#187; pourrait &#234;tre leur credo. &#171; &lt;i&gt;C'est mon corps, il me pla&#238;t, je veux l'ouvrir, le p&#233;n&#233;trer et le combler&lt;/i&gt; &#187;. Besoin ou non d'un homme, simple pr&#233;paratif amoureux, qu'importe : c'est une d&#233;tente, un instant &#224; soi entre draps de soie. C'est, au fond, l'histoire mill&#233;naire qui relie les femmes entre elles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fannette Duclair&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(1) Les t&#233;moignages sont extraits du livre Voyages Int&#233;rieurs
&lt;a href=&quot;http://www.editions-ragage.com/collection-marges/voyages.htm&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.editions-ragage.com/coll...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_82 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;width:120px;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;https://www.secondsexe.com/magazine/IMG/jpg/couv_voyages_interieurs.jpg&quot; title='JPEG - 5.9 ko' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;&lt;img src='https://www.secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L96xH150/couv_voyages_interieurs-eb660-ec0f4.jpg' width='96' height='150' alt='JPEG - 5.9 ko' style='height:150px;width:96px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;div style=&quot;clear:both&quot;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(2) Site de Ga&#235;l avec t&#233;moignages et r&#233;cits de femmes
&lt;a href=&quot;http://www.voyages-interieurs.20mn.com/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.voyages-interieurs.20mn.com/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(3) Cet intertitre est tir&#233; de la chanson (&#224; &#233;couter) &#171; 5mn pour moi toute seule &#187; d'Elisa Tovati in &#171; Je ne m&#226;che pas mes mots &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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