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	<title>Le magazine SecondSexe - La culture du plaisir f&#233;minin</title>
	<link>http://secondse.cluster006.ovh.net/magazine/</link>
	<description>Second Sexe vous propose un magazine &#233;rotique, artistique et culturel d&#233;di&#233; au plaisir f&#233;minin sous toutes ses formes. Vous y trouverez les conseils sexo du Docteur O, les actualit&#233;s les plus br&#251;lantes, des papiers complets sur tous les sujets sexe, des nouvelles orgasmiques &#224; d&#233;guster ou &#224; &#233;crire soi-m&#234;me.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Restif de la Bretonne : L'anti-Justine (extrait)</title>
		<link>https://www.secondsexe.com/magazine/Restif-de-la-Bretonne-L-anti.html</link>
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		<dc:date>2009-10-22T08:05:54Z</dc:date>
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		<dc:creator>Sophie Bramly</dc:creator>



		<description>Cette lettre, qui avait &#233;t&#233; lue apr&#232;s le champagne, avait mis les jeunes gens en rut. On descendit au magasin pendant que les h&#244;tes serraient les d&#233;bris du souper. L&#224;, Traidamour, demi-gris&#233;, me dit en me d&#233;signant ses camarades : Comment ces pauvres bougres-l&#224; peuvent-ils avoir une id&#233;e de notre bonheur et de ce qu'est le conin de votre ma&#238;tresse s'ils n'en t&#226;tent pas ? Je n'entends nullement qu'ils y d&#233;chargent, mais seulement qu'ils y plongent rapidement leurs vits pour en palper le satin&#233;. D&#232;s qu'un (...)

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&lt;a href="https://www.secondsexe.com/magazine/-Les-grands-auteurs-.html" rel="directory"&gt;Les grands auteurs&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L150xH131/arton1004-2633d.jpg&quot; width='150' height='131' style='height:131px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette lettre, qui avait &#233;t&#233; lue apr&#232;s le champagne, avait mis les jeunes gens en rut. On descendit au magasin pendant que les h&#244;tes serraient les d&#233;bris du souper. L&#224;, Traidamour, demi-gris&#233;, me dit en me d&#233;signant ses camarades :&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comment ces pauvres bougres-l&#224; peuvent-ils avoir une id&#233;e de notre bonheur et de ce qu'est le conin de votre ma&#238;tresse s'ils n'en t&#226;tent pas ? Je n'entends nullement qu'ils y d&#233;chargent, mais seulement qu'ils y plongent rapidement leurs vits pour en palper le satin&#233;. D&#232;s qu'un des enconneurs sera retir&#233;, le mieux en &#233;tat de nous deux, vous ou moi, ach&#232;vera Madame et la fera d&#233;charger. &lt;br/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;https://www.secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; - &quot;Je le veux bien r&#233;pondis-je.&quot; &lt;br/&gt;
Cordaboyau bandant roide se pr&#233;senta. Nous renvers&#226;mes ma fille sur le foutoir, nous la trouss&#226;mes, et nous d&#233;clar&#226;mes que nous nous tenions pr&#234;ts &#224; le d&#233;sar&#231;onner d&#232;s qu'il aurait senti le velout&#233; de l'&#233;troit conin de notre foutrerie et que le clignotement de ses yeux annoncerait l'&#233;ruption du foutre.
En ce cas, s'&#233;cria le bougre, que l'une de ces trois garces se couche l&#224;, le con pommad&#233;, pour qu'on vit convulsivant s'y pr&#233;cipite et d&#233;charge.
On pommada Rosemauve. Cordaboyau enconna lentement Conquette, dont le satin&#233; le fit se r&#233;crier&#8230; mais il y plongea jusqu'au fond. On l'observait. Il clignota de l'&#339;il. Aussit&#244;t Brisemotte et Traitdamour l'enleverent comme une plume en jurant : &lt;br/&gt;
Le sacr&#233; bougre ! Il va partir&#8230; &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et ils le mirent sur la brune Rosemauve, bien &#233;cart&#233;e, et Conette dirigea le vit. Cette fille ,la plus chaude des garces si Mme Vitn&#232;gre ne l'eut pas surpass&#233;e, engloutit le vit en trois coups de cul sans intervalle. Cordaboyau d&#233;chargea en hurlant de volupt&#233;, Rosemauve l'&#233;treignant avec une d&#233;licieuse fureur. &lt;br/&gt;
Cependant, ce je que voyais m'avait roidi, et j'enfon&#231;ait dans le con humide de ma d&#233;esse qui, suffisamment lim&#233;e, d&#233;chargea deux foix avant que je l'humectasse de mon foutre paternel. Elle gigotait, criotait, soupirotait.
H&#226; ! s'&#233;cria Traitdamour, vous &#234;tes le dieu de son con, cher Ma&#238;tre ! il se fond en jus d'amour quand vous le perforez ! Voyez comme elle en donne, l'adorable enfant !&#8230; Allons, c&#233;leste tr&#233;mousse, tr&#233;mousse ! Fous, divine garce ! d&#233;charge&#8230; &lt;br/&gt;
Ce fut ensuite le tour de Brisemotte. Conette, pommad&#233;e, fut &#233;tendue sur le foutoir. Il enconna ma fille. La grosseur du vit et sa roideur lui arrachait de sourds g&#233;missements. Elle travaillait de toutes ses forces, mais le terrible engin avait encore plus de trois pouces pour toucher le fond. Tout &#224; coup, nous nous apercevons que le perfide Brisemotte veut inonder d'un torrent de sperme le conin qu'il martyrise. Nous ne pouvions l'enlever et l'arracher, son vit lapait comme celui d'un gros dogue dans la vulve enflamm&#233;e d'une grande levrette. En ce p&#233;ril, nous implor&#226;mes, Traitdamour et moi, la pudeur de Conquette. L'adorable fouteuse, fid&#232;le &#224; nos vits, donna un coup de cul derri&#232;re et se d&#233;conna. Traitdamour plongea rapidement son braquemart en furie dans le con b&#233;ant. &lt;br/&gt;
Brisemotte, enrag&#233;, se jeta sur Rosemauve, qui ne s'y attendait pas, et la foutit en levrette avec tant de brutalit&#233; qu'il la fit crier autant de douleur que de plaisir. Et, voyant Conette se lever : &lt;br/&gt;
Reste l&#224;, garce ! lui cria t'il, je suis dans une rage, par ce con velout&#233; que fout Traitdamour, que j'enconnerai la rue Maubu&#233; et celle de la Tannerie&#8230;
En effet, Rosemauve d&#233;conn&#233;e il fondit sur Conette, la fit crier, enfila Minone dans l'intervalle, et reprit Rosemauve&#8230; &lt;br/&gt;
Que n'ai-je notre putain d'h&#244;tesse ! La garce boite avec gr&#226;ce, elle a de blancs t&#233;tons. Qu'on me l'appelle ! &lt;br/&gt;
Nous lui pr&#233;parions Rosemauve, qu'il encula. &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pendant ce temps-l&#224; Traitdamour se d&#233;lectait sur Mme Vitn&#232;gre, qui se plaignotait tendrement et d&#233;chargeait sans cesse parce que son enconneur ne la d&#233;connait pas. &lt;br/&gt;
Que la bougresse qui est libre, nous dit-il, chatouille le haut les petons de ma d&#233;esse, &#231;a la fera me secouer. &lt;br/&gt;
Allons ! m'&#233;criais-je, que Minone lui chatouille le haut de la motte, la douce main de conette les couilles du cruel pourfendeur, et moi je chatouillerai les pieds d&#233;licats de la belle enconn&#233;e ! &lt;br/&gt;
Ce qui s'&#233;x&#233;cuta : de violents soubresauts, des cris, des blasph&#232;mes de volupt&#233;. Foutu Dieu&#8230; Sacr&#233; Dieu&#8230; Dieu con&#8230;Dieu vit&#8230;marquaient l'&#233;garement des deux conoeuvrants. &lt;br/&gt;
Cependant Cordaboyau flairait la chaussure mignonne de Conquette-ing&#233;nue et allait y mettre son vit. &lt;br/&gt;
Laisse donc, lui dit Rosemauve tout encul&#233;e qu'elle &#233;tait, cela est insensible. Mon con est libre, que ne le fous-tu ? Le bougre lui mit le ventre en l'air et, tandis que Brisemotte la soussaccadait en cul, Cordaboyau lui saccada le con. &lt;br/&gt;
Je bandais si fort en entendant et voyant tout cela que j'allais enconner Minonne ou Conette. Ma fille, qui d&#233;chargeait, me dit tendrement : &lt;br/&gt;
Un autre con&#8230; que le mien&#8230; peut-il vous tenter ? &lt;br/&gt;
Cette tendresse filiale me toucha au c&#339;ur. &lt;br/&gt;
&#212;te-toi, dis-je &#224; Traitdamour, tu dois avoir d&#233;charg&#233; ? &lt;br/&gt;
Il d&#233;conna. Et moi, &#233;mu d'un amour paternel sans bornes, j'enconnai ma fille sans laver. &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M&#234;lons nos trois foutres, lui disais-je en enfon&#231;ant, que ton con filial engouffre le vit paternel avec d&#233;lices ! Remue du cul, adorable enfant ! Rends-moi tout le foutre que j'ai d&#233;charg&#233; dans le con de ta m&#232;re.. pour te faire ! H&#226; ! Comme la garce remuait du cul, oscillait du con, le jour o&#249; je l'engrossai de toi ! Elle &#233;tait chauss&#233;e, par&#233;e, chiffonn&#233;e, et si chaude qu'elle se mit sur moi et s'enconna. Pour m'exciter d'avantage elle me disait en saccadant : &#171; pousse, enfonce, mon con est fray&#233;.. Je viens d'&#234;tre foutue par ce beau commis aux aides, dont tu es si jaloux &#187; Et elle saccadait&#8230; Pour moi, je foutis avec fureur comme je te fous &#224; pr&#233;sent&#8230; C'est moi qui t'ai engendr&#233;, enfoutr&#233;e dans son con satin&#233;, quoique tu ressembles &#224; Louis XV qui, dit-on, lui aussi l'a foutue&#8230; &lt;br/&gt;
Mon cher P&#232;re&#8230; &#244;, vit divin, r&#233;pondit Ing&#233;nue, oppress&#233;e de foutre et de tendresse, je sens&#8230; &#224; mon insatiable conin&#8230; que je suis votre fille&#8230; Je le sens au plaisir que me fait la c&#233;leste id&#233;e que mon p&#232;re me fout&#8230; D&#233;cha&#8230; argeons ensemble, cher Papa ! j'ai&#8230; plus de&#8230; foutre avec toi qu'avec tout autre ! H&#226; ! ! H&#226; ! fourgonne&#8230; fourgonne, vitpapa, le foutre&#8230; est long&#8230; &#224; venir&#8230; J'ai tant foutu ! Mais je n'en n'ai que plus de plaisir&#8230; ! H&#226; ! ! H&#226; ! foutre ! Dieu ! D&#233;lices ! Vitn&#232;gre ! &#244; monstre qui me d&#233;chirais sans me pouvoir enfiler, que n'es-tu sur moi&#8230; ton vit noir me pourfendant le con&#8230; Foutamort&#8230; enfondre-moi&#8230; Cher Papa&#8230; Dieu fouteur&#8230; je pars&#8230; je d&#233;cha&#8230;a&#8230;.arge &#224; l'intention&#8230; de &#8230; Foutamort ! &lt;br/&gt;
Et elle se p&#226;ma dans un &#233;garement, un d&#233;lire ineffables. &lt;br/&gt;
Cependant, elle avait crois&#233; ses jambes sur mes reins et elle me faisait une jolie brouette de ses cuisses et de son con. Je dis qu'on la rechauss&#226;t et qu'&#224; chaque coup de cul elle f&#238;t claquer l'un contre l'autre ses hauts talons comme faisait sa m&#232;re, pour me rappeler en foutant la beaut&#233; de son pied. Ce spectacle paru si d&#233;licieux &#224; mes trois dr&#244;les qu'ils enconn&#232;rent en furieux, Traitdamour Rosemauve, Cordaboyau Conette, et Brisemotte Minone, et qu'ils les firent crier commes des d&#233;pucel&#233;es. &lt;br/&gt;
D&#232;s que j'eus &#233;mis, je dis &#224; mon secr&#233;taire de d&#233;conner, de m'enlever et de me porter sur un fauteuil. Il m'ob&#233;it. Ma fille palpitait. Je la montrai se chatouillant elle-m&#234;me le con. Traitdamour rebanda comme un enrag&#233;, il se pr&#233;cipita sur elle. &lt;br/&gt;
Enculez-moi, Monsieur, lui dit-elle, s'il vous plait, il me semble que &#231;a me fera mieux&#8230; &lt;br/&gt;
D&#233;charger, s'&#233;cria le bougre. Vous avez le con trop fatigu&#233;. Et il lui per&#231;a le cul sans mouiller. &lt;br/&gt;
Je vais.. red&#233;charger, lui dit-elle en continuant de se branler elle m&#234;me.
Attendez !attendez ! lui cria le jeune et vigoureux perforeur, je vous branlerai en vous enculant. &lt;br/&gt;
Conquette, encul&#233;e et branl&#233;e, roucoulait de plaisir&#8230; &lt;br/&gt;
En ce moment Brisemotte, qui finissait Minone, se jeta sur Rosemauve abandonn&#233;e par Traitdamour pour ma fille. Elle se fit enculer et branler. Cordaboyau retourna Conette et lui en fit autant. Minone, libre, alla gamahucher ma fille que son fr&#232;re tenait encul&#233;e. Et moi, je branlai Minone. Les trois bougresses se r&#233;criaient que l'enculage branl&#233; &#233;tait divin.
Pour moi, j'&#233;tais dans mon fauteuil, un doigt dans le con de Minone que j'avais &#224; peine la force de branler, tombant de sommeil, et bandant encore pour toutes quatre : il me devenait indiff&#233;rent laquelle j'enconnasse. Je le dis. Brisemotte m'avan&#231;a Rosemauve toute encul&#233;e. J'allais enconner la vive brune. Minone se retourna, mit ses fesses d'alb&#226;tre sur ce con noir et me pr&#233;senta son con. &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Que je te voie ! s'&#233;cria Conquette en s'arrachant du cul le vit de Traitdamour. Si Cupidonet doit mourir en rut, c'est dans mon con !
Elle se mit sur Minone, m'&#233;treignit dans ses bras et m'engouffra.
H&#226; ! s'&#233;cria Brisemotte qui nous portait tous quatre, que n'ai-je le vit assez long pour les enculer toutes trois ! &lt;br/&gt;
Ainsi finit cette belle soir&#233;e. La partie fut remise au dimanche suivant. Conquette, apr&#232;s avoir fait amplement bidet, se coucha modestement. Je ne pouvais marcher. Mes trois gaillards ramen&#232;rent leurs belles et revinrent me prendre pour me porter chez moi o&#249; ils me mirent au lit. &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[gris]Extrait de &quot;L'anti-Justine&quot;, par Nicolas-Edme Restif de La Bretonne, publi&#233; en 1798.[/gris]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Ernest Feydeau - Souvenir d'une cocodette (extrait)</title>
		<link>https://www.secondsexe.com/magazine/Ernest-Feydeau-Souvenir-d-une.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.secondsexe.com/magazine/Ernest-Feydeau-Souvenir-d-une.html</guid>
		<dc:date>2009-09-16T15:55:39Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Bramly</dc:creator>



		<description>Comme je venais d'avoir seize ans, &#233;tant d&#233;j&#224; toute form&#233;e, ma m&#232;re, qui ne se d&#233;fiait pas assez de mes juv&#233;niles curiosit&#233;s, &#233;tait en possession d'un amant que je ne pouvais voir, m&#234;me en peinture, et qui, sans doute afin de ne pas donner de jalousie &#224; sa belle amie, affectait de montrer pour moi les sentiments les plus hostiles. M. Gobert, je dois l'avouer, quoiqu'il f&#251;t homme du monde et riche, en aucun temps de ma vie n'aurait &#233;t&#233; mon fait. Il affichait une rigidit&#233; de principes et une aust&#233;rit&#233; de (...)

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&lt;a href="https://www.secondsexe.com/magazine/-Les-grands-auteurs-.html" rel="directory"&gt;Les grands auteurs&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L114xH150/arton891-4481d.jpg&quot; width='114' height='150' style='height:150px;width:114px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comme je venais d'avoir seize ans, &#233;tant d&#233;j&#224; toute form&#233;e, ma m&#232;re, qui ne se d&#233;fiait pas assez de mes juv&#233;niles curiosit&#233;s, &#233;tait en possession d'un amant que je ne pouvais voir, m&#234;me en peinture, et qui, sans doute afin de ne pas donner de jalousie &#224; sa belle amie, affectait de montrer pour moi les sentiments les plus hostiles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;M. Gobert, je dois l'avouer, quoiqu'il f&#251;t homme du monde et riche, en aucun temps de ma vie n'aurait &#233;t&#233; mon fait. Il affichait une rigidit&#233; de principes et une aust&#233;rit&#233; de langage qui me semblaient absolument incompatibles avec la qualit&#233; d'amant d'une femme mari&#233;e. Ma m&#232;re le disait aimable ; pour moi, il m'&#233;tait impossible de reconna&#238;tre en lui autre chose qu'un p&#233;dant sot et pr&#233;tentieux. Il avait la manie de nous faire la le&#231;on, &#224; mes s&#339;urs et &#224; moi ; il nous pr&#234;chait l'&#233;conomie, comme si, &#224; nos &#226;ges, il nous e&#251;t &#233;t&#233; possible de faire des d&#233;penses ; il avait m&#234;me l'impudeur de m'engager &#224; me v&#234;tir avec simplicit&#233;, moi, pauvre et belle fille de seize ans, oblig&#233;e par la jalousie de sa m&#232;re &#224; porter des robes abricot, disant effront&#233;ment que les plus belles parures des femmes &#233;taient les qualit&#233;s du c&#339;ur et de l'&#226;me !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je travaillais habituellement &#224; pr&#233;parer mes le&#231;ons dans la salle &#224; manger. Deux portes qui se faisaient face donnaient entr&#233;e dans cette pi&#232;ce. L'une &#233;tait celle de l'antichambre, l'autre, celle de la chambre &#224; coucher de ma m&#232;re. M. Gobert, quand il venait la voir, ce qui lui arrivait presque chaque jour, entrait par la premi&#232;re de ces portes, me faisait en passant un salut c&#233;r&#233;monieux, s'&#233;loignait par la porte de la chambre &#224; coucher, et j'entendais presque aussit&#244;t le froufrou de la robe de soie de ma m&#232;re qui s'approchait &#224; pas de loup et donnait bien discr&#232;tement un tour de clef &#224; la serrure.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Or, un dimanche matin, M. Gobert &#233;tant entr&#233; comme d'habitude chez maman, le tour de clef, je ne sais pourquoi, ne fut pas donn&#233;, sans doute l'avait-on oubli&#233; ; et moi qui, depuis bien longtemps, me demandais vainement ce que ma m&#232;re et M. Gobert pouvaient faire, enferm&#233;s ensemble, je sentis, ce jour-l&#224;, ma curiosit&#233; d&#233;cupler. Sans bien me rendre compte de la port&#233;e de l'indiscr&#233;tion que je m&#233;ditais, sans m&#234;me pr&#233;voir &#224; quel point je pourrais &#234;tre embarrass&#233;e de la d&#233;couverte que je voulais faire, ressentant de terribles battements de c&#339;ur, comme si j'eusse &#233;t&#233; dans l'attente d'un grave &#233;v&#233;nement, je me levai sans bruit de la place que j'occupais &#224; ma table de travail et m'approchai tout doucement de la serrure. Me pencher, appuyant une main au montant de la porte, braquer mon &#339;il dans la direction voulue pour voir ce qui se passait dans la chambre &#224; coucher, fut l'affaire d'une seconde ; mais je fus mal r&#233;compens&#233;e de mon manque de discr&#233;tion. Je ne vis rien que des choses confuses. L'impossibilit&#233; d'y rien comprendre irritait cependant ma curiosit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut se rappeler que j'&#233;tais d&#233;j&#224; presque une femme, enti&#232;rement innocente cependant, ignorante, affam&#233;e de conna&#238;tre toutes les choses qu'on me cachait. Il est bon aussi de savoir que dans mes imaginations les plus os&#233;es de jeune fille, j'&#233;tais &#224; mille lieues de soup&#231;onner la r&#233;alit&#233; de ce que mon p&#232;re, dans son langage pittoresque, appelait la &#8220; gymnastique de l'amour &#8221;. Mon p&#232;re, qui n'aimait point &#224; se g&#234;ner, comme on le sait, disait parfois &#224; table, devant moi, des choses qui me faisaient croire que, entre un homme et une femme enferm&#233;s ensemble, il devait y avoir un &#233;change de caresses passionn&#233;es ; mais je ne songeais m&#234;me point &#224; approfondir ce qu'ils pouvaient faire de sp&#233;cial. Cependant, ce jour-l&#224;, je me sentais si bien aiguillonn&#233;e par la curiosit&#233;, qu'une tentation folle me saisit, et, sans m&#234;me r&#233;fl&#233;chir aux cons&#233;quences que pouvait avoir mon action, je tournai brusquement le bouton de la porte et j'entrai dans la chambre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce que je vis me cloua au seuil. C'est &#224; peine si j'eus la pr&#233;sence d'esprit de refermer la porte derri&#232;re moi. La chose &#233;tait &#233;trange, accablante pour une jeune fille chastement &#233;lev&#233;e comme je l'avais &#233;t&#233;. Il me fut, tout d'abord, impossible d'y rien comprendre.
Tout au fond de la pi&#232;ce, les jambes allong&#233;es, le vertueux M. Gobert &#233;tait assis sur une chaise pos&#233;e contre la muraille. Et ma m&#232;re, qui portait pour la circonstance de d&#233;licieux bas de soie rose et une ravissante robe de chambre en taffetas bleu glac&#233; d'argent, ma m&#232;re, ma sainte m&#232;re... comment dire cela, mon Dieu ! sans mourir de honte &#8212; ou de rire ?...
A genoux donc, s'il faut tout dire, entre les jambes du grave M. Gobert, ma m&#232;re inclinait sa jolie t&#234;te blonde dans une sorte de prosternation dont l'apparente humilit&#233; me laissa interdite. Je crus en effet que ma m&#232;re confessait quelque faute &#224; son amant, et la faute devait &#234;tre lourde &#224; en juger par les soupirs qu'elle arrachait tout ensemble au confesseur et &#224; la p&#233;nitente, et par la fa&#231;on convulsive dont ma m&#232;re se frappait le front contre le ventre rondelet de M. Gobert. Mais l'id&#233;e aussit&#244;t me parut trop absurde : ma m&#232;re n'&#233;tait pas femme &#224; t&#233;moigner d'une telle contrition !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le couple n'avait pas remarqu&#233; ma pr&#233;sence. J'&#233;tais &#224; demi dissimul&#233;e par un paravent de soie peinte et le tapis &#233;pais avait &#233;touff&#233; mes pas. Soudain, ma m&#232;re releva la t&#234;te et murmura, d'une voix que je ne lui avais jamais entendue :
&#8212; Ah ! m'ami ! qu'elle est bonne ! bonne ! Tout, je veux tout ! Donne...
L'autre r&#233;pondit par quelques syllabes rauques et confuses que je ne tentai m&#234;me pas de comprendre tant j'&#233;tais hypnotis&#233;e par ce que je venais de d&#233;couvrir. L'objet du culte singulier qui se c&#233;l&#233;brait devant moi surgissait pour la premi&#232;re fois &#224; mes yeux ! Aujourd'hui encore, quand j'y songe, le rouge me monte au front et une grande chaleur m'envahit. M. Gobert &#233;tait un sot, un fat, un tartufe, oui. Mais, Dieu, quel homme ! Sa rigidit&#233; de principes n'&#233;tait rien aupr&#232;s de celle-ci ! Et cette rigidit&#233; semblait cro&#238;tre encore, tandis que ma m&#232;re multipliait autour d'elle les fr&#244;lements, les agaceries, les jeux de mains et de paumes. A chaque geste, M. Gobert r&#233;pondait par un grondement caverneux, comme s'il &#233;tait au comble de la col&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Brusquement, d'un mouvement furieux, il saisit la t&#234;te de ma m&#232;re entre ses mains crisp&#233;es et parut vouloir lui faire subir un supplice d'un genre inconnu &#8212; de moi du moins. Docile, ma m&#232;re reprit ses prosternations rythmiques. Et c'est alors seulement que je compris qu'il lui aurait &#233;t&#233; bien impossible de confesser quoi que ce f&#251;t : le p&#233;ch&#233; le plus v&#233;niel lui serait rentr&#233; dans la gorge.
Je frissonnais de fi&#232;vre et de peur, mes genoux pliaient sous moi. Il me semblait qu'au plus secret de moi-m&#234;me un feu nouveau et terrible venait de na&#238;tre. J'y portai une main &#233;gar&#233;e. Il br&#251;la de plus belle. Dans mon d&#233;lire, je me sentais pr&#234;te &#224; courir vers ma m&#232;re, &#224; rendre les m&#234;mes d&#233;votions qu'elle... Dieu sait ce qui vraiment aurait pu se produire si M. Gobert n'avait tout &#224; coup &#233;t&#233; saisi d'intol&#233;rables douleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le pauvre homme s'agitait sur sa chaise comme un &#233;pileptique. Dans son visage rouge ponceau, ses yeux, compl&#232;tement r&#233;vuls&#233;s, faisaient deux effrayantes taches blanches. Il &#233;mettait un r&#226;le r&#233;gulier d'o&#249; &#233;mergeaient parfois des mots incompr&#233;hensibles. Ma m&#232;re semblait n'avoir rien remarqu&#233; et poursuivait implacablement son office. Elle en pr&#233;cipitait m&#234;me la cadence. Sa bouche, large ouverte, fondait &#224; chaque fois un peu plus profond&#233;ment sur sa proie, tandis que ses mains s'agitaient en tous sens et allaient se perdre fort loin dans les v&#234;tements en d&#233;sordre de son amant.
M. Gobert poussa un cri sourd ; son corps se tendit comme sous l'effet d'une secousse galvanique. Ma m&#232;re, soud&#233;e &#224; lui, roucoulait comme une colombe amoureuse. Je crus que j'allais d&#233;faillir, mes mains se tendirent vers le paravent... qui tomba.
Alors, ma m&#232;re, sans se laisser d&#233;sar&#231;onner par ma pr&#233;sence, tourna tranquillement la t&#234;te sur l'&#233;paule et me dit, du ton le plus naturel :
&#8212; Que faites-vous ici ? Retirez-vous.
Je sortis, &#233;cras&#233;e de sa sup&#233;riorit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Marie Nimier : La Nouvelle Pornographie (extrait 3)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julie Montaudon</dc:creator>



		<description>Deux ans de garantie, pensai-je, c'est renversant. On peut laver beaucoup de choses en deux ans, repasser beaucoup de corsages &#8212; comme si nous avions des tronches &#224; porter des corsages &#8212;, disons trois par semaine, ce qui nous fait (...) si j'ai bien compt&#233;, et autant de corps &#224; corps, autant de jupes retrouss&#233;es, de l&#232;vres embrass&#233;es et de porte-monnaie essor&#233;s par la soci&#233;t&#233; Jolic&#339;ur. Le directeur n'avait toujours pas raccroch&#233;, je commen&#231;ais &#224; avoir mal aux l&#232;vres ; demain j'aurais des ger&#231;ures et (...)

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&lt;a href="https://www.secondsexe.com/magazine/-Les-grands-auteurs-.html" rel="directory"&gt;Les grands auteurs&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L90xH150/arton587-9400e.jpg&quot; width='90' height='150' style='height:150px;width:90px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Deux ans de garantie, pensai-je, c'est renversant. On peut laver beaucoup de choses en deux ans, repasser beaucoup de corsages &#8212; comme si nous avions des tronches &#224; porter des corsages &#8212;, disons trois par semaine, ce qui nous fait (...) si j'ai bien compt&#233;, et autant de corps &#224; corps, autant de jupes retrouss&#233;es, de l&#232;vres embrass&#233;es et de porte-monnaie essor&#233;s par la soci&#233;t&#233; Jolic&#339;ur. Le directeur n'avait toujours pas raccroch&#233;, je commen&#231;ais &#224; avoir mal aux l&#232;vres ; demain j'aurais des ger&#231;ures et surtout des courbatures dans les joues. Comme le directeur &#233;voquait maintenant ses prochaines vacances en famille, je d&#233;cidai d'aller prendre un bain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aussit&#244;t que ma bouche eut quitt&#233; son sexe, le directeur exp&#233;dia sa femme et se rua &#224; ma poursuite, renversant au passage la pile des magazines d'Aline. Je n'eus pas le temps de r&#233;gler la temp&#233;rature de l'eau, ni de fermer la porte &#224; clef. Il avait l'air furieux que je l'aie (...), serrait mes poignets, me tirait vers le sol, je perdis l'&#233;quilibre et me retrouvai allong&#233;e sur le tapis &#224; bouclettes made in Ta&#239;wan, la t&#234;te contre la baignoire, avec l'eau chaude qui coulait &#224; flots, les bras en croix, le directeur sur moi (...), disait-il, me laisser tomber comme une vieille chaussette, tu t'en mordras les doigts. Je vais te la fourrer jusqu'&#224; ce que tu demandes pardon, je vais te foutre, oui, t'inonder de foutre, je d&#233;testais cet homme, ce qu'il &#233;tait, ce qu'il repr&#233;sentait, et pourtant mon bassin se levait en cadence, je l'aspirais, je l'enconnais, et c'est lui qui croyait me baiser.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il m'&#233;tranglait &#224; pr&#233;sent, le bras en travers de la gorge, puis, affinant sa prise, le pouce et l'index de part et d'autre de la trach&#233;e, je sentais la peau qui faisait le lien entre son pouce et son index, cette peau ferme et tendre press&#233;e comme une lame contre mon cou, un fil &#224; couper le beurre, il s'excitait et je me r&#233;p&#233;tais du beurre, comme dans du beurre, o&#249; &#233;tait Aline, j'avais du mal &#224; d&#233;glutir et les images d&#233;filaient, je l'&#233;crasais entre mes seins comme la femme ob&#232;se du coin de la rue, la grosse femme au petit chien, je lui pressais son jus et il allait payer ; quatre cents balles la branlette et six le repas complet, il allait cracher le directeur, il en redemanderait, il reviendrait tous les jours mouiller sa liquette, suppliant, l'&#339;il hagard, et je louerais un appartement digne de ce nom, avec des provisions dans le placard et un bureau immense pour &#233;crire de belles histoires &#224; la main, de grandes histoires romantiques en buvant du champagne ou des infusions issues de l'agriculture biologique. J'entendis un bruit dans le couloir. Aline nous observait par miroir interpos&#233;, pr&#234;te &#224; intervenir. Sa pr&#233;sence me rassura, elle me donna la force de (...)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le directeur se mit &#224; crier entre ses dents, un cri qui ne faisait pas de bruit, tu vas me le payer, r&#233;p&#233;tait-il en me claquant du plat de la main, tu vas me le payer ; mon c&#339;ur battait, mon ventre battait, la baignoire allait d&#233;border, ma t&#234;te butait sur le carrelage et je me cramponnais &#224; lui comme &#224; une bou&#233;e, je lui devais mon salut, je lui volais ma jouissance, c'&#233;tait ma seule fa&#231;on de m'en sortir, ma seule fa&#231;on de ne pas &#234;tre sa victime. D'un coup de genou, il m'obligea &#224; me soulever, je sentis quelque chose qui voulait p&#233;n&#233;trer par-derri&#232;re, je reconnus l'odeur douce&#226;tre du savon, ce savon en forme d'ogive que l'on trouve dans les vestiaires, avec un trou pour l'accrocher, un boulon pour le retenir, je serrais mes muscles, je serrais les poings, le directeur insistait, tu vas l&#226;cher, disait-il, tu vas me le donner ton petit cul, et plus je serrais, plus je sentais mon sexe se nouer autour de son sexe jusqu'&#224; ne plus savoir &#224; qui &#233;tait lequel, j'avais envie de l'an&#233;antir, de m'an&#233;antir en lui, je sentais le plaisir monter, le plaisir et la douleur du plaisir dans un m&#234;me r&#226;le, le directeur s'effondra sur mon ventre, son corps tremblait, il jouissait comme aucune femme ne l'avait jamais fait jouir, il jouissait contre lui- m&#234;me, &#224; son insu, il pleurait maintenant et recommen&#231;ait &#224; me vouvoyer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais que disait-il, que trouvait-il &#224; dire encore apr&#232;s tous ces mots ? Un peu de silence, je soupirai, un peu de silence, et je me retrouvai dans la cuisine, mon ordinateur en &#233;tat de veille et mes notes &#233;parpill&#233;es sur la table. Quelqu'un me regardait. J'avais mal au dos et &#224; la nuque, surtout &#224; la nuque. Aline &#233;tait debout derri&#232;re moi, elle venait de se r&#233;veiller. &#171; Tu n'as toujours pas fini ta nouvelle ? demanda-t-elle en se frottant les yeux. &#187; &#171; Je ne sais pas. On verra. Je n'ai pas le courage de la relire, je vais la donner comme &#231;a &#224; l'&#233;diteur. &#187; Ses gestes &#233;taient lents, charg&#233;s de r&#234;ves. Une certaine mollesse dans la l&#232;vre inf&#233;rieure, une moue, une nonchalance laissaient &#224; penser qu'elle avait envie de faire l'amour. Elle dormait avec un vieux T-shirt de mon fr&#232;re. Je me sentais vide et sale. Lorsqu'elle se dressa sur la pointe des pieds pour prendre les tasses, je vis sa touffe noire se dessiner en transparence. Elle tenait le bas du T-shirt coinc&#233; entre les jambes, et c'&#233;tait douloureux, ce tissu pr&#234;t &#224; l&#226;cher &#8212; j'avais tellement besoin de tendresse. Bient&#244;t s'&#233;l&#232;verait l'odeur du caf&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[gris]Marie Nimier[/gris]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[gris]&#169; &#201;ditions GALLIMARD[/gris]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[gris]Tous les droits d'auteur de ce texte sont r&#233;serv&#233;s. Sauf autorisation, toute utilisation de celui-ci autre que la consultation individuelle et priv&#233;e est interdite.[/gris]
[gris]
&lt;a href=&quot;http://www.gallimard.fr/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.gallimard.fr&lt;/a&gt;
[/gris]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Marie Nimier : La Nouvelle Pornographie (extrait 2) </title>
		<link>https://www.secondsexe.com/magazine/La-Nouvelle-Pornographie-chapitre.html</link>
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		<dc:date>2009-06-04T15:18:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julie Montaudon</dc:creator>



		<description>La semence jaillit, dix doigts se pos&#232;rent sur mes hanches, je sursautai, tout s'encha&#238;nait plus vite que pr&#233;vu : c'&#233;tait &#224; mon tour de m'allonger sur la table, &#224; mon tour d'&#234;tre repass&#233;e. Ne t'inqui&#232;te pas, dit le directeur, c'est un technicien de chez nous, Fr&#233;d&#233;ric Picaud. Comment &#233;tait-il entr&#233; ? Le technicien glissa qu'on pouvait l'appeler Freddy tout court. Il devait poss&#233;der une clef sp&#233;ciale pour les interventions d'urgence, les fers rest&#233;s branch&#233;s apr&#232;s le d&#233;part de leur propri&#233;taire ou les cocottes (...)

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&lt;a href="https://www.secondsexe.com/magazine/-Les-grands-auteurs-.html" rel="directory"&gt;Les grands auteurs&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L90xH150/arton528-6624a.jpg&quot; width='90' height='150' style='height:150px;width:90px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La semence jaillit, dix doigts se pos&#232;rent sur mes hanches, je sursautai, tout s'encha&#238;nait plus vite que pr&#233;vu : c'&#233;tait &#224; mon tour de m'allonger sur la table, &#224; mon tour d'&#234;tre repass&#233;e. Ne t'inqui&#232;te pas, dit le directeur, c'est un technicien de chez nous, Fr&#233;d&#233;ric Picaud. Comment &#233;tait-il entr&#233; ? Le technicien glissa qu'on pouvait l'appeler Freddy tout court. Il devait poss&#233;der une clef sp&#233;ciale pour les interventions d'urgence, les fers rest&#233;s branch&#233;s apr&#232;s le d&#233;part de leur propri&#233;taire ou les cocottes mena&#231;ant d'exploser. Il tira de sa mallette un appareil destin&#233; au massage des &#233;paules et des cous fatigu&#233;s. L'objet me parut tr&#232;s long, mais peut-&#234;tre n'&#233;tait-ce qu'illusion car il rentra parfaitement &#224; l'int&#233;rieur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le directeur pla&#231;a un tabouret de part et d'autre de la table pour que je puisse y poser les pieds. Son associ&#233; accroupi se mit &#224; brosser mes cheveux qui tombaient en rideau autour de la planche. Il accompagnait ses gestes de mots tr&#232;s doux, et je me disais que si Aline avait assist&#233; &#224; la sc&#232;ne, elle aurait &#233;t&#233; &#233;pat&#233;e de voir comment un homme pouvait s'occuper de moi. Avec d&#233;licatesse, oui, malgr&#233; le truc qui vibrait entre mes cuisses, tu es belle, laisse-toi aller mon c&#339;ur, laisse-toi venir ; il devait &#234;tre sp&#233;cialis&#233; dans le contact avec la client&#232;le car il savait exactement quoi dire et o&#249; appuyer. C'&#233;tait sur mon front qu'il promenait maintenant la brosse, sur ma poitrine, et les dents en plastique dessinaient en passant des courbes de niveau. J'avais envie qu'il me prenne la bouche, qu'il m'aspire le bout des seins, ou qu'il enfonce sa langue entre mes jambes en donnant de grands coups de t&#234;te, mais la clef s'engagea dans la serrure de la porte d'entr&#233;e, comme un refrain. Caresse-moi, suppliai-je, j'aurais aim&#233; jouir avant l'arriv&#233;e d'Aline, mon amie, j'&#233;tais au bord de la, en lisi&#232;re de, et le directeur acc&#233;l&#233;ra son geste, je me mis &#224; crier, Aline dut me prendre pour une folle, pourquoi &#233;tais-je allong&#233;e sur la nouvelle planche, celle que nous venions d'acheter &#224; cr&#233;dit malgr&#233; nos difficult&#233;s financi&#232;res, la cassette anticalcaire par terre, baignant dans son jus d'eau du robinet, et moi les cuisses &#233;cart&#233;es, bien pleine d'un instrument branch&#233; &#224; la place du fer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'essayai de me composer une voix normale pour introduire nos invit&#233;s, je me levai sur un coude, tr&#232;s femme du monde, Aline, permets-moi de te pr&#233;senter le directeur de la soci&#233;t&#233; Jolic&#339;ur et son assistant, Freddy Picaud ; je me mis &#224; rire, &#224; glousser plut&#244;t, tu sais, la soci&#233;t&#233; qui nous a fourgu&#233; les tasses (les mugs corrigea le directeur en enfon&#231;ant &#224; fond le vibromasseur), je laissai &#233;chapper une plainte, je le sentais, s'il insistait un peu j'allais jouir une seconde fois. Aline se pr&#233;senta &#224; son tour, Aline Bertinazzi, je partage le studio avec Marie. Elle &#233;tait parfaite, faisait mine de ne rien remarquer, je vais nous pr&#233;parer du th&#233;, dit-elle, ne vous occupez pas de moi, mais le directeur n'&#233;tait pas de cet avis, il lui sugg&#233;ra de venir le rejoindre pendant que l'eau chauffait, Aline est brune, elle sent tr&#232;s fort, une bonne odeur de chatte qui adore qu'on lui rende les hommages, son air de la campagne, ses joues rondes et sa poitrine charitable, son (...) oui, c'est cela, les hommes aiment sa g&#233;n&#233;rosit&#233; mise en valeur par ses v&#234;tements qu'elle ach&#232;te au rayon Junior. Aline ne sait rien refuser. Freddy descendit sa braguette au signal du directeur, il avait son joujou en l'air, un sacr&#233; morceau, &#231;a fait du bien de temps &#224; autre de voir une bonne grosse queue, &#224; d&#233;faut d'avoir une grande belle vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il poussa mon amie jusqu'&#224; la table, la traditionnelle, sur laquelle nous mangions et roulions les p&#226;tes &#224; tartes, puis tira de sa poche son petit mat&#233;riel : un pr&#233;servatif assorti d'une cr&#232;me lubrifiante en stick jetable. Je ne connaissais pas ce mod&#232;le, cette pr&#233;sentation, l'assistant me promit de me noter la marque sur un papier. Un peu cher, commenta-t-il, mais onctueux, quasi inodore, d'une utilisation ultra-simple, et en effet le tube s'enfon&#231;a ultrasimplement entre les cuisses d'Aline. Elle avait une tr&#232;s jolie minette je l'ai d&#233;j&#224; dit n'est-ce pas, bien dodue, bien dessin&#233;e, avec des l&#232;vres en p&#233;tales qui ne demandaient qu'&#224; &#234;tre maquill&#233;es. Son bouton jaillit au passage de la cr&#232;me. &#199;a me rappelait l'Am&#233;rique, cette langue luisante qui pointait hors de sa gaine. Le directeur s'&#233;tait approch&#233; de son employ&#233;, &#233;moustill&#233; par le spectacle, il se serait bien vu &#224; la place du stick. Freddy rangea son mat&#233;riel avec soin. Le directeur se travaillait, le buste l&#233;g&#232;rement pench&#233; en avant comme pour secouer la derni&#232;re goutte, apr&#232;s pisser, mais &#231;a ne donnait pas grand-chose. Freddy introduisit son sexe dans le con d'Aline d'une fa&#231;on un peu d&#233;monstrative, certes, mais qui le lui reprocherait, il prenait une petite revanche sur son sup&#233;rieur hi&#233;rarchique. &#192; moins que ce ne f&#251;t un arrangement entre les deux hommes, une complicit&#233; &#224; la nipponne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toujours est-il qu'Aline, piqu&#233;e au jeu, avait chang&#233; de position pour pr&#233;senter le meilleur d'elle-m&#234;me. Elle se tenait &#224; croupetons maintenant, le dos creus&#233;, son cul majestueux &#224; la retrousse, comme chez le proctologue, d&#233;contractez-vous mademoiselle, d&#233;contractez, elle me regardait, tous les deux regardaient dans ma direction et le directeur solidaire se peignait la girafe en soufflant par le nez, lui seul me tournait le dos. Je dois avouer que &#231;a m'excitait de percevoir ce petit souffle et d'imaginer l'indolence obstin&#233;e de son onzi&#232;me doigt, il y avait son coude aussi qui bougeait tr&#232;s vite, mais les premi&#232;res notes de l'Hymne &#224; la joie vinrent mettre un terme &#224; mes observations : le t&#233;l&#233;phone du directeur sonnait. Sa femme s'inqui&#233;tait (&#171; Ma femme &#187;, chuchota-t-il en &#233;loignant l'appareil de sa bouche). Oh la vache, quelle ascension ! Il &#233;tait tout rigide soudain, jusqu'&#224; l'expression de son visage. Voil&#224; un homme heureux, pensai-je, qui bande d&#232;s qu'il entend la voix de son &#233;pouse. Puis je compris que ce qui l'excitait, ce n'&#233;tait pas de l'entendre, mais de lui parler, la biroute &#224; l'air, et mieux encore : de lui mentir devant t&#233;moins.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, le mensonge avait sur sa queue un effet d&#233;claratif, aussi d&#233;roulait-il une fable interminable, pr&#233;textant un rendez-vous difficile, un p&#233;pin technique qui avait entra&#238;n&#233; la br&#251;lure d'un enfant, non, pas le fer, la table, l'aspirante, et plus il s'enfon&#231;ait dans son r&#233;cit, plus il s'excitait. N'y tenant plus, il pivota vers moi pour me donner sa bite &#224; sucer, suce &#224; fond dit-il en mettant sa main devant l'appareil &#8212; &#224; ce stade de la conversation, &#233;loigner le combin&#233; se r&#233;v&#233;lait insuffisant. Freddy Picaud quant &#224; lui remontait sa braguette, c'&#233;tait du genre BBQ (big but quick), commenterait Aline lorsque nous serions de nouveau seules, Aline qui pour l'heure n'affichait aucun signe de d&#233;ception. Elle savait prendre le bon c&#244;t&#233; des choses, garder en m&#233;moire ce qu'il y avait &#224; garder, la beaut&#233; de cette verge, sa courbe magnifique, son allant. L'eau bouillait depuis un moment, non, Freddy n'aurait pas le temps de boire un th&#233;, avec ou sans mug autour, il avait encore du travail, mais il nous promit de saisir le premier pr&#233;texte qui se pr&#233;senterait pour nous rendre visite. Le mat&#233;riel &#233;tait garanti deux ans, un service apr&#232;s-vente exceptionnel, et patati et patata je vous laisse mon num&#233;ro personnel, au moindre p&#233;pin, vous n'h&#233;sitez pas &#224; me t&#233;l&#233;phoner.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[gris]Marie Nimier&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#169; &#201;ditions GALLIMARD&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tous les droits d'auteur de ce texte sont r&#233;serv&#233;s. Sauf autorisation, toute utilisation de celui-ci autre que la consultation individuelle et priv&#233;e est interdite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.gallimard.fr/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.gallimard.fr&lt;/a&gt;[/gris]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Marie Nimier : La Nouvelle Pornographie</title>
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		<dc:creator>Julie Montaudon</dc:creator>



		<description>Les murs de la cage d'escalier s'&#233;caillaient, r&#233;v&#233;lant une sous-couche jaune poussin. Aline avait ajout&#233; son nom pr&#232;s de la sonnette. Elle dormait dans l'alc&#244;ve qui me servait autrefois de bureau. Un rideau &#233;tait accroch&#233; autour de son lit pour le s&#233;parer du reste du studio, une pi&#232;ce d'&#233;toffe &#224; fronces ordinaires pompeusement baptis&#233;e baldaquin, la pompe en l'occurrence n'&#233;tant pas &#224; chercher dans ce qui se voyait, mais dans ce qui &#233;tait cach&#233;, je tire mon baldaquin, disait Aline, &#231;a voulait dire qu'elle (...)

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&lt;a href="https://www.secondsexe.com/magazine/-Les-grands-auteurs-.html" rel="directory"&gt;Les grands auteurs&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L90xH150/arton489-a005e.jpg&quot; width='90' height='150' style='height:150px;width:90px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les murs de la cage d'escalier s'&#233;caillaient, r&#233;v&#233;lant une sous-couche jaune poussin. Aline avait ajout&#233; son nom pr&#232;s de la sonnette. Elle dormait dans l'alc&#244;ve qui me servait autrefois de bureau. Un rideau &#233;tait accroch&#233; autour de son lit pour le s&#233;parer du reste du studio, une pi&#232;ce d'&#233;toffe &#224; fronces ordinaires pompeusement baptis&#233;e baldaquin, la pompe en l'occurrence n'&#233;tant pas &#224; chercher dans ce qui se voyait, mais dans ce qui &#233;tait cach&#233;, je tire mon baldaquin, disait Aline, &#231;a voulait dire qu'elle allait tirer un coup.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La bo&#238;te aux lettres s'ouvrait d'une pichenette. Une enveloppe tomba &#224; mes pieds, une enveloppe &#224; fen&#234;tre : le directeur g&#233;n&#233;ral de la soci&#233;t&#233; Joli-c&#339;ur m'&#233;crivait personnellement. Afin de me prouver son attachement, il m'offrait pour la bagatelle de cent vingt francs par mois une table &#224; repasser r&#233;volutionnaire, test&#233;e dans les moindres d&#233;tails par ses techniciens agr&#233;es. J'installai mes affaires de travail dans la cuisine, bien d&#233;cid&#233;e &#224; profiter de cette intrusion publicitaire pour nourrir mon inspiration. Associer repassage et r&#233;volution, quel bel exemple d'obsc&#233;nit&#233; ! Le directeur joindrait &#224; ma commande (conditionnel) quatre tasses &#171; mug &#187; en fa&#239;ence, d&#233;cor&#233;es de coquets motifs floraux, formant un ensemble romantique que j'aurai (futur) plaisir &#224; utiliser. Ce changement de temps, sans justification aucune, en disait long sur les strat&#233;gies mises en &#339;uvre pour s&#233;duire l'acheteur potentiel, me s&#233;duire moi, Marie Nimier, cliente privil&#233;gi&#233;e. Il ne laissait &#224; l'h&#233;sitation que l'espace d'un tron&#231;on de phrase, coinc&#233; entre deux virgules, deux fleurs de coquelicot s&#233;rigraphi&#233;es. Je d&#233;pliai le prospectus qui accompagnait la lettre. Toujours &#224; la pointe du progr&#232;s, la soci&#233;t&#233; en question proposait un concept nouveau, inversant les perspectives traditionnelles. Toutes les imaginations avaient &#233;t&#233; mobilis&#233;es. On avait r&#233;uni les professionnels, interrog&#233; les scientifiques, sond&#233; les m&#232;res de famille &#224; la sortie des centres commerciaux. Le r&#233;sultat &#233;tait sans appel : il ne suffisait plus de vanter les qualit&#233;s de glisse du fer, il fallait insister sur la capacit&#233; de r&#233;tention de la planche &#224; repasser. On d&#233;laissait l'outil, la chose qui agit dedans la main de l'homme, pour &#233;rotiser le support. On s'int&#233;ressait &#224; l'en dessous, &#224; ce qui ne paye pas de mine. Fini les tables objets, les tables inertes, les femmes rel&#233;gu&#233;es aux t&#226;ches m&#233;nag&#232;res. Fini les faux plis et les draps qui glissent par terre : mes corsages resteraient plaqu&#233;s sur le plateau, oui, madame Nimier, un seul mot : plaqu&#233;s. Ils en sortiraient plus souples, plus moelleux et par voie de cons&#233;quence plus agr&#233;ables &#224; porter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet, les temps avaient chang&#233;. La lib&#233;ration sexuelle avait port&#233; ses fruits et si, &#224; l'heure o&#249; le futur rempla&#231;ait le conditionnel, la femme se tapait toujours le repassage, il ne s'agissait plus d'une corv&#233;e mais d'une activit&#233; &#233;panouissante. &#192; c&#244;t&#233; du bon d'essai gratuit, une photo de moi en pleine action mettait en &#233;vidence ma future satisfaction et la fameuse p&#233;dale qui commandait le syst&#232;me d'aspiration, soulign&#233;e par la gr&#226;ce de mes chevilles. Je me regardais, ou plut&#244;t je regardai la blonde qui &#233;tait cens&#233;e me repr&#233;senter. Debout, en premi&#232;re position, le cheveu lisse, la jupe noire et la poitrine parfaitement mise en valeur par un chemisier ajust&#233;. Souriante, vaillante, ind&#233;maillable. Assise, moi encore, la m&#234;me expression sereine, le pied droit l&#233;g&#232;rement en dehors, les cuisses jointes, mais l'ouverture &#233;tait facile, lisait-on, la manette de r&#233;glage permettant de plier l'objet sans effort et de le ranger dans un minimum d'espace (derri&#232;re une porte, dans un placard, &#224; la place ordinairement d&#233;volue aux amants de passage). Tout semblait pr&#233;vu, aucun d&#233;tail n&#233;glig&#233;. Une prise &#233;tait install&#233;e &#224; l'arri&#232;re de la table pour alimenter ma centrale thermique, ou n'importe quel accessoire n&#233;cessaire &#224; l'entretien de mon int&#233;rieur. En guise de conclusion, et avant les salutations d'usage, le directeur g&#233;n&#233;ral tenait &#224; me signaler qu'il &#233;tait &#224; mon enti&#232;re disposition pour me prouver sa reconnaissance, et la solidit&#233; de son mat&#233;riel. Je l'imaginai s'allongeant sur le vaste plateau chauffant, &#224; titre de d&#233;monstration. Un de ses techniciens presserait sur la p&#233;dale, le bruit de la turbine, ce vrombissement d'insecte pris au pi&#232;ge s'&#233;l&#232;verait, me rappelant les sous-sols du lyc&#233;e et sa chaudi&#232;re qu'inlassablement je d&#233;crivais dans mes romans, lieux de toutes les d&#233;bauches, de tous les &#233;garements.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'avais les cheveux tr&#232;s longs &#224; l'&#233;poque, ch&#226;tain clair et fourchus, je m'asseyais dessus et passais la plupart de mes cours &#224; en d&#233;doubler les pointes. Nous &#233;tions trente-trois filles dans la classe, trente-trois filles pour un gar&#231;on. L'&#233;tablissement avan&#231;ait &#224; pas compte ?s sur le chemin de la mixit&#233;. Chaque &#233;l&#232;ve avait son petit geste parasite qui l'aidait &#224; supporter la station assise, se ronger les ongles, griffonner dans les marges, mordiller un crayon ou l'&#233;plucher, selon, il y en avait m&#234;me une qui se caressait sans fin, et apparemment sans jouissance. Son corps restait immobile, tendu vers l'estrade, comme s'il aspirait les mots du professeur. Voil&#224; qui me fascinait, cet espace en creux au centre de la classe, trou noir o&#249; s'engouffraient les forces vives de l'Education nationale. Parfois Solange, disons qu'elle s'appelait Solange, portait son index &#224; sa bouche. Elle constituait un r&#233;servoir de salive tout pr&#232;s de sa l&#232;vre inf&#233;rieure, ainsi n'&#233;tait-elle pas oblig&#233;e d'enfoncer le doigt. J'avais honte de la regarder, d'ailleurs je ne la regardais pas : je la voyais. Je m'asseyais en biais, appuy&#233;e contre le mur, d&#233;doublant, oui, je d&#233;doublais. Les bribes de cheveux tombaient en spirale sur mes genoux. Les filles aussi se scindaient en deux groupes : celles qui avaient couch&#233;, et les autres. Les s&#233;jours linguistiques chamboulaient r&#233;guli&#232;rement les donn&#233;es. Le gar&#231;on de la classe, originaire de Soisiel, &#233;tait arriv&#233; puceau. Nos professeurs (toutes des femmes qui le traitaient avec beaucoup d'indulgence, c'est-&#224;-dire comme un &#234;tre inf&#233;rieur) nous avaient recommand&#233; de nous montrer ouvertes et amicales &#224; son endroit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avions sans rechigner appliqu&#233; la consigne. Ouvertes nous f&#251;mes, et amicales, surtout &#224; son endroit. Nous l'entrainions dans les sous-sols du lyc&#233;e, accessibles par la derni&#232;re porte des toilettes, porte sans clenche, mais qu'un bon tournevis suffisait &#224; forcer. Notre camarade se laissait gentiment peloter. Il se raclait souvent la gorge, un peu effray&#233; sans doute par la violence de ses sensations. Il me faisait penser au directeur de la soci&#233;t&#233; Jolic&#339;ur, tr&#232;s poli, tr&#232;s serviable, allong&#233; sur la planche &#224; repasser et son molleton double &#233;paisseur en fibres sp&#233;ciales traversantes, le directeur qui avait tout pr&#233;vu : il &#233;tait propre, ras&#233; de pr&#232;s, son sexe se dressa, je le pris dans ma main comme jamais aucun manuel ne me l'avait enseign&#233;, je le branlais et j'aimais le branler &#8212; c'&#233;tait tr&#232;s important pour lui, ce plaisir qu'il sentait monter en moi, mon &#233;motion, cette jouissance qu'il percevait lorsque son gland touchait la partie souple de ma paume. Le ventre moite du directeur, la semelle luisante de la centrale thermique et tandis que mes souvenirs allaient et venaient sur la peau lisse de l'adolescent, la jeune peau marbr&#233;e de ce camarade inoubliable, dont j'oublierais pourtant le nom, le visage m&#234;me, tant mon attention se portait ailleurs, tandis, donc, nous narguant, qu'une vapeur impeccable sortait des trous biseaut&#233;s du fer, de petits jets bien pr&#233;cis, bien drus, il me dit de serrer un peu plus. C'est le directeur qui parle &#224; pr&#233;sent, &#171; serre un peu &#187;, r&#233;p&#232;te-t-il, et il a raison, je suis ailleurs, je pense &#224; autre chose, au regard creux de Solange &#8212; j'ai entendu sa voix, la voix du directeur en personne, il ne se contente plus de m'envoyer du courrier, il me parle, &#224; moi, la sous-merde qui un jour lui a command&#233; un lot de torchons &#224; trente francs, et peut-&#234;tre encore une paire d'oreillers anti-acariens, la cliente fid&#232;le qu'il croit embobiner &#224; coups de mugs romantiques &#8212; il en redemande, s'abaissant &#224; me tutoyer, n'arr&#234;te pas dit-il maintenant, je t'en supplie, encore, ach&#232;te encore.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ses mains puissantes m'attirent vers lui, elles cherchent le chemin du creux, le chemin de la vie, un doigt dedans, les autres pressant mes fesses, les empoignant, surpris sans doute, ayant fronc&#233; ma jupe sur mes hanches, de ne trouver qu'une si mince barri&#232;re, une dentelle de rien du tout dont il devine la couleur : noire, forc&#233;ment noire &#8212; la femme blonde porte toujours sa panoplie lorsqu'elle repasse, on ne sait jamais qui peut (...), un jour c'est un pompier qui fait du porte-&#224;-porte pour vendre des calendriers, elle saisit imm&#233;diatement le but de sa visite : on est au mois d'avril, un peu tard pour les &#233;trennes, &#224; point nomm&#233; pour les &#233;treintes, elle l'invite &#224; se d&#233;barrasser, comme il est sugg&#233;r&#233; dans les bonnes maisons. Il pose ses petites affaires sur le sofa, le camion l'attend en bas avec les autres pompiers, il a une bourse plus grosse que l'autre et c'est tr&#232;s excitant de la voir remonter, ou de l'imaginer remontant, &#224; mesure que le directeur me caresse &#8212; je ne sais si je peux avouer qu'il m'encule, ou qu'il m'encolle comme le sugg&#232;re le correcteur orthographique de mon ordinateur vieillissant, mais c'est bien ce qu'il tente apr&#232;s m'avoir mouill&#233;e (ainsi collais-je mes premiers tracts politiques sur les murs de l'&#233;cole, &#224; la salive, mon fr&#232;re &#233;crivait : &#171; Pompidou, des sous &#187;, et nous l&#233;chions derri&#232;re) ; le sexe du pompier &#233;tait bien ourl&#233; et bien dur, mais pas trop gros et &#231;a rentrait sans douleur &#224; fond, jusqu'&#224; la garde. Il connaissait ses classiques, clito et compagnie, pour le point G viser le nombril. Je jouis avant lui, d'une jouissance s&#232;che, purement physique, sans d&#233;ploiement. Quand la sir&#232;ne retentit, pour l'appeler sans doute, le pompier partit &#224; son tour. Je lui donnai un mouchoir en papier et me retrouvai seule avec mon repassage, allong&#233;e sur la moquette, une vraie pattemouille. Le directeur g&#233;n&#233;ral de la soci&#233;t&#233; Jolic&#339;ur sentant que j'&#233;tais de nouveau ailleurs, dans mes pens&#233;es, malgr&#233; ma paume qui travaillait avec rigueur, eut la d&#233;licatesse de me pr&#233;venir : il allait venir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[gris]Marie Nimier[/gris]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[gris]&#169; &#201;ditions GALLIMARD&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tous les droits d'auteur de ce texte sont r&#233;serv&#233;s. Sauf autorisation, toute utilisation de celui-ci autre que la consultation individuelle et priv&#233;e est interdite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.gallimard.fr/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.gallimard.fr&lt;/a&gt;[/gris]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Lola Beccaria : Toute Nue</title>
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		<dc:date>2009-04-15T11:04:02Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julie Montaudon</dc:creator>



		<description>Enflamm&#233;e par la vision d'Hern&#225;n post&#233; au beau milieu de la terrasse avec la queue dress&#233;e et moi &#224; ses pieds, mon imagination explosa et je franchis une porte que je n'avais jamais ouverte auparavant. Jusqu'alors, mon exp&#233;rience sexuelle &#233;tait l'unique r&#233;sultat d'une addition de deux corps que je diff&#233;renciais clairement l'un de l'autre, tout en sachant que la passion &#233;rotique &#233;tait un moyen d'atteindre un certain niveau d'union charnelle, mat&#233;rialis&#233; par le plaisir de l'un superpos&#233; &#224; celui de l'autre. (...)

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&lt;a href="https://www.secondsexe.com/magazine/-Les-grands-auteurs-.html" rel="directory"&gt;Les grands auteurs&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L93xH150/arton346-9248d.jpg&quot; width='93' height='150' style='height:150px;width:93px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Enflamm&#233;e par la vision d'Hern&#225;n post&#233; au beau milieu de la terrasse avec la queue dress&#233;e et moi &#224; ses pieds, mon imagination explosa et je franchis une porte que je n'avais jamais ouverte auparavant. Jusqu'alors, mon exp&#233;rience sexuelle &#233;tait l'unique r&#233;sultat d'une addition de deux corps que je diff&#233;renciais clairement l'un de l'autre, tout en sachant que la passion &#233;rotique &#233;tait un moyen d'atteindre un certain niveau d'union charnelle, mat&#233;rialis&#233; par le plaisir de l'un superpos&#233; &#224; celui de l'autre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais, avec Hern&#225;n, le sexe &#233;tait une danse de couple. Une chor&#233;graphie qui unissait deux corps et leur conf&#233;rait une unit&#233; harmonieuse, compos&#233;e de quatre jambes et quatre bras, de deux torses et deux t&#234;tes. Cela ne faisait aucun doute, j'avais affaire &#224; un homme extraordinaire. Cette r&#233;v&#233;lation me fit frissonner lorsqu'il me releva pour me hisser &#224; sa hauteur. L&#224;, debout, devant lui, je sentis une terrible pression s'exercer dans ma vessie, et je ne pus m'emp&#234;cher de pisser. Hern&#225;n contemplait le jet tomber en cascade de mon entrejambe. Plus rien ne pouvait m'arr&#234;ter maintenant. Il pla&#231;a sa queue sous la chaude gicl&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Tu es une vilaine petite pute, me dit-il en souriant. Et je vais te punir pour avoir fait pipi sans mon autorisation. &#187; Impossible de m'arr&#234;ter, mon envie &#233;tait trop grande, et je continuais de me soulager, plus excit&#233;e encore par ses paroles. J'&#233;tais vilaine, oui, une vilaine petite pute qui ne faisait pas ce qu'il fallait. Une petite pute d&#233;sob&#233;issante, domin&#233;e par ses indomptables bas instincts. Il allait me corriger pour cela, et, moi, je continuais de pisser pour que la punition soit la plus lourde possible. Je d&#233;sirais &#234;tre battue pour ma mauvaise conduite. &#171; Qu'est-ce que tu vas faire ? lui demandai-je, mi-honteuse, mi-provocatrice. Me frapper ? &#8211; C'est ce que tu crains, ma vilaine petite pute ? m'interrogea-t-il, braquant son regard sur mes pupilles. Ou c'est ce que tu d&#233;sires ? &#8211; Je ne sais pas distinguer ma crainte de mon d&#233;sir, m'expliquai-je alors, en le narguant un peu, d&#233;concert&#233;e. &#8211; Parce que c'est la m&#234;me chose &#187;, conclut-il tandis qu'il s'asseyait sur le transat et m'attirait vers lui, la pisse d&#233;goulinant encore sur mes cuisses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il passa son bras sous mon aisselle et m'attrapa avec force pour m'installer &#224; plat ventre sur ses genoux o&#249; il me maintint fermement plaqu&#233;e, avec le cul offert au ciel de Madrid. Il commen&#231;a &#224; me donner des fess&#233;es qui claquaient dans le silence a&#233;rien de la terrasse. Au d&#233;part, j'&#233;tais folle de rage d'&#234;tre soumise &#224; ses coups, et je voulus me d&#233;gager, me lib&#233;rer de cette torture humiliante, mais il ne me l&#226;chait pas et me roucoulait des phrases obsc&#232;nes &#224; l'oreille : &#171; Tu as &#233;t&#233; vilaine, ma petite putain, tr&#232;s vilaine, et je te donne ce que tu m&#233;rites. &#199;a, c'est la punition qu'on inflige aux m&#233;chantes filles qui ont fait pipi alors que ce n'&#233;tait pas permis. Tu es une sale d&#233;vergond&#233;e qui ne sait pas se retenir. Une princesse ne peut pas se conduire comme une catin mal &#233;lev&#233;e. Elle doit contr&#244;ler sa chatte et avoir un peu de d&#233;cence. Tu es une pouliche en chaleur que je dois corriger pour s'&#234;tre piss&#233; dessus et avoir voulu jouir quand elle en avait envie. Je dois le faire, c'est pour ton bien, pour que tu apprennes les bonnes mani&#232;res, ma jolie petite garce. Je dois te dresser pour que tu saches te tenir en soci&#233;t&#233;. Pour que tu deviennes une pouliche distingu&#233;e qui ob&#233;it &#224; mes ordres. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sa voix &#233;tait douce mais prenait un l&#233;ger ton d&#233;chirant qui faisait vibrer mon c&#339;ur tandis qu'il frittait mon cul. Elle r&#233;sonnait dans sa gorge, d&#233;non&#231;ant l'existence d'un lieu secret et tourment&#233;. C'&#233;tait comme s'il se punissait lui-m&#234;me &#224; travers mon corps, en essayant de dompter la farouche spontan&#233;it&#233; de mes instincts. Son comportement &#224; mon &#233;gard me troubla au point de me sentir soudainement aim&#233;e. C'&#233;tait un p&#232;re inquiet pour sa fille &#233;gar&#233;e &#224; qui il manifestait son amour de la seule mani&#232;re qu'il avait apprise. En la rossant. Alors, la crainte d'&#234;tre battue et punie qui m'avait envahie au d&#233;part se transforma subitement en plaisir. Je voulais d&#233;sormais qu'Hern&#225;n me frappe toujours plus, et je recevais ses coups cinglant mes fesses consciente de cette n&#233;cessit&#233;. J'avais besoin d'&#234;tre flagell&#233;e, domestiqu&#233;e, model&#233;e. Je g&#233;missais de bien-&#234;tre sous la stimulation de ses mains sur mes chairs &#224; vif et &#224; chaque brimade mes membres se convulsaient de bonheur et palpitaient, h&#233;riss&#233;s d'&#233;nergie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; T'aimes &#231;a, hein ? Tu aimes que je te donne la fess&#233;e. Tes g&#233;missements te trahissent, belle salope. Je veux que tu cries et que tu te tordes de plaisir. C'est ce qu'exige ton ma&#238;tre. J'aime voir ton esprit &#224; cran, rebelle, se faire mater par mes mains qui fouettent ton cul de princesse catin. &#187; Tandis qu'il me flagellait la croupe, il pin&#231;ait tour &#224; tour mes t&#233;tons de son autre main, si bien qu'ils me br&#251;laient tout autant que mon post&#233;rieur. Mais cette douleur &#233;tait d&#233;licieusement violente, infini- ment p&#233;n&#233;trante de volupt&#233;, furieusement vive. Elle me coupait le souffle, me contractait les muscles et meurtrissait mes chairs, en m&#234;me temps que je me voyais ouvrir mes entrailles &#224; Hern&#225;n, me donnant &#224; lui comme jamais je ne m'&#233;tais donn&#233;e &#224; aucun autre homme auparavant, pas m&#234;me &#224; Dami&#225;n. Et je lui criais, d&#233;cha&#238;n&#233;e, de me frapper davantage, de me faire mal ; juste pour ressentir plus intens&#233;ment mon corps et mon &#226;me s'ouvrir, mes tripes et mon c&#339;ur transpirer par tous les pores de ma peau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Tue-moi, Hern&#225;n, tue-moi de douleur et de plaisir, finis-je par demander &#224; mon conquistador, troubl&#233;e par la violence de mes propres sentiments qui affleuraient irr&#233;m&#233;diablement et qui me rendaient si vuln&#233;rable, si faible et si soumise, mais &#233;galement si heureuse de pouvoir les ext&#233;rioriser une fois pour toutes. Pourtant, je ne voulais pas vivre avec, ni &#224; l'int&#233;rieur, ni &#224; l'ext&#233;rieur. Je savais qu'ils me feraient mal, m&#234;me domin&#233;s, m&#234;me libres. Je savais que je finirais par succomber &#224; cause d'eux. Je voulais donc mourir sur ses genoux, l&#224;, tout de suite, maintenant, an&#233;antie par un coup de fouet de passion. Je ne pouvais pas continuer &#224; vivre en pr&#233;sence de mes visc&#232;res &#224; nu, tout en &#233;tant consciente de ma propre v&#233;rit&#233;. Je ne voulais pas &#234;tre une pouliche en chaleur, une salope finie, une vilaine petite garce, et je ne souhaitais pas non plus &#234;tre une princesse distingu&#233;e ni une tigresse apprivois&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si j'avais eu le choix du r&#244;le, j'aurais choisi celui de princesse catin, celui qu'Hern&#225;n avait si bien nomm&#233;. Il semblait me conna&#238;tre mieux que je ne me connaissais moi-m&#234;me. Il m'avait d&#233;finie &#224; la perfection. Il avait su voir ce que je m'effor&#231;ais de cacher au monde entier. Que quelqu'un sache me cerner si justement m'avait &#233;mue et d&#233;chir&#233; le c&#339;ur de part en part. Parce que je pris subitement conscience qu'il n'y avait pas d'autre place pour moi que sur ces terrasses luxurieuses o&#249;, chevauchant des tapis volants bleu ciel et eau, je me livrais aux bras d'hommes hors du commun, rares et fugaces. C'est pour cela qu'il valait mieux mourir dans un instant d'extr&#234;me illusion, o&#249; la magie &#233;tait r&#233;elle et o&#249; mon corps n'&#233;tait qu'une canalisation rompue par laquelle s'&#233;coulait l'extase de la plus dure et la plus triste des r&#233;v&#233;lations. Hern&#225;n ne me tua pas comme je le lui demandais, mais d'une autre fa&#231;on, beaucoup plus cruelle et prodigieuse. Il stoppa ses coups, me releva de ses genoux, se dressa, m'allongea tendrement sur le transat, m'embrassa sur les l&#232;vres et commen&#231;a &#224; se d&#233;shabiller, se d&#233;pouillant de ses v&#234;tements sales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mes yeux se r&#233;gal&#232;rent alors d'une vision fulgurante. Son corps m&#251;r et bronz&#233; &#233;tait celui d'une statue d'athl&#232;te &#224; qui l'on aurait insuffl&#233; la vie. Un jeune athl&#232;te pass&#233; au doux fil des ans. Avec ce qu'il faut de flaccidit&#233; pour permettre de savourer le moelleux de la chair, avec ce qu'il faut de graisse pour &#233;viter la d&#233;sagr&#233;able sensation de rigidit&#233; du culturiste bodybuild&#233;. Avec un d&#233;but de ventre, douillet et accueillant. Un torse masculin, rond et cisel&#233;, deux touffes de poils clairsem&#233;s, une peau &#224; peine marqu&#233;e. Le corps d'Hern&#225;n avait l'air de flotter tandis que je l'observais en d&#233;tail. Sa bite tendue, robuste et tonique donnait &#224; l'ensemble la touche de perfection exacte de l'instant. C'&#233;tait un spectacle divin qui m'&#233;lectrisait compl&#232;tement. Je d&#233;sirais &#234;tre engloutie par cet animal aux &#233;paules profil&#233;es, aux hanches discr&#232;tes, aux courbes ergonomiques, &#224; l'aspect d&#233;licat, aux sveltes jambes de poulain espi&#232;gle, au cul blanc et d'une beaut&#233; mortelle. Lorsque ce corps m'enveloppa tendrement, le monde alentour se volatilisa. Je restai seule avec la mer. Recouverte d'un nouveau ciel, je volai dans les bras d'Hern&#225;n, berc&#233;e par ses caresses, doux frottements d'archet sur la corde du d&#233;sir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous perd&#238;mes finalement le contr&#244;le. Hern&#225;n d&#233;ploya une impitoyable technique de pelotage sauvage, &#224; base de pincement f&#233;roce de mes chairs, tandis que ses baisers mouill&#233;s assortis de morsures sur ma langue et mes l&#232;vres me faisaient perdre haleine, comme s'il avait devin&#233; quel type de traite- ment je voulais &#224; ce moment-l&#224;. La folie furieuse. Moi, je palpais son cul, je me vautrais dans son toucher, et je remontais le long de son dos, agrippais ses muscles et le serrais contre moi, l'embrassais dans le cou, bavais sur ses oreilles, caressais son torse et dessinais l'impeccable morphologie de sa silhouette avec mes mains, le retra&#231;ant tel qu'il &#233;tait. Parce que cette structure corporelle, avec son cort&#232;ge de d&#233;tails, donnait &#224; elle seule un sens &#224; l'art. Sans que j'aie eu le temps de m'en apercevoir, Hern&#225;n m'ouvrait d&#233;j&#224; les cuisses et tout le reste avec la pulpe de ses doigts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Et maintenant je vais te monter, ma pouliche, m'annon&#231;a-t-il sur un ton hargneusement amoureux. Je vais te saillir, je vais te poss&#233;der, je vais te faire jouir, petite princesse catin. &#187; Sit&#244;t dit, sit&#244;t fait. Hern&#225;n mit sa verge entre mes jambes avec une d&#233;licatesse paternelle, pas &#224; pas, centim&#232;tre apr&#232;s centim&#232;tre de bite dure, lubrifi&#233;e par les flots de liqueur que mon vagin suppurait d'excitation. Hern&#225;n s'enfon&#231;a jusqu'au bout de mon &#233;troit fourreau qui n'avait encore jamais &#233;t&#233; &#233;trenn&#233;. Il le fit doucement, ralentissant chaque centim&#232;tre de sa pouss&#233;e, entrant dans le c&#339;ur de l'obscurit&#233; simplement arm&#233; de l'ardente pulsion de son instinct de m&#226;le ivre de luxure, mais avec le raffinement exquis d'un amoureux du plaisir de la sensibilit&#233;. Dosant, modulant, se d&#233;lectant de la premi&#232;re &#233;tape de la p&#233;n&#233;tration.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et une fois dedans, bien embo&#238;t&#233; &#224; l'int&#233;rieur, Hern&#225;n me donna un coup sec et puissant, en reculant d'abord ses hanches pour les pousser ensuite contre mon ventre, histoire de s'assurer qu'il ne restait plus rien &#224; remplir, plus rien &#224; envahir, rien &#224; enfiler ni &#224; p&#233;n&#233;trer, et aussi pour me passer le message de la prise de possession int&#233;grale : je tiens la place, ma belle, pig&#233; ? C'&#233;tait le coup de gr&#226;ce pour m'avertir que sa d&#233;licatesse n'enlevait pas la moindre vigueur &#224; ses gestes, et pour m'affirmer sa virilit&#233;, son besoin de domination et la reddition sans condition qu'il attendait de moi. Le coup de gr&#226;ce qui, sans le savoir, d&#233;bouchait ma virginit&#233; pour abreuver les lions du cirque, et qui livrait mon vagin &#224; tous les hommes qui y entreraient &#224; l'avenir. Je n'ai pas souffert, je n'ai m&#234;me pas ressenti cette fameuse douleur aigu&#235; de la premi&#232;re fois. Hern&#225;n avait su la remplacer par un pincement &#224; peine perceptible, instantan&#233;ment balay&#233; par le plaisir de l'avoir en moi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Ton vagin est le trou parfait pour ma queue, me susurra-t-il &#224; l'oreille tandis qu'il sau&#231;ait mon int&#233;rieur, comme pour v&#233;rifier l'exactitude de ses propos. Apr&#232;s tout ce temps pass&#233; &#224; te chercher, je te trouve enfin. C'est s&#251;r, tu es l'&#233;lue, Martina. &#187; Il enclencha aussit&#244;t la deuxi&#232;me &#233;tape de la p&#233;n&#233;tration. La chevauch&#233;e du pur-sang sur la pouliche qui ne sait pas dire non. La femelle nue, &#233;cartel&#233;e, qui sent ce pied trouver sa chaussure, et qui veut qu'il en soit ainsi, parce qu'elle sait qu'il doit en &#234;tre ainsi, parce qu'elle le d&#233;sire malgr&#233; son irr&#233;ductible esprit de r&#233;bellion, parce que c'est d&#233;licieux et qu'elle s'y est refus&#233;e tant de fois qu'elle ne peut plus se refuser &#224; ce m&#226;le-l&#224; qui a gagn&#233; son troph&#233;e &#224; la force du poignet. C'est un soulage- ment jouissif de savoir que l'on a la possibilit&#233; de dire non jusqu'&#224; ce qu'on ne puisse finalement plus le faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et, ce jour-l&#224;, ce choix fut le mien. J'avais choisi Hern&#225;n sans lui dire oui, mais sans pouvoir dire non &#224; la force invincible de son attaque fi&#233;vreuse. C'&#233;tait comme si la vie avait d&#233;ferl&#233; sur le pas de ma porte en emportant le paillasson, l'encadrement de bois et la sonnette, et s'&#233;tait install&#233;e dans mon lit sans crier gare, sans m&#234;me me donner le temps de l'inviter &#224; prendre un caf&#233;. Il n'y a pas une minute &#224; consacrer &#224; la politesse ni aux courtoises tergiversations quand le d&#233;sir, la fr&#233;n&#233;sie, la pulsion irr&#233;sistible de la vie frappent &#224; votre porte. C'est certain. La vie n'a jamais lu un manuel de bonnes mani&#232;res. Et, bien qu'Hern&#225;n f&#251;t un homme charmant, poli et &#233;l&#233;gant, c'&#233;tait &#233;galement un cavalier fou qui chevauchait la tornade de la vie, tirant les r&#234;nes avec la joie du plus inconscient, du plus audacieux des joueurs qui sait qu'il va remporter son d&#251; non seulement parce qu'il l'a m&#233;rit&#233;, mais aussi parce qu'il a su le discerner entre les lignes de son destin. Car la vie, mesdames et messieurs, appartient &#224; celui qui la br&#251;le par les deux bouts et se jette courageusement dans son brasier, pour &#233;clairer, avec la flamme de son propre feu, le puits obscur du d&#233;sir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je m'offris donc &#224; lui comme il s'offrit &#224; moi. Je me suis laiss&#233; monter tant de fois qu'il le d&#233;sira, voire plus. Sans rel&#226;che. J'&#233;tais tellement excit&#233;e que je me mis &#224; jouir cinq minutes apr&#232;s le d&#233;collage. Il avait raison, le diable. Il m'allait &#224; merveille, si bien que son frottement sur mon clitoris augmentait lentement mon plaisir, et il savait se bouger, &#231;a, oui, comme il se bougeait bien, comme il savait manier le sabre, frappant ma vulve en chaleur de coups adroits et vibrants. Chaque fois que je jouissais, parce que mon plaisir montait sans cesse &#224; m'en faire &#233;clater la panse, il souriait et poussait toujours plus fort &#224; chacun de mes g&#233;missements, pour que mon orgasme explose sur sa queue plus sauvagement encore, avec toute sa charge de voluptueuse luxure accumul&#233;e. Au dernier soupir de mon orgasme, Hern&#225;n se retira pour &#233;viter de se vider &#224; l'int&#233;rieur. Mes cris l'avaient tellement excit&#233; qu'il avait failli se laisser emporter par le d&#233;lire. Lorsqu'il l'eut compl&#232;tement sortie, le sang qui la recouvrait lui sauta aux yeux. Il baissa alors son regard sur mon entrejambe et fut t&#233;moin de mon d&#233;pucelage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le flux incarnat d&#233;masquait un personnage que j'aurais voulu garder secret &#224; tout prix. Il me caressa la joue et regarda sa main rouge vif. Hern&#225;n semblait avoir besoin de toucher pour y croire. Il chercha ensuite mes yeux, effar&#233;, perplexe, comprenant enfin. &#171; Ben oui, j'ai mes r&#232;gles, lan&#231;ai-je frivolement. Tu es de ceux que &#231;a d&#233;range, peut-&#234;tre ? &#187; Sans un mot, il me r&#233;pondit en penchant la t&#234;te pour aller l&#233;cher mon sang comme un vampire ivre de bonheur. &#171; Ton sang, Martina, est mon venin, me dit-il, comme r&#233;citant son texte. L'hymen des dieux mat&#233;rialis&#233;. J'esp&#232;re seulement avoir &#233;t&#233; &#224; la hauteur de ton offrande. &#8211; Tu l'as &#233;t&#233;, et plus que tu ne l'imagines, Hern&#225;n. C'&#233;tait si bon que tu m'en as fait oublier ce f&#226;cheux d&#233;sagr&#233;ment f&#233;minin. Si bon que tu as r&#233;ussi &#224; me faire go&#251;ter ce que je d&#233;testais et repoussais au d&#233;part. Non par puritanisme, mais par r&#233;bellion. &#8211; Et alors ? &#8211; Viens, allez, viens par ici. &#187; Je m'emparai de sa bite et le masturbai tendrement pour compl&#233;ter l'&#233;rection qui &#233;tait en partie tomb&#233;e. &#171; Je fais &#231;a divinement bien, l'informai-je. Maintenant, mets-la ici, allez. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je pris mes seins et les serrai l'un contre l'autre, laissant entre eux un espace o&#249; Hern&#225;n engouffra son membre. Je sentis un moment la combativit&#233; de la b&#234;te. Le frottement de sa fine peau sur la mienne dessina de rouges sillons qui s'&#233;largissaient &#224; mesure qu'Hern&#225;n appuyait sur l'acc&#233;l&#233;rateur de sa passion, toujours plus vite, et, soudain, il s'arr&#234;ta net, comme un lion de mer &#233;chou&#233; sur une plage, ensanglant&#233; par le harpon du plaisir extr&#234;me. C'&#233;tait le signal du d&#233;but de l'&#233;jaculation. Lorsque son sperme commen&#231;a &#224; gicler, il reprit son fr&#233;n&#233;tique va-et-vient, perdu au sommet de la grande roue de l'orgasme, criant aux quatre vents le degr&#233; de sa jouissance. Le sperme d'Hern&#225;n m'aspergea les seins, m'&#233;claboussa le visage, me boucha les yeux et se glissa dans ma bouche. Puis il s'&#233;croula de tout son poids, mortellement bless&#233;. Il me prit dans ses bras. Un peu plus tard, il me p&#233;n&#233;tra &#224; nouveau. J'eus un autre orgasme et lui aussi. &#171; Mon besoin de toi est infini &#187;, me dit-il. Le nectar qui s'&#233;coula cet apr&#232;s-midi-l&#224; &#224; l'ouverture du flacon de mon d&#233;pucelage, rouge et &#233;pais, vint remplir les coupes de notre passion pour six mois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Extrait de &lt;i&gt;Toute Nue&lt;/i&gt; de Lola Beccaria, traduit de l'espagnol par Chrystelle Frutozo, (c) 2004, Lola Beccaria, (c) 2006, &#201;ditions Stock pour la traduction fran&#231;aise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.secondsexe.com/boutique/toute-nue.html&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;En vente sur SecondSexe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L&#233;opold Von Sacher-Masoch : Le Bain de sang </title>
		<link>https://www.secondsexe.com/magazine/Le-Bain-de-sang.html</link>
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		<dc:date>2009-04-12T14:35:15Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Bramly</dc:creator>



		<description>Le baron Steinfeld &#233;tait maintenant le commensal habituel du ch&#226;teau Parkany. Sarolta se jouait de lui d'une fa&#231;on si invraisemblablement raffin&#233;e que chez cet homme blas&#233;, dont les caprices paralysaient la volont&#233;, dont les esprits paraissaient an&#233;antis, l'ardeur premi&#232;re de la jeunesse ne s'&#233;veillait que sous l'empire de la passion, et que seule cette derni&#232;re faisait battre son c&#339;ur enseveli sous la lave des ann&#233;es &#233;coul&#233;es. Il aimait la princesse Parkany comme il n'avait jamais aim&#233; ni sa propre (...)

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&lt;a href="https://www.secondsexe.com/magazine/-Les-grands-auteurs-.html" rel="directory"&gt;Les grands auteurs&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L150xH150/arton273-6cfa0.jpg&quot; width='150' height='150' style='height:150px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le baron Steinfeld &#233;tait maintenant le commensal habituel du ch&#226;teau Parkany.
Sarolta se jouait de lui d'une fa&#231;on si invraisemblablement raffin&#233;e que chez cet homme blas&#233;, dont les caprices paralysaient la volont&#233;, dont les esprits paraissaient an&#233;antis, l'ardeur premi&#232;re de la jeunesse ne s'&#233;veillait que sous l'empire de la passion, et que seule cette derni&#232;re faisait battre son c&#339;ur enseveli sous la lave des ann&#233;es &#233;coul&#233;es.
Il aimait la princesse Parkany comme il n'avait jamais aim&#233; ni sa propre femme, ni m&#234;me Anna Klauer, mais plus elle lui donnait &#224; entendre qu'il n'avait aucune place &#224; prendre dans sa vie, pas la moindre, que chaque heure qu'elle lui accordait, il la lui d&#233;robait comme un vulgaire et importun mendiant, plus il qu&#233;mandait son amour par cela m&#234;me qu'il sentait qu'elle souffrait de sa pr&#233;sence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sarolta se repaissait des tortures qu'elle lui infligeait ainsi, et rien n'&#233;galait la jouissance qu'il lui procurait, lorsqu'&#233;tendue sur un moelleux canap&#233;, lui-m&#234;me vautr&#233; dans la poussi&#232;re, il appliquait avec ferveur ses propres l&#232;vres sur les pieds de la princesse, demandant en gr&#226;ce, soupirant et pleurant apr&#232;s un mot d'amour. Alors, elle se prenait &#224; rire et le cong&#233;diait du pied, ou bien encore, elle s'emparait du fouet dont elle usait &#224; l'&#233;gard de sa meute et l'en frappait comme un esclave, non,... comme un chien, et lui, jouissait de ces mauvais traitements, comme jamais il ne l'avait fait, combl&#233; d'amour et de caresses dans les bras de sa femme.
Lorsque Sarolta l'eut enfin amen&#233; &#224; un &#233;tat voisin de la d&#233;mence et qu'il eut menac&#233; de se prendre la vie, si elle ne l'&#233;coutait pas, elle lui signifia avec une froide hauteur qu'elle n'&#233;tait pas femme &#224; partager avec d'autres le c&#339;ur d'un homme, et posait, comme condition &#224; ses faveurs la seule qu'elle put d&#233;cemment accepter, c'est-&#224;-dire, la place de sa femme et de ses enfants. Elle voulait ainsi ne pas pr&#233;cipiter son &#339;uvre de vengeance, mais au contraire la go&#251;ter lentement, pas &#224; pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Steinfeld &#233;tait pr&#234;t &#224; tous les sacrifices ; son unique pens&#233;e &#233;tait de poss&#233;der la belle et d&#233;moniaque femme : c'&#233;tait l&#224; son seul d&#233;sir. Il partit pour Pesth ; l&#224;, il n'eut pas le courage de faire personnellement &#224; sa femme la d&#233;claration foudroyante qu'il ne l'aimait pas, ne l'avait jamais aim&#233;e et se sentait incapable de demeurer plus longtemps avec elle. Il la lui fit par une lettre dont les termes avaient &#233;t&#233; dict&#233;s par Sarolta elle-m&#234;me.
En m&#234;me temps, il assigna comme r&#233;sidence &#224; sa femme et &#224; ses enfants le ch&#226;teau de Goldrain en Boh&#234;me.
La pauvre petite femme s'&#233;vanouit &#224; la lecture de cette lettre, et passa trois jours et trois nuits dans une crise de larmes sans se d&#233;shabiller. Puis, elle fit ses pr&#233;paratifs de voyage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme elle montait en voiture avec ses enfants, Sarolta surgit soudain devant elle et lui cria : &#171; Bon voyage, baronne ! Avant de quitter ces lieux, sachez qui vous en chasse. C'est moi qui vous ai arrach&#233; le c&#339;ur de votre &#233;poux. Il est une justice sur terre ! Vous avez priv&#233; de son bonheur la pauvre ouvri&#232;re Anna Klauer, l'avez rel&#233;gu&#233;e au ban du vice et du crime, et maintenant la princesse Parkany vous paie de retour. Bon voyage ! &#187;
Le jour qui suivit le d&#233;part de sa femme et de ses enfants, le baron Steinfeld revint sur son domaine et &#233;crivit &#224; Sarolta une lettre remplie de d&#233;sirs enfi&#233;vr&#233;s, par laquelle il lui rappelait sa promesse et la sommait de l'ex&#233;cuter.
&#171; Ce que j'ai promis, je le tiens &#187;, telle fut la r&#233;ponse de la princesse. &#171; Je suis &#224; vous. Venez cette nuit vers dix heures. Ma cam&#233;riste de confiance vous attendra &#224; la petite porte de derri&#232;re et vous conduira dans ma chambre &#224; coucher. &#187;
Steinfeld embrassa la lettre plus de cent fois, il ne cessait de la couvrir de baisers et &#233;tait absolument dans une jubilation telle qu'il n'en avait jamais connue de pareille dans toute son existence. Il se r&#234;vait d&#233;j&#224; le vainqueur de la femme la plus d&#233;sirable au monde et son imagination lui d&#233;peignait la conqu&#234;te de l'alti&#232;re Sarolta sous les couleurs les plus romanesques.
Il n'avait encore jamais comme aujourd'hui apport&#233; autant de soin &#224; sa toilette. Son vieux valet de chambre l'avait rarement vu aussi impatient, rien n'allait : par cinq fois il arracha sa cravate et en prit une autre. Enfin il fut pr&#234;t. Il avait encore une heure devant lui pour se rendre &#224; Parkany : cette heure lui parut un si&#232;cle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il prit le premier livre venu. Ce livre traitait des myst&#232;res de Paris, et Steinfeld en lut une sc&#232;ne o&#249;, par ses cruels artifices, une jolie cr&#233;ole fait de son adorateur le partisan acharn&#233; d'une sensualit&#233; touchant &#224; la d&#233;mence. Le baron se grisait &#224; cette image et il lui semblait que ce devait &#234;tre une sorte de jouissance de tomber entre les mains d'une femme aussi impitoyable. Il ne se doutait pas qu'il &#233;tait lui-m&#234;me bien pr&#234;t d'&#233;prouver pareil sort. Bient&#244;t il jeta le roman de c&#244;t&#233; et se rendit aux &#233;curies o&#249; il sella lui-m&#234;me son cheval. Quand ce fut fait, il se rendit dans la salle de ses domestiques et causa avec eux tout en fumant un havane.
Enfin, l'horloge du ch&#226;teau sonna neuf heures.
Le baron bondit, monta en selle et piqua des deux. Les plus douces images surgirent &#224; son esprit en cours de route : il vit en imagination Sarolta l'attendant r&#233;v&#234;tue d'un v&#234;tement nuptial, son c&#339;ur battit fort, les pulsations de son pouls d&#233;cupl&#232;rent. Il ne voyait ni &#224; droite ni &#224; gauche, son regard &#233;tait compl&#232;tement concentr&#233; sur lui-m&#234;me. A mi-chemin, il parvint &#224; une chapelle qui avait &#233;t&#233; &#233;rig&#233;e &#224; l'endroit m&#234;me o&#249; un riche bourgeois avait &#233;t&#233; assassin&#233; par des brigands. A ce m&#234;me instant, deux coups de feu retentirent, le cheval de Sleinfeld tomba foudroy&#233; et le baron lui-m&#234;me fut pris dessous la b&#234;te et demeura compl&#232;tement &#224; la merci d'hommes &#224; la face noircie qui avaient bondi sur lui d'un fourr&#233; voisin et n'eurent aucune peine &#224; le ma&#238;triser et &#224; le ligoter. Il ne put douter qu'il &#233;tait tomb&#233; entre les mains de bandits et prit son sort en philosophe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8212; Dites-moi, pauvres gar&#231;ons, s'&#233;cria-t-il, rendez-moi la libert&#233; et vous gagnerez une grosse somme. Je suis attendu par une belle femme, et vous comprenez que c'est l&#224; pour moi une aventure bien d&#233;sagr&#233;able que d'&#234;tre ainsi tomb&#233; entre vos mains !
Les brigands se prirent &#224; rire et l'un deux, qui paraissait leur chef, lui dit : &#171; Nous ne pouvons te rel&#226;cher, baron, mais nous allons incontinent te conduire tout de m&#234;me &#224; une jolie femme.
&#8212; Comment &#231;a ?
&#8212; Tu la connais bien, tout au moins de r&#233;putation, fit en raillant le bandit. Les gens du pays l'appellent &#171; la hy&#232;ne de la Poussta &#187;
&#8212; Pour l'amour de Dieu, s'&#233;cria le baron, ayez piti&#233; de moi !
Mais les brigands ne se laiss&#232;rent pas plus attendrir par ses supplications que tenter par la somme qu'il offrait de leur verser ; ils le b&#226;illonn&#232;rent, lui jet&#232;rent un drap sur la t&#234;te, le mont&#232;rent sur un cheval, et l'emmen&#232;rent avec eux dans une course folle...
Lorsqu'on lui eut retir&#233; ses liens et enlev&#233; drap et b&#226;illon, le baron Steinfeld se trouva dans une pi&#232;ce vo&#251;t&#233;e et sans fen&#234;tre dont l'architecture ressemblait &#224; celle des ch&#226;teaux-forts du Moyen Age mais dont l'ameublement luxueux rappelait le boudoir d'une grande dame.
La personne qui avait amen&#233; Steinfeld le laissa dans cette pi&#232;ce et referma une lourde porte de fer derri&#232;re lui. N&#233;anmoins, le baron ne resta pas longtemps seul. Bient&#244;t il entendit dans la pi&#232;ce voisine le frou-frou d'un v&#234;tement de femme, puis la lourde porti&#232;re qui cachait la porte s'entr'ouvrit.
Une grande et majestueuse femme toute v&#234;tue de velours noir, envelopp&#233;e d'un voile, le visage recouvert d'un masque de velours noir, entra et mesura le baron d'un regard qui lui gla&#231;a le sang dans les veines.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8212; Me connais-tu ? fit une voix bien connue.
&#8212; Princesse ! s'&#233;cria Steinfeld, soudain d&#233;livr&#233; de toute angoisse, c'est vous-m&#234;me et tout ceci n'est donc qu'une plaisanterie ?
&#8212; Il n'y a pas de plaisanterie, baron, mais une effroyable r&#233;alit&#233;, r&#233;pondit la dame masqu&#233;e, me connais-tu vraiment bien ?
&#8212; Non !
&#8212; Fort bien, je vais alors te venir en aide, mis&#233;rable ! s'&#233;cria-t-elle arrachant son masque et rejetant son voile. C'&#233;tait bien la princesse, mais elle avait teint ses cheveux en noir, de fa&#231;on que Steinfeld la reconnut sur-le-champ.
&#8212; Anna Klauer ! balbutia-t-il avec terreur.
&#8212; Oui, Anna Klauer, dit-elle, les bras crois&#233;s sur la poitrine ; la pauvre ouvri&#232;re que tu as s&#233;duite, que tu as ravi au travail b&#233;ni, corrompue par ton luxe, pour l'abandonner ensuite et la rel&#233;guer au ban du vice. Cette Anna Klauer qui a noy&#233; ton enfant et le sien, qui faillit &#224; Goldrain t'arracher la vie d'un coup de pistolet ! Maintenant, redoute Sarolta Parkany, qui empoisonna son &#233;poux et s'est li&#233;e &#224; des brigands pour le doux plaisir de se venger des hommes et par dessus tout de toi ! Regarde-moi bien ! Je suis la femme qui fait trembler des milliers de gens, que tout le monde consid&#232;re capable des pires actes sanguinaires, de toutes les cruaut&#233;s, &#8211; la hy&#232;ne de la Poussta !
&#8212; Gr&#226;ce ! gr&#226;ce !.. implora le baron, tombant sur ses genoux.
Pour toute r&#233;ponse, elle lui lan&#231;a un &#233;clat de rire haineux et impitoyable, tout en frappant dans ses mains. Aussit&#244;t ses deux servantes, Ersabeth et I&#233;la, l'une et l'autre v&#234;tues de velours couleur de sang, s'&#233;lanc&#232;rent de la pi&#232;ce voisine, s'empar&#232;rent de Steinfeld, lui li&#232;rent les mains au dos, puis lui mirent des fers aux pieds.
&#8212; Que veux-tu faire de moi ! demanda le malheureux tremblant de tous ses membres.
&#8212; Te juger ! r&#233;pondit-elle avec une majest&#233; d&#233;moniaque.
&#8212; Tu vas me tuer ! s'&#233;cria-t-il.
&#8212; S&#251;rement, mais j'entends que tu meures &#224; petit feu, fit-elle haineusement. Un coup de poignard ou un breuvage empoisonn&#233; seraient pour toi un soulagement qui ne saurait me satisfaire.
&#8212; Ayez piti&#233; de moi, Anna, j'arrangerai tout, g&#233;mit Steinfeld.
Elle ne l'&#233;couta pas. Sur un coup d'&#339;il d'elle, les filles l'entra&#238;n&#232;rent dans la pi&#232;ce voisine semblable en tout &#224; une chambre de torture et dans un coin de laquelle se trouvait une baignoire de marbre &#224; laquelle conduisaient quatre marches. Sarolta s'&#233;tendit nonchalamment sur un sofa qui se trouvait tout proche, puis dit aux filles : Faites ce que je vous ai command&#233; et ne demandez plus rien, que je puisse me repa&#238;tre tranquillement des souffrances de ce mis&#233;rable !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les deux filles soulev&#232;rent Steinfeld et le pendirent &#224; un crochet, apr&#232;s lui avoir retourn&#233; les bras en arri&#232;re, de fa&#231;on &#224; ce qu'il fut suspendu &#224; un pied de terre comme un tortur&#233; ; puis elles plac&#232;rent un grand po&#235;le au-dessous de lui et y allum&#232;rent un grand feu. Jusque-l&#224; la victime de la hy&#232;ne n'avait articul&#233; aucune plainte ; mais d&#232;s que les flammes commenc&#232;rent &#224; l&#233;cher la plante de ses pieds, il poussa un l&#233;ger soupir et pleura de douleur, puis il se mit &#224; hurler et &#224; se d&#233;mener comme un enrag&#233; ; ses nerfs distendus ne pouvaient supporter ce tourment. N&#233;anmoins il le fallut bien ; tandis que plus il d&#233;lirait de souffrance, plus la cruelle femme riait &#233;tendue sur le canap&#233; et plus les deux &#233;pouvantables m&#233;g&#232;res attisaient le feu.
Comme enfin ces derni&#232;res l'abandonn&#232;rent, il tomba &#224; terre comme une souche de bois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8212; En voici assez, laissez-moi mourir ! murmura-t-il.
&#8212; Pas encore, cri&#232;rent les filles. Elles paraissaient &#233;prouver une jouissance bestiale &#224; martyriser la pauvre victime sans d&#233;fense. Elles pos&#232;rent Steinfeld &#224; terre sur le dos et l'encha&#238;n&#232;rent solidement sur le plancher. Puis elles lui appliqu&#232;rent aux pieds les brodequins, le plus effroyable instrument de torture que l'imagination des bourreaux espagnols ait jamais invent&#233;, elles d&#233;li&#232;rent les mains, puis lui plac&#232;rent les doigts dans des poucettes &#224; &#233;tau qui lui firent gicler le sang des ongles. Par bonheur pour lui, il perdit connaissance.
On appela la vieille, elle le rafra&#238;chit, puis dit :
&#171; Finissez-en avec lui, ma douce petite colombe de Sarolta, il est trop bas, il n'en a pas pour longtemps ! &#187;
&#8212; Mais si je ne veux pas, s'&#233;cria la belle hy&#232;ne en tr&#233;pignant du pied de col&#232;re.
&#8212; Alors il sera mort avant, r&#233;pondit la sorci&#232;re.
&#8212; C'est bien alors, arr&#234;tez, ordonna Sarolta &#224; ses deux valets de bourreau femelles qui remis&#232;rent de suite les instruments de torture et d&#233;tach&#232;rent Steinfeld.
&#8212; Emploie toutes les ressources de ton art, la vieille, pour le faire revenir &#224; lui. Il lui faut reprendre connaissance et la conserver jusqu'au bout.
La sorci&#232;re revint avec toutes sortes de fioles et de flacons et se mit aussit&#244;t &#224; la besogne. Apr&#232;s quelques petits soins, Steinfeld agita les paupi&#232;res et la regarda.
&#8212; Cela t'a-t-il co&#251;t&#233; la vie ? s'&#233;cria Sarolta. Mais tu as assez expi&#233; et la plus belle r&#233;compense t'attend. Viens &#224; moi, je veux &#234;tre cl&#233;mente et te donner la vie et me donner &#224; toi. Viens, nous allons c&#233;l&#233;brer notre noce.
&#8212; Serait-ce vrai, Anna ? Plus de nouvelles cruaut&#233;s ? demanda Steinfeld, comme sortant d'un mauvais r&#234;ve.
&#8212; N'en demande pas plus, je suis &#224; toi, s'&#233;cria la belle femme &#233;tendant les bras vers lui.
Il chercha &#224; se rapprocher d'elle, mais retomba &#224; moiti&#233; chemin. Les filles le soulev&#232;rent et le plac&#232;rent aux pieds de Sarolta.
&#171; Ainsi tu es &#224; moi ? &#187; b&#233;gaya le baron, tandis qu'elle l'enveloppait de ses superbes bras et l'embrassait. D'un regard elle cong&#233;dia les deux servantes. La vieille posa une co&#251;teuse pelisse de zibeline &#224; la t&#234;te de la princesse sur le coussin du sofa et se retira pareillement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8212; Je veux me rendre plus belle, dit en riant Sarolta, aussi belle que V&#233;nus Anadyom&#232;ne. Steinfeld l'aida &#224; se v&#234;tir et lui passa alors la fourrure de zibeline, dans laquelle elle s'enveloppa avec une gr&#226;ce inimitable et qui lui tomba jusqu'&#224; la plante des pieds ; puis elle le pressa de ses l&#232;vres diaboliques jusqu'&#224; ce que, fou de jouissance, il retomba &#224; ses pieds.
&#8212; Ach&#232;ve-moi, implora-t-il plong&#233; dans le ravissement.
&#8212; Si fait, dit Sarolta avec un regard sinistre.
Un l&#233;ger bruit se fit entendre et, en un clin d'&#339;il, Steinfeld fut de nouveau saisi par les servantes qui alors l'encha&#238;n&#232;rent &#224; un anneau de fer, fix&#233; au mur au-dessus de la baignoire de marbre.
&#8212; Que signifie ? s'&#233;cria-t-il. Que te prend-il ?
&#8212; Tu vas bient&#244;t l'apprendre, fit Sarolta se levant.
Aussit&#244;t les servantes lui arrach&#232;rent les v&#234;tements.
&#8212; Tu m'as ravi ma jeunesse, mis&#233;rable, continua Sarolta, tu vas maintenant me la rendre avec ton propre sang !
&#8212; Comment, suis-je fou ?
&#8212; N'as-tu jamais entendu parler de cette comtesse hongroise qui prenait des bains de sang humain et demeura ainsi &#233;ternellement jeune ? Je veux aujourd'hui exp&#233;rimenter cet &#233;trange secret de beaut&#233;.
&#8212; Mon Dieu, cela n'est pas possible, g&#233;mit Steinfeld, s&#251;rement je r&#234;ve !
&#8212; Eveille-toi donc, s'&#233;cria la belle hy&#232;ne, puis elle jeta sa fourrure et monta dans la baignoire de marbre.
Les deux servantes s'avanc&#232;rent alors vers l'infortun&#233; arm&#233;es chacune d'un fouet pourvu de pointes de fer aigu&#235;s semblables &#224; ceux en usage sous l'Inquisition et commenc&#232;rent leur cruelle besogne.
Au bout de quelques coups leur victime &#233;tait d&#233;j&#224; compl&#232;tement lac&#233;r&#233;e, son sang coulait &#224; flots dans la baignoire, inondant la belle femme qui plongeait voluptueusement ses superbes membres dans le sang chaud de la vie et riait aux &#233;clats chaque fois que Steinfeld hurlait comme un vrai poss&#233;d&#233;. Il ne put bient&#244;t que pousser de l&#233;gers soupirs et finalement pendit de l'anneau telle une masse inerte, sanglante et sans vie !
Anna Klauer &#233;tait veng&#233;e !...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;L&#233;opold Von Sacher-Masoch&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Extrait de &quot;Les batteuses d'hommes&quot;, publi&#233; avec l'aimable autorisation des Editions La Musardine&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Anonyme : La femme flagell&#233;e</title>
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		<dc:date>2009-04-12T14:29:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Bramly</dc:creator>



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&lt;a href="https://www.secondsexe.com/magazine/-Les-grands-auteurs-.html" rel="directory"&gt;Les grands auteurs&lt;/a&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le lendemain, il se leva &#233;reint&#233;, la t&#234;te vide. Liliane &#233;tait d&#233;j&#224; r&#233;veill&#233;e et se promenait dans la chambre. En le voyant ouvrir les yeux et bouger, elle vint aupr&#232;s de lui et l'embrassa :
&#8212; Denise va t'apporter le petit d&#233;jeuner.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Elle sonna et la vieille n&#233;gresse arriva avec un plateau sur lequel se trouvaient un pot de caf&#233; au lait, des tartines beurr&#233;es, de la confiture.
La femme de couleur d&#233;posa le plateau et partit sans ouvrir la bouche, enferm&#233;e dans son silence morose.
Liliane offrit &#224; Pierre une tasse bouillante de caf&#233; au lait. Mille questions le tourmentaient, toutes d&#233;riv&#233;es de la m&#234;me d&#233;couverte nocturne : &#171; Qui a &#233;t&#233; le premier amant de ma femme ? &#187;
Il se sentait humili&#233;, mais il se tut. Pierre &#233;tait un gar&#231;on qui r&#233;fl&#233;chissait avant d'agir. Il se sentait incapable d'un &#233;clat spontan&#233;, soudain. Il devait &#233;puiser toute question par la pens&#233;e avant de la r&#233;soudre par des actes. M&#234;me ses col&#232;res &#233;taient m&#233;dit&#233;es.
Ils devaient prendre le soir m&#234;me le train pour X... o&#249; ils devaient passer leur lune de miel.
L'apr&#232;s-midi, il &#233;tait n&#233;anmoins oblig&#233; de passer &#224; l'Institut Ethnographique pour avertir le directeur, qui venait de rentrer la veille, de son d&#233;part. Pierre d&#233;cida de ne rien changer &#224; ses d&#233;cisions, malgr&#233; le trouble que lui causait la d&#233;couverte que sa femme avait eu un amant avant lui.
Liliane s'affairait autour de lui en lui demandant s'il avait bien dormi, s'il avait fait de beaux r&#234;ves, en lui parlant du temps qu'il faisait, et de tout ce qu'ils devaient emporter dans leurs valises. Elle n'avait m&#234;me pas l'air de se douter qu'il &#233;tait pr&#233;occup&#233; par d'autres questions. Bon gr&#233;, mal gr&#233;, il joua le jeu, faisant semblant de s'int&#233;resser aux sujets qu'elle lui proposait.
Ils d&#233;jeun&#232;rent, puis il alla &#224; l'Institut Ethnographique. Lorsqu'il quitta le directeur, il erra longtemps dans les rues de Port-au-Prince. Il se sentait triste et abattu. Il &#233;tait d&#233;&#231;u, mais il se rendait compte qu'il aimait Liliane.
Il faisait tr&#232;s chaud et il eut soif. Au coin de la rue, pr&#232;s de chez lui, il p&#233;n&#233;tra dans un bistrot, qui avait en guise de porte une draperie de colliers de perles multicolores, s'attabla et commanda un demi de bi&#232;re. De sa place, il pouvait voir les quelques tables install&#233;es dehors, sur le trottoir, et un coin de la place.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Soudain il tressaillit, car il vit Liliane arriver lentement, en balan&#231;ant ses hanches. Elle portait une simple robe fleurie qu'elle devait mettre pour le voyage, avec un d&#233;collet&#233; qui d&#233;couvrait ses &#233;paules, et une jupe large tourbillonnant autour de ses jambes. Pierre eut l'impression de l'avoir d&#233;j&#224; vue avec cette robe, mais pour la premi&#232;re fois, il la trouva provocante. Peut-&#234;tre la r&#233;v&#233;lation qu'il avait eue d'elle, la nuit pass&#233;e, transformait-elle ses rapports avec les choses qui appartenaient &#224; Liliane, offrait &#224; tout ce qu'elle touchait une nouvelle signification.
Il se leva de sa place et s'approcha de la draperie de perles derri&#232;re laquelle il l'observa. Il voulait la surprendre au moment o&#249; elle vivait sans se savoir regard&#233;e, la d&#233;tailler, la comprendre.
Une femme blonde qui avait l'allure d'une Anglaise arriva dans le sens contraire. Liliane la salua et l'autre r&#233;pondit. Toutes les deux s'arr&#234;t&#232;rent pour s'entretenir au milieu de la place.
&#8212; Elle est bien jolie, la brune ! lan&#231;a d'une voix puissante quelqu'un qui se trouvait attabl&#233; &#224; la terrasse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pierre sursauta, furieux, et d&#233;visagea l'homme qui avait interpell&#233; sa femme. C'&#233;tait un Blanc taill&#233; en armoire &#224; glace, au visage m&#226;le d&#233;coup&#233; de quelques rides bien plac&#233;es, la l&#232;vre sup&#233;rieure orn&#233;e d'une petite moustache conqu&#233;rante. Il ressemblait vaguement &#224; l'acteur de cin&#233;ma am&#233;ricain Clark Gable. Pierre trouva ce fier-&#224;-bras antipathique au possible. Liliane, ayant entendu le compliment, se retourna et d&#233;tailla l'individu qui l'avait lanc&#233;. Puis elle sourit et r&#233;pondit &#224; haute voix :
&#8212; Vous n'&#234;tes pas mal non plus !
Les compagnons du moustachu et la blonde qui s'entretenait avec Liliane rirent, satisfaits. Celui qui ressemblait &#224; Clark Gable, encourag&#233; par cette r&#233;plique, s'&#233;cria :
&#8212; Je crois que nous ferions un beau couple, tous les deux !
Liliane eut un sourire canaille :
&#8212; Il faudrait d'abord que nous nous connaissions mieux !
Tandis que les spectateurs riaient, Liliane se retourna vers la femme blonde et reprit leur conversation. Le moustachu lan&#231;a alors &#224; la belle mul&#226;tresse :
&#8212; Venez, Mademoiselle, prenez un verre avec mes amis et moi. Je suis certain que nous finirons par nous plaire beaucoup, tous les deux !
Cette fois, la jeune femme ne r&#233;pondit pas. Elle finit son entretien avec la blonde, puis toutes deux se serr&#232;rent la main avant de se s&#233;parer.
Liliane reste seule sur la place, le dos tourn&#233; vers le caf&#233;. Elle h&#233;sita une seconde, puis se retourna en souriant vers les hommes attabl&#233;s. Ensuite, d'un pas nonchalant, elle avan&#231;a vers eux. Les consommateurs se turent et d&#233;visag&#232;rent la belle inconnue. Les yeux de la femme se fix&#232;rent sur l'individu qui l'avait interpell&#233;e : il portait une chemise &#224; carreaux, ouverte sur sa poitrine velue. Elle l'&#233;tudia en silence, puis &#233;tendit sa main, et s'oubliant, elle caressa la toison qui couvrait les muscles bronz&#233;s de son interlocuteur.
Il bomba le torse et sourit.
&#8212; Que vous avez l'air fort, murmura-t-elle.
Pierre eut comme un vertige, humili&#233; au plus profond de son &#234;tre, et fit un pas en avant. Le rideau de perles tinta avec un bruit cristallin. Il se d&#233;couvrit sur le seuil, aveugl&#233; par le soleil de l'apr&#232;s-midi. Il sentit sur lui le regard &#233;tonn&#233; de Liliane. Il resta silencieux, attendant la suite des &#233;v&#233;nements.
&#8212; Je m'excuse, lan&#231;a-t-elle &#224; l'homme qui ressemblait &#224; Clark Gable.
Puis elle se retourna et partit lentement, en balan&#231;ant ses hanches.
&#8212; Monsieur, votre consommation ! cria le gar&#231;on &#224; Pierre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il revint sur ses pas et d&#233;posa une pi&#232;ce sur la table. Puis il quitta le caf&#233;. Il n'entendit pas ce que disaient les gens &#224; la terrasse, il voyait la silhouette de Liliane s'&#233;loigner vers la maison.
Il la suivit d'un pas triste, abattu. Il se sentait bafou&#233;, mais il ignorait quelle contenance prendre, il ne savait pas s'il devait se mettre en col&#232;re ou s'enfermer dans un silence m&#233;prisant. Il arriva devant la vieille demeure et trouva le portail m&#233;tallique ouvert. L&#224;-haut, dans sa chambre, Liliane &#233;tait assise devant son grand miroir et brossait calmement sa chevelure d&#233;ploy&#233;e. Elle paraissait grave et digne, comme le jour o&#249; il l'avait rencontr&#233;e.
La rage le submergea, terrible, incontr&#244;lable. Il lui saisit le bras et l'obligea &#224; se relever :
&#8212; Tu n'as pas honte, garce ! lui cria-t-il.
Liliane le d&#233;visagea, calme.
&#8212; Tu r&#233;ponds &#224; tous les hommes qui t'interpellent, maintenant !...
Les yeux de la femme se pliss&#232;rent, et elle lui r&#233;pondit dans un sifflement :
&#8212; Ce n'est tout de m&#234;me pas ma faute si tu ne peux pas me satisfaire !
Cette phrase l'atteignit comme une gifle :
&#8212; Putain !
Elle s'arracha &#224; son &#233;treinte :
&#8212; Laisse-moi, va-t-en !
Il resta pantois.
&#8212; Comment ?
Il comprit qu'elle ne voulait plus de lui, qu'elle le chassait de sa maison. &#192; ce moment il se rendit compte combien il tenait &#224; cette femme, combien il avait besoin de la voir, de respirer son parfum, de la sentir vivre et s'affairer autour de lui. Il s'&#233;tait consid&#233;r&#233; comme frustr&#233; pour ne pas l'avoir d&#233;flor&#233;e, alors qu'elle lui avait fait la gr&#226;ce de se donner &#224; lui, d'&#234;tre son &#233;pouse. Il fit un pas en avant et lui serra le bras :
&#8212; Laisse-moi ! s'&#233;cria-t-elle.
Il l'attira vers lui, et sans se rendre compte exactement de ce qu'il faisait, il l'embrassa, tandis que ses mains excit&#233;es palpaient les formes dures et douces. Elle s'arracha &#224; son &#233;treinte et le repoussa :
&#8212; Va t'en, va t'en... Tu me d&#233;go&#251;tes !
Il se sentait ivre de d&#233;sir et de honte.
&#8212; J'ai envie de toi, siffla-t-il. Je veux faire l'amour avec toi !
&#8212; Jamais !
&#8212; Mais tu es ma femme devant Dieu et les hommes, grin&#231;a-t-il, aveugl&#233; par la rage.
Il la rattrapa par le bras, et serrant le bord du d&#233;collet&#233;, le tira avec force. La robe se d&#233;chira avec un bruit de tissu fin comme une plainte, d&#233;voilant le soutien-gorge. Liliane resta p&#233;trifi&#233;e, tandis qu'il le lui arrachait. Il eut l'impression qu'elle allait encore lui r&#233;sister, et alors, plein de col&#232;re, il lui lan&#231;a une gifle retentissante :
&#8212; Tu as &#233;t&#233; &#224; un autre, et tu ne veux pas &#234;tre &#224; moi !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les larmes commenc&#232;rent &#224; ruisseler sur le visage de Liliane, qui sembla soudain m&#233;tamorphos&#233;, rayonnant d'une beaut&#233; inconnue :
&#8212; C'est &#231;a, mon ch&#233;ri, bats-moi... Frappe-moi...
Son visage lubrique augmenta l'excitation de Pierre qui, encourag&#233; par sa femme, lui lan&#231;a encore deux gifles. L'allure m&#234;me de Liliane, avec sa robe d&#233;chir&#233;e qui pendait &#224; ses pieds, avec ses seins d&#233;nud&#233;s et ses yeux rouges, &#233;tait splendidement sensuelle. Elle tressaillit &#224; peine sous les claques violentes, comme si elle avait &#233;t&#233; d&#233;&#231;ue de leur faiblesse.
Furieux de se voir de nouveau m&#233;pris&#233;, il la saisit par les cheveux, et la fit rouler sur le lit. Elle tomba avec un cri, les fesses en l'air. Il se pencha sur elle et commen&#231;a &#224; lui cogner le post&#233;rieur avec le poing. Elle se mit &#224; g&#233;mir et &#224; ahaner, comme s'il lui faisait l'amour. L'image des fesses tendres qu'il tapait sans arr&#234;t l'excita encore plus fortement, mais il avait &#224; peine le temps de se repa&#238;tre de cette vue, car sa victime se tordait en g&#233;missant :
&#8212; Frappe-moi, mon ch&#233;ri... C'est bien ! Comme &#231;a tu me prouveras que tu es un homme !... &#212;, que tu me rends heureuse !
Il avisa alors sur le mur la cravache de Liliane. Il l'arracha de la pat&#232;re et tapa avec violence sur sa femme. Elle bondit sous le coup, avec un r&#226;le :
&#8212; Mon ch&#233;ri, mon ch&#233;ri !... Ce que c'est bon !
En tapant, il eut la pens&#233;e saugrenue de se demander si Liliane ne faisait pas du cheval seulement parce qu'elle aimait la cravache. Ses coups tra&#231;aient des lignes bleues sur les rebondissements de la mul&#226;tresse. Elle se secouait, poussant de courts cris de douleur et de volupt&#233;. Il &#233;tait &#233;c&#339;ur&#233; au fond de lui-m&#234;me, mais il sentait qu'en suppliciant sa femme, il ne faisait qu'ob&#233;ir au d&#233;sir le plus secret de sa victime. Cette pens&#233;e mod&#233;ra son ardeur, mais Liliane grin&#231;a des dents et lui siffla :
&#8212; Frappe-moi plus fort, nigaud !... Montre-moi que tu es un homme si tu ne veux pas que je te trompe !
Il imagina Liliane dans les bras d'un autre homme ou se d&#233;battant sous la f&#233;rule d'un &#233;tranger. Cette vision le fit bl&#234;mir de rage. Il recommen&#231;a &#224; taper sur sa femme avec une nouvelle vigueur.
&#8212; Mon amour, ce que tu es brutal, lui cria-t-elle. Tu vas me faire jouir, maintenant je le sens !... Tu vas me faire jouir !...
Il se demandait si d'autres hommes l'avaient d&#233;j&#224; battue. Cette femme &#233;tait pour lui un myst&#232;re, une redoutable &#233;nigme. Il ne cognait que sur le derri&#232;re de Liliane, craignant de monter plus haut, sur le dos immacul&#233;. Il lui suffisait de noircir les fesses splendides de la mul&#226;tresse, et il ne cherchait pas &#224; &#233;tendre les ravages de sa cruaut&#233;.
&#8212; Je sens que tu vas me donner un grand plaisir, ch&#233;ri ! lui cria-t-elle. Frappe-moi plus haut, sur les reins et sur le dos ! Mon amour... comme &#231;a... Tu sais tr&#232;s bien que la douleur est proche de la volupt&#233; !...
Les paroles entrecoup&#233;es de r&#226;les et de sanglots &#233;rotiques qu'elle pronon&#231;ait &#233;taient autant d'aveux. Il lui ob&#233;it et commen&#231;a &#224; marquer de la cravache le dos de sa femme. Soudain, elle se retourna et se pr&#233;senta &#224; lui, de face. Elle haletait, proche du grand spasme.
&#8212; Je vais jouir, mon ch&#233;ri !... Mais tape-moi sur les cuisses et sur le sexe !... Ne crains rien, imb&#233;cile ! Frappe-moi, si tu veux que je d&#233;charge ! Cr&#233;tin, imb&#233;cile !... Saloperie !... Cogne-moi !
Les insultes de la femme atteignirent leur but, car, rendu furieux, il se mit &#224; la cravacher sur les jambes, et sur le pubis. Les injures ont un grand pouvoir &#233;rotique, car elles donnent l'impression &#224; l'homme qui en fait l'objet d'&#234;tre subi et de violer sa compagne : l'amour se place alors sous une in&#233;dite lumi&#232;re et se renouvelle.
Liliane comprit la puissance de ses insultes et s'en servit &#224; sa guise pour augmenter ses supplices au moment le plus excitant. L'image de bourreau qu'il lui pr&#233;sentait agissait aussi sur les sens de la victime. Elle ahana et puis poussa un cri de lib&#233;ration :
&#8212; Je jouis, mon amour, je jouis !...
Les mains de la femme saisirent la couverture du lit, tandis qu'elle se tordait sous la vague de plaisir qui la submergeait. Puis elle resta inerte.
Pierre se jeta sur sa victime, la prit normalement, et connut &#224; son tour la volupt&#233; derni&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Anonyme&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Extrait de &quot;Confessions d'une perverse, ou manuel complet de la luxure&quot;, publi&#233; aux Editions La Musardine&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Esparbec : La pipe </title>
		<link>https://www.secondsexe.com/magazine/La-pipe.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Bramly</dc:creator>



		<description>B&#233;b&#233; se remit sur pied et leva sur son beau-p&#232;re des yeux qu'emplissait une veule adoration. Elle &#233;tait rouge comme une tomate et sa bouche &#233;tait toute gonfl&#233;e. Incr&#233;dule, il la vit recueillir la goutte du bout de la langue. Elle aimait vraiment &#231;a ; c'est rare, m&#234;me chez les meilleures suceuses, les filles qui aiment le go&#251;t du sperme. Elles sont toujours l&#224; &#224; cracher dans leur mouchoir, &#224; faire leurs mijaur&#233;es, &#224; dire que c'est gluant, que &#231;a colle, que c'est d&#233;go&#251;tant ; pas elle, elle se pourl&#233;chait ! &#8212; (...)

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&lt;a href="https://www.secondsexe.com/magazine/-Les-grands-auteurs-.html" rel="directory"&gt;Les grands auteurs&lt;/a&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;B&#233;b&#233; se remit sur pied et leva sur son beau-p&#232;re des yeux qu'emplissait une veule adoration. Elle &#233;tait rouge comme une tomate et sa bouche &#233;tait toute gonfl&#233;e.
Incr&#233;dule, il la vit recueillir la goutte du bout de la langue. Elle aimait vraiment &#231;a ; c'est rare, m&#234;me chez les meilleures suceuses, les filles qui aiment le go&#251;t du sperme. Elles sont toujours l&#224; &#224; cracher dans leur mouchoir, &#224; faire leurs mijaur&#233;es, &#224; dire que c'est gluant, que &#231;a colle, que c'est d&#233;go&#251;tant ; pas elle, elle se pourl&#233;chait !
&#8212; Et ici aussi, tu sais, j'aime bien l&#233;cher... L&#224; en dessous, quand &#231;a sent fort...
Lui tenant la queue d'une main, elle lui souleva les couilles de l'autre et se mit &#224; fouiller de la langue dans les replis de peau velus pour laper la sueur. Elle eut un gloussement hyst&#233;rique.
&#8212; J'te l&#232;cherai m&#234;me le trou du derri&#232;re, Beau-P', si tu veux ! Y'a des gar&#231;ons qui aiment &#231;a. Oh, donne-la moi encore, m&#234;me toute molle, j'en ai encore envie. Fourre-moi la bien dedans. Je voudrais tout avaler, m&#234;me les grosses choses, l&#224;...
Elle se goinfra de sa chair et se mit &#224; lui m&#226;chonner la bite avec des grognements &#233;touff&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#8212; Oh, tu as frapp&#233; mon derri&#232;re tr&#232;s fort, Beau-P' ! minauda-t-elle en se touchant prudemment la croupe. Tu m'as fait tr&#232;s mal, j'ai l'derri&#232;re tout br&#251;lant !
Elle baissa les paupi&#232;res.
&#8212; Et t'as vu tous mes trous... tu m'as touch&#233;e de partout, Beau-P'... absolument de partout, vilain Beau-P' !
Un rire confus chevrota dans sa gorge.
&#8212; T'en as profit&#233;, hein, c'&#233;tait pas seulement pour m'donner la fess&#233;e ? J'ai bien senti que tu m'mettais le doigt dedans... Pas seulement derri&#232;re, m&#234;me devant ! J'l'ai bien senti, va !
&#8212; De quoi ? Tu oses ! Petite effront&#233;e ! J'vais t'apprendre, moi ! Mets-toi &#224; genoux, t'entends. Tout de suite ! Et demande-moi pardon.
Comme si elle n'avait attendu que &#231;a, B&#233;b&#233; tomba imm&#233;diatement &#224; genoux devant son beau-p&#232;re.
&#8212; Pardon, Beau-P'. Pardon ! Oh, j'disais pas &#231;a pour me plaindre, j't'assure ! Oh, j'le f'rai plus, t'je jure que je l'ferai plus !
&#8212; Et qu'est-ce que c'est qu'tu f'ras plus ? Tu peux m'le dire ? Et baisse ton bras ! Mets tes mains derri&#232;re ton dos.
B&#233;b&#233; ob&#233;it. Une fois qu'elle eut les mains derri&#232;re elle, elle se cambra sournoisement pour faire saillir sa poitrine, tout en gardant les cils baiss&#233;s. Elle resta muette un court laps de temps, comme si elle r&#233;fl&#233;chissait &#224; la question de son beau-p&#232;re.
&#8212; J'sucerai plus mes cousins dans la cuisine, Beau-P' ! chuchota-t-elle enfin. J'te l'promets. Ni dans la cuisine, ni dans ma chambre, ni dans le jardin. Ni m&#234;me dans la douche, Beau-P'. Nulle part.
&#8212; Et quoi encore ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pouffant nerveusement, B&#233;b&#233; porta son pouce &#224; sa bouche et le mordilla. Ses yeux devinrent fixes comme ceux d'une poup&#233;e. Juste sous son nez, Beau-P' avait commenc&#233; &#224; d&#233;boutonner sa braguette. Il ne se pressait pas. Toute tremblante d'impatience, B&#233;b&#233; le regardait faire.
&#8212; Et... murmura-t-elle, j'laisserai plus mon fr&#232;re ni aucun gar&#231;on me rentrer leur truc dans le derri&#232;re. J'te promets, Beau-P', plus jamais ! M&#234;me s'ils insistent, j'leur dirai non. Et m&#234;me si, comme y font souvent quand j'veux pas, y s'mettent &#224; plusieurs pour me tenir, et y'en a un qui me tient les mains pendant que l'autre, y m'baisse ma culotte et qu'un troisi&#232;me y m'&#233;carte les fesses pour me le mettre de force, eh bien, j'me laisserai plus faire ! J'les laisserai plus m'violer, Beau-P', c'est jur&#233;. Et, Beau-P', j'les laisserai plus m'le faire m&#234;me si j'en ai tr&#232;s envie ! J'te l'promets !
Elle se tut et retira son pouce de sa bouche ; sous son nez son beau-p&#232;re venait de glisser deux doigts &#224; l'int&#233;rieur de son pantalon.
&#8212; Et quoi encore ? demanda-t-il.
&#8212; J'ferai plus d'r&#233;flexions si tu me touches mes trous en m'donnant la fess&#233;e, chuchota B&#233;b&#233; dont les yeux s'&#233;taient &#233;carquill&#233;s. Et... Beau-P', j't'ferai plus la gueule quand tu viendras dans ma chambre. Tu pourras v'nir tant qu'tu voudras, Beau-P', et me faire tout ce qu'tu voudras !
&#8212; Tout, vraiment ?
&#8212; Oh tout, Beau-P', absolument tout ! J'te l'jure ! T'auras qu'&#224; demander. M&#234;me pas, t'auras juste qu'&#224; me dire ce que tu veux. Comment que j'dois m'mettre, si je dois retirer ma culotte pour que tu m'punisses mieux, et tout &#231;a. J'ferai tout ce que tu voudras, Beau-P' !
Elle s'interrompit subitement et tout son visage refl&#233;ta une stupeur sans bornes. Un g&#233;missement de bonheur trembla entre ses l&#232;vres.
&#8212; Oh mon Dieu, Beau-P' ! Oh, mon Dieu, mais... Oh Beau-P ! Beau-P' ! Qu'est-ce qu'elle est grosse, dis-donc ! Oh, oui, fais-la voir tout enti&#232;re, Beau-P', sors-la bien... Oh, mon dieu, j'te mens pas, j'en ai jamais vu une aussi grosse !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'outil que son beau-p&#232;re venait d'extraire du pantalon avait en effet des dimensions si impressionnantes que B&#233;b&#233; avait peine &#224; en croire ses yeux. Avec une morsure d'envie au c&#339;ur, elle comprit pourquoi sa m&#232;re en &#233;tait folle, de son second mari, voil&#224; pourquoi il la faisait marcher &#224; ce point.
&#8212; T'as vu cette matraque ? se glorifia Beau-P'. Regarde bien...
Entre deux doigts, il pin&#231;a le bout de sa verge et fit glisser la peau vers l'arri&#232;re pour &#233;plucher le gland.
&#8212; Oh oui, Beau-P', oh oui, fais sortir ton truc, &#231;a m'pla&#238;t bien quand les gar&#231;ons ils l'font sortir, c'est tout rouge... c'est d&#233;gueulasse, mais j'aime &#231;a ! Oh l&#224; l&#224;, qu'est-ce qu'il est gros le tien. Ton gland, j'veux dire, qu'est-ce qu'il est rouge, dis-donc !
&#8212; Il te pla&#238;t, mon engin ? Un Colt 36, que c'est ! Un Python 357 ! Un gros calibre ; ah, pour s&#251;r, &#231;a doit t'changer des 6,35 avec lesquels t'as fait joujou... regarde un peu &#231;a, hein ?
Le gland brillait &#224; la lumi&#232;re de la lampe de chevet comme un morceau de braise vivante.
&#8212; Oh, Beau-P', j'peux ? Dis, tu permets ? J'peux la toucher un peu, Beau-P' ? S'il te pla&#238;t ! Rien qu'un peu !
Elle &#233;leva une main tremblante et attendit la permission de son beau-p&#232;re. Il s'avan&#231;a vers elle et elle attrapa avidement la grosse tige de chair. Elle poussa un cri ravi.
&#8212; Oh, qu'est-ce que c'est dur, en plus, dis-donc ! J'peux, dis, j'peux, Beau-P' ?
&#8212; Bien s&#251;r, tu peux jouer avec, je t'la pr&#234;te !
&#8212; Oh, j'aime tellement &#231;a, Beau-P'... tellement que &#231;a me fait chaud d'partout quand les gar&#231;ons y me laissent leur toucher ! Oh, qu'est-ce que j'suis contente qu'on soit copains, maint'nant, toi et moi ! On va bien pouvoir s'amuser, en cachette de maman !
En extase, elle t&#226;tait des deux mains les couilles et la grosse bite au bout d&#233;couvert. Elle ne se rassasiait pas de la toucher. Curieusement, elle pin&#231;a entre le pouce et l'index la chair &#233;lastique et moite du gland d&#233;nud&#233;.
&#8212; C'est l'morceau qu'j pr&#233;f&#232;re, Beau-P', ce gros bout rouge, l&#224;... &#231;a fait sauter les gar&#231;ons quand on leur touche... (elle gloussa). Toi aussi, t'aimes &#231;a, hein, qu'on te l'touche, ton machin... J'sens bien comme tu bouges, va ! Oh, dis, Beau-P', est-ce que j'peux... avec le bout de la langue... rien qu'une fois ?
&#8212; Bien s&#251;r, qu'tu peux, fit Beau-P', qui commen&#231;ait &#224; perdre s&#233;rieusement les p&#233;dales. Tu peux l&#233;cher tant qu'tu veux... c'est pour toi, la grosse sucette, rien que pour toi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bon Dieu, cette fille le rendait dingue, absolument dingue. C'&#233;tait une vraie cingl&#233;e de la bite, il avait jamais vu une gourmande pareille. Les yeux hors de la t&#234;te, il la regarda tirer sa petite langue rose, aussi fine que celle d'une chatte, et lui effleurer doucement le dessous du gland. Une exquise sensation lui chatouilla la muqueuse et remonta le long de sa moelle &#233;pini&#232;re avant de venir exploser dans sa nuque. Il sentit ses doigts de pieds se mettre en &#233;ventail dans ses chaussures et suffoqua.
&#8212; Oh, Beau-P', je peux plus m'retenir, faut que je me la mette dans la bouche, que je m'la mette toute... tu permets, dis ? J'en ai trop envie ! Et n'aie pas peur, j'te la mordrai pas, j'ai l'habitude !
Sans attendre, elle ouvrit voracement la bouche. Quand il vit briller l'&#233;mail de ses petites dents nacr&#233;es, Beau-P' eut un mouvement de recul. Un frisson d'appr&#233;hension lui gla&#231;a l'&#233;chine. Cette idiote avait l'air si dingue qu'il prit peur tout &#224; coup qu'elle ne lui plante les dents dans le gland, et il eut comme une impulsion pour la repousser. Mais elle fut plus rapide que lui et l'engloutit jusqu'&#224; la racine.
Beau-P' suffoqua. C'&#233;tait pas possible, un truc pareil, il devait r&#234;ver. Quel velours, cette bouche, comme c'&#233;tait fondant ! Et chaud ! Et comme elle faisait bien tourner sa petite langue ! Il en avait des frissons dans tout le corps, par rafales, comme une crise de palu. Elle lui aspirait l'&#226;me, cette cannibale, elle le vidait de sa substance. Il en sanglota d'extase et lui caressa d&#233;votement le cr&#226;ne.
Ce n'&#233;tait pas du cin&#233;ma, on sentait qu'elle aimait &#231;a. Elle se goinfrait, elle s'empiffrait. Des deux mains, elle lui agrippait les couilles et s'enfon&#231;ait toute la tige au fond de la gorge, il pouvait alors sentir sa luette sur son gland, et il se demandait comment elle faisait pour ne pas &#233;touffer, puis elle se laissait aller en arri&#232;re en la lui pin&#231;ant entre les l&#232;vres, et &#231;a glissait vertigineusement, c'&#233;tait proprement divin. Quand c'&#233;tait presque sorti, qu'il n'y avait plus, r&#233;unies en une bague &#233;lastique et chaude, que les l&#232;vres autour du gland gonfl&#233; &#224; &#233;clater, elle lui interrogeait le trou de la bite avec le bout de la langue, et il avait alors l'impression que son c&#339;ur chavirait. C'&#233;tait trop.
&#8212; Doucement, B&#233;b&#233;, doucement, implora-t-il, prends ton temps, ma jolie... y'a pas l'feu, on doit pas prendre le train !
Tudieu, il comprenait maintenant, pourquoi tous les gar&#231;ons du voisinage rappliquaient ici en permanence comme une meute de chiens en rut. Elle devait les rendre dingues, les morveux ! Ils devaient en r&#234;ver jour et nuit de sa bouche de velours. Si elle continuait comme &#231;a, pour s&#251;r qu'il risquait l'infarctus ! Soudain, alors qu'elle fignolait autour du gland, Beau-P' se souvint de ce qu'elle avait dit sur les gar&#231;ons qui lui retiraient sa culotte pour l'enculer de force. Il r&#233;alisa que lui aussi il pourrait se la farcir, cette merveille. Suffirait d'y aller mollo, vu les dimensions de son engin,mais elle dirait pas non ! Il y avait de fortes pr&#233;somptions qu'elle soit autant gourmande du cul que de la bouche. Il revit l'anus gonfl&#233; qui se retournait comme une fleur quand il le lui avait claqu&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8212; Bon Dieu, se dit-il, m&#234;me si j'dois crever tout de suite d'un arr&#234;t du c&#339;ur, m&#234;me si c'est la derni&#232;re chose que j'fais sur cette putain de terre, faut que j'encule cette petite truie. Faut que j'lui d&#233;fonce la pastille ! J'aurais pas v&#233;cu pour rien... Ahrrrggghhh !
Elle le mordillait ! La petite fut&#233;e le mordillait, et c'&#233;tait insupportablement exquis ; il n'&#233;prouvait plus la moindre angoisse maintenant. Elle savait s'en servir de ses quenottes, c'&#233;tait une artiste, elle perdrait pas les p&#233;dales. Ses dents minuscules le picoraient &#224; une vitesse incroyable, c'&#233;tait tout bonnement miraculeux comme sensation. Il avait jamais rien connu de pareil, m&#234;me chez les putes les plus r&#233;put&#233;es, les championnes de la ventouse, celles qui prenaient trois fois le tarif d'une passe pour une pipe.
&#8212; Oh oui, oui... avec les dents... avec tes petites quenottes&#8230; g&#233;missait ridiculement Beau-P' en ondulant sur place comme un danseur de salsa.
Il l'enculerait plus tard, c'&#233;tait trop bon. Et soudain, voil&#224; que &#231;a le prit, par derri&#232;re, par en-dessous ; &#231;a venait de loin, du fond de ses reins, &#231;a s'enflait comme une vague de feu, &#231;a le soulevait sur la pointe des pieds comme une ballerine. Il battit l'air de ses bras.
&#8212; Oh, non, non, supplia-t-il, oh putain, &#231;a vient, je sens que &#231;a vient. Oh, j'vais tout larguer !
Aussit&#244;t B&#233;b&#233; la retira de sa bouche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8212; Oh non, Beau-P', le supplia-t-elle, j't'en prie, retiens-toi encore, ne l'fais pas, pas tout de suite, j'ai encore envie de la garder dans ma bouche !
&#8212; Trop tard, haleta son beau-p&#232;re, dont les yeux jaillissaient des orbites, c'est en train de monter, d&#233;p&#234;che-toi nom de dieu, c'est presque au bout, &#231;a va partir, vite, remets-la dans ta bouche ! Vite !
&#8212; Mais j'ai encore envie de la sucer moi !
&#8212; Tu pourras la sucer apr&#232;s tant que tu voudras, mais maintenant il faut que j'largue, &#231;a urge !
B&#233;b&#233; observait d'un &#339;il m&#233;fiant le gros gland qui bondissait, de-ci de-l&#224;, au gr&#233; des spasmes qui secouaient la verge.
&#8212; Tu dis &#231;a, mais quand elle sera molle, tu voudras plus que j'la suce. Tous les gar&#231;ons, c'est pareil !
&#8212; Moi, j'suis pas eux, je te la laisserai, j'te jure.
&#8212; Oh, chic, alors, fit B&#233;b&#233;, en frappant dans ses mains.
Elle se mit &#224; rire, ravie.
&#8212; C'est jur&#233; ? Tu m'la laisseras ? Oh, j'adore &#231;a, j'vais te dire, quand elle est molle et qu'elle devient dure dans ma bouche, c'est c'que j'pr&#233;f&#232;re... Oh, c'que c'est chouette, avec toi, c'est beaucoup mieux qu'avec les autres. Allez, enfile-la, et envoie-moi tout dans la bouche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'agrippant des deux mains, elle se la fourra jusqu'au gosier et aspira. Il &#233;tait temps. Dans une prodigieuse d&#233;charge il sentit sa substance s'arracher de lui-m&#234;me. Un &#233;clair blanc passa dans sa t&#234;te. Aussit&#244;t, un second jet de sperme, aussi g&#233;n&#233;reux que le premier, fusa hors de lui. Pour s&#251;r qu'il allait crever. Du fond de son extase, effar&#233;, il sentit que sa belle-fille ingurgitait, au fur et &#224; mesure, ce qu'il lui exp&#233;diait dans la bouche. Elle le t&#233;tait comme un nourrisson, elle avalait tout. Quand enfin une ultime secousse le fit panteler, et qu'il n'eut vraiment plus rien dans les couilles, elle consentit &#224; le lib&#233;rer.
Le tenant en main, comme une grosse banane trop m&#251;re qui commen&#231;ait &#224; fl&#233;chir, elle fit aller et venir le pr&#233;puce sur le gland qui luisait de bave.
&#8212; Tas vu ? J'ai tout aval&#233;. Regarde, c'est pas des blagues.
Elle ouvrit grand la bouche pour lui montrer et tira la langue comme chez le docteur. Il vit une goutte de sperme qui brillait sur sa luette.
&#8212; Oh, qu'est-ce qu'il y en avait beaucoup, dis-donc. J'me suis r&#233;gal&#233;e, tu sais. J'adore &#231;a, quand &#231;a gicle fort. T'as vu, elle est toute molle, maintenant, la vilaine !
Avec un rire pu&#233;ril, B&#233;b&#233; agitait la grosse verge flasque de droite &#224; gauche. Une ultime perle de sperme se forma &#224; l'or&#233;e du m&#233;at.
&#8212; Oh, y en a encore une goutte, donne vite, c'est pour moi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Esparbec&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce texte est extrait du livre &quot;La Pharmacienne&quot;, publi&#233; aux Editions de la Musardine.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Anonyme : Ma vie secr&#232;te</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Bramly</dc:creator>



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&lt;a href="https://www.secondsexe.com/magazine/-Les-grands-auteurs-.html" rel="directory"&gt;Les grands auteurs&lt;/a&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il &#233;tait environ onze heures du soir, il pleuvait et ventait par intermittence, et il y avait une petite lune cach&#233;e par d'&#233;pais nuages fuyant devant elle. Il y avait parfois un rayon de lumi&#232;re, &#224; d'autres moments tout &#233;tait sombre. Il faisait beaucoup de vent quand je passai par la voie pour un raccourci apr&#232;s m'&#234;tre demand&#233; si cela &#233;tait sans danger ou pas, je rencontrai un policier &#224; l'autre bout et lui souhaitai le bonsoir. Le crissement de mes pas sur le gravier r&#233;cemment &#233;tendu m'incommodait, &#224; la fois par la fatigue et par le bruit, j'allai donc sur la prairie qui le longeait et marchai tout &#224; fait silencieusement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme j'approchai de la rue o&#249; donnait la voie, je pus distinguer ce qui avait l'air d'un homme et d'une femme debout sur le sentier contre le mur lat&#233;ral du jardin de la maison vide, et bien &#233;loign&#233;s des lampes. Je pensai : &#171; Ils sont en train de foutre ou de jouer au doigt-qui-pue &#187;, je m'&#233;cartai donc davantage du sentier pour emp&#234;cher le bruit, et plus lentement, pour voir le badinage. Cela m'excitait lubriquement, car j'avais envie d'une femme.
Parvenu pr&#232;s d'eux, j'&#233;tais sous le couvert des murs du fond des jardins. L'id&#233;e de surprendre un couple en train de foutre augmentait mon excitation. &#171; Je ne veux pas, &#224; moins que tu me donnes l'argent d'abord &#187;, dit une voix f&#233;minine. Je m'arr&#234;tai, mais n'entendis pas de r&#233;ponse masculine. &#171; Alors je ne veux pas,
&#8212; qu'est-ce que tu as ? &#187; dit la voix aigu&#235;. Pas de r&#233;ponse audible, mais je vis une lutte, comme si un homme essayait de soulever les jupes d'une femme, et j'entendis un rire. Alors j'allai jusqu'au chemin, et continuai ma marche. &#171; Alors je ne veux pas, &#8212; pourquoi es-tu venu ici si tu n'as pas d'argent ? &#187; vint clairement &#224; mes oreilles, bien que dit d'un ton assez att&#233;nu&#233;. En arrivant &#224; l'angle du mur, je vis nettement une femme de belle taille dos au mur et un homme assez petit en face d'elle, la bousculant comme s'il essayait de la toucher ou de soulever ses jupes. La lutte amoureuse les emp&#234;cha de remarquer ma venue. Comme j'approchais d'eux, la femme dit : &#171; Sans l'argent je ne veux pas &#187;, &#8212; et puis il y eut un silence tandis que je continuais &#224; marcher.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne puis me souvenir de ce qui se passa exactement alors, mais je dis, comme j'&#233;tais &#224; c&#244;t&#233; d'eux :
&#171; Laisse-le te prendre et je te donnerai cinq shillings. &#187; &#171; Tr&#232;s bien, alors donnez-les ici &#187;, dit la femme. Je m'arr&#234;tai, et vis &#224; la faible lueur des lampes &#233;loign&#233;es que l'homme avait le couvre-chef et le col ouvert d'un marin. Un d&#233;sir germa plus vite que je n'&#233;cris cela, et ce que j'envisageais comme une plaisanterie obsc&#232;ne devint un acte v&#233;ritable, &#8212; je suivis mon impulsion sans penser aux cons&#233;quences.
&#171; Je te donnerai cinq shillings si tu me laisses vous voir le faire. &#187; &#171; Tr&#232;s bien &#187;, dit-elle &#8212; et &#224; lui : &#171; Veux-tu ? &#187; &#171; Je suis bon pour une sacr&#233;e bamboche &#187;, dit une voix m&#226;le rendue presque inarticul&#233;e par la boisson ou le froid. &#171; Donnez-moi l'argent d'abord. &#187;
&#171; Certainement, si vous le laissez le faire. &#187; &#171; Contournons les jardins &#187;, dit la femme, s'&#233;loignant avec l'homme vers l'arri&#232;re, et bien &#224; l'&#233;cart de la voie, moi &#224; leur suite. Nous nous arr&#234;t&#226;mes. &#171; Donnez-moi l'argent. &#187; &#171; Le policier ne va pas nous surprendre ? &#187; &#171; Il ne reviendra pas avant une demi-heure, dit la femme, il vient juste de passer. &#187; Je le savais, l'ayant rencontr&#233;. Nous &#233;tions maintenant loin des lampes, il faisait noir. &#171; Touchons ton con &#187;, dis-je, envahi par une obsc&#233;nit&#233; t&#233;m&#233;raire. L'homme pr&#232;s de nous continuait de rire tout bas pour lui-m&#234;me, et de chanceler, croyais-je, mais je n'en &#233;tais pas s&#251;r. Il s'approcha comme moi de la fille. &#171; Laisse-moi toucher ton con &#187;, dis-je.
La fille souleva ses jupons, son dos contre un mur ; je mis ma main entre ses cuisses, et rencontrai la main de l'homme sur le m&#234;me trajet, nous &#233;tions tous deux en train d'entreprendre le m&#234;me endroit. &#171; Sacr&#233;e bamboche &#187;, dit une rauque voix ivrogne. Nous t&#226;tonn&#226;mes tous deux ensemble. &#171; Un &#224; la fois &#187;, dit-elle. Je retirai ma main et elle heurta sa queue, que je pris, et je crois jusqu'&#224; aujourd'hui que le matelot pensa que c'&#233;tait la fille qui le touchait. Je la serrai, et un &#233;trange plaisir commen&#231;a &#224; me gagner comme je man&#339;uvrais doucement ma main le long de sa queue raide dress&#233;e qui paraissait plus longue que la mienne. &#171; Tiens ferme, bougre que tu es &#187;, dit-elle.
Excit&#233; au-del&#224; de toute consid&#233;ration, j'&#233;treignis toujours et faisais glisser la queue &#224; travers ma main.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; O&#249; est ta queue &#187;, dit la fille. Je sentis sa main toucher la mienne. Laissant &#233;chapper sa queue, je dis : &#171; Pas d'embrouille. &#187; &#171; Il n'y a pas d'embrouille, dit-elle. O&#249; est votre argent ? &#187; Je mis ma main dans ma poche &#224; la recherche de l'argent, le sortis, et le lui donnai. &#171; Vas-y &#187;, dit-elle &#224; l'homme. Ils se coll&#232;rent imm&#233;diatement l'un &#224; l'autre. &#171; Sacr&#233;e bamboche &#187;, entendis-je encore marmonner. &#171; L&#232;ve tes jupes, j' peux pas toucher ton cul. &#187; Je sentis que ses jupes &#233;taient remont&#233;es. Je mis mon parapluie contre le mur, saisis une cuisse avec ma main gauche, et la droite alla vers sa chatte, mais fut arr&#234;t&#233;e par le contact de la queue de l'homme qui &#233;tait contre son ventre. &#171; Je vais l'y mettre &#187;, dit-elle. L'instant suivant, le va-et-vient avait commenc&#233;, je sentais le tortillement de ses fesses que je tenais avec ma main gauche, les mains de l'homme &#8212; entouraient maintenant le cul par-dessus la mienne, et sous les jupes. &#171; Elle est sortie, dit-elle, arr&#234;te, je vais l'y remettre &#187; &#8212; et tout fut calme. Sa vigueur avait fait glisser sa queue au-dehors. La femme la reconduisit au fond, et les secousses du post&#233;rieur reprirent. Je comprenais ce qu'elle disait, mais je devinais beaucoup de ce qu'elle faisait d'apr&#232;s ce qu'elle disait. Le mouvement de la fesse &#233;tait indubitable.
Il faisait trop noir pour voir. Je l'entendais lui qui respirait fortement, et sentais ses cuisses &#224; elle trembler et s'agiter. Changeant de c&#244;t&#233; et me penchant, j'&#233;tendis compl&#232;tement par-derri&#232;re mon bras et ma main autour de ses fesses, entre ses cuisses et sous son con, jusqu'&#224; ce que mes doigts passent son trou du cul, touchent sa queue &#224; lui, et saisissent ses couilles. Je doute qu'il s'en soit aper&#231;u, car sa jouissance le faisait souffler comme un homme hors d'haleine d'avoir couru. Je touchai la tige de sa queue comme il man&#339;uvrait en arri&#232;re, et sentis qu'elle &#233;tait humide de la moiteur du con. Puis, au marmonnement rauque de
&#171; Sacr&#233;s foutre et queue, sacr&#233; con &#187;, je le sentis bourrer et remuer ferme, et puis ils furent tous deux immobiles et silencieux. Je continuai &#224; t&#226;tonner de ma main sous son con, et &#224; toucher la tige de sa queue par-derri&#232;re, avec mon pouce et mon index.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne se pressait pas de se retirer. &#171; Tu as fini, va-t'en. &#187; &#171; R'foutons un coup &#187;, dit-il. &#171; Non. &#187; Comme il parlait, sa queue s'affala au-dehors pr&#233;cis&#233;ment sur ma main, la mouillant. La fille s'&#233;carta, l'homme jura.
&#192; pr&#233;sent enrag&#233; de lubricit&#233;, je dis, levant ses jupes :
&#171; Touchons ton con. &#187; Elle me laissa faire. &#171; Mon Dieu quel foutre, &#8212; que ton con est doux, &#8212; laisse-le te refoutre, &#8212; je te donnerai plus d'argent, &#8212; touche-moi, &#8212; branle-moi. &#187;
Je ne me rappelle pas que la fille ait parl&#233;, mais elle attrapa ma queue pendant que je t&#226;tonnais son con avec des doigts satur&#233;s de sperme. Pas de d&#233;go&#251;t alors. Sur le moment j'aimais cela. Elle s'arr&#234;ta de branler.
&#171; Mets-la-moi, c'est meilleur. &#187; &#171; Non. &#187; &#171; Oh ! c'est tr&#232;s bien, &#8212; c'est agr&#233;able, &#8212; mets-la dedans. &#187; &#171; Non. &#187;
&#171; Je t'en prie, &#8212; j'ai envie d'une enfilade. &#187; &#171; Tu viens juste de te faire mettre. &#187; &#171; Fais-le. &#187;Je c&#233;dai et, mettant ma queue dans son con empestant, la foutis. &#171; Oh ! je viens. &#187; &#171; Moi aussi. &#187; &#171; Oh ! &#8212; ah ! ah ! &#187; Je d&#233;chargeai et pense qu'elle le fit, je n'en suis pas s&#251;r ; mais elle foutait dur, et me serrait contre elle. Le marin avait pris ma place et regardait je suppose, le dos contre le mur, en marmottant quelque chose.
Tandis que ma jouissance s'apaisait, je pouvais &#224; peine voir l'homme &#224; nos c&#244;t&#233;s continuant, je suppose, &#224; man&#339;uvrer sa queue avec son poing comme une machine &#224; vapeur, je sentais le sperme d&#233;goutter sur mon appareil, partout. &#171; Allons que j' te r'foute &#187;, dit la voix rauque de l'homme. &#171; Je te donnerai de l'argent pour le laisser faire &#187;, dis-je. Ma queue vint au-dehors. &#171; Tr&#232;s bien, dit-elle, laissez-moi d'abord pisser&quot;. &#171; O&#249; est votre queue, dis-je, est-elle dress&#233;e ? &#187; &#171; Joliment bien. &#187; Je mis la main dessus, et l'empoignai. Un d&#233;sir nouveau et une curiosit&#233; nouvelle pour un organe m&#226;le me gagn&#232;rent. La femme avait piss&#233; et se releva, elle attrapa ma queue qui pendait au-dehors, pendant que je tenais l'autre. Puis je sortis de l'argent, et lui donnai toutes les pi&#232;ces d'argent que j'avais,
&#8212; j'ignore combien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Enfile-la-lui &#187;, dis-je, branlant la queue ; elle n'&#233;tait pas raide, et j'&#233;tais impatient de le sentir foutre encore. Il se tourna face &#224; elle. &#171; L&#226;che ma queue &#187;, dit-il. La fille la prit. &#171; Elle n'est pas raide. &#187; &#171; Sacr&#233; machin &#187;, l'entendis-je dire. J'entendis de nouveau le bruissement de la branlette et de ses jupes soulev&#233;es. &#171; Ton con est sacr&#233;ment vaseux &#187;, dit la voix enrou&#233;e, et il rit tout bas. &#171; Fais vite &#187;, dit la femme.
&#171; Oh ! le policier ! &#187; Je vis la lucarne de la lanterne du policier &#224; la moiti&#233; de la voie. J'&#233;tais alors debout en train de toucher ma propre queue avec excitation ; mais au m&#234;me instant un rayon de lune traversa les lourds nuages et me fit voir l'homme pressant son ventre contre la femme, avec ses jupons remont&#233;s en tas. La lucarne du policier, au loin, projetait de la lumi&#232;re &#224; travers les champs. &#171; La police ! &#187; dis-je.
&#171; Venez donc plus loin &#187;, dit la femme en rabattant ses jupes et s'&#233;loignant toujours plus loin dans l'obscurit&#233;, moi m'en allant vers la route. Ma concupiscence me quitta, &#8212; et quoi si le policier me voyait et me reconnaissait ! J'atteignis la route, tournai &#224; gauche le long du crissant sentier de gravier, marchant tr&#232;s vite et, d&#232;s que j'eus tourn&#233; le coin, je pris mes jambes &#224; mon cou, et courus ferme jusque chez moi, courus comme si j'avais commis un vol avec effraction.
M'introduisant avec ma clef de maison, je d&#233;couvris que j'avais oubli&#233; mon parapluie. Une terreur me prit. J'avais foutu une vulgaire nymphe de la rue, et dans le sperme d'un vulgaire matelot, tous deux avaient peut-&#234;tre la syphilis, &#8212; quoi de plus probable ? Je pouvais sentir le sperme humide et collant autour de ma queue, et sur mes couilles. Je m'&#233;tais mis &#224; l'&#233;poque &#224; dormir dans mon cabinet de toilette. Je pensais que ma femme devait &#234;tre, compte tenu de l'habitude, couch&#233;e depuis une heure. Quand j'entrai dans ma chambre, elle &#233;tait assise l&#224;, lisant, ce qui &#233;tait une chose tr&#232;s inhabituelle. Je m'assis, esp&#233;rant qu'elle quitterait la pi&#232;ce, car je voulais me laver et me demandais ce qu'elle dirait en me voyant laver ma queue &#224; cette heure de la nuit, ou en m'entendant &#233;clabousser. Mais elle ne bougeait pas, aussi, emportant le savon sans &#234;tre vu, je dis : &#171; J'ai une mauvaise diarrh&#233;e &#187;, et descendis jusqu'aux water-closets. M'y asseyant, je lavai ma queue dans le bassinet, et remontai. (Combien de fois dans ma vie une indisposition feinte m'a-t-elle secouru ? &#8212; combien de fois cela doit-il &#234;tre encore ?)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La peur de la v&#233;role me garda &#233;veill&#233; quelque temps. Alors la sc&#232;ne que j'avais travers&#233;e m'excita si violemment, que ma queue se dressa comme une &#233;p&#233;e. Je ne pouvais chasser la sc&#232;ne de mon esprit. J'&#233;tais violemment en rut. J'envisageai la branlette, mais un irr&#233;pressible d&#233;sir de con, con et rien que cela, me fit oublier ma peur, mon d&#233;go&#251;t de ma femme, notre brouille, et tout le reste, &#8212; et sautant hors du lit j'allai dans sa chambre.
&#171; Je ne vous laisserai pas, &#8212; pourquoi m'&#233;veillez-vous, et me rejoignez-vous dans une telle h&#226;te apr&#232;s vous &#234;tre tenu &#224; l'&#233;cart de moi pendant deux mois,
&#8212; je ne le ferai pas, &#8212; vous ne le ferez pas, &#8212; vous savez sans doute o&#249; aller. &#187;
Mais je sautai dans le lit et, la mettant de force sur le dos, j'enfon&#231;ai ma queue en elle. Ma queue devait &#234;tre raide, et moi brutal, car elle cria que je lui faisais mal.
&#171; Ne le faites pas si rudement, &#8212; que faites-vous ! &#187; Mais j'avais l'impression de pouvoir la tuer avec ma queue, et enfon&#231;ai, et enfon&#231;ai, et enfon&#231;ai, et d&#233;chargeai au fond en jurant. En la foutant je la ha&#239;ssais
&#8212; elle n'&#233;tait que mon vide-foutre. &#171; Allez-vous-en, vous l'avez fait, &#8212; et votre langage est tr&#232;s r&#233;voltant. &#187; Je ne sus jamais ce que je dis en la foutant furieusement, pensant &#224; la queue du matelot et &#224; la chatte spermeuse de la nymphe, et presque fou d'excitation. C'&#233;tait sans doute violent.
Je fus inquiet pendant une quinzaine de jours et allai deux fois chez le docteur faire examiner ma queue, mais je n'attrapai aucune maladie. J'allai t&#244;t le lendemain voir si mon parapluie &#233;tait dans les champs, mais il n'y &#233;tait plus, &#8212; je me demandai qui l'avait. Je ne revis jamais la femme &#224; ma connaissance mais, l'aurais-je vu cinq minutes apr&#232;s l'&#233;v&#233;nement, je ne l'aurais pas reconnue, ni le marin. Il m'apparut comme un jeune homme d'environ vingt ans, ivre et enrou&#233; par le froid, sa queue semblait &#224; peu pr&#232;s de la taille de la mienne. C'&#233;tait une femme bien d&#233;velopp&#233;e avec un gros derri&#232;re, mais flasque.
Bien que je ne puisse trouver mon parapluie, je vis la place o&#249; il &#233;tait tomb&#233; dans le gazon et l'endroit o&#249; nous avions badin&#233;, car un ou deux m&#232;tres carr&#233;s &#233;taient pi&#233;tin&#233;s jusqu'&#224; la boue, tandis que tout &#233;tait vert alentour.
Apr&#232;s que j'eus surmont&#233; mes craintes, j'eus un sentiment tr&#232;s particulier &#224; propos de l'amusement de la soir&#233;e. Il y avait une certaine somme de d&#233;go&#251;t, cependant une titillation obsc&#232;ne venait &#233;lancer mes couilles quand je pensais &#224; sa queue. J'aurais appr&#233;ci&#233; de la toucher plus longtemps, de l'avoir vue foutre, de l'avoir branl&#233; jusqu'&#224; ce qu'il d&#233;charge. Puis je me sentis f&#226;ch&#233; contre moi-m&#234;me, et m'&#233;tonnai de penser &#224; cela quand je ne pouvais souffrir d'&#234;tre tout pr&#232;s d'un homme o&#249; que ce soit, moi qui &#233;tais enivr&#233; de la beaut&#233; physique des femmes. L'affaire disparut progressivement de mon esprit, mais elle ressuscita quelques ann&#233;es plus tard. Mon imagination en de telles mati&#232;res &#233;tait alors devenue plus puissante, et me donnait un d&#233;sir de vari&#233;t&#233; dans les jouissances avec le sexe et, &#224; un certain degr&#233;, avec les sexes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Anonyme&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet extrait est publi&#233; avec l'aimable autorisation des Editions La Musardine&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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