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	<title>Le magazine SecondSexe - La culture du plaisir f&#233;minin</title>
	<link>http://secondse.cluster006.ovh.net/magazine/</link>
	<description>Second Sexe vous propose un magazine &#233;rotique, artistique et culturel d&#233;di&#233; au plaisir f&#233;minin sous toutes ses formes. Vous y trouverez les conseils sexo du Docteur O, les actualit&#233;s les plus br&#251;lantes, des papiers complets sur tous les sujets sexe, des nouvelles orgasmiques &#224; d&#233;guster ou &#224; &#233;crire soi-m&#234;me.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>La Rome Antique et la magie du silphium</title>
		<link>https://www.secondsexe.com/magazine/La-Rome-Antique-et-la-magie-du.html</link>
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		<dc:creator>Sophie Bramly</dc:creator>



		<description>La folie humaine face aux ressources de la plan&#232;te remonte &#224; loin et ainsi a disparu une herbe aux qualit&#233;s folles, servant de Viagra aux uns, comme contraceptif ou pilule abortive pour d'autres. Le silphium, &#233;galement appel&#233; silphion, laser ou encore &#171; suc de Cyr&#233;na&#239;que &#187;, &#233;tait &#233;galement utilis&#233; en parfum, en tonique, comme rem&#232;de universel (toux, fi&#232;vre, digestion, h&#233;morro&#239;des, morsures, empoisonnement, etc.) et comme condiment sur presque tous les plats qu'ils mangeaient, malgr&#233; un co&#251;t exorbitant (on (...)

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		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La folie humaine face aux ressources de la plan&#232;te remonte &#224; loin et ainsi a disparu une herbe aux qualit&#233;s folles, servant de Viagra aux uns, comme contraceptif ou pilule abortive pour d'autres. &lt;br/&gt;
Le silphium, &#233;galement appel&#233; silphion, laser ou encore &#171; suc de Cyr&#233;na&#239;que &#187;, &#233;tait &#233;galement utilis&#233; en parfum, en tonique, comme rem&#232;de universel (toux, fi&#232;vre, digestion, h&#233;morro&#239;des, morsures, empoisonnement, etc.) et comme condiment sur presque tous les plats qu'ils mangeaient, malgr&#233; un co&#251;t exorbitant (on le vendait au poids de l'argent). C'est le suc r&#233;colt&#233; &#224; la racine qui &#233;tait le plus pris&#233;, car plus pur et plus pur et concentr&#233; et Jules C&#233;sar en &#233;tait un fervent utilisateur, conservant pr&#233;cieusement un stock d'une demi-tonne. &lt;br/&gt;
Cependant, 500 ans plus tard, N&#233;ron et ses contemporains ne connurent qu'un seul plant : l'arbuste avait disparu, probable victime d'un changement climatique provoqu&#233; par les humains, entre urbanisation et d&#233;forestation de zones dans une bande de terre en Cyr&#233;na&#239;que, (Libye) o&#249; il poussait. Les efforts pour faire pousser cette plante aux vertus multiples sont rest&#233;s vains : il avait &#233;t&#233; impossible de la faire pousser ailleurs car elle n&#233;cessitait un microclimat sp&#233;cifique &#224; cette bande terre. Lorsqu'il est devenu &#233;vident que la surproduction allait causer la perte du pays, il &#233;tait trop tard, le microclimat n'a pu &#234;tre pr&#233;serv&#233; et la plante s'est &#233;teinte. &lt;br/&gt;
L'ombellif&#232;re, &#171; don pr&#233;cieux de la nature &#187; (Pline) et embl&#232;me du pays frapp&#233; sur les pi&#232;ces de monnaie, a fini par disparaitre des suites d'une agriculture intensive. Mais 2.000 ans plus tard, l'industrie pharmaceutique propose largement plus de deux mille m&#233;dicaments, Viagra, pilule contraceptive ou abortive et autres pour tenter de remplacer ce qui semblait &#234;tre un magnifique cadeau de la nature ...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Wonder Woman</title>
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		<dc:creator>Sophie Bramly</dc:creator>


		<dc:subject>Etats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Libido</dc:subject>
		<dc:subject>Fantasme</dc:subject>
		<dc:subject>Sexe &amp; pouvoir</dc:subject>
		<dc:subject>&#192; plusieurs</dc:subject>
		<dc:subject>BD</dc:subject>

		<description>Les femmes n'ont pas plus de super-h&#233;ro&#239;nes sur lesquelles se construire et se projeter, que de pornographie pour veiller sur leur libido. Il y en a une, &#224; laquelle de nombreuses f&#233;ministes actuelles se raccrochent lorsqu'il faut trouver des iconographies sur la puissance des femmes : Wonder Woman. Elle a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e par un homme, le docteur William Moulton Marston, un psychologue multidipl&#244;m&#233; de Harvard, pr&#233;cis&#233;ment dans le but d'aider les femmes : &#171; Wonder Woman &#233;tait de la propagande psychologique pour (...)

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&lt;a href="https://www.secondsexe.com/magazine/+-Sexe-pouvoir-+.html" rel="tag"&gt;Sexe &amp; pouvoir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.secondsexe.com/magazine/+-Partouze,64-+.html" rel="tag"&gt;&#192; plusieurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.secondsexe.com/magazine/+-mot84-+.html" rel="tag"&gt;BD&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L114xH150/arton3325-22f55.jpg&quot; width='114' height='150' style='height:150px;width:114px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les femmes n'ont pas plus de super-h&#233;ro&#239;nes sur lesquelles se construire et se projeter, que de pornographie pour veiller sur leur libido.&lt;br/&gt;
Il y en a une, &#224; laquelle de nombreuses f&#233;ministes actuelles se raccrochent lorsqu'il faut trouver des iconographies sur la puissance des femmes : Wonder Woman. &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e par un homme, le docteur William Moulton Marston, un psychologue multidipl&#244;m&#233; de Harvard, pr&#233;cis&#233;ment dans le but d'aider les femmes : &#171; &lt;i&gt;Wonder Woman &#233;tait de la propagande psychologique pour le nouveau type de femmes qui, selon moi, devrait dominer le monde.&lt;/i&gt; &#187; William Moulton Marston &#233;tait un slasheur avant l'heure : avocat, scientifique et enseignant, il avait fait sa th&#232;se sur la d&#233;tection du mensonge selon les variations de la pression art&#233;rielle (raison pour laquelle on le cr&#233;dite comme l'inventeur du d&#233;tecteur de mensonges), &#233;tait consultant psychologue pour Universal Pictures, avec qui il avait fait l'exp&#233;rience de couper la sc&#232;ne finale d'un film pour mesurer le niveau de frustration du public. Il &#233;crivait aussi des sc&#233;narios et partageait avec sa femme Elizabeth Holloway, avocate, la conviction que les femmes &#233;taient plus justes que les hommes. En 1925, ils avaient men&#233; une exp&#233;rimentation pour prouver que les femmes pouvaient &#234;tre des jur&#233;es plus fiables que les hommes. En 1929, il avait co-cr&#233;&#233; une soci&#233;t&#233; de production dont le premier sc&#233;nario portait sur une femme ind&#233;pendante &#233;conomiquement et sexuellement, &#224; une &#233;poque o&#249; certain.e.s pensaient encore que le f&#233;minisme &#233;tait &#224; classifier dans les perversions. La crise a emp&#234;ch&#233; le projet d'aboutir.&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 1925, alors qu'il &#233;tait mari&#233;, il a rencontr&#233; Olive Byrne &#224; la fac. Il &#233;tait son professeur de psycho, ils sont tomb&#233;s amoureux, il a impos&#233; le polyamour &#224; sa femme et la pr&#233;sence de Byrne dans la maison, sous peine de partir (les deux femmes ont v&#233;cu plus de soixante ans ensemble). Le jour, il travaillait avec Olivia, le soir elle lui faisait d&#233;couvrir des soir&#233;es o&#249; &#171; &lt;i&gt;les filles &#233;taient conduites jusqu'&#224; un couloir sombre, o&#249; on leur bandait les yeux et on leur attachait les bras&lt;/i&gt; &#187;. Ils menottaient par exemple des volontaires pendant qu'elles regardaient un film, pour mesurer leur niveau d'excitabilit&#233;. Il pensait les brunes plus r&#233;actives et notait leur niveau d'agitation pour essayer de comprendre &#224; travers elles les rapports de domination et soumission.
Le trouple a dur&#233; jusqu'en 1933, chacune faisant deux enfants. Byrne, journaliste sous le pseudo d'Olive Richard, est rest&#233;e &#224; la maison pour &#233;lever les quatre enfants alors qu'elle appartenait &#224; une grande lign&#233;e f&#233;ministe &#8211; elle &#233;tait la ni&#232;ce de &lt;a href=&quot;https://www.secondsexe.com/magazine/Margaret-Sanger-celle-qui-a-libere.html&quot; class='spip_out'&gt;Margaret Sanger&lt;/a&gt;, et sa m&#232;re avait aid&#233; cette derni&#232;re &#224; ouvrir la premi&#232;re clinique de contr&#244;le des naissances et &#224; distribuer des contraceptifs. Byrne avait failli perdre sa m&#232;re et pourtant elle s'&#233;tait trouv&#233;e &#224; travers un choix contraire &#224; celui des femmes de sa famille, laissant son flambeau f&#233;ministe &#224; un homme polyamoureux (et qu'aurait-il fait si une des deux femmes avait import&#233; dans le cercle un autre homme, posant les m&#234;mes exigences, accepter ou partir ?). &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 40, les bandes dessin&#233;es &#233;taient d&#233;cri&#233;es &#224; cause de leur violence et les m&#233;dias appelaient &#224; les bannir pour &#233;viter la violence chez les nouvelles g&#233;n&#233;rations, comme aujourd'hui avec les jeux vid&#233;o. Maxwell Charles Gaines, un ancien directeur d'&#233;cole qui avait plus ou moins invent&#233; la bande dessin&#233;e et fond&#233; All-American Comics (devenu ensuite DC Comics), a engag&#233; Marston comme consultant pour redresser la barre apr&#232;s avoir lu dans la presse les commentaires positifs de Marston sur l'impact des comics sur la jeunesse. Gaines ne savait rien de sa vie priv&#233;e, il cherchait juste quelqu'un pour son comit&#233; &#233;ditorial, charg&#233; de valider ses nouvelles sorties et de les assurer d'un label de conformit&#233;. Puisque le reproche principal &#233;tait la violence, le go&#251;t du sang et la maltraitance des femmes, Marston a recommand&#233; de cr&#233;er une super-h&#233;ro&#239;ne. Gaines, qui avait d&#233;j&#224; Superman &#224; son catalogue de succ&#232;s, accepta &#224; condition que Marston l'&#233;crive. Dans le pitch de d&#233;part, en 1941, Wonder Woman a un lasso magique qui force &#224; dire la v&#233;rit&#233; (les vieilles obsessions resurgissent) et de larges bracelets r&#233;sistants aux balles, directement inspir&#233;s de ceux qu'Olivia Byrne a port&#233; toute sa vie. Wonder Woman, &#224; l'image des h&#233;ro&#239;nes de la Gr&#232;ce Antique, avait &#233;t&#233; captive, encha&#238;n&#233;e, et s'&#233;tait &#233;chapp&#233;e avec d'autres. Ces nouvelles femmes lib&#233;r&#233;es et renforc&#233;es par leur autonomie avaient d&#233;velopp&#233; d'&#233;normes pouvoirs psychiques et physiques.&lt;br/&gt;
Le communiqu&#233; de presse disait que &#171; &lt;i&gt;Wonder Woman a &#233;t&#233; con&#231;ue par le docteur Marston dans le but de promouvoir au sein de la jeunesse un mod&#232;le de f&#233;minit&#233; forte, libre et courageuse, pour lutter contre l'id&#233;e que les femmes sont inf&#233;rieures aux hommes et pour inspirer aux jeunes filles la confiance en elles et la r&#233;ussite dans les sports, les activit&#233;s et les m&#233;tiers monopolis&#233;s par les hommes &lt;/i&gt; &#187;. Pour Marston, elle &#233;tait &#171; &lt;i&gt;de la propagande psychologique pour le nouveau type de femmes qui devraient, selon [lui], dominer le monde&lt;/i&gt; &#187;. &lt;br/&gt;
Dans les premiers dessins faits par Harry G. Peter, elle portait un bustier rouge, une tiare en or, une culotte bleue et des cuissardes rouges. &#202;tre sexy n'allait pas l'emp&#234;cher de combattre le fascisme par le f&#233;minisme en Am&#233;rique, &#171; &lt;i&gt;la derni&#232;re citadelle de la d&#233;mocratie, et des droits &#233;gaux pour les femmes&lt;/i&gt; &#187;.
En 1942, une organisation pour la d&#233;fense d'une litt&#233;rature d&#233;cente blacklista DC Comics, car Wonder Woman &#233;tait trop d&#233;v&#234;tue. Gaines se tourna vers Lauretta Bender, professeur en psychiatrie et psychiatre &#224; New York. Elle &#233;tait sp&#233;cialis&#233;e dans les traumas des enfants et avait d&#233;montr&#233; que, comme les contes de f&#233;es, les super-h&#233;ros aidaient les enfants &#224; surmonter certains traumatismes. Malgr&#233; tout, les critiques continuaient de pleuvoir du c&#244;t&#233; des femmes, tant Wonder Woman &#233;tait ligot&#233;e, encha&#238;n&#233;e, maltrait&#233;e. Dans les sc&#233;narios originaux aujourd'hui disponibles dans certaines grandes biblioth&#232;ques am&#233;ricaines, on peut lire les instructions donn&#233;es au dessinateur sur la fa&#231;on dont les cha&#238;nes devaient &#234;tre mises, autour du cou, sur les poignets, &#224; la hauteur des seins, aux chevilles&#8230; Marston aimait le bondage et avait balay&#233; d'un revers les critiques. Dorothy Roubicek, qui travaillait chez DC Comics et avait invent&#233; la kryptonite pour Superman, alla voir Bender qui confirma son intuition : non, les femmes n'avaient pas d'attrait particulier pour le masochisme et le sadisme. Bender trouvait que l'histoire telle qu'elle &#233;tait, refl&#233;tait une v&#233;rit&#233; : la diff&#233;rence des sexes n'&#233;tait pas un probl&#232;me sexuel ou la lutte pour une sup&#233;riorit&#233;, mais un probl&#232;me de relation entre les sexes. Sur ses conseils, Wonder Woman devint une h&#233;ro&#239;ne &#224; part, dans une histoire &#224; part, et les cha&#238;nes ont &#233;t&#233; remplac&#233;es par des cordes. Marston, dont les liens avec Margaret Sanger n'avaient jamais &#233;t&#233; rendus publics, avait &#233;t&#233; influenc&#233; par son mouvement de contr&#244;le des naissances, par les suffragettes et par le f&#233;minisme. Or toute l'iconographie et les actions de ces mouvements utilisaient les cha&#238;nes, dont il fallait se lib&#233;rer. Sanger n'avait-elle pas dit : &#171; &lt;i&gt;Pendant que les hommes se dressent fi&#232;rement face au soleil, en se vantant d'avoir mis fin &#224; l'esclavage, quelles cha&#238;nes d'esclavage sont, ont &#233;t&#233; ou pourraient jamais &#234;tre pire horreur que les cha&#238;nes sur chaque membre &#8211; sur chaque pens&#233;e &#8211; sur l'&#226;me m&#234;me d'une femme enceinte malgr&#233; elle ?&lt;/i&gt; &#187; En 1928, elle avait aussi publi&#233; un livre, Motherhood in bondage (La maternit&#233; encha&#238;n&#233;e), compilation des milliers de lettres qu'elle avait re&#231;ue de femmes, qu'elle d&#233;crivait comme les confessions de femmes esclaves. &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Marston a continu&#233; d'insister sur l'importance des cordes, sans rien r&#233;v&#233;ler de l'influence de Sanger sur son personnage. Il est mort en 1947, sans que cela fasse taire la haine des conservateurs. En 1954, un psychiatre a publi&#233; un livre qui l'a conduit au s&#233;nat pour dire &#224; quel point les bandes dessin&#233;es corrompaient la jeunesse et en particulier cette Wonder Woman, dont le f&#233;minisme &#233;tait r&#233;pugnant et n'aidait pas les femmes &#224; trouver leur place au foyer, cette &#171; &lt;i&gt;tendre place de m&#232;re &lt;/i&gt; &#187;. Bender avait beau r&#233;pondre que c'&#233;tait plut&#244;t les m&#232;res de Walt Disney qui &#233;taient dangereuses pour les petites filles, toujours tu&#233;es ou envoy&#233;es &#224; l'asile, elle n'a pas &#233;t&#233; pas entendue. La Comics Magazine Association of America exigea que dor&#233;navant, les bandes dessin&#233;es ne montrent plus ni sexe, ni sang, ni violence, sadisme ou masochisme, &#171; l&lt;i&gt;e traitement des histoires d'amour devra souligner la valeur du foyer et la saintet&#233; du mariage&lt;/i&gt; &#187;.&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s la guerre, les femmes ont &#233;t&#233; pri&#233;es de quitter leurs emplois, celles qui r&#233;sistaient on vu leur salaire diminuer. Wonder Woman a connu la m&#234;me vague de creux, devenue tour &#224; tour baby-sitter, mannequin et actrice, cal&#233;e sur son &#233;poque.&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Texte extrait de : &lt;br/&gt; &quot;&lt;i&gt;Un matin, j'&#233;tais f&#233;ministe&lt;/i&gt;&quot; de Sophie Bramly &lt;br/&gt;
288 pages &lt;br/&gt;
&#201;ditions KERO (01/03/2019) &lt;br/&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Il y a 100 ans, quand Berlin multipliait les genres </title>
		<link>https://www.secondsexe.com/magazine/Il-y-a-100-ans-quand-Berlin.html</link>
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		<dc:date>2021-09-04T04:04:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Bramly</dc:creator>


		<dc:subject>Libido</dc:subject>
		<dc:subject>Lesbienne</dc:subject>
		<dc:subject>Homosexualit&#233;</dc:subject>
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		<description>De 1919 &#224; 1933, il existait &#224; Berlin* un Institut de Sexologie tr&#232;s en avance sur son temps et peut-&#234;tre m&#234;me sur le n&#244;tre, puisqu'il s'int&#233;ressait avec une tr&#232;s grande bienveillance aux sexualit&#233;s dites &quot;interm&#233;diaires&quot;, aux droits des femmes, ainsi qu'&#224; la cause LGBT. L'institution &#233;tait le fruit de la volont&#233; d'un seul homme, Magnus Hirschfeld, influenc&#233; par le travail du dermatologue Iwan Bloch, qui en 1906, avait imagin&#233; un nouveau type d'&#233;tude, la sexologie, mixant sciences m&#233;dicales, sociales et (...)

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&lt;a href="https://www.secondsexe.com/magazine/+-Homosexualite-+.html" rel="tag"&gt;Homosexualit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.secondsexe.com/magazine/+-Androgynie-+.html" rel="tag"&gt;Androgynie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.secondsexe.com/magazine/+-Transgenre,24-+.html" rel="tag"&gt;Transgenre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.secondsexe.com/magazine/+-Bisexualite,25-+.html" rel="tag"&gt;Bisexualit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.secondsexe.com/magazine/+-Pratique-sexuelle-+.html" rel="tag"&gt;Pratique sexuelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.secondsexe.com/magazine/+-Queer,52-+.html" rel="tag"&gt;Queer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.secondsexe.com/magazine/+-Allemagne,71-+.html" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L150xH96/arton3322-8dc4b.png&quot; width='150' height='96' style='height:96px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De 1919 &#224; 1933, il existait &#224; Berlin* un Institut de Sexologie tr&#232;s en avance sur son temps et peut-&#234;tre m&#234;me sur le n&#244;tre, puisqu'il s'int&#233;ressait avec une tr&#232;s grande bienveillance aux sexualit&#233;s dites &quot;interm&#233;diaires&quot;, aux droits des femmes, ainsi qu'&#224; la cause LGBT.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'institution &#233;tait le fruit de la volont&#233; d'un seul homme, Magnus Hirschfeld, influenc&#233; par le travail du dermatologue Iwan Bloch, qui en 1906, avait imagin&#233; un nouveau type d'&#233;tude, la sexologie, mixant sciences m&#233;dicales, sociales et humaines, pour comprendre la sexualit&#233; humaine, afin de d&#233;mystifier l'exp&#233;rience sexuelle humaine. &lt;br/&gt;
Hirschfeld avait lanc&#233; un &lt;i&gt;Comit&#233; des Sciences Humaines&lt;/i&gt; d&#232;s 1897, pour soutenir les droits des LGBT (lui-m&#234;me &#233;tait homosexuel). Le comit&#233; avait &#233;dit&#233; une revue sur les diff&#233;rentes sexualit&#233;s et Hirschfeld avait &#233;galement mont&#233; une biblioth&#232;que unique en son genre, avec plus de 20.000 livres de litt&#233;rature homosexuelle et &#233;rotique. L'institut avait un ensemble de d&#233;partements : m&#233;dical, psychologique, ethnologique et un bureau de conseils. 20.000 personnes par an avaient recours &#224; leurs diff&#233;rents services (&#233;ducation sexuelle, contraception, MST, &#233;mancipation f&#233;minine ...), et les personnes d&#233;munies ne payaient pas les consultations. Berlin semblait &#234;tre la ville de toutes les utopies sexuelles, o&#249; (presque) tout &#233;tait possible. &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Car Magnus Hirschfeld d&#233;fendait l'id&#233;e de l'interm&#233;diation sexuelle, une classification o&#249; tous les traits de caract&#232;re existent dans un ordre allant du masculin au f&#233;minin. Selon lui, tous les &#234;tres humains poss&#233;dent des caract&#233;ristiques masculines et f&#233;minines, personne n'est enti&#232;rement masculin ou enti&#232;rement f&#233;minin, mais un peu des deux. Un homme ayant une libido f&#233;minine, par exemple, serait homosexuel, tandis qu'une personne ayant des organes sexuels masculins et des caract&#233;ristiques psychologiques essentiellement f&#233;minines serait probablement transgenre. Il avait m&#234;me &#233;mis l'hypoth&#232;se que les homosexuel.le.s &#233;taient un troisi&#232;me sexe, avec des des caract&#233;ristiques physiologiques distinctes. Il fut par ailleurs le premier &#224; parler de transexualisme et &#224; avoir des transexuels aussi bien dans son staff que parmi ses patients. Plus &#233;tonnant encore : c'est dans son institut qu'on eu lieu les premiers op&#233;rations de changements de genres. &lt;br/&gt;
Hirschfeld a &#233;galement encourag&#233; les services de police de Berlin &#224; limiter les arrestations de travestis, y compris prostitu&#233;.e.s, en cr&#233;ant des cartes de travesti d&#233;livr&#233;es au nom de l'Institut, et bien que les pratiques homosexuelles &#233;taient officiellement interdites dans l'Allemagne des ann&#233;es 30, il aidait les homosexuel.le.s &#224; se regrouper en communaut&#233;s pour s'entraider. &lt;br/&gt;
En 1919, Hirschfeld a m&#234;me co-&#233;crit et jou&#233; dans le film &lt;i&gt;Anders als die Andern&lt;/i&gt; (&quot;Diff&#233;rent des autres&quot;), une trag&#233;die sur un homosexuel victime d'un chantage de la part de son amant. Il esp&#233;rait que ses efforts en faveur de l'homosexualit&#233; conduiraient &#224; une Allemagne plus tol&#233;rante. &lt;br/&gt;
Le lieu &#233;tait suffisamment hors-norme pour attirer des scientifiques et politiques d'Europe, de Russie et des Etats-Unis, curieux d'acc&#233;der aux recherches, ainsi que des personnalit&#233;s aussi engag&#233;es sur la sexualit&#233; f&#233;minine que &lt;a href=&quot;https://www.secondsexe.com/magazine/Margaret-Sanger-celle-qui-a-libere.html&quot; class='spip_out'&gt;Margaret Sanger&lt;/a&gt;.&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'&#233;tait trop beau pour que cela puisse durer : en 1933, peu apr&#232;s avoir pris le pouvoir, les nazis - fonci&#232;rement homophobes - ont ferm&#233;s les clubs gays et br&#251;l&#233; l'Institut avec toutes ses archives (dont 35.000 photographies documentant des exp&#233;riences sexuelles, des objets sexuels, des oeuvres d'art &#224; caract&#232;re sexuel, et plus de 40.000 biographies). Joseph Goebbels en a fait un grand spectacle de rue, faisant un discours devant un rassemblement d'environ 40,000 personnes. Les nazis auraient aussi possiblement tu&#233; la premi&#232;re personne transexuelle de l'histoire, Dora &quot;D&#246;rchen&quot; Richter et apr&#232;s la Nuit des Longs Couteaux, les gays furent bannis d'Allemagne s'ils n'avaient pas &#233;t&#233; tu&#233;s ou en d&#233;portation. Mais la rumeur dit que de nombreux nazis, y compris des fonctionnaires de haut rang, &#233;taient des patients de l'institut. L'attaque du b&#226;timent pourrait avoir &#233;t&#233; une couverture pour mettre la main sur des dossiers susceptibles d'incriminer certains d'entre eux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;N&#233;anmoins, Magnus Hirschfeld incarnait &#224; lui tout seul ce que Hitler percevait comme les trois plus grandes menaces contre l'Allemagne : il &#233;tait juif, homosexuel, et avait une philosophie politique lib&#233;rale. Il a fui vers la France o&#249; il a tent&#233;, en vain, d'ouvrir un &#233;tablissement similaire. Il est mort &#224; Nice en 1935.&lt;br/&gt;
En 1973, un nouvel Institut ouvrait ses portes &#224; l'Universit&#233; de Francfort sur Main et en 1994, l'Institut Robert Koch de Berlin ouvrait les Archives de Sexologie de Magnus Hirschfeld. Mais il n'est pas certain que ces &#233;tablissements partagent ce m&#234;me point de vue novateur sur la fluidit&#233; des genres ...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;* La ville de Berlin a eu une longue histoire de tol&#233;rance envers les homosexuels, qui remonte aux ann&#233;es 1800. On comptait plus de 40 bars gays dans les ann&#233;es 1920. L'&#233;chec du Reichstag allemand &#224; inclure les femmes homosexuelles dans le code p&#233;nal a donn&#233; naissance &#224; une communaut&#233; lesbienne particuli&#232;rement dynamique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#169; Illustration : extrait du film &lt;i&gt;Anders als die Andern&lt;/i&gt; co-&#233;crit par Magnus Hirschfeld&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Margaret Sanger, celle qui a lib&#233;r&#233; les femmes</title>
		<link>https://www.secondsexe.com/magazine/Margaret-Sanger-celle-qui-a-libere.html</link>
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		<dc:creator>Sophie Bramly</dc:creator>



		<description>La pilule a &#224; peine plus d'une cinquantaine d'ann&#233;es, et sans la d&#233;termination invraisemblable de l'am&#233;ricaine Margaret Sanger, je ne sais pas o&#249; nous en serions. Elle est n&#233;e &#224; la fin du XIXe si&#232;cle et a perdu sa m&#232;re lors d'un dix-huiti&#232;me accouchement. Sixi&#232;me de onze enfants survivants, elle a pass&#233; l'essentiel de sa jeunesse &#224; s'occuper de ses fr&#232;res et s&#339;urs. &#192; vingt et un ans, elle &#233;tait infirmi&#232;re. Install&#233;e plus tard &#224; New York elle a embrass&#233; l'activisme de son premier mari et les id&#233;es des (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L120xH150/arton3323-5ad58.jpg&quot; width='120' height='150' style='height:150px;width:120px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La pilule a &#224; peine plus d'une cinquantaine d'ann&#233;es, et sans la d&#233;termination invraisemblable de l'am&#233;ricaine Margaret Sanger, je ne sais pas o&#249; nous en serions. &lt;br/&gt;
Elle est n&#233;e &#224; la fin du XIXe si&#232;cle et a perdu sa m&#232;re lors d'un dix-huiti&#232;me accouchement. Sixi&#232;me de onze enfants survivants, elle a pass&#233; l'essentiel de sa jeunesse &#224; s'occuper de ses fr&#232;res et s&#339;urs. &#192; vingt et un ans, elle &#233;tait infirmi&#232;re. Install&#233;e plus tard &#224; New York elle a embrass&#233; l'activisme de son premier mari et les id&#233;es des intellectuels.le.s et artistes de gauche que le couple fr&#233;quentait. Son engagement politique s'est m&#233;tamorphos&#233; en un f&#233;minisme radical, et elle a commenc&#233; &#224; publier r&#233;guli&#232;rement des articles dans un magazine local sur toutes les choses essentielles que les femmes devaient savoir de la sexualit&#233;. &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle avait vu sa m&#232;re avoir des grossesses non voulues &#224; r&#233;p&#233;tition, puis trop de femmes pratiquant des avortements &#224; risques, ne sachant rien des principes contraceptifs de base. Au d&#233;but du XXe si&#232;cle, les Am&#233;ricaines &#233;taient maintenues dans l'ignorance absolue de tout ce qui touchait &#224; la procr&#233;ation. Il existait &#224; l'&#233;poque une loi morale ultra-r&#233;pressive, &#171; &lt;i&gt;Comstock&lt;/i&gt; &#187;, qui interdisait de parler de sexe, d'avoir des contraceptifs, des sex-toys, d'avorter. &#201;tait passible de prison celui ou celle qui publiait des choses qui traitaient de ce tabou, quelle que soit la forme, quelle que soit l'enveloppe. Les rapports sexuels devaient &#234;tre une pratique invisible, absente de la vie publique, m&#234;me par allusions. Avec pour r&#233;sultat d&#233;vastateur des femmes ignorantes de tout ce qui touchait &#224; leur corps, leur sexe, leur sexualit&#233;, et des accidents meurtriers.
Apr&#232;s s'&#234;tre occup&#233;e d'une femme de plus, d'une femme de trop, morte sous ses yeux des suites d'un avortement qui avait mal tourn&#233;, Margaret Sanger aurait dit : &#171; &lt;i&gt;J'ai jet&#233; ma sacoche de nurse dans un coin et annonc&#233; que je ne m'occuperais pas d'autres patientes tant qu'il ne sera pas possible aux femmes am&#233;ricaines qui travaillent de savoir comment contr&#244;ler leurs grossesses.&lt;/i&gt; &#187; Elle pensait que pour qu'il y ait un profond changement de soci&#233;t&#233;, il fallait que les femmes, en particulier celles dont les moyens &#233;taient limit&#233;s, soient lib&#233;r&#233;es de toute grossesse non souhait&#233;e. Seule, r&#233;volutionnaire et contre tous, elle a pris le risque incroyable de lancer une campagne pour obliger le gouvernement &#224; revoir sa position. &lt;br/&gt;
En 1914, elle a lanc&#233; un magazine mensuel &lt;i&gt;The Woman Rebel &lt;/i&gt; (la femme rebelle), initiant les femmes &#224; la contraception sous le slogan anarchiste un poil r&#233;vis&#233; &#171; Ni dieux, ni ma&#238;tres &#187;. Les femmes devaient &#234;tre ma&#238;tresses de leurs corps, il fallait limiter les naissances pour &#233;radiquer la mis&#232;re. Sanger avait &#233;galement publi&#233; un pamphlet de seize pages expliquant en d&#233;tail diverses m&#233;thodes contraceptives. Attaqu&#233;e pour avoir os&#233; envoyer son magazine par la poste (la loi Comstock interdisait aussi de poster des documents qui parlaient de sexualit&#233;, les postiers devaient bien se marrer), elle a du fuir vers l'Angleterre pour &#233;chapper &#224; son proc&#232;s. &lt;br/&gt;
L&#224;, influenc&#233;e par Havelock Ellis &#8211; un m&#233;decin qui avait publi&#233; des ouvrages sur la sexualit&#233; &#8211; elle a int&#233;gr&#233; &#224; son discours les notions de d&#233;sir et de plaisir dans les rapports sexuels (notions r&#233;volutionnaires pour des femmes &#224; qui l'on avait appris qu'il fallait se pincer le nez, attendre que cela passe, laisser les maris se soulager en rentrant du travail&#8230;). &lt;br/&gt;
Son premier &#233;poux avait &#233;t&#233; pi&#233;g&#233; par un repr&#233;sentant de Comstock, qui l'avait oblig&#233; &#224; lui pr&#233;senter son texte, La limitation de la famille. Il a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; trente jours de prison, assimilant ainsi pour la premi&#232;re fois les notions de contraception &#224; celles des libert&#233;s civiles. &lt;br/&gt;
Elle devait avoir une force de conviction et un enthousiasme &#233;blouissants, car cela n'a pas frein&#233; les ardeurs de son second mari, qui faisait r&#233;guli&#232;rement passer des lots de diaphragmes en contrebande via le Canada. &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 1916, elle a ouvert &#224; Brooklyn le premier planning familial au monde, connu d'abord sous le nom d'American Birth Control League, et soutenu financi&#232;rement par la famille Rockefeller. Elle y d&#233;fendait l'id&#233;e que les enfants devaient &#234;tre le fruit de l'amour, du souhait conscient de la m&#232;re et de l'assurance qu'ils puissent &#234;tre &#233;lev&#233;s en bonne sant&#233;. Elle voyageait, publiait, faisait des conf&#233;rences, m&#234;me devant le Ku Klux Klan. Elle ne triait pas, elle allait partout et faisait tout ce qui pouvait permettre de diffuser son message au plus grand nombre de femmes. Elle connaissait parfaitement leurs besoins, recevant d'elles des centaines de milliers de lettres. Elle a ensuite d&#233;ploy&#233; un second centre &#224; Harlem, pour aider les femmes noires dans une Am&#233;rique encore s&#233;gr&#233;gationniste, ce dont Martin Luther King la remercia publiquement.
En 1936, elle a gagn&#233; son proc&#232;s contre le gouvernement am&#233;ricain et commenc&#233; &#224; importer l&#233;galement des diaphragmes. Mais pourquoi s'arr&#234;ter l&#224; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle a initi&#233; des &#233;changes avec le m&#233;decin allemand Ernst Gr&#228;fenberg, un ophtalmologue devenu gyn&#233;cologue et obst&#233;tricien. Inventeur des pr&#233;mices du st&#233;rilet, il est connu aujourd'hui pour avoir parl&#233; de la stimulation du point G, encore si controvers&#233;. Bien que juif, il refusait de quitter son pays &#224; la veille de la Seconde Guerre mondiale. Ayant soign&#233; des femmes de hauts dignitaires nazis, il se croyait prot&#233;g&#233; par elles mais il a &#233;t&#233; emprisonn&#233; en 1937. Margaret Sanger se servit des relations qu'elle avait en Allemagne &#8211; elle s'&#233;tait entretenue avec les autorit&#233;s nazies sur la question du contr&#244;le des naissances &#8211; pour le sortir des prisons allemandes et l'installer &#224; New York. Mais l'Am&#233;rique puritaine n'&#233;tait pas pr&#234;te &#224; accepter le st&#233;rilet, imm&#233;diatement condamn&#233; par les m&#233;decins. &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 1951 elle a rencontr&#233; &#224; un diner le biologiste Gregory Pincus, sp&#233;cialiste des hormones et de la reproduction chez les animaux. Margaret Sanger, qui continuait de vouloir plus, lui a demand&#233; si un traitement modulant les niveaux d'hormones f&#233;minines pourrait avoir une action contraceptive. C'&#233;tait sans doute possible, mais il fallait des fonds, assez pour financer plusieurs ann&#233;es de recherche. En 1952, elle a emport&#233; dans sa fi&#232;vre la biologiste et riche h&#233;riti&#232;re Katherine McCormick. Pincus, effar&#233; par les histoires folles que lui racontait Sanger sur les souffrances des femmes pour &#233;chapper aux grossesses non d&#233;sir&#233;es, s'est consacr&#233; &#224; plein temps &#224; la t&#226;che. En 1960, apr&#232;s quatre ann&#233;es d'attente, la Food and Drugs Administration a enfin autoris&#233; la commercialisation de la pilule. &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout &#224; coup, c'est toute l'histoire de l'humanit&#233; qui a chang&#233; ; les rapports sexuels ont cess&#233; d'&#234;tre les garants de la g&#233;n&#233;alogie et de la d&#233;mographie. Nous sommes entr&#233;s dans une nouvelle &#232;re, ouvrant la voie &#224; une nouvelle forme d'&#233;mancipation f&#233;minine, imbriqu&#233;e dans cette r&#233;volution sexuelle.
Margaret Sanger ne figure pas dans les livres d'histoire, on ne dit pas assez &#224; quel point les effets de cette invention sont r-&#233;volution-naires dans l'histoire de l'humanit&#233;. Je regrette que nous ne jouissions pas assez de cette faramineuse et si r&#233;cente libert&#233; sexuelle (nous nous sommes ouverts &#224; toutes sortes de sexualit&#233;s, mais d'autres sujets, chronophages, nous happent ailleurs), comme je d&#233;plore qu'il n'y ait pas assez d'initiatives pour rappeler aux femmes et aux hommes les b&#233;n&#233;fices de l'amour bien fait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Texte extrait de : &lt;br/&gt; &quot;Un matin, j'&#233;tais f&#233;ministe&quot; de Sophie Bramly &lt;br/&gt;
288 pages &lt;br/&gt;
&#201;ditions KERO (01/03/2019) &lt;br/&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le pays o&#249; les femmes initient les jeunes gar&#231;ons ...</title>
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		<dc:creator>Sophie Bramly</dc:creator>



		<description>L'&#238;le de Mangaia, dont le nom signifie &quot;pouvoir temporel&quot;, se situe dans l'oc&#233;an pacifique. Cette ile, tardivement d&#233;couverte par le capitaine Cook, mettait la famille au coeur de la soci&#233;t&#233;, jusqu'&#224; ce que l'Occident impose les r&#232;gles du catholicisme. Elle met aujourd'hui encore la sexualit&#233; au coeur de l'&#233;panouissement de la population - l'activit&#233; est prise tr&#232;s au s&#233;rieux - et continue de d&#233;marrer tr&#232;s t&#244;t l'&#233;ducation sexuelle des enfants. On encourage les gar&#231;ons &#224; se masturber d&#232;s l'&#226;ge de huit ou dix (...)

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		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#238;le de Mangaia, dont le nom signifie &quot;pouvoir temporel&quot;, se situe dans l'oc&#233;an pacifique. Cette ile, tardivement d&#233;couverte par le capitaine Cook, mettait la famille au coeur de la soci&#233;t&#233;, jusqu'&#224; ce que l'Occident impose les r&#232;gles du catholicisme. Elle met aujourd'hui encore la sexualit&#233; au coeur de l'&#233;panouissement de la population - l'activit&#233; est prise tr&#232;s au s&#233;rieux - et continue de d&#233;marrer tr&#232;s t&#244;t l'&#233;ducation sexuelle des enfants. &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On encourage les gar&#231;ons &#224; se masturber d&#232;s l'&#226;ge de huit ou dix ans, afin qu'ils connaissent mieux leur corps. A 13 ans, ils sont circoncis avec une entaille sur toute la longueur du p&#233;nis, par un homme leur apprenant diverses techniques pour procurer de multiples orgasmes &#224; leurs partenaires, notamment via des cunnilingus. &lt;br/&gt;
Deux semaines plus tard, une femme d'&#226;ge m&#251;r leur permet de passer de la th&#233;orie &#224; la pratique. L'objectif est que les deux partenaires puissent avoir deux &#224; trois orgasmes par nuit. Parce que la femme doit jouir avant l'homme, elle lui apprend &#224; contr&#244;ler ses &#233;jaculations (l'histoire ne dit pas si cette injonction oblige l'un et l'autre partenaire &#224; simuler en cas de ras-le-bol, mais apparemment l'enseignement qu'il.le.s re&#231;oivent leur permet d'arriver tr&#232;s facilement &#224; l'orgasme). &lt;br/&gt;
Les jeunes filles apprennent comment obtenir des orgasmes et sont encourag&#233;es &#224; avoir au moins trois ou quatre partenaires avant le mariage, pour &#234;tre s&#251;res de choisir le bon et savoir quoi attendre d'une relation sexuelle. La libert&#233; est telle que les ados parlent fr&#233;quemment de sexe avec leurs parents, pour qu'aucune zone d'ombre ne subsiste. Il leur arrive m&#234;me d'observer des partenaires plus &#226;g&#233;s qu'eux, pour plus de certitude. &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est inutile d'embarquer imm&#233;diatement vers cette terre promise, qui mise tout sur la jouissance f&#233;minine, car il y a un &#233;cueil de taille : la domination masculine r&#232;gne. Les hommes ont plus de partenaires que les femmes, ce qui est une premi&#232;re d&#233;ception, mais surtout, l'anthropologiste Donald Marshal, qui a fait une &#233;tude sur ce peuple &#224; la fin du XXe si&#232;cle, notait h&#233;las que les hommes n'h&#233;sitent pas &#224; tabasser les femmes lorsqu'elles sont r&#233;calcitrantes aux rapports. #mangaiantoo ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Connaissez-vous l'Osunalit&#233; ? </title>
		<link>https://www.secondsexe.com/magazine/Connaissez-vous-l-Osunalite.html</link>
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		<dc:date>2018-03-02T11:54:20Z</dc:date>
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		<dc:creator>Sophie Bramly</dc:creator>


		<dc:subject>Libido</dc:subject>
		<dc:subject>Erotisme</dc:subject>
		<dc:subject>Sexe &amp; pouvoir</dc:subject>
		<dc:subject>Pratique sexuelle</dc:subject>
		<dc:subject>Nu</dc:subject>
		<dc:subject>Danse </dc:subject>

		<description>L'approche africaine &#224; la f&#233;minit&#233;, &#224; la sexualit&#233;, est tr&#232;s &#233;loign&#233;e de l'approche jud&#233;o-chr&#233;tienne de l'Occident. Dans certains pays d'Afrique, la d&#233;esse de la F&#233;minit&#233; Osun (ou Oshun) &#224; m&#234;me donn&#233; lieu &#224; l' &#171; Osunalit&#233; &#187;, un nouveau courant f&#233;ministe Afro-Am&#233;ricain qui cherche &#224; se &#171; d&#233;-colonialiser &#187;. Il est devenu assez populaire pour que Beyonc&#233; la mentionne dans son album &#171; Lemonade &#187; et se pare de ses atouts sur sc&#232;ne. Pour les Yoruba (Nigeria et Benin), cette d&#233;esse est la d&#233;esse de la sexualit&#233; et du plaisir (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L150xH117/arton3244-9c856.jpg&quot; width='150' height='117' style='height:117px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'approche africaine &#224; la f&#233;minit&#233;, &#224; la sexualit&#233;, est tr&#232;s &#233;loign&#233;e de l'approche jud&#233;o-chr&#233;tienne de l'Occident. Dans certains pays d'Afrique, la d&#233;esse de la F&#233;minit&#233; Osun (ou Oshun) &#224; m&#234;me donn&#233; lieu &#224; l' &#171; &lt;i&gt; Osunalit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, un nouveau courant f&#233;ministe Afro-Am&#233;ricain qui cherche &#224; se &#171; &lt;i&gt;d&#233;-colonialiser&lt;/i&gt; &#187;. Il est devenu assez populaire pour que Beyonc&#233; la mentionne dans son album &#171; &lt;i&gt;Lemonade&lt;/i&gt; &#187; et se pare de ses atouts sur sc&#232;ne. &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour les Yoruba (Nigeria et Benin), cette d&#233;esse est la d&#233;esse de la sexualit&#233; et du plaisir sensuel. Selon Nikiru Nzegwu, auteur de l'essai &#171; &lt;i&gt;Osunality : Or the African Erotic &lt;/i&gt; &#187; (Osunalit&#233; : ou l'&#233;rotique Africaine, pas encore traduit en France), &#171; &lt;i&gt;l'osunalit&#233; est une ontologie sexuelle africaine progressive, bastion du pouvoir f&#233;minin &lt;/i&gt; &#187;. Pour elle, la vision occidentale est phallocentr&#233;e et par cons&#233;quent erron&#233;e : &#171; &#171; &lt;i&gt;La hi&#233;rarchie sexualis&#233;e des genres en l'Occident &#233;rotise la domination masculine et la subjugation f&#233;minine&lt;/i&gt; &#187;, ce qui limite autant le plaisir de l'homme que celui de la femme. Elle reprend par ailleurs la pens&#233;e traditionnelle de plusieurs cultures africaines : le pouvoir n'est pas dans le p&#233;nis, mais dans le vagin, c'est lui qui avale le p&#233;nis et le fait disparaitre dans le rapport h&#233;t&#233;rosexuel (une th&#233;orie &#224; rapprocher de celle de &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Naomi_Wolf&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;Naomi Wolf&lt;/a&gt;.)&lt;br/&gt;
Nikiru Nzwegu centre une large partie de son travail autour de ce qu'elle appelle &#171; &lt;i&gt;l'Osunalit&#233;&lt;/i&gt; &#187; et du &#171; &lt;i&gt; Miel de Osun&lt;/i&gt; &#187; pour parler du plaisir f&#233;minin ancestral : &#8220;&lt;i&gt;La force d'Osun montre un flux s&#233;quentiel qui va du d&#233;sir, &#224; l'&#233;veil, la copulation, l'accomplissement de plaisir, la conception, la naissance et la croissance&lt;/i&gt; &#187;. En r&#233;sum&#233;, la sexualit&#233; inclut de nombreuses &#233;tapes sensuelles et les femmes qui incarnent cette force d'Osun pr&#233;sentent leur sexualit&#233; d'une fa&#231;on puissante et visible, mais cette force a &#233;t&#233; corrompue par le colonialisme. C'est &#233;galement l'avis de Sylvia Tamale, qui a publi&#233; un ouvrage d&#233;taillant les sexualit&#233;s africaines et l'enseignement qui est fait aux femmes.&lt;br/&gt;
Quelques exemples viennent &#233;tayer son sujet : il existe toujours en Afrique de nombreuses &#233;coles de sexualit&#233; pour que les jeunes femmes sachent tout du co&#239;t avant de passer &#224; l'acte. &lt;br/&gt;
Au Kenya, ce sont les &#171; &lt;i&gt;tantes&lt;/i&gt; &#187; qui vont dans les soir&#233;es d'enterrements de vies de jeunes filles donner trucs et astuces. Il y a m&#234;me &#224; Nairobi une femme, Najad, dont la r&#233;putation d&#233;passe les fronti&#232;res, qui apprend aux femmes &#224; &#233;jaculer. &lt;br/&gt;
En Zambie, on pratique &#171; &lt;i&gt;la danse du lit&lt;/i&gt; &#187; pour apprendre la sexualit&#233;. Pendant que des tambours jouent, des femmes pratiquent des danses qui simulent le rapport sexuel afin que celles qui regardent puissent visualiser et comprendre. &lt;br/&gt;
En Ouganda, les femmes apprennent &#224; agrandir leurs grandes l&#232;vres pour &#224; la fois augmenter l'excitation de leur partenaire, faciliter la p&#233;n&#233;tration et accro&#238;tre leur plaisir. Cela aiderait &#233;galement l'&#233;jaculation f&#233;minine et l'orgasme, car le frottement du p&#233;nis sur ces l&#232;vres allong&#233;es enverraient certaines directement &#224; l'orgasme. Les tribus Baganda ont des femmes d&#233;di&#233;es &#224; l'apprentissage sexuel des jeunes filles, les &#171; &lt;i&gt;Ssengas &lt;/i&gt; &#187;. Elles enseignent &#224; prendre soin de son corps, &#224; tout savoir de la procr&#233;ation, l'usage des aphrodisiaques, l'ensemble des zones &#233;rog&#232;nes et tout l'art de l'&#233;rotisme. Elles portent sur les hanches, &#224; m&#234;me la peau, des colliers de perles qui font une musique &#233;rotique au gr&#233; des mouvements. &lt;br/&gt;
Au S&#233;n&#233;gal, les femmes ont ces m&#234;mes colliers de hanche, et sous leurs pagnes, un autre pagne couvert de dessins &#233;rotiques et/ou pornographiques. M&#234;me si une partie de cette &#233;ducation sert aussi &#224; faire plaisir au futur &#233;poux, il donne conscience aux femmes des bienfaits et des pouvoirs de la sexualit&#233;.
Au Nig&#233;ria, chez les Nnobi, il fut un temps - avant le colonialisme - o&#249;, les notions de genres n'&#233;taient pas binaires, la tribu n'&#233;taient pas scind&#233;e entre hommes et femmes, mais elle &#233;voluait de fa&#231;on flexible. Les femmes pouvaient &#233;pouser d'autres femmes et adopter des comportements masculins, les filles pouvaient devenir des fils*. Chez les Yorubas, on n'accordait pas non plus tant d'importance au genre, jusqu'&#224; l'arriv&#233;e des Europ&#233;ens**. &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'Osunalit&#233; sert aujourd'hui &#224; cela : d&#233;sapprendre la vision patriarcale de l'Occident et avoir une approche post-coloniale qui reprend les bases de la culture africaine et redonne une place centrale &#224; la sexualit&#233; et aux pouvoirs qui l'accompagne. Dans cette approche, ni le p&#233;nis ni la p&#233;n&#233;tration ne sont n&#233;cessairement centraux. L'osunalit&#233; se retrouve &#233;galement dans les Cara&#239;bes o&#249; le docteur Hepworth Clarke (sexologue jama&#239;caine et &#233;pist&#233;mologiste qui &#233;tudie cette approche au Br&#233;sil), appelle cela l'&#233;co-sexualit&#233;. Elle s'engage dans toutes les voies de la pleine conscience, des discours contre-oppressants, de la d&#233;colonisation et de tout ce qui peut enrichir et diversifier la vie sexuelle.&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces nouvelles f&#233;ministes afro-am&#233;ricaines suivent en cela le mouvement initi&#233; par &lt;a href=&quot;https://en.wikipedia.org/wiki/Audre_Lorde&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;Audre Lordre&lt;/a&gt;, &#233;crivaine am&#233;ricaine f&#233;ministe et activiste, dont le livre paru en 1981 &#171; &lt;i&gt;Uses of the Erotic : The Erotic as Power &lt;/i&gt; &#187; (usages de l'&#233;rotisme : l'&#233;rotisme comme pouvoir) expliquait de quelle fa&#231;on ce qu'elle nomme &#171; &lt;i&gt; l'&#233;rotique&lt;/i&gt; &#187; est un pouvoir dans la sph&#232;re priv&#233;e autant qu'en politique. Selon elle, le terme est mal interpr&#233;t&#233; dans nos soci&#233;t&#233;s patriarcales, &#171; &lt;i&gt;Eros &lt;/i&gt; &#187; en grec signifie l'amour dans un sens tr&#232;s vaste qui inclus le pouvoir.&lt;br/&gt;
De cela toutes les femmes, et pas uniquement celles originaires d'Afrique, devraient avoir conscience. &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;* Ifi Amadiume &#171; Male Daughters Female Husbands &#187; (Filles m&#226;les, femmes mari) &lt;br/&gt;
**Oyeronke Oyewumi &#171; The invention of Women : Making an African Sense of Wester Gender Discourses &#187; (L'invention des femmes : donner un sens africain au discours occidental sur le genre)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le 69 r&#233;volutionnaire </title>
		<link>https://www.secondsexe.com/magazine/Le-69-revolutionnaire.html</link>
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		<dc:date>2018-02-23T15:25:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Bramly</dc:creator>


		<dc:subject>Pratique sexuelle</dc:subject>
		<dc:subject>France </dc:subject>
		<dc:subject>Sexe &amp; politique</dc:subject>
		<dc:subject>Artiste</dc:subject>

		<description>Il n'est pas n&#233;cessaire d'&#234;tre la t&#234;te entre les jambes de son partenaire tout en le laissant - t&#234;te b&#234;che - op&#233;rer d'un m&#234;me rapport buccal, pour savoir &#224; quoi correspond le chiffre 69. Bien avant de savoir &#224; quoi cela correspond, les enfants eux-m&#234;mes savent que c'est grivois et dr&#244;le. Ce que l'on sait moins, c'est l'origine de l'expression, invent&#233;e par une Fran&#231;aise, r&#233;volutionnaire &#224; plus d'un titre. Anne-Jos&#232;phe Th&#233;roigne de M&#233;ricourt est un bourgeoise du XVIIIe si&#232;cle, partie de chez son p&#232;re &#224; l'&#226;ge de (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L150xH95/arton3238-fbb9f.png&quot; width='150' height='95' style='height:95px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il n'est pas n&#233;cessaire d'&#234;tre la t&#234;te entre les jambes de son partenaire tout en le laissant - t&#234;te b&#234;che - op&#233;rer d'un m&#234;me rapport buccal, pour savoir &#224; quoi correspond le chiffre 69. Bien avant de savoir &#224; quoi cela correspond, les enfants eux-m&#234;mes savent que c'est grivois et dr&#244;le. Ce que l'on sait moins, c'est l'origine de l'expression, invent&#233;e par une Fran&#231;aise, r&#233;volutionnaire &#224; plus d'un titre.&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Anne-Jos&#232;phe Th&#233;roigne de M&#233;ricourt est un bourgeoise du XVIIIe si&#232;cle, partie de chez son p&#232;re &#224; l'&#226;ge de 13 ans, pour aller vivre des aventures multiples un peu partout en Europe. Elle portait la cravache, le sabre et le pistolet, et s'est engag&#233;e corps et &#226;me dans la R&#233;volution Fran&#231;aise, participant &#224; la prise de la Bastille, marchant en t&#234;te du cort&#232;ge vers Versailles r&#233;clamer du pain.&lt;br/&gt; Artiste, courtisane, politique, celle que l'on nommait &#171; &lt;i&gt;La belle Li&#233;geoise&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt;l'Amazone rouge&lt;/i&gt; &#187; est aussi l'auteure du &#171; &lt;i&gt;Cat&#233;chisme libertin &#224; l'usage des filles de joie et des jeunes demoiselles qui se destinent &#224; embrasser cette profession&lt;/i&gt; &#187;, livre dans lequel apparait pour la premi&#232;re fois le terme de &#171; 69 &#187;, qui a depuis fait le tour du monde. &lt;br/&gt;
Elle a disparu de la sc&#232;ne publique lorsque - d&#233;j&#224; am&#232;re d'une r&#233;volution qu'elle consid&#233;rait rat&#233;e - une querelle a eu lieu entre Girondins et Jacobins &#224; l'Assembl&#233;e Nationale, qui lui a valu d'&#234;tre d&#233;nud&#233;e et humili&#233;e par un groupe de femmes la fessant publiquement. Elle &#233;chappa &#224; la guillotine plac&#233;e &#224; l'asile par son fr&#232;re, o&#249; elle v&#233;cue nue jusqu'&#224; sa mort. Celle qui a inspir&#233; &#171; &lt;i&gt;Les fleurs du mal &lt;/i&gt; &#187; &#224; Baudelaire apparait seins nus dans le c&#233;l&#232;bre tableau de Delacroix, &#171; &lt;i&gt;La libert&#233; guidant le peuple &lt;/i&gt; &#187;. &lt;br/&gt;
Il y a quelque chose de d&#233;licieux &#224; se dire que celle qui a donn&#233; un nom &#224; la plus connue des positions sexuelles affranchies, est celle qui symbolise la r&#233;volution et la libert&#233;, tout comme il y a quelque chose de d&#233;concertant dans la solitude des vrais r&#233;volutionnaires. &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans la Chine ancienne, le symbole du Yin et du Yang vantait d&#233;j&#224; la perfection de cet &#233;quilibre. Le Kamasutra, qui d&#233;signe la position sous le nom de &#171; Congr&#232;s du corbeau &#187;, a choisi cet animal solaire, car cette forme d'union poss&#232;derait un feu puissant et permettrait &#224; chacun d'avoir le &#171; feu &#187; de l'autre. Aucune obligation n'est faite bien s&#251;r &#224; vouloir ce feu, &#224; partager cette intimit&#233; int&#233;grale. Mais il est toujours bon de savoir que la r&#233;volution et la libert&#233; sont &#224; jamais li&#233;es &#224; cette position, ce qui sans doute n'est pas anodin &#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'homme qui aimait les femmes </title>
		<link>https://www.secondsexe.com/magazine/L-homme-qui-aimait-les-femmes.html</link>
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		<dc:date>2015-05-13T08:58:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Bramly</dc:creator>



		<description>Depuis Freud, qui avait fini par avouer que pour en apprendre davantage sur la sexualit&#233; feminine il fallait &#171; interroger votre propre exp&#233;rience, adressez-vous aux po&#232;tes ou attendez que la science soit en &#233;tat de vous donner des renseignements plus approfondis et mieux coordonn&#233;es &#187;, le sentiment g&#233;n&#233;ral autour de la sexualit&#233; f&#233;minine tourne fr&#233;quemment autour du manque et de l'oubli : manque de certitudes autour de la d&#233;finition de l'orgasme f&#233;minin, manque de d&#233;sir, manque de m&#233;moire lorsque le r&#244;le (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L150xH85/arton3185-9dad8.jpg&quot; width='150' height='85' style='height:85px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis Freud, qui avait fini par avouer que pour en apprendre davantage sur la sexualit&#233; feminine il fallait &#171; interroger votre propre exp&#233;rience, adressez-vous aux po&#232;tes ou attendez que la science soit en &#233;tat de vous donner des renseignements plus approfondis et mieux coordonn&#233;es &#187;, le sentiment g&#233;n&#233;ral autour de la sexualit&#233; f&#233;minine tourne fr&#233;quemment autour du manque et de l'oubli : manque de certitudes autour de la d&#233;finition de l'orgasme f&#233;minin, manque de d&#233;sir, manque de m&#233;moire lorsque le r&#244;le de l'homme est remis en cause &#8230; &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si tout le monde (ou presque) a entendu parler du point G, on sait peu de choses sur le travail de l'&#233;tonnant docteur Gr&#228;fenberg, si ce n'est sa d&#233;couverte du fameux point. Gyn&#233;cologue allemand, il fut officier sanitaire pendant la premi&#232;re guerre mondiale, et esp&#233;rait se sp&#233;cialiser dans les m&#233;tastases, comme il voulait aussi mieux comprendre la reproduction, et en particulier l'ovulation. Mais en d&#233;couvrant de quelle fa&#231;on tragique les femmes avortaient, il a chang&#233; d'orientation et cherch&#233; sans rel&#226;che des moyens pour elles de choisir librement d'&#234;tre m&#232;res ou non. Son premier apport majeur dans la vie des femmes, avant le Point G, fut d'avoir invent&#233; l'anc&#234;tre du st&#233;rilet. La seconde guerre mondiale arrivant, le gouvernement allemand, avec et ses id&#233;es aryenne, avait des id&#233;es tr&#232;s &#233;loign&#233;es sur la reproduction et le contr&#244;le des naissances ne rentrait pas dans l'id&#233;ologie de l'&#233;poque.&lt;br/&gt;
En 1933, le gyn&#233;cologue juif fut contraint de quitter son poste &#224; l'h&#244;pital de Berlin-Britz. Il fut arr&#234;t&#233; en 1937 et resta dans les camps nazis jusqu'en 1940. Il fut lib&#233;r&#233; par la tr&#232;s exceptionnelle infirmi&#232;re am&#233;ricaine Margaret Sanger, dont la volont&#233; de fer. Gr&#226;ce &#224; elle, il migra &#224; New-York, l'anneau contraceptif dans ses bagages. L'Am&#233;rique puritaine n'&#233;tait pas mieux dispos&#233;e que l'Allemagne, au nom d'un souci d&#233;mographique et de la toute relative libert&#233; accord&#233;es aux femmes. Le gyn&#233;cologue hors norme ouvrit un cabinet et continua inlassablement &#224; &#234;tre &#224; leur l'&#233;coute, y compris sur les insuffisances orgasmiques dont elles se plaignaient. Un jour qu'une patiente ne cessait de se lamenter, il lui conseilla - sans s'embarrasser de plus de forme - d'essayer avec un autre partenaire que le sien. Elle claqua la porte, choqu&#233;e et le rappela quelques jours plus tard pour pour le remercier : c'&#233;tait effectivement la solution. D&#232;s 1950, il notait que 80% des femmes n'arrivaient pas &#224; atteindre l'orgasme avec leur partenaire, mais que &#171; le manque d'orgasme et la frigidit&#233; sont deux choses s&#233;par&#233;es. (&#8230;) Une femme qui ressent uniquement l'orgasme clitoridien, n'est pas frigide et elle est parfois m&#234;me plus active sexuellement parce qu'elle est en chasse d'un partenaire masculin qui l'aidera &#224; remplir ses r&#234;ves et d&#233;sirs les plus &#233;rotiques &#187;. &lt;br/&gt;
Au bout de quarante ans d'exercice, les propos du gyn&#233;cologue arrivaient &#224; des conclusions diam&#233;tralement oppos&#233;es &#224; celles de Freud : pour lui, l'orgasme clitoridien n'est pas un orgasme infantile, le sexe f&#233;minin n'est pas un continent noir, la femme est au contraire toute de volupt&#233;s et son corps entier est &#233;rog&#232;ne. &#171; D'innombrables points h&#233;t&#233;rog&#232;nes sont r&#233;partis sur tout le corps, d'o&#249; la satisfaction peut &#233;clore, il y en a tellement que nous pourrions presque dire qu'il n'y a aucune partie du corps f&#233;minin qui ne donne pas de r&#233;ponse sexuelle. A une condition seulement : si le partenaire sait trouver ces zones &#233;rog&#232;nes &#187;. &lt;br/&gt;
L'histoire -qui est &#233;crite par les hommes - a pr&#233;f&#233;r&#233; se souvenir de Freud. &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De lui, il reste donc le vacillant souvenir du point G, r&#233;guli&#232;rement remis en cause par le corps m&#233;dical. H&#233;las, tout ce qui glorifie la femme ou affaiblit l'homme est &#233;touff&#233;, oubli&#233;. Les &#233;tudes qui r&#233;guli&#232;rement diss&#232;quent et morc&#232;lent la femme comme pour mieux la diminuer, les enqu&#234;tes qui montrent que les femmes sont moins nombreuses que les hommes &#224; jouir, participent &#224; maintenir des clich&#233;s de genre. &lt;br/&gt;
Le travail de Gr&#228;fenberg semble avoir &#233;t&#233; effac&#233;. &lt;br/&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Les diktats</title>
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		<dc:date>2013-02-28T05:23:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Bramly</dc:creator>



		<description>Si en Occident la sexualit&#233; est depuis longtemps sous le joug de la science, en Asie elle est consid&#233;r&#233;e comme un art. D&#232;s l'antiquit&#233;, les Chinois n'ont eu de cesse d'enseigner comment retarder l'orgasme de l'&#233;jaculation, ou mieux, comment s'abstenir d'&#233;jaculer, pour r&#233;g&#233;n&#233;rer l'&#233;nergie vitale. Loin de notre culte de la performance, la base de leur sexualit&#233; est dans le rapprochement des rythmes masculins et f&#233;minins et le souci de satisfaire la femme. Trois mille ans avant J&#233;sus-christ, les Chinois (...)

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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si en Occident la sexualit&#233; est depuis longtemps sous le joug de la science, en Asie elle est consid&#233;r&#233;e comme un art. D&#232;s l'antiquit&#233;, les Chinois n'ont eu de cesse d'enseigner comment retarder l'orgasme de l'&#233;jaculation, ou mieux, comment s'abstenir d'&#233;jaculer, pour r&#233;g&#233;n&#233;rer l'&#233;nergie vitale. Loin de notre culte de la performance, la base de leur sexualit&#233; est dans le rapprochement des rythmes masculins et f&#233;minins et le souci de satisfaire la femme. Trois mille ans avant J&#233;sus-christ, les Chinois pratiquaient d&#233;j&#224; de nombreux exercices pour prolonger et am&#233;liorer le plus possible le rapport sexuel. L'empereur Houang-Ti tenait de sa pr&#233;ceptrice le mouvement de la Neuvaine, qui consiste &#224; &#171; porter neuf coups en surface suivis d'un coup profond, chaque coup devant &#234;tre coordonn&#233; avec la respiration&quot;, un mouvement que certains adeptes pratiquent encore. Aujourd'hui il existe des ma&#238;tres qui enseignent ces pratiques aux Occidentaux, comme par exemple le point p'ing-yi , 3 cm sous le mamelon droit, pour diminuer l'excitation de son partenaire . Plus l'orgasme est retard&#233; plus il est possible d'atteindre un &#233;tat sup&#233;rieur de jouissance. &lt;br/&gt;
En Inde, la sexualit&#233; est un &#233;tat de joie, il faut que le plaisir dure le plus longtemps possible et on enseigne, l&#224; aussi, &#224; prolonger les pr&#233;liminaires comme on encourage la femme &#224; prendre son plaisir, avec pour objectif un &#233;change &#224; plusieurs niveaux, y compris spirituel. &lt;br/&gt;
Au Japon, il n'y avait pas de tradition de pudeur autour du corps et de la sexualit&#233;, bien au contraire m&#234;me, puisque c'&#233;tait la sexualit&#233; qui aidait a lutter contre la mort. Puis l'Occident y a essaim&#233; sa culture, d&#232;s la fin du XIXe si&#232;cle. Mais ce qui &#233;tait impudique, c'&#233;tait de montrer ses sentiments. On allait jusqu'a se raser les sourcils pour aider &#224; masquer les &#233;motions. Aujourd'hui, se sont les Mangas qui dictent les codes de la sexualit&#233; japonaise moderne. Et l'influence, h&#233;las, de l'Occident.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>la p&#233;n&#233;tration des mots</title>
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		<dc:date>2013-02-24T13:36:37Z</dc:date>
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		<dc:creator>Sophie Bramly</dc:creator>



		<description>Tous les adultes ont besoin d'un langage pour nommer l'innommable, et le point commun dans toutes les cultures est le recours a la m&#233;taphore. Le registre des mots d&#233;pend de l'&#233;poque et du degr&#233; de tol&#233;rance de chacun, qui fait qu'un m&#234;me mot peut &#234;tre &#233;rotique pour les uns et pornographique pour les autres. Un lexicographe am&#233;ricain, Jesse Sheidlower, a r&#233;cemment publi&#233; un livre entier consacr&#233; &#224; l'origine du mot &quot;fuck&quot;, qui signifie enculer en anglais, et s'emploie aussi bien pour d&#233;signer la sodomie que (...)

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		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tous les adultes ont besoin d'un langage pour nommer l'innommable, et le point commun dans toutes les cultures est le recours a la m&#233;taphore. Le registre des mots d&#233;pend de l'&#233;poque et du degr&#233; de tol&#233;rance de chacun, qui fait qu'un m&#234;me mot peut &#234;tre &#233;rotique pour les uns et pornographique pour les autres. Un lexicographe am&#233;ricain, Jesse Sheidlower, a r&#233;cemment publi&#233; un livre entier consacr&#233; &#224; l'origine du mot &quot;fuck&quot;, qui signifie enculer en anglais, et s'emploie aussi bien pour d&#233;signer la sodomie que pour insulter quelqu'un. Il date l'origine de ce double sens du XVe si&#232;cle germanique. &#192; l'&#233;poque, les mots tabous &#233;taient d'un autre registre : &#233;tait strictement interdit ce qui touchait au vocabulaire religieux, et en France et en Espagne encore plus qu'ailleurs. &#192; la Renaissance, les choses avaient d&#233;j&#224; &#233;volu&#233;, c'est le mot &quot;b&#226;tard&quot; qui &#233;tait la pire insulte possible et il y avait grand danger &#224; l'employer. Au 19&#232;me si&#232;cle, aux &#201;tats-Unis, c'est le mot &quot;jambe&quot; qui &#233;tait jug&#233; parfaitement obsc&#232;ne. Comme quoi nos id&#233;es &#233;voluent en permanence, ce qui compte c'est qu'un interdit, quel qu'il soit, demeure.&lt;br/&gt;
Le poids de la culture dans chaque pays est tel que certaines femmes polyglottes constatent qu'elles ne font pas l'amour de la m&#234;me fa&#231;on selon la langue qu'elles emploient. En anglais, les femmes ont plus facilement recours aux mots crus et demandent de fa&#231;on assez directe ce qu'elles veulent tandis qu'en japonais, ces m&#234;mes femmes ont constat&#233; que leur voix devenait plus aigu&#235; et leurs pratiques plus volontiers soumises.
Il faut donc non seulement trouver le bon mot, mais &#233;galement la bonne langue, en fonction de la fa&#231;on dont on veut mener ses &#233;bats !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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