Masturbatrice
Le 23/08/2011
Comme disait ma grand-mère : chaque femme doit prendre son plaisir où elle le trouve. Les inclinations, les goûts étant aussi variés que les personnalités, pourquoi réduire la quête du bonheur sensuel à un seul modèle ? Sur ce plan-là, comme sur bien d’autres, n’avons-nous pas toutes des besoins plus ou moins spécifiques ?
Telle de mes congénères voudra surtout que ses partenaires satisfassent son goût immodéré pour le cunnilingus. Telle autre ne touchera au comble de la félicité qu’après avoir reçu dans son orifice le plus étroit quelque phallus bien vigoureux. Certaines, enfin, ne jurent que par la levrette.
On pourrait dresser de la sorte, s’agissant de sexe, une liste des particularismes féminins qui aurait toutes les chances d’être infinie. J’ajoute ici ma modeste contribution à cet inventaire jamais terminé.
Je suis une femme qui aime se masturber. Quand je dis que j’aime, entendez : j’adore, je raffole, je chéris. Comprenez : rien ne me plaît plus, ne compte plus pour moi que cette volupté. En comparaison le reste ne me semble qu’inférieur, que fade. Pour quelle raison ? C’est un mystère que je n’ai jamais cherché à pénétrer. Je crois qu’il est bon, qu’il est sain d’accepter les choses telles quelles, sans se mettre en tête de vouloir tout expliquer. Au reste, à quoi sert-il de connaître les causes quand l’effet importe seul ?
Donc, dans ma sexualité, la masturbation occupe une place primordiale. Mais mon originalité réside en ceci que je préfère de beaucoup m’y adonner en duo. Pratiqué solitairement l’onanisme m’ennuie. Je n’ai pas l’imagination suffisamment fertile : forger des fantasmes assez puissants pour me transporter aux septièmes cieux n’est pas mon fait. J’ai besoin de voir. Et d’être vue.
Ordinairement, voici comment je règle mes ébats. Lorsque je fais la connaissance d’un homme à mon goût je l’affranchis immédiatement sur mon penchant. Il y adhère ou pas, c’est un choix que je lui laisse, et sur lequel j’ai le mérite d’être claire. Aucune relation n’est envisageable à mes yeux sans ce pacte. Étant à l’écoute des désirs d’autrui (dans la mesure du raisonnable), j’entends corollairement qu’on soit à l’écoute des miens (suivant cette même mesure).
Une fois que mon partenaire et moi sommes d’accord, j’organise tout. A dire vrai, je ne demande rien d’exceptionnel. Juste un minimum d’ouverture d’esprit agrémentée d’un peu de fantaisie.
Un exemple : je veux pouvoir assister à des séances de caresses, comme si je les surprenais par inadvertance. Voici comment. Mon ami se trouve dans la chambre, sur le lit, allongé sur les draps défaits après une nuit de sommeil. Sa main s’active entre ses cuisses. Je fais irruption dans la pièce, en peignoir. Je feins de m’étonner. « Eh bien, tu te touches ? » Là, j’attends un brin de comédie. Des dénégations, des joues qui rougissent, etc. J’interprète pour ma part la femme pleine de mansuétude, qui tolère et même encourage. « Continue, donc, mon chéri, ça ne me dérange pas…au contraire ! » En face du lit, je me plaque dos au mur. J’observe. La main reprend ses stimulations. Je la vois aller et venir sur le sexe rigide de mon homme… Cela m’excite à mort ! Le rythme s’accélérant, je sens monter ma température corporelle de plusieurs degrés. Entre les pans inférieurs de ma sortie de bain je glisse une main fébrile. Mes doigts s’insinuent… « Continue… » Ce spectacle je le dévore, paupières écarquillées, pupilles dilatées, avec l’impression de voir s’ouvrir toutes grandes devant moi les portes d’une intimité à toute autre inaccessible. Ce privilège qui m’est réservé exclusivement (du moins je veux le croire) provoque dans tout mon corps un émoi d’une intensité sans pareille. S’enfonçant dans mon vagin mes doigts reviennent, gluants de mouille, masser mon bouton qui n’en peut plus de bander. Mes fesses se frottent au mur, mes jambes se plient, se tendent. Dans mes veines le sang se transforme en lave, monte au visage, m’embrase… Je viens vite. Et fort. C’est si bon !
Le soir, les caresses à deux prennent une tournure nouvelle. Je possède toute une collection de gadgets appropriés. J’en use comme il se doit et autant que possible. Or, si à d’autres moments je tire mon excitation de l’observation des caresses d’autrui, à cet instant c’est d’être observée qui m’excite. J’aime qu’on me contemple à la lumière douce d’une lampe tamisée. Sur le lit, tournée vers mon partenaire, je presse mes seins d’une main, promenant de l’autre entre les lèvres de ma vulve trempée la tête vibrante de mon sextoy. Mon souffle s’accélère, s’interrompt, s’emballe de plus belle… Ma bouche se tord… Mes yeux supplient… Qu’on lèche mes tétons, voilà ce que je réclame !
A peine commence-t-on à me contenter que mon ventre se contracte. Les yeux rivés sur la bouche qui me suçote, je guette les mouvements de la langue, dont l’apparition intermittente, lorsqu’elle titille avec fougue mes bouts très durs, m’exalte. C’est encore un trait de ma sexualité que je ne saurais expliquer… Cette fascination pour les langues bien roses étalant leur salive abondante sur mes tétons… Il me suffit de porter les vibrations du sextoy au maximum, alors, pour partir aussitôt. Parfois, il arrive aussi que l’un à côté de l’autre mon partenaire et moi nous nous caressions devant un film lesbien.
Autre scène. Je me rends en galante compagnie dans une boîte échangiste qui a mes faveurs et où l’on connaît parfaitement mes goûts. Une hôtesse très court vêtue s’occupe de mener l’homme qui m’accompagne vers une salle aménagée avec soin. Des matelas, des coussins, entre autres, attendent l’élu dans la pièce délibérément surchauffée. Des individus des deux sexes ne tardent pas à l’y rejoindre. En règle générale, ces libertins sont déjà prêts à l’action, en sous-vêtements ou nus. Les femmes s’embrassent, se manipulent, se lèchent pendant que les hommes, de leur côté, se fourbissent le manche énergiquement. Après quoi tout le monde se mélange. Mon partenaire se retrouve alors au milieu d’une de ses orgies dont le spectacle m’est si délicieux. Dans une minuscule pièce attenante au baisodrome, au travers d’une glace sans tain, sur un fauteuil en osier, j’assiste le cœur battant au déchaînement collectif. Et les pieds collés à la vitre, cuisses écartées, tour à tour enfonçant mes doigts dans mon con et me frictionnant le joyau, je me donne activement du plaisir. Tantôt une bouche goulue avalant un sexe mâle, tantôt quelque coquine broutant une vulve joliment dessinée, un couple copulant debout frénétiquement, ou une saillie à trois, monopolise mon attention. Mais je reviens toujours vers les yeux de mon complice, seul véritable objet de ma venue. Il sait que je suis là, à quelques centimètres de lui, derrière la vitre, jouissant du spectacle qu’il m’offre. Et je lis dans ses regards tout le plaisir qu’il en retire. Un plaisir indéfinissable, d’une force sans égale… Pour ma part, jamais je ne me sens aussi proche d’un homme que dans ces moments-là.
C’est pourquoi loin d’être égoïste, la masturbation constitue pour moi la meilleure façon d’aller à la rencontre de l’autre. Détournant Sartre, j’aime à dire que l’onanisme est un humanisme !
B.






Commentaires (3)
Eh bien, vive la masturbation dans ces conditions ! Bien écrit et bien décrit, varié et détaillé, que dis-je, partagé ! Bravo ! Instructif et donnant envie de connaitre une femme comme vous...
J’aime beaucoup ton récit et je partage tes goûts. Moi aussi j’aime m’exhiber en me masturbant et j’aime voir des hommes se masturber. Plaisir des yeux, plaisirs des corps et l’imagination galope.
je suis aussi, un masturbateur et célibataire, bravo pour cette sincérité,dommage j’ai pas vu de "video " :) pour (soit) tres jolie et super j’aime ce genre de dialogue bravo,et quand vous voulez ;)