Lettres de Violette Leduc

Le 03/06/2009

« Je m’accroche à des amours qui sont des causes perdues d’avance mais c’est peut-être ce grand luxe qui subsistera de moi dans l’éternité. » Violette Leduc (1907-1972), est une grande romancière dont l’œuvre la plus aboutie, La Bâtarde a toujours dérangé dans le paysage littéraire français. Elle fait partie de cette génération d’écrivains provocateurs qui ont fait de leur vie le matériau de leur œuvre, toujours tendue vers un idéal fantasmé. Genet la traitait « d’emmerdeuse ». En fait, elle était une solitaire intempestive, furieusement attachée à sa liberté, celle d’écrire, mais aussi celle d’aimer. Lesbienne aimant des hétérosexuels, elle s’est mortifiée dans des amours impossibles et extrêmes.

Sa plus grande passion non réciproque reste Simone de Beauvoir. Sa lettre d’un matin d’octobre 1945 donne le ton de ce qui restera pour Violette un amour de soumission : « Parlez-moi durement. J’obéirai. » Sa vie amoureuse pourrait être illustrée par cette jolie phrase de Sagan : « Être libre de tout pour être libre de soi. » De sorte qu’elle n’hésite pas à jeter son dévolu sur deux collégiens, à qui elle enverra des lettres pleines de réflexions sur la vie, l’amour… Son œuvre est là, indécente, obsessionnelle. Ce sont ses lettres que Julie Depardieu a choisi de lire en public, dans le cadre du festival Paris en toutes lettres, pour sa première édition. On imagine d’avance l’audace qu’elle saura insuffler à cette lecture.

Lecture de Julie Depardieu
Vendredi 5 juin 2009, 21h
Théâtre des Abbesses

Festival Paris en toutes lettres, du jeudi 4 juin au lundi 8 juin 2009
Lectures : Violette Leduc, Correspondance 1945-1972
Édition établie par Carlo Jansiti, Gallimard, coll
Les Cahiers de la NRF, 2007


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