Jouir quand on veut, pourquoi pas ?

Le 12/10/2011

Vous ne le savez sans doute pas, mais l’Intrasa est un médicament actuellement sur le marché, qui traite la baisse du désir chez la femme.
C’est, en quelque sorte, le Viagra au féminin.
Bien qu’il soit incroyablement efficace et disponible sur le marché (ce qui n’est pas le cas de la Flibansérine, qui a reçu un avis négatif de la FDA, l’autorité de régulation sanitaire américaine), aucun praticien ne vous fera une ordonnance, au risque de se faire radier immédiatement de l’ordre des médecins.
L’Intrinsa n’est prescrit que lorsqu’il s’agit de traiter l’absence de désir conséquente aux ovariectomies ou hystérectomies (ménopause induite chirurgicalement). Ce patch, qui se pose sous le nombril, diffuse de la testostérone dans tout le corps et se révèle être incroyablement efficace. On a constaté quelques effets secondaires, comme un peu d’acné, un regain de pilosité, une voix rauque, mais ils restent rares et sont parfaitement réversibles.
Alors pourquoi est-il impossible de l’obtenir, alors que 40 millions de femmes déclarent être gênées par des baisses du désir ?
Il y aurait - mais rien n’a encore été prouvé - un risque de cancer du sein. Ce même risque existe à utiliser certains déodorants, certaines lessives, ou certains produits toxiques utilisés par les teintureries. Bien d’autres produits industriels sont également susceptibles de causer des cancers du sein. On dit aussi qu’il y en aurait en choisissant de concevoir des enfants après l’âge de 30 ans, ou de ne pas en faire, en ayant ses règles trop tôt, ou sa ménopause trop tard, ou un certain nombre d’autres choses, dont la véracité est plus ou moins contestable.
Mais seul l’Intrasa incommode le corps médical.
Aux Etats-Unis, la FDA a demandé des études supplémentaires pour mieux juger des risques, mais les études sont si longues et chères que le laboratoire n’a pas souhaité les faire. Aujourd’hui, ils considèrent de cesser la commercialisation du produit qui dans les conditions actuelles n’est pas rentable, alors que les spécialistes s’accordent à dire que la baisse du désir, outre la vie trop stressante des femmes, est souvent due à un un niveau bas de testostérone.
Comment conclure, si ce n’est par le constat affligeant de cette terreur de certains à l’idée d’un monde où les femmes auraient faim d’amour et prendraient leur pied librement ? Il y aurait la crainte d’avoir à bander à tout va et s’assurer de faire jouir. Un chemin exactement inverse à celui qui a été dicté il y a plus de 2.000 ans...

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